Yerlan Kozhagapanov, cauchemar du football kazakh

Damien F - Publié le 1 août 2016

Depuis dix-huit mois, Yerlan Kozhagapanov est président de la fédération kazakhe. Un court laps de temps dans lequel il a réussi à faire l’unanimité. Mais pas forcément dans le bon sens. Ainsi, depuis dix-huit mois, tous les fans de football du pays ont un point commun, celui de ne pas aimer Yerlan Kozhagapanov. Une récente enquête montrait que 86% des sondés réclamaient sa démission sur-le-champ. Alors pourquoi l’homme qui accuse sans cesse les médias d’être injustes envers lui est-il si décrié ? Décortiquons le phénomène Kozhagapanov.

Première chose, qui est ce Kozhagapanov ? Ne cherchez pas parmi d’illustres footballeurs au sein de l’URSS, d’anciens présidents de club ou de personnes ayant eu simplement un poste dans une instance du football kazakh. En fait, c’est simple, vous n’avez certainement jamais entendu ce nom auparavant. Et c’est normal ; cet homme n’a jamais rien eu à voir avec le football au cours de sa vie. À part peut-être quand il jouait dans la cour de l’école avec ses copains. Depuis ce temps de l’insouciance, Monsieur Kozhagapanov a eu le temps de se construire un CV dans les domaines de la banque et de la douane. De chef du bureau des douanes de la région du Jambyl (Taraz), il est passé au Département du contrôle des douanes d’Almaty. Notons tout de même une trace d’un lien avec le sport avec un travail à l’Agence pour le sport et la culture physique du Kazakhstan – une structure complètement différente de la fédération, avec des objectifs eux aussi très différents. Un conseilleur pôle emploi pourrait vous le dire, le CV de Yerlan Kozhagapanov n’a aucune logique. Comme s’il avait été essayé partout, à tous les postes, sans le moindre succès. Et que, de ce fait, le football kazakh pourrait être le secteur dans lequel il ferait le moins de dégât. Enfin ça, c’est pas encore tout à fait acquis.

Incompétence et lymphatisme

Pour être clair, depuis qu’il a été nommé à la tête du football kazakh, Kozhagapanov n’a pas fait grand-chose. Durant toute l’année 2015, il a vanté l’intérêt de ses voyages à travers les villes pour recueillir les opinions des fans et les médias afin de créer une « Stratégie de développement du football », comme il l’a déclaré haut et fort pour justifier l’argent dépensé lors de ses déplacements. Alors oui, faire une telle stratégie est déjà un gros travail. Sauf qu’en fait, elle a été quasi intégralement copiée sur celle de la Russie, ce que la FFK ne cherche même pas à cacher. Sauf que selon Aysultan Nazarbayev, petit-fils du président : « Ce n’est pas tout le monde qui a vu sa tête dans certaines régions. Je n’ai rien de personnel contre lui mais, en occupant une telle position, il devrait prendre ses responsabilités. Dans ce genre de cas, je prends toujours notre Président comme exemple. Il visite toujours toutes les régions, demandant aux gouverneurs quels sont les problèmes. »

Pour l’instant, le football kazakh n’a pas vu l’ombre d’une mesure concrète pour son développement, encore moins celle d’une quelconque stratégie à court ou long terme. Quiconque a fait un tour sur le site de la fédération arrive à la conclusion que la stratégie de Kozhagapanov ne mène nulle part. Et notamment sa mesure phare : la construction d’académies pour les jeunes à travers tout le pays avec des formateurs compétents. Le président de la fédération ne cesse d’en parler, mais personne n’en voit le jour. Sans compter que l’idée n’est pas nouvelle puisque la planification avait commencé avec son prédécesseur. Depuis, Kozhagapanov est arrivé et aucune pierre n’a été posée. Une seule académie s’est ouverte, celle à Shymkent. Nous vous en parlions dans notre bilan de l’année 2015 au Kazakhstan. Bien que cette académie ait été intégralement décidée et planifiée par les anciens dirigeants de la FFK, Kozhagapanov ne s’est pas privé pour s’en attribuer le mérite. L’UEFA, qui a aussi donné des fonds pour des programmes de développement du football, aimerait en voir les fruits sortir de terre rapidement…

