Arrivederci Capello; et maintenant ?

Adrien Laëthier
Adrien Laëthier - Publié le 16 juillet 2015

C’était dans l’air, on en parlait de plus en plus mais cette fois c’est arrivé: Fabio Capello n’est plus le sélectionneur de la Sbornaya. Nous avions fait quelques articles depuis un an sur les déboires de la sélection russe ou sur le fait qu’elle navigue à vue mais aujourd’hui, elle va devoir se trouver un nouveau coach dans l’urgence et la fédération va, elle, devoir trouver de l’argent. En effet, le contrat de Capello annonçait 21 M€ en cas de rupture de contrat, depuis hier, les sommes qui circulent sont plus proches des 15 mais toujours est-il que tous les arriérés de salaire n’ont même pas encore été payés. Voilà qui ne devrait pas manquer de mettre dans l’embarras le futur président de la RFS (Mutko ?) car la fédé n’a pas d’autre choix que de payer si elle ne veut pas s’exposer à des sanctions à un moment qui est tout de même loin d’être le meilleur pour cela.

Clap de fin pour Fabio

Clap de fin pour Fabio

Intéressons-nous plus particulièrement à l’avenir sportif de la Russie. Il est clair que le passage de Fabio Capello est un échec, entre une coupe du monde ratée, une campagne d’éliminatoires piteusement débutée mais aussi une équipe nationale au niveau pitoyable. Si cette équipe est constamment raillée au pays depuis vingt ans, il faut avouer qu’elle ne l’a jamais autant mérité. Mais de quoi Capello est-il coupable ? Du fait que les cadres soient devenus trop vieux ? Du fait que les joueurs dans la force l’âge n’aient jamais confirmé ? Ou du fait que les jeunes soient trop jeunes ? Rien de tout ça sans doute, il est probablement coupable de ne pas avoir su leur donner un fond de jeu, les faire jouer ensemble et transmettre une certaine envie de gagner à son groupe. Oui, il a échoué mais il faut être lucide et savoir reconnaître que l’effectif n’est certainement pas au niveau non plus.

Dans son malheur, la Russie a pris la décision au bon moment car l’Euro étant passé à 24, la Russie pourra être barragiste avec sa troisième place et rencontrer une équipe supposée plus faible pour valider son ticket. Une troisième place qui semble acquise depuis le coup de pouce donné par la victoire -méritée- sur tapis-vert face au Monténégro alors que ladite victoire était loin d’être évidente sur le gazon vert. Il va donc, à son successeur, falloir profiter de l’aubaine d’une probable qualification non méritoire au championnat d’Europe des Nations pour souder un groupe (au-delà des soixante joueurs essayés par Capello) et préparer au mieux ensuite la coupe du Monde à domicile.

Mais justement, qui sera le successeur ? Nikita Simonyan a promis une réponse dans les deux semaines mais ce qui est sûr au vu de la short-list c’est un retour aux sources et peut-être bien que le football russe va encore rater son virage vers la modernisation. De qui parlons-nous ? De trois entraîneurs talentueux tout d’abord, Gazdhi Gadzhiev, Kurban Berdyev et Yuri Syomin. Tous les trois en poste, ils ont le profil de vieux sorciers, légendes d’un club et capables de relancer le projet sportif d’une équipe en difficulté. Bref, l’entraîneur russe austère tel qu’on l’imagine. Mais est-ce bien ce qui est voulu à l’aube d’une nouvelle génération de footballeurs ? La Russie n’a donc point d’entraîneurs modernes ? Non, enfin il y a bien Oleg Kononov, entraîneur de la séduisante équipe de Krasnodar, ancien du BATE voulu par beaucoup de supporters de la Sbornaya. Oui, mais voilà, après des années de Néerlandais suivi par l’échec de Capello et un repli sur lui-même de la Russie dans le Monde, il faut un entraîneur russe selon la fédération. Oui Russe, alors que Kononov est Biélorusse, ce qui était donc sans doute son principal défaut dans la conjoncture actuelle.

La force de la moustache pour sauver le pays ?

La force de la moustache pour sauver le pays ?

On récapitule: Gadzhiev (Amkar), Berdyev (Rostov) et Syomin (Anzhi). Cela représenterait un coup dur également pour ces clubs de perdre leur entraîneur après la première journée de championnat. Gadzhiev a fait des miracles avec un Amkar qui ne gagnait plus un match en championnat avant son arrivée. Berdyev a difficilement sauvé Rostov, mais vu l’effectif du club, il en est quand même leur plus gros atout. Alors que Syomin vient de débarquer à Anzhi et un départ précipité pourrait rendre encore plus confus (si cela est possible) le projet Daguestanais. Mais il y en a un autre de sorcier qui est cité, c’est peut-être le plus à même de redresser l’équipe mais cela pourrait faire grincer des dents du côté du CSKA, c’est Leonid Slutskiy, qui a l’avantage de savoir gagner et de connaître une bonne partie des joueurs de l’effectif tout en ayant eu un poste stable depuis des années mais, là encore, se pose la question du fait qu’il soit en poste. A moins que la RFS jette son dévolu sur Cherchessov ? Tout fraîchement limogé du Dinamo, il jouit toujours d’une très bonne image en Russie et son licenciement est largement considéré comme non justifié. Cela pourrait donc être la solution qui ne froisserait aucun club ? Mais serait-ce la bonne…

Nous ne manquerons en tout cas pas de vous annoncer les différents rebondissements de cette affaire.

Adrien Laëthier

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A propos de l'auteur

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Amoureux de la Russie et de l'Ukraine et spécialiste de ces footballs, ainsi que du football de l'Est en général ! A vécu en Russie, à Chelyabinsk là où les météorites tombent. J'essaye de faire vivre sur Footballski les différents championnats d'ex-URSS (Ukraine, Caucase, Baltique,...) ainsi que la RPL par les résumés hebdomadaires.

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