Que vaut le FK Krasnodar en 2015 ?

Karim Hameg
Karim Hameg - Publié le 17 septembre 2015

Une forte colonie sud-américaine, une identité de jeu affirmée et un milliardaire à sa tête : le FK Krasnodar est une sorte de Shakhtar Donetsk russe. Révélation des deux dernières saisons de RPL, Krasnodar a connu un début de saison difficile mais il reste sur une large victoire (4-0) face au Dinamo Moscou qui pourrait enfin le lancer. Focus sur ce club qui s’apprête à affronter le Borussia Dortmund pour son entrée en Europa League.

Rappels historiques

Souvent confondu avec le Kuban Krasnodar (club voisin sans être véritablement rival), le FK Krasnodar a été fondé en 2008 par l’oligarque russe Sergei Galitskiy, richissime propriétaire de la chaîne de supermarchés Magnit. Le club a gravi les échelons très rapidement, accédant à l’élite du football russe à l’hiver 2010/2011 de manière trouble. En effet, après la dissolution du Saturn Ramenskoye (dixième de RPL en 2010), une troisième montée devait être validée et plutôt que de faire accéder le FK Nizhny Novgorod, troisième de FNL, la ligue russe a choisi de faire monter le FK Krasnodar, seulement cinquième. La solidité financière du club et la puissance de son propriétaire ont sans doute du aider.

Maintenu sans forcer en 2011/2012 puis en 2012/2013, Krasnodar a franchi un cap en terminant cinquième de RPL en 2013/2014, ce qui lui a permis de participer à sa première campagne d’Europa League. Les Vert et Noir se sont distingués en éliminant la Real Sociedad en barrages (0-1, 3-0) avant d’échouer au premier tour dans un groupe très difficile où figuraient Everton, Wolfsburg et Lille. Surclassé à deux reprises par le club allemand (2-4, 1-5), Krasnodar peut avoir des regrets puisqu’il a mené au score lors des deux rencontres face au LOSC et lors du match aller face à Everton pour finir par concéder, à trois reprises, le nul sur le score de 1-1. Il terminera néanmoins sa campagne sur une note positive avec une belle victoire à Goodison Park (1-0).

krasnodar-Helsinki

Au niveau national, Krasnodar a poursuivi sa montée en puissance avec une troisième place en 2014/2015. À égalité de points avec le CSKA Moscou, le FK Krasnodar n’a laissé échapper la Ligue des Champions qu’en raison d’un plus petit nombre de victoires (17 contre 19). Qualifié de nouveau pour l’Europa League, il a écarté le Slovan Bratislava (2-0, 3-3) puis le HJK Helsinki (5-1, 0-0) pour se hisser une fois de plus en phase de poules.

À noter que le FK Krasnodar disposera très bientôt d’un nouveau stade de 36 000 places. L’enceinte devrait être prête dès le mois d’octobre prochain et elle sera au cœur d’un vaste complexe incluant des terrains d’entraînement et des terrains pour les équipes de jeunes. Un nouveau complexe ultra-moderne qui témoigne de l’ambition du club.

La politique des quotas et ses éventuelles conséquences

Le FK Krasnodar s’est toujours massivement appuyé sur ses joueurs sud-américains, qu’ils soient brésiliens (Ari, Joãozinho, Wánderson), colombiens (Ricardo Laborde) ou uruguayens (Mauricio Pereyra). Problème : le règlement de la RPL pour la saison 2015/2016 impose la présence d’au moins cinq joueurs russes sur le terrain. Un vrai casse-tête pour l’équipe entraînée depuis 2013 par le Biélorusse Oleg Kononov. En effet, trois places sont en effet déjà réservées à des joueurs étrangers au niveau des postes défensifs : le gardien ukrainien Dykan et les tours jumelles scandinaves Granqvist (capitaine) et Sigurdsson en défense centrale sont incontournables. Il faut donc faire un choix parmi les joueurs offensifs sud-américains pour laisser davantage de place aux joueurs russes. C’est l’Uruguayen Mauricio Pereyra qui a fait les frais de cette nouvelle réglementation : indispensable la saison dernière (27 matchs, 9 buts), Pereyra n’a disputé que 233 minutes cette saison (4 matchs dont seulement 2 comme titulaire). Les problèmes rencontrés par Krasnodar en ce début de saison vient peut-être de là.

krasnodar

Le recrutement lors du mercato estival des internationaux Torbinskiy et Smolov s’est fait en ce sens, ces joueurs venant se greffer à l’ossature russe déjà existante (Kaleshin, Mamaev, Bystrov, Petrov et Gazinsky pour ne citer que les joueurs les plus emblématiques). Krasnodar a également fait venir un joueur étranger mais qui évoluait déjà en Russie, une vieille connaissance de la Ligue 1 en la personne de Charles Kaboré. L’international burkinabé, ancien joueur de l’OM, n’a pas eu à déménager puisqu’il arrivait en provenance du Kuban Krasnodar.

Quelles chances en Europa League ?

Le FK Krasnodar a bénéficié d’un tirage au sort bien plus clément que la saison dernière. Si la première place de son groupe, le C, semble réservée à un Borussia Dortmund en pleine bourre en ce début de saison, la deuxième semble accessible. Si le PAOK Salonique et Gabala ne sont pas des adversaires à négliger, ils semblent évoluer un cran en dessous des équipes rencontrées par le club russe la saison dernière.

Krasnodar n’aura en tout cas pas le temps de tergiverser : il devra dès son entrée en lice affronter le Borussia Dortmund dans son antre, le Westfalenstadion.

 

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Ex-géographe aujourd'hui dans l'informatique, passionné de football russe et ukrainien.

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