© UEFA

© UEFA

Pour ce qui est des affaires de la sélection, le naufrage est total comme le démontre le sketch ayant entouré la nomination du sélectionneur de l’équipe nationale. Comment était-il possible d’humilier autant le russe Krasnozhan qui avait pourtant fait du bon travail ? Son salaire était certes élevé, mais le jeu de l’équipe plaisait aux supporters. Après son éviction, la sélection est restée plus de six mois sans sélectionneur. Il est peu probable qu’un pays un tant soit peu sérieux puisse rester sans coach pendant autant de temps, comme ce fut le cas au Kazakhstan. En outre, toute la préparation pour aborder sereinement les matchs de qualification de la Coupe du Monde 2018 a été tronquée puisque contrairement aux autres sélections qui ont choisi rationnellement des adversaires et des lieux de stage, le Kazakhstan a pris ce qui lui passait par la main. Bien après que toutes les fédérations aient déjà choisi leurs adversaires. Résultat : pour la énième fois, l’adversaire pour se préparer aux joutes européennes sera le Kirghizstan. Les raisons sont aisément compréhensibles puisque les Kirghizes sont les moins coûteux. Alors qu’un adversaire comme l’Ouzbékistan ou une grosse cylindrée européenne aurait pu être autrement plus intéressant. Une rencontre contre la deuxième équipe de la Chine a aussi été organisée. Le rival payant tous les coûts (vol, hébergement, frais de match), le Kazakhstan décida de jouer ce match, même pas prévu dans les dates FIFA. Mais nous y reviendrons plus tard…

Un Conseil de la Ligue ubuesque

Au fil du temps, « l’agent des douanes » devient de plus en plus virulent en même temps que son pouvoir devient de plus en plus important. Une étape importante de cette situation s’est déroulée au Conseil de la Ligue du 18 mai dernier, qui a dépassé toutes les limites de la compréhension. A la place du président de la ligue Abraev, Kozhagapanov a installé son bras droit, Baghlan Ergeshev. Le tout en négligeant les règlements et en outrepassant ses pouvoirs. Mais ce n’est pas tout.

La deuxième question à l’ordre du jour est assez symptomatique du comportement du président. Ce dernier décida subitement de modifier le calendrier du championnat national pour organiser un match amical contre la Chine, non inclus dans la liste des dates prévues par la FIFA. Abraev, soutenant l’abandon du match avec la Chine, s’est fait publiquement intimider par Kozhagapanov. Alors même que son objectif était de concilier les intérêts de tout le monde et de faire selon les règles. Réalisant qu’il n’était pas écouté, il décida de démissionner. Et l’introduction de la candidature d’Ergeshev a été adoptée sans aucun vote. Pourtant, les statuts de la PFLK (ligue) assurent que le président de la ligue doit être élu sur une proposition des membres de la ligue, qui sont les représentants des clubs de football. Cependant, Kozhagapanov n’en a pas pris la peine, introduisant la candidature d’Ergeshev et le propulsant à la victoire lors d’un vote où le seul à avoir voté contre Ergeshev, en dehors du président du Kairat, fut le directeur sportif de Kyzylorda « Kaisar » Eduard Glazunov. Depuis, ce dernier a quitté son poste. Coïncidence, quand tu nous tiens…

Les règlements ? Quelle importance pour un homme qui est arrivé à la présidence de la FFK en décembre 2014 de manière illégitime ? Les règlements électoraux assurent en effet que le candidat de la fédération doit avoir deux ans d’expérience dans le domaine du football (article 8.1). Cette règle a bien évidemment été violée et cela n’a rien d’étonnant. En effet, la moitié des membres du comité exécutif de la fédération n’ont rien à voir avec le football, de la même façon que notre « agent des douanes ». Pire, le soir même de cette réunion, Kozhagapanov a posté sur sa page Facebook la vidéo du début de la réunion controversée. En énième preuve du mépris total pour les règlements et les ordonnances de la fédération et la ligue. Peut-être en guise de provocation, il partagea officiellement ce soir-là une vidéo prouvant l’usurpation du pouvoir et l’ingérence flagrante de la fédération dans les affaires de la ligue professionnelle.

