En attendant la première journée des éliminatoires de la Coupe du monde 2018

Karim Hameg
Karim Hameg - Publié le 4 septembre 2016

En juin et juillet 2018 aura lieu le plus grand événement footballistique qui n’ait jamais eu lieu en Europe de l’Est. L’espace d’un mois, les meilleures équipes du monde se donneront rendez-vous en Russie. Il n’y aura bien évidemment pas de place pour tous avec seulement 31 billets à distribuer dont 13 pour l’Europe.

Les sélections européennes entament ce dimanche 4 septembre leur parcours qualificatif. Un parcours qui durera jusqu’en octobre 2017 voire un mois plus tard pour les barragistes. C’est parti pour la présentation de la première journée et de ses enjeux pour les équipes d’Europe de l’Est.

Groupe A

(tous les matchs auront lieu le 6 septembre à 20h45)
Suède – Pays-Bas (à Solna)
Biélorussie – France (à Borissov | diffusion sur TF1)
Bulgarie – Luxembourg (à Sofia)

Soyons clairs : voir la Biélorussie se qualifier pour le Mondial 2018 chez le voisin russe tiendrait du miracle. Les chances sont infimes mais pour préserver ces chances, il faudra prendre des points. Le premier adversaire des Biélorusses est pour le moins coriace puisqu’il s’agira de la France, vice-championne d’Europe en titre. Accessoirement, c’est une équipe que la Biélorussie connait bien puisqu’elle l’a affronté à quatre reprises depuis six ans en ayant parfois réussi à la faire déjouer, de quoi donner un peu d’espoir.

© KIRILL KUDRYAVTSEV/AFP/Getty Images

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La Bulgarie aura quant à elle une mission un peu plus simple face au Luxembourg, a priori. Les Bulgares devront l’emporter le plus largement possible pour faire le plein de confiance et mettre un peu de pression sur les autres équipes dans ce groupe difficile. On garde ce petit « a priori » car les Bulgares sont dans une très mauvaise passe et leurs dernières sorties restaient peu rassurantes.
Dans le même temps, la Suède recevra les Pays-Bas pour l’une des affiches de cette première journée.

Groupe B

(tous les matchs auront lieu le 6 septembre à 20h45)
Suisse – Portugal (à Bâle)
Îles Féroé – Hongrie (à Tórshavn)
Andorre – Lettonie (à Andorre-la-Vieille)

Particularité de ce groupe B : il comporte deux équipes d’un niveau théoriquement faible, les Îles Féroé ayant profité d’une bonne période pour se glisser dans le quatrième chapeau au moment du tirage au sort. Les Îles Féroé, c’est justement là que se déplacera la Hongrie. Une victoire, large si possible, est attendue. Ce sera l’occasion pour les Hongrois de prendre la première place du groupe puisque dans le même temps le Portugal, champion d’Europe en titre, aura à gérer un délicat déplacement en Suisse.

© Charles McQuillan/Getty Images

© Charles McQuillan/Getty Images

Autre équipe d’Europe de l’Est présente dans ce groupe, la Lettonie devrait l’emporter en Andorre sans que cela n’influe sur ses chances, minimes, de participer au Mondial.

Groupe C

(tous les matchs auront lieu le 4 septembre)
Saint-Marin – Azerbaïdjan (à Serravalle | 18h00)
Norvège – Allemagne (à Oslo | 20h45)
République tchèque – Irlande du Nord (à Prague | 20h45)

La première place du groupe semblant promise à l’Allemagne championne du monde en titre, la République tchèque aura avant tout pour ambition de terminer deuxième et donc d’aller en barrages. Elle affrontera en ouverture l’Irlande du Nord pour un match déjà capital face à l’un des outsiders de ce groupe, auteur d’un Euro 2016 plutôt satisfaisant. Pendant ce temps, la Norvège (autre concurrent direct des Tchèques) recevra l’Allemagne.

© MICHAL CIZEK/AFP/Getty Images

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L’Azerbaïdjan se déplacera quant à lui à Saint-Marin et devrait revenir avec les trois points. Pour la qualification, ce sera plus difficile.

Groupe D

(tous les matchs auront lieu le 5 septembre)
Géorgie – Autriche (à Tbilissi | 18h00 | diffusion sur Canal + Sport)
Pays de Galles – Moldavie (à Cardiff | 20h45 | diffusion sur Multisports 3)
Serbie – Irlande (à Belgrade | 20h45 | diffusion sur Multisports 2)

Dans ce groupe indécis, c’est le Pays de Galles qui part favori au vu de ses belles performances durant l’Euro 2016. Pour la Moldavie, qui s’y déplacera lors de la première journée, la mission s’annonce donc particulièrement difficile, surtout si l’on se remémore le parcours catastrophique des Moldaves durant les éliminatoires du dernier Euro – mais l’ère Dobrovolski 2.0 augure un peu de mieux tout de même, à commencer par Cardiff ce lundi?

