Steaua-Dinamo, histoire du grand derby de Roumanie

Pierre-Julien Pera
Pierre-Julien Pera - Publié le 2 mai 2015

Les Roumains l’appellent Eternul derby, le derby éternel. Un des derbys les plus chauds d’Europe, entre deux équipes créées pour se détester. Ce soir a donc lieu le match entre les deux équipes les plus titrées du pays. Celles qui comptent également le plus de supporters. Enfin, comptaient, puisque depuis cet hiver, le Steaua, devenu FCSB, est boycotté par ses supporters, les principaux groupes – Peluza Nord et Sud – seront notamment absents. Ce qui n’empêche pas ce match de revêtir une immense importance, au point d’éclipser toutes les autres informations dans les médias. Steaua-Dinamo, un match à part, à la riche histoire sur laquelle nous revenons aujourd’hui.

Dinamo Steaua derby de Roumanie

A la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, la Roumanie connaît un grand bouleversement politique avec l’arrivée au pouvoir du Parti Communiste. Comme dans les autres pays de l’Est, le nouveau pouvoir a voulu changer tout ce qui existait, à l’image de ce qui s’est déroulé en URSS entre 1917 et 1921. Partout dans le pays, les industries disparaissent ou sont confisquées par le pouvoir. Le monde du sport n’y échappe évidemment pas. De nombreuses équipes commencent ainsi à disparaître. Ce sont principalement des équipes professionnelles et celles détenues par de grands patrons, comme par exemple le Carmen Bucarest, détenu par l’industriel Ion Mociorniță et destitué alors qu’il venait de terminer le championnat en deuxième position, lors de la chasse à la bourgeoisie du printemps 1948. Le Ripensia Timișoara, quatre fois champion de Roumanie, l’Unirea Tricolor de Bucarest, une fois champion, le Venus Bucarest, huit fois champion, le FC Craiova, champion officieux durant la guerre (il n’y a pas eu de championnat officiel) sont autant d’exemples de ces clubs rayés de la carte par le nouveau pouvoir à la solde de Moscou. D’autres rares clubs ont eu plus de chance, comme l’UTA Arad, détenu par le baron Neumann. Puissant industriel, ce dernier a vu tous ses biens confisqués, y compris son club, passé dans le patrimoine de l’Etat.

Toujours selon le modèle communiste soviétique, de nouvelles équipes ont alors été fondées: des équipes étudiantes, ouvrières, ministérielles… Et comme dans les autres pays de l’Est, deux noms sont en tête d’affiche: les équipes du Ministère de la Défense et de l’Intérieur. CSKA-Dynamo en Russie et en Ukraine, CSKA-Levski en Bulgarie, Etoile Rouge-Partizan en Yougoslavie, et donc Steaua-Dinamo en Roumanie. D’autres équipes font leur apparition entre 1946 et 1950: Universitatea Craiova, Dinamo Piteşti, Steagul Roşu Braşov (le Drapeau Rouge de Braşov qui, créé en 1937, connaît alors le même changement que l’UTA Arad). Même le Rapid, créé en 1923 mais devenu professionnel durant la guerre, n’échappe pas à la métamorphose. Créées pour montrer au peuple la puissance de leur ministère respectif, le Dinamo et le Steaua profitent d’un certain favoritisme de la part du Parti et sont directement inscrits en première division. Le Steaua, créé de toutes pièces, en lieu et place du Carmen Bucarest, et le Dinamo à la place de l’Unirea Tricolor, dont il est une émanation après la fusion de ce dernier avec le Ciocanul Bucarest. Les fondations sont posées, la rivalité (instrumentalisée) entre les deux équipes bucarestoises peut commencer.

L'évolution des logos du Steaua et du Dinamo, avant l'horrible arrivée du logo FCSB

L’évolution des logos du Steaua et du Dinamo, avant l’horrible arrivée du logo FCSB

Bénéficiant de fonds provenant des ministères, des grades militaires offerts aux sportifs qui augmentent leurs revenus, mais aussi de conditions propices aux performances, ces deux équipes réussissent rapidement à attirer les meilleurs joueurs du pays. Et ce dans tous les sports, ces clubs étant fondamentalement omnisports. Le CCA (Casa Centrală a Armatei – la Maison Centrale de l’Armée), premier nom du Steaua, connaît alors une décennie exceptionnelle, remportant 6 fois le championnat et 5 fois la Coupe de Roumanie entre 1951 et 1961. Le Dinamo prend ensuite la relève, avec le titre en 1962, 63, 64 et 1965. Et ainsi de suite jusqu’en 1989. Les deux grands trustent les titres. Certaines équipes parviennent bien à s’immiscer dans le palmarès grâce à des générations d’exceptions, comme Arad en 1950 et 54 puis 1969 et 70, le Petrolul Ploieşti en 1958, 59 et 1966 ou l’Universitatea Craiova en 1974 puis 1980 et 81, mais aucune d’elles ne tient sur le long terme au niveau des deux leaders bucarestois.