L’affaire n’en est pas restée là. Kairat et Irtych s’opposaient au changement de programme tandis que Kairat et Kaisar s’étaient prononcés contre la démission d’Abraev. Le plus grand club du pays a même décidé de rendre publique sa vision des choses. Ainsi, son directeur Malik Kushaliev a quitté la réunion avant la fin, outré, et a demandé la publication d’une lettre ouverte à la communauté du football. Avec un titre plutôt évocateur : « professionnalisme – où es-tu ? », le communiqué demandait les raisons qui avaient poussé le président de la FFK à envahir la réunion de la PFLK – une organisation indépendante – et même à la diriger. Pourquoi ne pas avoir orienté cette situation d’une manière civilisée, et non pas sur le principe directif et même dictatorial « vous ferez ce que je vous dis ».

Pour son argumentaire, le club d’Almaty a pris à témoin des personnes célèbres du football national. Kuralbek Ordabaev estimait que les experts comme Olzhas Abraev devraient être chéris. Sergey Gorohovodatsky a remarqué que Dmitry Vassiliev n’a apporté que la confusion dans le monde du ballon kazakhe tandis que Victor Kumykov a expliqué que Yerlan Kozhagapanov l’a fait partir d’ « Ordabasy » et de l’équipe nationale du Kazakhstan. Malik Kushaliev n’a pas mâché ses mots lors de son interview à sports.kz : « Avant le début de la réunion, les clubs ont été ouvertement intimidés. Avant d’évoquer les deux questions (départ de Abaraev contre laquelle ont voté le Kairat et le Kaysar) et le report de deux journées (que le Kairat et Irtysh ne soutenaient pas), on a menacé les présidents de clubs de sérieuses vérifications. Vasiliev est allé jusqu’a soulever la question de l’existence de cette ligue, en demandant « pourquoi a t-on besoin d’une ligue pro au Kazakhstan ?». Les patrons de clubs amorphes et embarrassés ont écouté les ordres d’en haut ensuite pour voter les décisions a l’unanimité. Où va notre football après cela ? Je suis parti au milieu de la réunion, car je ne voulais pas participer à salir un homme qui a fait beaucoup pour notre football. Un des rares spécialistes compétents dans les instances. Nous ne participons pas à une telle farce… »

Ajoutons également que le Président du FC Kyzylzhar Petropavlovsk, Grigory Loria, s’est levé et a lu un texte en soutien à Kozhagapanov ! Il est amusant de constater que FC Kyzylzhar Petropavlovsk a depuis obtenu 4 penaltys douteux en 6 matchs… Ionesco n’a plus qu’à bien se tenir. Même la star du ballon rond locale, Bauyrzhan Dzholchiev, a posté un message pour le moins intrigant sur Instagram… L’ancien attaquant du FC Astana a publié une photo de l’ancien patron de la mafia russe (Vyacheslav Ivankov) avec la légende : « Je veux jouer, mais au Kazakhstan ce n’est pas si simple, vous allez bientôt découvrir la vérité. » Depuis la fin de saison d’Astana, le Balotelli kazakh est un joueur libre. Étonnant pour celui qui était un leader lors du rendement lumineux et mémorable d’Astana en Ligue des Champions.

Et dire qu’en théorie, la FFK n’a pas le droit d’intervenir dans la PFLK. D’ailleurs, lors du vote, il est probable que les dirigeants des clubs n’aient pas soutenu Kozhagapanov et Ergeshev, mais aient voté pour le chaos dans la ligue et les relations inter-clubs. Et aussi pour que Kozhagapanov, en affichant publiquement son soutien envers Aktobe et Kyzylzhar, finisse par être destitué. Cependant, le grand vainqueur par KO est Kozhagapanov. En introduisant Ergeshev à la tête de la ligue, il met la Ligue dans sa poche et assure son pouvoir au sein de toutes les instances du football du pays. En outre, le match controversé contre la Chine a été organisé. Ce match n’était bien entendu pas nécessaire pour le Kazakhstan, mais il l’était pour Kozhagapanov. Afin d’affirmer son pouvoir en tant que boss du football kazakh.

Des interférences et coups de main

Dans des discours, qu’il a formulés en 2015, le président de FFK avait promis une transparence totale, d’augmenter le nombre d’équipes de la KPL à 14, de lutter contre la corruption et d’autres promesses qui ne sont pas mises en pratique.