Autre prétendant à la première place, l’Autriche va se déplacer en Géorgie. Les Autrichiens partent favoris pour la victoire mais ils devront se méfier d’une équipe qui a pour sélectionneur Vladimír Weiss. Le Slovaque est un habitué de la Coupe du monde puisqu’il y a participé comme joueur avec la Tchécoslovaquie en 1990 puis comme sélectionneur vingt ans plus tard avec la sélection slovaque.

© GERARD JULIEN/AFP/Getty Images

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La Serbie devra de son côté venir à bout de la coriace équipe d’Irlande pour bien démarrer ces qualifications et croire en ses chances de Coupe du monde après le désastreux épisode des éliminatoires de l’Euro 2016.

Groupe E

(tous les matchs auront lieu le 4 septembre)
Danemark – Arménie (à Copenhague | 18h00 | diffusion sur Multisports 3)
Kazakhstan – Pologne (à Astana | 18h00 | diffusion sur Foot +)
Roumanie – Monténégro (à Cluj | 20h45 | diffusion sur Multisports 1)

L’Arménie va entamer sa campagne éliminatoire par un déplacement habituel pour elle. Elle a en effet rencontré le Danemark lors des éliminatoires de la Coupe du monde 2014 puis dans ceux de l’Euro 2016 avec à la fois de bons et de mauvais souvenirs : si elle s’est inclinée à Copenhague lors des éliminatoires du dernier championnat d’Europe (1-2), elle avait crée la sensation en juin 2013 en s’y imposant de manière éclatante (4-0), ce qui était d’autant plus surprenant que l’Arménie avait perdu son match précédent sur sa pelouse face à Malte. Cette fois, la mission s’annonce difficile surtout en l’absence de Mkhitaryan, blessé lors de la défaite en amical face à la République tchèque (0-3).

Pour la Pologne, le problème sera davantage la durée du déplacement que le niveau de son adversaire puisque le Kazakhstan semble en effet nettement inférieur au quart de finaliste du dernier Euro. Robert Lewandowski et ses coéquipiers devraient donc l’emporter à Astana s’ils font le travail mais pas forcément avec beaucoup de marge.

© ANNE-CHRISTINE POUJOULAT/AFP/Getty Images

© ANNE-CHRISTINE POUJOULAT/AFP/Getty Images

La troisième rencontre du groupe s’annonce plus indécise : la Roumanie, tête de série au moment du tirage au sort, recevra le Monténégro. Décevante lors du dernier Euro, la sélection désormais emmenée par Christoph Daum voudra entamer les éliminatoires de la meilleure des manières et espère enfin participer à une compétition où elle est absente depuis 1998.

Groupe F

(tous les matchs auront lieu le 4 septembre)
Slovaquie – Angleterre (à Trnava | 18h00 | diffusion sur Canal + Sport)
Lituanie – Slovénie (à Vilnius | 18h00 | diffusion sur Multisports 2)
Malte – Écosse (à Ta’ Qali | 20h45)

La Slovaquie va retrouver l’Angleterre quelques mois après avoir affronté ce même adversaire lors de l’Euro 2016. La rencontre s’était terminée par un match nul (0-0) grâce à une résistance héroïque des Slovaques qui ont pu ainsi accéder aux huitièmes de finale. Devant leur public, les Slovaques pourraient profiter de la méforme actuelle de l’Angleterre et de son changement de sélectionneur pour créer la surprise et ce même si les Anglais ont pour habitude de mieux gérer leurs éliminatoires que leurs phases finales.

© David Rogers/Getty Images

© David Rogers/Getty Images

Prétendante aux barrages, comme la Slovaquie, la Slovénie aura a priori une tâche plus aisée que son concurrent direct puisqu’elle se déplacera en Lituanie. Les Slovènes avaient déjà rencontré les Baltes lors des éliminatoires de l’Euro 2016 pour des résultats mitigés (victoire 2-0 en Lituanie, match nul 1-1 à domicile). Ils devront s’imposer pour rester dans la course aux barrages.
Pendant ce temps, l’Écosse se déplacera à Malte.

