Bilan de la première partie de UPL 2014/2015

Rusko - Publié le 19 février 2014

Alors que les compétitions européennes reprennent cette semaine, l’Ukrainian Premier Ligue est en sommeil depuis bientôt 3 mois. A un peu plus d’une semaine de la reprise du championnat, avec un alléchant Dynamo-Shakhtar, revenons sur la première partie de saison ukrainienne.

Shakhtar en transition mais Shakhtar leader

Shakhtar | 1er | 41 pts (18 matchs)

Comme annoncé lors des premiers articles de la saison, les pertes de Fernandinho, Mkhitaryan et Willian en à peine 6 mois se font ressentir. On ne remplace pas 3 joueurs majeurs d’une équipe sans passer par une phase de transition. Pour pallier ces départs, le Shakhtar n’a pas changé de méthode : direction l’Amérique du Sud et surtout le Brésil. Ainsi, le club phare de Donetsk s’est permis le luxe d’attirer la jeune perle Bernard qui était notamment dans les petits papiers d’Arsenal ou de Porto.

Sur le terrain, si Lucescu semble toujours aussi bien maîtriser son équipe, le Shakhtar a encore un problème d’équilibre. Clairement, le départ de Fernandinho n’a pas encore été digéré. Alex Teixeira a reculé d’un cran mais n’est pas encore au niveau de son compère brésilien dans cette position de milieu défensif/relayeur. Conséquence logique, le Shakhtar n’écrase pas l’UPL comme il a pu le faire la saison passée. Avec déjà 3 défaites au compteur, dont une belle claque 3-1 sur le terrain du Dnipro, le Shakhtar s’est montré fébrile tout au long de cette première partie de saison. Toutefois, les performances récentes des mineurs en championnat laissent penser que Lucescu a peut-être trouvé la bonne solution.

Déjà auteur de 7 passes décisives, Bernard a été parfaitement protégé par le maître roumain et va s’affirmer petit à petit, c’est certain. En attaque, Facundo Ferreyra est encore utilisé avec parcimonie mais a déjà su démontrer de quoi il était capable et pourrait, à terme, reléguer Luiz Adriano sur le banc.

En Ligue des Champions, le Shakhtar était tombé dans une poule relevée et n’a pas su tirer son épingle du jeu, étant relégué en Europa League, une compétition qui sied davantage au Shakhtar de cette saison.

Une deuxième place en trompe-l’œil.

Dynamo – 2ème – 36 pts (18 matchs)

Tout comme l’ennemi de Donetsk, le Dynamo est en transition, en reconstruction. Contrairement au Shakhtar, cette période de flottement ne date pas d’aujourd’hui. Pour rivaliser avec le Shakhtar, le Dynamo n’a pas hésité à sortir le chéquier cet été. Un recrutement tourné vers l’étranger et assez coûteux qui rompt quelque peu avec la tradition très ukrainienne du club. Autre problème de ce recrutement ? La faible plus value footballistique qu’apporte tous ces joueurs. Avec un recrutement que ne renierait pas un club de L1 (Belhanda, Trémoulinas, Mbokani), le Dynamo n’est clairement pas au niveau de ses concurrents. Blokhin a du mal, beaucoup de mal à donner une vraie identité à son équipe. Souvent contesté, la légende du club est toujours en place à la tête de l’équipe. Cette deuxième place à la trêve est un vrai trompe-l’œil. En fait, le Dynamo est largement supérieur à la plupart des équipes qui composent cette UPL, mais le Dynamo est inférieur au Shakhtar, au Metalist et au Dnipro. C’est en tout cas, ce que cette première partie de saison nous a montré. Deux lourdes défaites face au Shakhtar et au Metalist, un match nul à domicile face au Dnipro. Clairement, le Dynamo de Blokhin a du mal face aux autres tops équipes du championnat et doit sa 2ème place au match en moins du Metalist et Dnipro. Trop souvent, Yarmolenko a masqué les faiblesses du Dynamo sur cette première partie de saison.

Côté français, il est intéressant de noter que Trémoulinas a totalement disparu du 11 titulaires aux dépens de Makarenko.

En Europe, le Dynamo a fait le job sans briller en Europa League, se qualifiant pour les 16ème de finale de la compétition. La tâche sera particulièrement relevée puisque les partenaires de Gusev affronteront les espagnols de Valence.