S’il n’a pas lutté contre la corruption, Kozhagapanov a en revanche posé son empreinte dans plusieurs clubs de la KPL. En laissant agir Dmitry Vasilyev, mieux connu comme «le fossoyeur du football d’Aktobe», dont personne ailleurs qu’au Kazakhstan ne voulait accueillir le projet enchanteur. Pas de chance pour Aktobe, Vasilyev est le protégé du boss de la fédération kazakhe, qui lui permet de faire tout et surtout n’importe quoi. Un autre homme que nous connaissons bien sur Footballski, Bakhtiar Baiseitov, commence à attirer la colère des fans de Shymkent, lui l’ancienne idole. Ô surprise, il est également un proche de Kozhagapanov. Il a pris la place de Viktor Kumykov, le premier entraîneur à avoir emmené un club kazakh dans une phase de poule d’Europa League avec Karaganda. La surprise a été d’autant plus forte que Kumykov a été remercié quand le club de Shymkent remplissait tous ses objectifs pour la saison. Le nouvel arrivant, qui n’a plus rien fait de notable depuis 1992, est donc arrivé, en commençant par se débarrasser des leaders Azat Nourgaliev et Gafurjan Suyumbaev avant de participer à la compétition européenne. En conséquence, Ordabasy s’est fait humilier contre Cukaricki avec un budget pourtant bien supérieur.  

Kozhagapanov est également à l’origine du départ de Vladimir Niederhaus, directeur exécutif du Shakhter Karagandy. Cet ancien directeur sportif du club était arrivé en 2011 pour son deuxième passage. L’ancien international russe, puis kazakh, avait réussi à faire franchir un cap au club lorsqu’il a atteint son niveau de 2013. Lors de la grave crise financière, il fut légitimement nommé président du club. De là, il a épongé toutes les dettes de la saison précédente et a renforcé l’équipe de manière significative. Tout cela en deux mois, après quoi il a quitté son poste pour une ingérence dans son travail.

Askar Abildayev a alors été nommé directeur exécutif du Shakhter Karagandy en janvier dernier, sur les bons conseils de Kozhagapanov. Encore raté. Abildayev a complètement raté son recrutement, ce qui a entraîné l’arrivée de joueurs faibles et pas prêts mentalement à faire face aux retards de paiement. Les problèmes financiers du Shakhter et d’Aktobe ne sont bien entendu pas imaginaires, ce qui ne pouvait pas les empêcher de trouver des joueurs d’une qualité plus ou moins correcte. Heureusement, Baghlan Ergeshev, le président de la ligue, s’est déclaré satisfait de savoir que tout allait bien que la KPL. Voilà qui soulage.

Débarquer des personnes compétentes pour les remplacer par des gens aux compétences douteuses semble être une activité très appréciée par les personnes à la tête de la fédération. Et on se demande si l’histoire ne va pas plus loin. Beaucoup d’internautes kazakhs en colère font remarquer qu’Aktobe a marqué une bonne partie de ses points actuels grâce à des décisions arbitrales favorables, comme des penaltys généreusement accordés par l’arbitre. En outre, grâce à une intervention directe du Président de la fédération, le coup de poing d’Egor Sorokin dans l’estomac de Zarko Markovic (vidéo ci-dessous) est resté impuni. La vie quotidienne du football kazakh a toujours été plombée par des affaires peu scrupuleuses. Mais actuellement, on est en train d’assister à une mascarade que l’on pensait impossible il y a peu. Tous ceux qui vont en faveur de ce système sont récompensés comme on l’a évoqué à propos de Vasyliev et Grigory Loria qui ont félicité le président après son discours à la réunion de la ligue. Et ceux qui osent aller contre le système en paient le prix. Le directeur sportif de Kyzylorda « Kaisar », Eduard Glazunov, est parti de son poste, et le directeur de l’Irtych Pavlodar s’est vu signifier par Kozhagapanov qu’ « on lui apprendra bientôt à aimer sa patrie avec quelques leçons ». Quant à celui du Kairat, il a eu le droit à des réprimandes publiques.

Une blessure soignée en Chine qui s’infecte

7 juin. Le Kazakhstan affronte enfin la Chine après moult polémiques causées par le Kairat et l’Irtysh qui ne voulaient pas libérer leurs joueurs. Du côté des joueurs et du staff, il n’y a pas de polémiques. Du moins, pas officiellement. Tout le monde trouve génial de partir jouer contre la Chine. Génial pour tout le monde, sauf un. Ulan Konysbayev a eu le malheur de sentir sa cheville se tourner à 90 degrés lors de sa réception au sol après un duel aérien. L’image, absolument atroce, a fait le buzz. Pour le soigner, Kozhagapanov, sourire béat, expliquait avoir toute confiance envers la belle médecine chinoise qui allait s’occuper du milieu de terrain aux frais de la FFK. Conséquence ?