Groupe G

(tous les matchs auront lieu le 5 septembre à 20h45)
Espagne – Liechtenstein (lieu indéterminé)
Israël – Italie (à Haïfa)
Albanie – Macédoine (à Shkodër)

Tomber dans un groupe éliminatoire où figurent l’Espagne et l’Italie, c’est tomber dans un groupe comportant deux équipes qui ne perdent quasiment jamais de matchs éliminatoires : les Espagnols n’ont perdu qu’une seule fois depuis octobre 2006 (défaite 1-2 en Slovaquie, octobre 2014) tandis que la dernière défaite de la Squadra Azzura en qualifications remonte à septembre 2006 (face à la France, 1-3).

© FRED TANNEAU/AFP/Getty Images

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Autant dire que la tâche sera ardue pour l’Albanie, malgré son nouveau statut né de sa qualification historique pour l’Euro 2016. S’ils veulent par miracle espérer participer au moins aux barrages, les Albanais n’auront d’autre choix que de commencer par battre la Macédoine dans un derby riche en symboles au vu de l’importante population d’origine albanaise vivant sur le territoire macédonien.

Groupe H

(tous les matchs auront lieu le 6 septembre)

Chypre – Belgique (à Nicosie | 20h45)
Bosnie-Herzégovine – Estonie (à Zenica | 20h45)
Gibraltar – Grèce (à Faro (Portugal) | 21h45)

Principale chance est-européenne dans ce groupe, la Bosnie-Herzégovine va retrouver la Belgique et Chypre, qu’elle a déjà affronté en éliminatoires de l’Euro 2016, ainsi que l’Estonie. Les Bosniens avaient déjà joué face aux Baltes durant la qualification pour le Mondial 2010, soit leur première campagne véritablement réussie. La victoire sera obligatoire pour se placer avec l’objectif de finir barragiste voire qualifié direct.

© KOEN VAN WEEL/AFP/Getty Images

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En reconstruction après le désastre des éliminatoires de l’Euro 2016 (dernière de son groupe), la Grèce aura l’occasion de démarrer tranquillement avec un déplacement sur le terrain de l’une des équipes les plus faibles du continent : Gibraltar. Les Grecs devraient l’emporter assez largement.

Chypre va de son côté démarrer face à la Belgique, une équipe qui ne lui a pas réussi lors des éliminatoires du dernier Euro (défaites 0-5 et 0-1). Difficile de voir les insulaires créer la surprise même si les Diables Rouges, qui viennent de changer de sélectionneur, ne sont pas dans la forme de leur vie.

Groupe I

(tous les matchs le 5 septembre à 20h45)
Croatie – Turquie (à Zagreb | diffusion sur Multisports 1)
Ukraine – Islande (à Kiev)
Finlande – Kosovo (à Turku)

La Croatie a l’habitude d’affronter la Turquie depuis 2008 et un affrontement légendaire entre les deux équipes en quarts de finale de l’Euro 2008. La dernière rencontre en date entre les deux sélections remonte à l’Euro 2016 : au Parc des Princes, la Croatie l’avait emporté sur la plus petite des marges (1-0) même si le score ne reflétait pas vraiment le gouffre séparant les deux équipes au niveau du jeu. Les Croates partent favori pour leur premier match sans Darijo Srna mais ils devront faire sans leur public, conséquence des incidents à répétition ayant eu lieu lors des éliminatoires de l’Euro 2016.

© Alex Livesey/Getty Images

© Alex Livesey/Getty Images

Pour l’Ukraine, l’un des outsiders, vont démarrer des éliminatoires particuliers. La Coupe du monde se déroulera en effet chez l' »ennemi » russe et il n’est pas sûr que les Ukrainiens aient réellement envie de participer à ce tournoi. Avant toute chose, l’Ukraine devra faire le travail sur le terrain et elle aura fort à faire d’entrée avec la réception de la révélation du dernier Euro, l’Islande. Pour la première d’Andriy Shevchenko à sa tête, l’Ukraine devra faire sans son public, conséquence du comportement raciste de certains supporters lors d’un match éliminatoire remporté face à Saint-Marin (9-0) il y a trois ans.

Ces éliminatoires de la Coupe du monde 2018 vont marquer les débuts du Kosovo en match officiel. Les Kosovars, encore à la recherche de binationaux pour constituer leur sélection, vont faire leurs grands débuts en Finlande, équipe où évoluent les frères Mehmet et Përparim Hetemaj, tous deux natifs du Kosovo. Le dernier cité, encore en proie au doute quant à son choix de sélection, a d’ailleurs choisi de faire l’impasse sur cette rencontre.

Karim Hameg


Image à la une : © KIRILL KUDRYAVTSEV/AFP/Getty Images

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Ex-géographe aujourd'hui dans l'informatique, passionné de football russe et ukrainien.

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