On a vécu Mordovia Saransk vs. Terek Grozny

Adrien Laëthier
Adrien Laëthier - Publié le 10 décembre 2015

Ce n’est pas uniquement pour raison touristique que nous sommes en visite à Saransk, capitale de la République de Mordovie, pour la première fois. C’est également en vue de rencontrer le milieu de terrain français du Mordovia, Damien Le Tallec, pour une interview que vous retrouverez sur notre site dès la semaine prochaine. Nous tenons d’ailleurs à remercier Damien pour l’invitation pour ce match entre le Mordovia, le club local, et les Tchétchènes du Terek. Il s’agit de la dix-huitième journée du championnat de Russie, soit la dernière journée avant la (longue) trêve hivernale russe.

© Adrien Laëthier / Footballski

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A l’échelle de la Russie, Saransk est une très petite ville, et d’ailleurs une des plus petites à être capitale régionale. Cela fait d’elle une cité atypique car plus animée que des villes plus grandes mais extrêmement rapide à découvrir. C’est d’ailleurs la plus petite ville à posséder un club de RPL (et en FNL, seule Tosno et son projet fantasque, abrite un club dans une ville plus petite que Saransk). La capitale mordve accueillera d’ailleurs la Coupe du Monde 2018, aussi contesté que cela puisse être (Saransk a été préférée à Krasnodar par le comité d’organisation). Le stade Yubileiniy est d’ailleurs actuellement en construction.

La République de Mordovie est donc la région où vivent les Mordves, regroupement hétéroclite de peuplades d’origine finno-ougriennes unies à la Russie il y a déjà un millénaire. Ils possèdent d’ailleurs deux langues différentes, ce qui fait que l’affiche dans la ville est trilingue. Cependant, les Mordves ne constituent qu’un petit tiers de la population locale où les Russes sont donc majoritaires (contrairement à d’autres républiques comme le Tatarstan ou encore la Tchétchénie).

© Adrien Laëthier / Footballski

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J’arrive donc au stade à 18h00, comme souvent une heure avant le match, ce qui n’est pas forcément une bonne idée quand la température est négative – bien que clémente, -3 reste relativement bon pour la région de la Volga en décembre (pour comparaison, il faisait -15 lors de la réception du Zenit, l’an dernier à la même époque). Le stade est vide, et seuls les policiers présents en nombre sont déjà là pour des contrôles minutieux. Le stade est un peu vieillot, mais le nouveau est en construction, et contraste avec la ville qui a été entièrement rénovée récemment (le théâtre, l’université, la banque de Russie, et même la poste russe sont neufs ; ce qui est très rare en Russie). Autour du stade, on peut apercevoir également la piscine olympique et la patinoire abritant l’équipe locale de hockey sur glace qui sont beaucoup plus modernes.

© Adrien Laëthier / Footballski

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Le match en lui-même ne promettait pas d’être spectaculaire car le Mordovia est en petite forme et marque peu alors que le Terek a déjà fait neuf matchs nuls, possède une des meilleures défenses du pays et est l’équipe la moins défaite dans cette RPL (deux fois seulement). La première mi-temps a confirmé cette impression avec très peu d’occasions et une légère domination des joueurs de Grozny avec notamment une forte activité de Kudryashov qui ravira les cinq spectateurs du parcage visiteur. Côté Mordve, Lutsenko paraît trop esseulé à la pointe de l’attaque et il se montrera trop court à deux reprises. Les spectateurs, gelés, ne sont pas réchauffés par le spectacle. Et sous les yeux de Vladimir Volkov (Chef de la République de Mordovie) et de Fyodor Scherbachenko (entraîneur légendaire du club), les vingt-deux acteurs rentrent aux vestiaires.

© Adrien Laëthier / Footballski

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La deuxième mi-temps sera beaucoup plus intéressante mais commence par une mauvaise nouvelle : la blessure de Damien La Tallec (qui nous confirmera ensuite qu’il s’agit d’une béquille). Le Français, qui a peut-être joué son dernier match au Start, sort, remplacé par Shipitsin. Lutsenko, Vlasov et Mukhametshin auront des occasions mais sans succès ; tout comme l’autre Français présent au coup d’envoi, Thomas Phibel qui dévissera deux frappes alors qu’il se trouvait à la retombée du ballon suite à des coups de pied arrêtés. Gorodov tiendra le score pour le Terek qui aurait même pu s’imposer grâce à deux contre-attaques dangereuses mais avortées. Nukri Revishvili, allègrement raillé par les tribunes n’aura, ce soir, pas encaissé de but et les 200 ultras locaux, torses nus, n’auront eu que leurs chants ainsi qu’une bataille de boule de neige pour se réchauffer.

Tout le monde est en vacances et la RPL ne reprendra que le 1er mars. Gageons que l’équipe du Mordovia aura beaucoup évolué durant l’hiver et que les travaux du restaurant de l’acteur le plus célèbre de la ville auront débuté.

Les notes Footballski :

Mordovia Terek

Standing du stade (2/5):

Stade vieillot mais encore acceptable. Les tribunes quasi-plates et ouvertes au vent sont typiques de l’architecture communiste mais pas du football qu’on aime. Le stade tranche également beaucoup avec une ville à l’architecture moderne.

Disponibilité des billets (5/5):

Sur Internet comme à l’entrée du stade, les places sont disponibles. Seulement un tiers des billets s’est d’ailleurs vendu pour cette rencontre (4 272 spectateurs). Attention tout de même face à une grosse équipe avec une meilleure météo.

Tarifs (5/5):

L’invitation ! Mais plus sérieusement, les places en tribune centrale oscillaient entre 250 et 400 roubles. Ce qui représente de 3,50€ a 6€ ! Tout à fait raisonnable pour de la RPL

Ambiance (1,5/5):

Le paradis pour les amateurs de commentaires en V.O. de la part de vieux habitués du stade florissant leurs discours d’invectives envers l’arbitre. Ce dernier entendant le tout. Une poignée (200 ?) d’ultras qui chantent tout le match mais cela se perd dans le ciel de Saransk et reste très monotone.

Risques (5/5):

Les supporters se dispersent très vite après le match alors que la protection policière est plutôt importante. Ambiance plutôt bon-enfant au niveau des tribunes à Saransk.

Accessibilité & Transports (4,5/5):

La ville étant petite, le stade est quasiment au centre-ville. Quinze minutes à pied de l’hyper-centre et bien desservi par les bus et autres marshrutkas. Aucun problème pour se rendre au Start.

Boissons (3/5):

Il y a du café ! Honnêtement et par cette température, je n’ai pas testé la buvette mais l’odeur de shashlikis se faisait sentir. Un « trois » légèrement arbitraire avec le préssentiment que la bière de qualité n’y coule pas à flots.

Quartier environnant (4,5/5):

C’est vraiment pour chipoter car la vue n’est pas magnifique, mais le centre commercial Rio se trouve à une dizaine de minutes du stade et la proximité avec le centre-ville rend l’avant et l’après-match très agréable.

 

Adrien Laëthier

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A propos de l'auteur

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Adrien Laëthier

Amoureux de la Russie et de l'Ukraine et spécialiste de ces footballs, ainsi que du football de l'Est en général ! A vécu en Russie, à Chelyabinsk là où les météorites tombent. J'essaye de faire vivre sur Footballski les différents championnats d'ex-URSS (Ukraine, Caucase, Baltique,...) ainsi que la RPL par les résumés hebdomadaires.

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