L’année ou jamais pour Metalist et Dnipro

Avec un Shakhtar et un Dynamo en transition, l’occasion est trop belle pour ne pas en profiter. Ainsi, les habituels outsiders du championnat ne peuvent se cacher. Clairement, une des deux premières places, voire les deux premières places, semblent accessibles aussi bien pour le Metalist que pour le Dnipro.

Metalist – 3ème – 36 pts (17 matchs)

Privé de tour préliminaire de LDC suite à un match truqué en 2008 (sic), le Metalist est donc focalisé à 100% sur le championnat.

Tout aussi Sud-Américain que le Shakhtar, mais avec une communauté argentine tout aussi importante que la communauté brésilienne, le Metalist de l’excellent Myron Markevich n’aura connu la défaite qu’à une seule reprise en championnat sur l’année 2013 ! Une lourde défaite sur le terrain du Metalurg Donetsk qui vient sanctionner une fin d’année 2013 quelque peu compliquée.

Auparavant, tout était parfait, ou presque. Un match nul ramené de la Donbass Arena, une éclatante victoire 3-0 face au Dynamo et le Metalist menait un train d’enfer en tête de l’UPL à la fin du mois d’octobre. Malheureusement pour le club de Kharkiv, les mois de novembre et décembre ne seront pas aussi prolifiques en termes de points. Une baisse de régime qui correspond à la baisse de régime de son buteur Marko Devic, impressionnant de réussite jusque là. Outre la première défaite de l’année en UPL, le Metalist concèdera également 3 matchs nuls, à Poltava, à Mariupol et à Dnipropetrovsk, ce dernier match nul pouvant être considéré comme une mini victoire étant donné le scenario assez fou et le fait de devoir jouer la 2ème mi-temps deux mois après la première.

Au final, avec un match de moins, le Metalist est à égalité avec le Dynamo et à 5 points du Shakhtar. A voir comment les hommes de Markevich parviendront à digérer ce mauvais mois de novembre et cette longue trêve. La réussite de Marko Devic pourrait être la clé de la fin de saison et d’une possible qualification en Ligue des Champions, voire plus si affinité.

Dnipro – 4ème – 35 pts (17 matchs)

Si le Metalist détient le record avec une seule défaite, le Dnipro fait mieux que le Shakhtar et le Dynamo, avec deux petites défaites au compteur, deux défaites concédées face à Zorya. A l’instar du Metalist, on a senti également une baisse de régime lors des derniers matchs des protégés de Juande Ramos. Gros pourvoyeur de la sélection, la Dnipro a probablement subi le contre coup de l’élimination de l’Ukraine en barrage de la Coupe du Monde.

Mais pas de quoi remettre en cause le travail effectué jusqu’à présent. Le 4-4-2 de Ramos est parfaitement intégré par son équipe. Au milieu, Rotan et Kankava forme probablement la meilleure paire de milieux défensifs du championnat alors que Konoplyanka régale sur son côté gauche. Ce Dnipro est plutôt une équipe bâtie pour jouer rapidement dès la récupération du ballon, Rotan se chargeant d’alimenter ses flèches offensives, alors que Zozulya se bat comme un fou sur le front de l’attaque et épuise les défenses adverses.

La force du Dnipro est également sa faiblesse. Ainsi, le Dnipro est parfaitement capable d’écraser le Shakhtar comme rarement on aura pu le voir sur les dernières saisons. En contre partie, les partenaires de Rotan connaissent plus de difficultés à battre les équipes plus regroupée.

A un petit point de la 2ème place, à 6 points du Shakhtar, le tout avec un match de moins que Dynamo et Shakhtar, le Dnipro a vraiment un coup à jouer en championnat.

En Europe, si la Fiorentina s’est révélée être un obstacle trop important, le club s’est qualifié sans soucis pour les 16ème de finale de l’Europa League. Malheureusement, le sort n’a pas gâté les coéquipiers de Konoplyanka et le Dnipro devra se frotter aux anglais de Tottenham, ancien club de Juande Ramos, pour pouvoir espérer poursuivre l’aventure européenne.

L’excellente surprise Chornomorets

Chornomorets – 5ème – 35 pts (18 matchs)

Meilleure défense du championnat avec 11 buts encaissés en 18 journées, l’équipe d’Odesa est l’énorme surprise de cette première partie de saison ukrainienne. Battu à 3 reprises seulement (deux fois par le Shakhtar 1-0 et une fois par le Dnipro 2-0), Chornomorets a su tenir en échec le Metalist chez lui et battre le Dynamo à Kiev sur le score de 2-1.