Cette situation fait rapidement progresser la rivalité entre les deux clubs. Et aujourd’hui encore les accusations pleuvent d’un côté comme de l’autre. Les Dinamovişti accusent le Steaua d’avoir été favorisé par le couple Ceauşescu lorsque leur fils Valentin était à la tête de l’équipe. Ce à quoi Valentin a toujours répondu qu’il s’était impliqué dans le club pour qu’il ne soit pas volé par le Dinamo, que son téléphone était toujours sur écoute par la Securitate (la police politique, dirigée par l’Intérieur) et que le Dinamo faisait tout son possible pour faire capoter les transferts. Dans une interview réalisée il y a quelques temps par un journal sportif roumain, Valentin Ceauşescu expliquait: «Je suis supporters de Steaua depuis que suis petit et j’ai voulu protéger cette équipe pour qu’elle ne connaisse pas le sort de Craiova, qui a été détruite par le Dinamo.» La principale accusation encore adressée au Dinamo est que le club « s’offrait » systématiquement les grâces des arbitres, grâce à la pression mise sur eux par la Securitate. En face, Mircea Lucescu, entraîneur du Dinamo dans les années 80, celui qui a formé l’une des plus belles générations du club, a toujours affirmé que Valentin lui avait « proposé » de partir à l’étranger, le Dinamo étant devenu l’égal du Steaua. Impossible de savoir si ce qui se dit est vrai ou faux. Mais il est incontestable qu’il fallait avoir le soutien des dirigeants du Parti pour être une équipe de tête dans les années 80. Le Steaua bénéficiait de ce soutien, le Dinamo aussi, et même l’U Craiova, grâce à Ştefan Andrei, Ministre des Affaires étrangères. Sans ce soutien, impossible de garder les meilleurs joueurs.

L'équipe du Dinamo éliminée par Liverpool en demi-finale de C1 en 1984.

L’équipe du Dinamo éliminée par Liverpool en demi-finale de C1 en 1984.

Les années 80 sont la période où les clubs roumains ont réalisé leurs plus grandes performances sur la scène européenne. Craiova ouvre la voie avec un quart de finale de Coupe d’Europe des clubs champions en 1982 puis une demi-finale de Coupe UEFA l’année suivante (éliminé par Benfica grâce à un but à l’extérieur). Le Dinamo suit dès 1984 avec une demi-finale de C1, après avoir éliminé le tenant du titre hambourgeois. On connaît la suite, avec le titre du Steaua en 1986 en C1 puis en Supercoupe d’Europe, et la finale de C1 perdue en 1989 face au grand Milan du trio Rijkaard-Gullit-Van Basten. Comment est-on arrivé à de telles performances? En regroupant les meilleurs joueurs dans ces trois clubs. Craiova a tout d’abord formé une grande génération de joueurs formés au club ou arrivés très jeunes. Deux hommes ont joué un rôle important à ce moment: Ştefan Andrei et Adrian Păunescu, un écrivain membre du Parti. Deux proches de Nicolae Ceauşescu. Une troisième personne a eu une importance majeure, il s’agit de Corneliu Andrei Stroe, un manager d’exception qui est resté en poste jusqu’à ce que Ceauşescu en personne lui interdise toute implication dans le football. L’équipe de Craiova s’est alors immédiatement effondrée.

Les clubs bucarestois ont alors pris seuls les devants de la scène, et ce jusqu’à la fin de la période communiste. Le Dinamo bénéficie du soutien du Ministère de l’Intérieur et de Tudor Postelnicu, le chef de la Securitate. Mais il bénéficie surtout d’un groupe de joueurs talentueux, parmi lesquels on trouve Mircea Rednic, Ioan Andone, Gheorghe Mulţescu, Cornel Ţâlnăr, ou Costel Orac. Le Steaua bénéficie de son côté toujours du soutien de Valentin Ceauşescu, mais surtout du talent d’un ancien joueur devenu manager: Ion Alecsandrescu. Arrivé dans le staff en 1982, Le sphinx, tel qu’il est surnommé, est celui qui mis en place les bases d’une organisation professionnelle qui permet au Steaua de remporter ses plus grandes victoires, avec en point culminant la Coupe d’Europe de 1986. Inconnu hors de Roumanie, Alecsandrescu a pourtant été élu Homme du XXe siècle du club par les supporters. Miodrag Belodedici lui-même affirme tout lui devoir.

Ion Alecsandescru, au centre, pose avec le Steaua, nouveau champion d'Europe.

