Un an après notre dernière expédition en République Tchèque, l’envie de retrouver le parfum si particulier des stades tchèques, de la bonne klobasy à la mi-temps et des pyros à en perdre la tête était trop forte. Nous voici reparti pour un nouveau week-end prolongé en Europe centrale ! Et une fois de plus, ce voyage ne nous a pas déçu.

Les Bohemians pour la mise en bouche

Impossible de passer un week-end à Prague sans se perdre dans cette ville magnifique. Centre historique de la Bohême et capitale de la République Tchèque formée en 1993, Prague compte une population d’un peu plus d’un million d’habitants. Une ville à taille humaine délimitée en plusieurs quartiers. Mais ce qui fait la beauté de cette cité, c’est la richesse architecturale que nous pouvons trouver dans ses murs. Vous pouvez retrouver dans la même rue un vieux bâtiment datant de l’époque de la Tchécoslovaquie, auquel est accolé une somptueuse bâtisse d’influence viennoise. Sans oublier quelques mètres plus loin un appartement de style cubisme. Autant dire que se perdre dans Prague et dans sa vieille ville est le meilleur moyen d’apprécier la richesse de la capitale.

Mais Prague c’est aussi une ville qui vit pour le football. Avec pas moins de trois clubs en première division, trois en D2 et quatre en D3, la capitale tchèque voit son cœur tendre dans plusieurs directions. En ce vendredi soir, le nôtre se dirige vers les Bohemians. Après avoir déambulé dans Hradčany (le quartier du château de Prague) et une visite très instructive du musée du communisme, qui permet d’en savoir plus sur l’histoire récente d’un pays qui porte encore les stigmates d’un XXème siècle mouvementé, nous prenons la direction du fameux Ďolíček.

Considéré par certains comme étant le club le plus populaire de Prague, les Bohemians tentent encore une fois de sauver leur place dans l’élite du football national. Passé à deux doigts de la liquidation financière en 2005, le club d’Antonin Panenka commence à s’installer dans la durée au meilleur niveau. Poussé par une belle ferveur populaire, malgré un petit stade (7500 places), le club flanqué d’un kangourou sur son logo garde ses valeurs et est très proche de son public. Même si les conditions ne sont pas bonnes (on approche du zéro degré et il pleut des cordes), plus de 4000 personnes sont présentes dont un kop qui a répondu présent. Sous une météo dantesque, les Bohemians reçoivent ce soir le FK Slovacko, un club adepte de la formation et qui sort fréquemment de très bons joueurs allant ensuite garnir les rangs des meilleurs équipes du pays.

© Footballski

On ne va pas le cacher, le match était horrible. Mais dans chaque FootballskTrip, il faut une purge, tradition oblige. Alors on profite de l’ambiance dans le kop. On renifle à pleines narines l’odeur du cochon qui grille à proximité, mélangée à la fumée des fumigènes. Cette tribune historique vibre malgré une prestation médiocre des deux équipes. Peu d’actions et au final un score nul et vierge. Mais l’essentiel était là, vivre un match au Ďolíček est une expérience à faire au moins une fois dans sa vie quand on aime le football populaire. Keita, l’attaquant français des Bohemians, nous confie après le match être quelque peu déçu de la prestation de son équipe mais pense qu’ils feront mieux dans les semaines à venir.

Le Dukla Praha renaît de ses cendres

Le combo bière, saucisse, pain, moutarde, raifort et D2 tchèque à 10h du matin est certainement une création divine. Rien de mieux pour se réveiller et pour bien lancer son samedi. Mais avant de pouvoir humer la douce humeur des buvettes du Dukla, il faut se farcir un long trajet. Car l’imposant Na Julisce se situe à l’extrémité nord-ouest de Prague et l’atteindre est un vrai parcours du combattant. Pour les connaisseurs, le trajet ressemble un peu à celui de la Khimki Arena de Moscou. Métro, tramway, bus et au final un petit trajet d’environ 1 heure depuis le centre de Prague.

Pas le temps de se ravitailler car le Dukla nous propose un beau match des U9 à la pause. On notera notamment le tacle d’un jeune joueur à son éducateur qui tombera face contre terre

Un petit déjeuner divin © Footballski

On avait pu il y a quelques années assister à un match de D1 du Dukla contre le Viktoria Plzen. Les temps ont malheureusement bien changé et l’ancien club de l’armée se bat pour remonter dans l’élite du football national. Une ferveur qui peine à évoluer alors que le Dukla semble bloqué dans le passé.

Les quelques « ultras » approchent la cinquantaine et les rares jeunes qui fréquentent les travées sont soit des étrangers soit les joueurs des sections jeunes. Il faut dire que l’affiche n’a rien de sexy. Le Dukla, qui se bat pour le podium, reçoit le SK Lisen, club situé à proximité de Brno et promu de troisième division.