Évidemment, Chornomorets s’appuie sur une animation défensive des plus efficaces, emmenée notamment par l’argentin Fontanello. Pas un grand adepte du turnover, Grigorchuk aligne régulièrement le même 4-2-3-1. Devant la défense, Bobko et Kovalchuk ne sont pas avares d’efforts, ce dernier étant également suffisamment adroit techniquement pour distribuer et ne pas perdre le ballon bêtement. Devant, le généreux Antonov représente une menace constante pour ses adversaires. Pour l’épauler, Franck Dja Djedje, particulièrement en réussite sur les bords de la mer noire, et l’espagnol Sito Riera sont d’inamovibles titulaires, l’espagnol faisant souvent la différence par sa qualité technique. Enfin, derrière Antonov et au soutien de Bobko et Kovalchuk, Oleksiy Gai a les faveurs de Grigorchuk.

Chornomorets s’appuie également sur un état d’esprit irréprochable. Toujours accrocheurs, les bleus et noirs ont donné du fil à retordre à tous leurs adversaires et méritent largement leur 5ème place au classement, même s’il sera difficile de viser plus haut sur le plan national,

Enfin, le magnifique travail effectué par Grigorchuk et ses hommes s’est également vu récompensé par un parcours remarquable en Europa League. Après avoir évincé l’Etoile Rouge de Belgrade en tour préliminaire, Chornomorets est parvenu à s’extirper d’un groupe composé des étonnants Bulgares de Ludogorets, du PSV et du Dynamo Zagreb, Odesa obtenant sa qualification en battant le Dynamo et le PSV lors des deux derniers matchs !

Seule ombre au tableau, le carton rouge obtenu par Sito Riera qui sera donc suspendu pour au moins un des deux matchs face à l’OL en 16ème de finale. Qu’on soit bien clair, l’OL est largement favori de cette confrontation, mais prendre cette équipe de Chornomorets à la légère pourrait mener à une cruelle désillusion côté français.

Le haut du milieu de tableau

Derrière ce groupe de tête qui semble intouchable, on retrouve 3 équipes qui se démarquent et se détachent du reste des équipes de UPL.

Zorya – 6ème – 27 pts (18 matchs)

Équipe poil à gratter, en difficulté à l’extérieur, très dur à battre à domicile (une seule défaite), Zorya est la seule équipe à avoir battu le Dnipro (et à 2 reprises svp!). Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, l’équipe de Lugansk s’est également payée le scalpe du Dynamo et a su tenir tête au Metaslit (2-2). Devant, le duo d’attaquant Danilo-Boli, épaulé par Khomchenovskiy, se charge de bonifier le bon travail de tout un bloc très solide défensivement. A ce titre, Yannick Boli, avec 8 buts au compteur, s’en sort remarquablement bien.

Vorskla – 7ème – 26 pts (18 matchs)

Après un départ un peu compliqué, Vorskla a su tirer son épingle du jeu avant de connaître un vrai coup de mou avant la trêve. Défait à seulement 4 reprises, l’équipe de Poltava est parvenu à tenir en échec Dnipro, Metalist, Dynamo et Chornormorets (1 nul et 1 défaite face à ces derniers). Si Vorskla ne gagne que trop peu pour pouvoir espérer mieux, et surtout n’arrive pas à faire un vrai coup en battant un top club, l’équipe d’Anatoly Momot est une des bonnes surprises de cette première partie de saison.

Metalurg Donetsk – 8ème – 26 pts (18 matchs)

Passée la déception de l’élimination précoce en tour préliminaire d’Europa League et un début de saison compliqué, le Metalurg s’est repris peu à peu. Intraitable à domicile (6 victoires, 3 nuls), l’autre équipe de Donetsk est la seule équipe à avoir battu le Metalist, tout en parvenant à accrocher le nul face au Shakhtar et au Dnipro. Si le parcours est très bon à domicile, à l’extérieur c’est une autre histoire (1 victoire, 2 nuls, 6 défaites), l’équipe ayant tutoyé le ridicule lors du déplacement à Kiev face au Dynamo avec une défaite 9-1 à la clé. C’était le 6 octobre dernier. Depuis, le Metalurg n’a plus connu la défaite.

A noter, l’excellente saison de l’avant centre brésilien Junior Moraes, auteur de 10 buts, 5 passes décisives.

Ces équipes en retrait mais bien parti pour le maintien

Illichivets – 9ème – 20 pts (18 matchs)

Peu de coup d’éclat, si ce n’est un match nul face au Metalist, pour l’équipe de Mariupol. Illichivets se démarque par une défense assez solide mais une animation offensive défaillante, malgré la présence du très intéressant milieu géorgien Tornike Okriashvili.

