Anatoli Ilyin, un buteur en or

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Vincent Tanguy
Vincent Tanguy - Publié le 15 février 2016

Jeudi 11 février, à l’âge de 84 ans, Anatoli Ilyin quittait le monde des vivants. Si cette personne ne vous dit peut être pas grand chose, Anatoli Ilyin est pourtant une gloire  du football soviétique et du Spartak Moscou des années 50 et doit sa réputation grâce à des buts importants marqués durant sa carrière. Maître émérite du Sport d’URSS, il est notamment l’auteur du but victorieux lors de la finale des Jeux Olympiques de Melbourne en 1956 contre la Yougoslavie.

Un buteur hors pair

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Dans son livre « C’est le football », Igor Netto raconte justement cette finale :  « Le dernier match contre l’équipe de Yougoslavie a eu lieu selon la tradition, le jour de la clôture des Jeux Olympiques. Tout était solennel et festif. Toute la ville de Melbourne s’est précipitée dans le stade (plus de 86000 spectateurs nda).  Les drapeaux tressés d’anneaux flottaient . Notre match contre la Yougoslavie était le dernier acte. Bien sûr, nous étions d’humeur combative. Nous étions désireux d’achever cette grande et lumineuse compétition par un succès. Il me semble, le match a été un succès pour les deux équipes. C’était un duel digne des Jeux Olympiques avec un niveau élevé. C’était un bon jeu. Pendant longtemps, ni nous, ni les Yougoslaves ne réussissaient à dominer l’autre. Le rythme était élevé. Le dénouement est venu à la cinquantième minute. Nous avons attaqué. Anatoly Yatsev a intercepté le ballon de la tête et a immédiatement centré à son homologue Anatoly Ilyin. Celui-ci, aussi de la tête, sans attendre, a envoyé le ballon dans le but. Tout s’est passé en une fraction de seconde. Le score était de 1 à 0 ! Par la suite, ce but fut appelé but en or. Il nous a apporté la victoire. » C’était l’âge d’or du football soviétique.

Anatoli Ilyin jouait aux côtés des meilleurs joueurs du moment tel que Igor Netto, Lev Yachin, Nikita Simonian, Edouard Streltsov, Aleksei Paramonov et d’autres. Une équipe à son sommet, avec des joueurs aujourd’hui légendaires, dont faisait parti l’oublié Anatoli Ilyin.

Avant ce but glorieux et cette victoire à Melbourne, il participa aux Jeux Olympiques de 1952 à Helsinki mais ne joua que lors du premier match contre la Bulgarie, durant lequel il se blessa. Tandis qu’en 1958, deux ans après le succès en finale contre la Yougoslavie, Anatoli Ilyin s’illustra avec la sélection soviétique en marquant le premier but en barrages de l’histoire de la Coupe du Monde lors du match de barrage entre l’Angleterre et l’Union soviétique (22eme minute de la vidéo) (0-1). Grâce à ce but en or, les Soviétiques se qualifièrent pour les quarts de finale contre la Suède (défaite 2-0). Attaquant hors pair , il joua un total de 31 matchs pour la sélection soviétique et marqua 16 buts.

Mais qu’en est-il en dehors de la sélection ?

Une vie spartakiste

Anatoli Ilyin est né à Moscou le 27 juin 1931 et commença à jouer au foot dans l’équipe du Park Gorki. Il intègre par la suite, en 1945, l’équipe pour enfants de Pichtchvik de Moscou entraîné par les ex-Spartakistes Ivan Ryjov et Gabriel Putshivin, puis Trudovye Rezervy où il y joue comme milieu offensif.

L’équipe du Spartak en 1959 (tass.ru)

L’équipe du Spartak en 1959 | © tass.ru

En 1948, il est repéré par Pyotr Isakov, personne importante du club du peuple de l’époque, ancien buteur lors de sa carrière de joueur et par la suite assistant au Spartak Moscou notamment. Anatoli Ilyin fait alors ses débuts avec l’équipe junior et dès l’été 1949, participe à son premier match avec l’équipe première. Positionné en attaque, il jouera avec le Spartak 224 matchs et marquera 83 buts jusqu’en 1962 où il met un terme à sa carrière de joueur.  Au cours de ces 13 années, ce buteur aura réussi à accrocher pas moins de cinq championnat d’URSS (1952, 1953, 1956, 1958, 1962), ainsi que deux coupes d’URSS (1950, 1958) et enfin terminera meilleur buteur du championnat en 1954 (11 buts) et 1958 (19 buts).

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Joueur emblématique du Spartak des années 50, Anatoli Ilyin laisse à tous l’image d’un homme amical avec les autres malgré la concurrence. Il était décisif grâce à ses buts et surtout altruiste, parfois même trop, comme le raconte Nikita Simonian :

« En finale de la Coupe d’URSS en 1958, on jouait contre le Torpedo. Il restait dix minutes jusqu’à la fin de la deuxième mi-temps, le score était de 0:0. Nous contre-attaquons Ilyin et moi, et au lieu de percer et de marquer, il me passe la balle. J‘ai perdu le rythme et raté l’occasion. Oh, qu’est ce que j’ai reçu alors de Netto pour avoir raté l’occasion (rires). Mais dans le temps additionnel j’ai corrigé l’erreur en marquant le but de la victoire grâce  à une passe d’Anatoli Konstantinovitch Isaev. »

Par la suite, il entraina les jeunes de l’Académie du Spartak jusqu’en 1996. Sa mort attriste l’ensemble du club et ses supporters. Ces derniers honoreront sa mémoire lors du premier match en mars à l’Otkrytie Arena. Le club s’est proposé, en collaboration avec la Fédération russe, de participer à l’organisation de la cérémonie d’adieu. Une décision saluée par l’ensemble des vétérans du Spartak.

Vincent Tanguy


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A propos de l'auteur

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Supporter du Spartak Moscou vivant en Russie depuis de nombreuses années. Prends plaisir à partager l'histoire du plus grand club de l'histoire du pays à travers ces pages.

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