Ion Alecsandescru, au centre, pose avec le Steaua, nouveau champion d’Europe.

Mais ces clubs bénéficiaient d’un avantage supplémentaire, le professionnalisme masqué. Comme le veut le système communiste, le football est amateur, du moins sur le papier. Car dans les faits, chaque club bénéficie d’atouts plus ou moins importants pour attirer les meilleurs joueurs. Craiova leur offre la possibilité d’étudier dans l’une des meilleures universités du pays, dont ils sortiront en règle générale fonctionnaire de l’Etat à des postes bien payés. Le Steaua et le Dinamo offrent eux des grades militaires. On voit alors arriver au bout de quelques années des économistes ne connaissant rien au domaine et des officiers n’ayant reçu aucune seconde d’instruction. Toutes les équipes utilisent également des systèmes de primes et d’indemnisations. D’où vient l’argent? Dans le cas de Steaua, il provient de l’Etat, l’armée allouant une partie de son budget au fonds Steaua. Un avantage indéniable lorsqu’il s’agit d’attirer des joueurs. La concurrence est déloyale, surtout lorsqu’on sait qu’un club pouvait faire venir un joueur sans payer d’indemnité à son club! On donnait en retour des joueurs indésirables ou à former, des équipements, ou encore des ballons. Les grands clubs ont également trouvé à partir des années 70 un nouveau moyen d’élargir leur influence, avec les équipes satellites. Le Dinamo avait ouvert la voie très tôt avec le Dinamo Piteşti, puis avec le Victoria Bucarest et le Flăcără Mioveni. Le Steaua est lui plus discret, mais s’appuie tout de même en partie sur le FC Olt Scorniceşti, l’équipe, aujourd’hui disparue, du village de naissance de Nicolae Ceauşescu. Ces équipes satellites ont eu des évolutions fulgurantes, arrivant en première division et même en coupes européennes pour certaines.

Pour revenir au duel Steaua-Dinamo, la rivalité entre les deux clubs atteint son paroxysme dans les années 80. La finale de Coupe de Roumanie 1988 est le point culminant de cette rivalité. En fin de match, un but de Steaua est annulé pour hors-jeu. Il se dit que le juge de touche aurait levé son drapeau tardivement sous la pression du banc dinamovist. Furieux de cette décision, Valentin Ceauşescu ordonne à ses joueurs de quitter le terrain, ce qu’ils font. Le score est de 1-1, mais match ne reprendra pas. Devant cette défection, le Dinamo est déclaré vainqueur, et ses joueurs vont eux-même chercher la coupe sur le bord du terrain, avant de faire un tour d’honneur avec leur nouveau trophée. Le titre sera pourtant accordé quelques heures plus tard au Steaua par Nicolae Ceauşescu lui-même. Car l’affaire est en effet montée jusqu’aux plus hautes sphères de l’état. Le couple présidentiel est en effet devant sa télévision. On raconte qu’Elena, folle de rage, hurle que faire affront à l’équipe de son fils, c’est faire injure à elle-même et à toute la famille. Poussé – comme souvent – par son épouse, Nicolae donne la victoire au Steaua par 2 buts à 1. Le juge de touche est lui banni à vie de la fédération et subit plusieurs interrogatoires musclés. Avec la chute de la dictature en décembre 1989, la fédération reviendra sur cette affaire, en blanchissant, indemnisant et réintégrant le juge de touche. La nouvelle direction du Steaua prend elle aussi une décision symbolique en annulant sa victoire dans cette édition 1987-88, qui reste aujourd’hui non-attribuée.

Valentin Ceaușescu et ses joueurs, notamment Dan Petrescu (à gauche).

Valentin Ceaușescu et ses joueurs, notamment Dan Petrescu (à gauche).