Konysbaev a passé deux semaines à l’hôpital de Dalian avec une infection que des médecins lui trouvèrent après ce temps-là, en Italie. Une deuxième opération s’avéra nécessaire …  ajoutant un mois de plus à sa durée de convalescence. Un dirigeant classique sait que la traumatologie et la chirurgie en Chine sont loin de pouvoir concurrencer l’Occident, mais à la FFK, certaines personnes influentes sont éprises de cette région du monde. Fier de lui, Kozhagapanov posta un statut sur Facebook rappelant à quel point il était généreux de payer une telle opération !

Un comportement inadapté

Avec un tel passif, Kozhagapanov pourrait se montrer discret. En réalité, il ne l’est pas vraiment. Outre ses publications sur Facebook du Conseil de la Ligue incluant menaces et grossièretés, il n’hésite pas à insulter des fans et des journalistes sur les réseaux sociaux, jurons compris. Pour un homme qui se dit tolérant et prêt à toute conversation, il est amusant de voir que Kozhagapanov supprime instantanément tous les commentaires désagréables et les questions gênantes. Sauf parfois, quand il préfère répondre de façon injurieuse.

A chaque fois, Yerlan Kozhagapanov fait tout pour défendre ses intérêts personnels et non le bien commun. Si quelque chose n’est pas rentable pour lui personnellement, cela ne se produira pas. Les hommes qu’il a propulsés dans les clubs lui préserveront le poste de président de la FFK et son influence à la ligue tandis que les matchs amicaux avec des rivaux faibles lui permettent une position relativement élevée au classement FIFA.

Et si quelqu’un doute de l’efficacité de toute cette activité, il est « l’ennemi du football », et n’a aucun droit d’être là, n’agissant pas dans l’intérêt de la « Mère Patrie ». Ce mot «Patrie», qui est utilisé à l’envi par Kozhagapanov dans un intérêt purement personnel. Malgré ses dires, le président ne lutte pas contre la corruption en adoptant des mesures concrètes, comme pourrait l’être le salary cap. Las, tout le monde a compris depuis bien longtemps la farce. Même le petit fils du grand président Nazarbayev, Aysultan, qui postait sur Facebook : « Je regarde ce qu’il se passe en ce moment dans notre football et je comprends qu’attendre que la direction de la fédération fasse son travail est l’occupation la plus inutile qui soit. Au moins, vous pouvez prendre quelques stocks de pop corn et assister à cette comédie comme un reality show. On a toujours l’impression de regarder le dernier épisode de la dernière saison, mais non. Les acteurs font leur maximum pour faire rire tout le monde dans le pays et au-delà des frontières. » En connaissant la valeur de la parole d’un Nazarbayev, on ne donnerait pas cher de la peau de Kozhagapanov, qui n’est donc même pas appréciée au sein du pouvoir central du pays.

Kozhagapanov/Nazarbayev, le clash | © camonitor.kz

Kozhagapanov/Nazarbayev, le clash | © camonitor.kz

Les fans du football kazakh sont fatigués de l’impunité de Yerlan Kozhagapanov et veulent sa démission, pensant à lui dans le futur comme un cauchemar de passage. Sauf que la position du président a l’air étanche. Même les clubs exprimant leur méfiance envers le président de la FFK mais ils ne feront rien, connaissant le danger pour eux. Et puis, en s’entendant bien avec le président, on pourrait peut-être bénéficier de plus de penaltys accidentels, qui sait. En tout cas du côté des fans, la patience n’est plus de mise. Certains tentent le tout pour le tout en transmettant le dossier à l’UEFA. Sans penser que le Kazakhstan pourrait être renvoyé en zone Asie.

Une chose est certaine: Kozhagapanov est déjà entré dans l’histoire du football du Kazakhstan comme le président le plus haï. Et cette gloire lui restera pour toujours.

Damien Goulagovitch


Image à la une : © Sergei Nadtochey

Yerlan Kozhagapanov, cauchemar du football kazakh
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