© Footballski

Alors oui, le Dukla se bat pour se défaire de son passé. Malgré une descente l’été dernier en D2, il a réussi à conserver de nombreux joueurs. Cela se voit rapidement sur le terrain avec des joueurs comme Doumbia, qui avait déjà fait une grosse saison en première division la saison dernière. Malgré l’horaire matinal, une quarantaine d’ultras de Lisen ont fait le long déplacement jusqu’à Prague pour assister à un match compliqué pour le promu. En dépit d’une entame intéressante, Lisen encaisse un but suite à une belle boulette de son portier. Le Dukla déroule et mène déjà 2-0 à la pause.

Pas le temps de se ravitailler car le Dukla nous propose un beau match des U9 à la pause. On notera notamment le tacle d’un jeune joueur à son éducateur qui tombera face contre terre (véridique). La seconde période est plus serrée, la mascotte a rejoint la tribune des supporters et les quelques ultras locaux tentent de réveiller un Dukla qui semble un peu endormi.

Les Dukla Do Toho résonnent dans un stade quasiment vide (600 spectateurs présents dans une enceinte de 29 000 places) et malgré deux buts adverses les locaux s’imposent tranquillement 4-2. Les supporters de Lisen débâchent tandis que les joueurs du Dukla tapent dans la main des leurs. Nul doute qu’il faudra encore beaucoup de temps pour raviver la flamme du Na Julisce et donner un nouvel élan à ce club historique …

Victoire 4-2, c’est la folie dans la tribune © Footballski

Joyeux anniversaire au Slavia Praha!

Lors de notre première venue en République Tchèque, quatre ans auparavant, nous avions assisté à un match du Slavia Prague dans un stade quasi vide (à l’exception de la tribune ultra) et avec une équipe produisant un jeu famélique. Les choses ont bien changé en quatre ans. Naming du stade (bye bye Eden Arena, bienvenue à la Sinobo Arena), meilleure équipe du championnat et qualification pour les phases de groupes en Ligue des Champions, le Slavia Prague est entré dans une nouvelle dimension.

© Footballski

Première conséquence directe de cette popularité en hausse, un prix des billets plutôt cher en République Tchèque (environ 25-30 euros la place en latérale). Mais aujourd’hui, le Slavia fête son anniversaire. 127 ans d’existence qui seront fêtés dignement lors de la rencontre contre le Banik Ostrava, nous ne pouvons manquer ça. L’ambiance promet d’être chaude puisque le Banik bénéficie d’un soutien incroyable de la part de ses fans, qui se déplacent dans tout le pays, peu importe les résultats.

Malgré une relégation il y a quelques saisons et un court passage dans l’échelon inférieur, le Banik est toujours un adversaire coriace et difficile à manœuvrer. L’arrivée au stade se fait en même temps que celle des ultras du Banik, encadrés par des dizaines de policiers prêts à en découdre au moindre écart. Présents en nombre à Prague, les supporters visiteurs font du bruit, beaucoup de bruit.

Les supporters du Banik toujours présents © Footballski

Pour son anniversaire, le Slavia Prague attire une foule conséquente, le stade est quasiment plein mais à notre surprise il n’y a pas de tifo en début de match. Ce n’est que partie remise… Sur le terrain, le Slavia Prague est en difficulté et peine à se montrer dangereux face à un Banik qui, malgré de nombreuses occasions pour ouvrir le score, se fait finalement piéger en fin de première période. C’est le début du récital de Tomas Soucek, qui marque un doublé et aurait même pu s’offrir le coup du chapeau s’il n’avait pas manqué son pénalty.

Même si le Banik encaisse but sur but, ses supporters ne baissent pas le volume et déploient une belle bâche en seconde période. Actifs du début à la fin du match, malgré une seconde période calamiteuse, ils sont un modèle de supporterisme. Car il faut dire que sur le terrain, c’est la débandade côté Banik. Malgré une belle première période, le second acte est catastrophique. Un carton rouge et un pénalty concédé dès la reprise, le Banik s’effondre et ne peut que constater les dégâts. Une large victoire 4-0 pour le Slavia, mais surtout le tifo que l’on attendait tous arrive dans le temps additionnel. 127 ans d’existence et certainement encore beaucoup de belles choses à venir pour le club de la capitale…

©Footballski

Ces deux jours nous ont mis l’eau à la bouche. Nous ne pouvons pas nous arrêter en si beau chemin. Notre périple va se poursuivre à Teplice…

Antoine Jarrige

Image à la une : ©Footballski

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