L’année suivante, la tension est encore vive entre les deux ministères. Et lors du match remporté par le Steaua à domicile, Ioan Andone applaudit ironiquement en direction de la tribune officielle, où est assis Valentin. L’image est restée gravée dans l’histoire du championnat. Comme souvent, ce match est tendu, avec de nombreux cartons jaunes, deux joueurs du Dinamo expulsés, des buts refusés… Un nouveau match où le rivalité entre les deux ministères dépasse le cadre du sport. Il existe bien cette rivalité sportive, entre d’excellents joueurs cherchant chacun à montrer qu’il est le meilleur. Mais il y a surtout la rivalité politique entre les généraux des deux ministères, une rivalité exacerbée par les paroles et surtout les pratiques douteuses en coulisse. Les deux matchs cités plus haut sont les exemples parfaits de cette rivalité, qui a finalement pris le pas sur le duel entre Si les derbys opposant Steaua et Dinamo joueurs. Les épisodes de ce genre sont nombreux. Le titre remporté par le Dinamo en 1973 reste aujourd’hui encore considéré comme douteux. Il est en effet acquis à la dernière journée. Lors de celle-ci, Craiova perd face à l’UTA Arad alors que le Dinamo gagne son match par 4 buts d’écart, soit exactement la différence nécessaire pour terminer devant Craiova à la différence de buts. L’histoire se répète l’année suivante. Le Dinamo gagne en effet son dernier match 7-0 face au FC Argeş. Mais cette fois-ci, Craiova parvient à prendre le point nécessaire sur le terrain du Petrolul Ploieşti pour être championne. Tout puissants, les dirigeants ne reculent devant rien pour s’imposer. De son côté, le Steaua remporte le titre en 1988 d’une manière également douteuse. Lors d’un match contre le FC Bihor, leSteaua est menée 2-1 à la pause, mais l’emporte finalement 3-2, après un but de Balint marqué à la… 105e minute! Mateianu, l’entraîneur de l’équipe d’Oradea, a toujours dit qu’il avait reçu d’immenses pressions de la part de Bucarest ce soir-là, recevant même un coup de téléphone à la mi-temps. Il n’a pas voulu s’y plier. Les 15 minutes d’arrêt de jeu laissées par l’arbitre auront eu raison de sa volonté.

Si la période communiste a été bien sombre pour le football, il n’a pas empêché ce duel d’être le plus grand match de la saison. Un match où la rivalité entre supporters est poussée à son paroxysme. Les supporters du Dinamo fêtent ainsi chaque année un anniversaire un peu spécial: celui du 10 mai 1997, jour où la tribune sud de Ghencea a été partiellement détruite par un incendie allumé par leurs soins. Si celui-ci les a empêchés de voir le Dinamo s’incliner 3-1, il reste dans toutes les mémoires et est fêté chaque année lors de grande soirées où les joueurs eux-mêmes sont invités. Des polos et t-shirts siglés 10 mai 1997 ont même été un temps mis en vente dans la boutique officielle du club!

Un autre derby violent a été celui disputé à Ștefan cel Mare en 2006. Ce soir-là, les violences entre groupes du supporters ont démarré dans les rues de Bucarest, le stade du Dinamo étant situé assez près du centre ville. Pendant le match, les supporters du Steaua se sont longuement battus avec les forces de l’ordre suite, selon eux, à un vol de bâches par des dinamoviști infiltrés dans leur virage. Et pendant que leur équipe s’inclinait 1-0 après avoir été réduite à neuf (expulsions de Bănel Nicoliță et du Français Cyril Théréau), les Steliști détruisent leur virage, d’où part notamment un incendie, avant que les émeutes ne se poursuivent dans les rues, où la police use et abuse de gaz lacrymogènes, lances à eau et même de balles en caoutchouc, tirées dans la foule. Une soirée d’extrême violence, alors que le match se jouait dès 17h00 afin de minimiser les problèmes…

Si les derbys opposant Steaua et Dinamo ont parfois été le théâtre de ce type d’affrontements, ils ont également été l’occasion pour les supporters des deux camps de faire étalage de leurs capacités en matière d’animation. Avec en point d’orgue le sublime tifo orchestré par la Peluza Cătălin Hâldan, où les symboles Hâldan (L’unique capitaine, mort à 24 ans d’un arrêt cardiaque pendant un match amical) et Florea Dumitrache (légende du club des années 60 et 70) s’élèvent d’un terrain tels des anges. Une image qui a fait le tour du monde.

Les anges Hâldan et Dumitrache

Les anges Hâldan et Dumitrache

Dimanche, l’ambiance risque d’être un ton, voire deux, en-dessous. La Național Arena de Bucarest risque même de ne pas être pleine pour se match. D’un côté, le Dinamo est en grande crise, financière et sportive. Ses supporters, en colère contre les dirigeants et l’entraîneur Flavius Stoican en raison des mauvais résultats du club depuis la reprise du championnat fin février. Côté Steaua c’est pire, puisque les deux grands groupes de supporters (Peluza Sud et Peluza Nord) ont continuent leur boycott des matchs depuis que l’équipe est devenue le FCSB cet hiver. Malgré ce déficit de spectateurs en tribunes, ce derby fait comme à chaque édition tous les gros titres, et sera quoi qu’il arrive un événement en Roumanie.

 

Pierre-Julien Pera

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A propos de l'auteur

Pierre-Julien Pera

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Papy de la team. Tombé amoureux de Bucarest un jour d'hiver 1998. L'est devenu de toute la Roumanie au fil des ans. Regarde les matchs de Liga 1 roumaine et de Premium Liiga estonienne. En attendant désespérément le retour du Yakutia Yakutsk en 3e division russe. Faut vraiment être cinglé.

pays de l'auteur footballski
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