Volyn – 10ème – 20 pts (18 matchs)

Volyn, ce club qui a fait passer une annonce sur son site internet pour un casting de joueurs cet été, s’en sort plutôt très bien au regard de ce que cette annonce laissait imaginer. En grande difficulté à l’extérieur, l’équipe de Lutsk tire son épingle du jeu à domicile, sans pour autant être à créditer de grandes performances, exceptée cette surprenante victoire face au Shakhtar le premier novembre dernier.

Karpaty – 11ème – 19 pts (17 matchs)

Tout comme Volyn, le Karpaty a battu le Shakhtar. En grande difficulté en début de saison, le Karpaty a su se reprendre, perdant peu, mais gagnant très peu. Au final, l’état d’esprit de l’équipe de Lviv devrait être suffisant pour s’en sortir grâce à la faiblesse des équipes de bas de classement d’UPL.

Sevastopol – 12ème – 19 pts (18 matchs)

Seul promu pour cette saison, Sevastopol a su se démarquer par un jeu assez enthousiasmant, malgré le départ de son entraîneur, Oleg Kononov, parti du côté de Krasnodar, en Russie. En proie à des difficultés financières, Sevastopol a du se séparer de certains joueurs importants, parmi lesquels Maruisz Lewandowski. Autre ombre au tableau, l’attitude de certains supporters lors du match face au Dnipro avec jets de fumigènes et de sièges à la clé…

Hoverla – 13ème – 17 pts (18 matchs)

Promu la saison dernière, l’équipe de Damien Le Tallec s’en sort bien mieux cette saison et semble bien parti pour se sauver.

Lutte contre la relégation

Tavryia – 14ème – 11 pts (18 matchs)

Également en proie à des difficultés financières, l’équipe de Simferopol a connu un début de saison désastreux, perdant ses 7 premiers matchs. Seule chance pour l’équipe de Crimée ? La faiblesse de son adversaire direct.

Metalurg Zaporizhya – 16ème – 8 pts (17 matchs)

Une seule victoire en 17 matchs. Bon dernier du championnat, évidemment en difficulté financière, difficile d’imaginer une issue agréable pour le club de Zaporizhya.

La faillite de Arsenal Kiev

Arsenal – 15ème – 10 pts (14 matchs)

Encore installé à la 15ème place, Arsenal ne joue plus depuis la 14ème journée. En effet, une journée avant la fin des matchs aller, l’autre club de Kiev a tout simplement déposé le bilan. Une faillite qui vient sanctionner une autre réalité du football ukrainien, la dure réalité économique d’un marché à deux vitesses, dominé par les présidents oligarques qui font la pluie et le beau temps de l’Ukrainian Premier League. Après Kryvbas en fin de saison passée, c’est donc au tour d’un club historique, seul club avec une fan base étiquetée extrême gauche, Arsenal Kiev de faire faillite. En attendant un éventuel repreneur, c’est toute une histoire qui est mise de côté.

Concernant le classement et les matchs non joués face à Arsenal, on attend toujours une décision définitive. A priori, selon toute logique, tous les matchs joués par Arsenal devraient être compté nul.

Récompenses objectives de la première partie de saison  :

Meilleure défense : Chornomorets – 11 buts encaissés en 18 matchs

Meilleure attaque : Shakhtar – 45 buts marqués en 18 matchs

Meilleur buteur : Marko Devic (Metalist) : 15 buts

Meilleur passeur : Ruslan Rotan (Dnipro) : 8 passes décisives

Récompenses subjectives de la première partie de saison :

Meilleur entraîneur : Roman Grigorchuk (Chornomorets)

Meilleur gardien : Dmitri Bezotosny (Chornomorets)

Meilleur défenseur : Pablo Fontanello (Chornomorets)

Meilleur milieu défensif : Ruslan Rotan (Dnipro)

Meilleur milieu offensif : Evhen Konoplyanka (Dnipro)

Meilleur attaquant : Marko Devic (Metalist)

Meilleur match : Dnipro 2-2 Metalist – Première mi-temps parfaite du Dnipro. Panne de courant à la mi-temps. Deuxième mi-temps reportée, jouée deux mois plus tard et emportée de fort belle manière par le Metalist. Match rythmé, fou, au formidable scénario pour un match nul logique.

Plus beau but : La papinade de Franck Dja Djedje pour Chornomorets

Mention spéciale pour Sebastian Blanco (Metalist)

Rusko

 

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