Shakhtar Donetsk – Séville : neuf ans plus tard

Karim Hameg
Karim Hameg - Publié le 28 avril 2016

Le Séville FC n’est décidément pas un bon souvenir pour les clubs ukrainiens. Tombeur du Dnipro Dnipropetrovsk la saison dernière en finale de l’Europa League (3-2), le club andalou avait croisé la route du Shakhtar Donetsk lors de la saison 2006/2007 en Coupe de l’UEFA (huitièmes de finale). Retour sur cette incroyable double confrontation entre deux équipes qui vont se retrouver à Lviv ce jeudi.

Le contexte

Le Séville FC aborde la Coupe de l’UEFA 2006/2007 dans la peau du tenant du titre mais il ne se montre pas à son meilleur niveau lors de la phase de groupe puisqu’il ne termine que deuxième, derrière l’AZ Alkmaar. Ce classement l’oblige à affronter en seizièmes de finale un reversé de la Ligue des Champions, en l’occurrence le Steaua Bucarest. Face aux Roumains, demi-finalistes en 2005/2006, le FC Séville s’en sort (2-0, 1-0).

Le Shakhtar Donetsk a de son côté démarré en Ligue des Champions sans dépasser le premier tour dans un groupe difficile où figuraient Valence et l’AS Rome. Troisième, il se retrouve reversé en Coupe de l’UEFA et doit affronter Nancy en seizièmes de finale. Face à des Lorrains inexpérimentés à ce niveau, le Shakhtar souffre mais s’en sort en allant s’imposer à Marcel-Picot (1-1, 1-0).

En huitièmes de finale, le tirage au sort réunit le Séville FC et le Shakhtar Donetsk. Le match aller doit se dérouler à Séville le 8 mars et le match retour à Donetsk une semaine plus tard.

Le match aller : une bonne opération

Disputé au stade Ramón-Sánchez-Pizjuán, le match aller est une histoire de penaltys. C’est dans cet exercice que Pedro Martí ouvrira le score dès la 8ème minute pour les Sévillans. Tomáš Hübschman égalisera pour le Shakhtar à la 19ème minute (pour le seul but du match n’ayant pas été inscrit sur penalty) avant que Matuzalém ne donne l’avantage aux Ukrainiens (60ème). La victoire se dessine pour le Shakhtar jusqu’à la 88ème minute et l’égalisation (sur penalty, donc) d’Enzo Maresca.

© CRISTINA QUICLER/AFP/Getty Images

© CRISTINA QUICLER/AFP/Getty Images

Si le scénario a de quoi laisser quelques regrets au Shakhtar Donetsk, le résultat obtenu sur la pelouse du tenant du titre est excellent en vue du match retour.

Le match retour : de la grâce à la surprise, de la surprise aux regrets

Avec ces deux buts inscrits à l’extérieur, le Shakhtar Donetsk aborde sereinement son match à domicile. Il croit même fermement à la qualification quand à la 49ème minute Matuzalém est touché par la grâce. Alors capitaine, celui qui est l’un des plus illustres représentants de la période do Brazil du Shakhtar ouvrira le score grâce à une incroyable talonnade aérienne qui faisait elle-même suite à une jolie action collective. La joie sera de courte durée pour le club ukrainien : Enzo Maresca, auteur de l’égalisation à la fin du match aller, va remettre les deux équipes à égalité en reprenant de la tête un centre dévié de Daniel Alves (53ème). Il n’y a toutefois à ce moment-là pas de quoi paniquer pour le Shakhtar, toujours qualifié.

Les minutes défilent et les quarts de finale se rapprochent pour le Shakhtar. À la 83ème minute, la qualification semble même ne faire aucun doute quand Elano, lancé dans la profondeur, battait Andrés Palop d’une frappe croisée du gauche. Les Ukrainiens n’avaient plus qu’à tenir ce résultat favorable.

Séville pousse pour égaliser et arracher la prolongation. Alors qu’il ne restait que quelques secondes à jouer, le portier andalou Andrés Palop n’hésitait pas à monter sur ce qui était sans doute le dernier corner de la partie. Tiré par Daniel Alves, le corner arrivait au gardien sévillan qui, de la tête, trompait son homologue Bohdan Shust. De manière assez miraculeuse, le Séville FC parvenait à arracher la prolongation.

Anéanti par ce scénario, le Shakhtar craquera finalement à la toute fin de la première période des prolongations : Chevantón donnait l’avantage au Séville FC et obligeait le Shakhtar à marquer deux fois pour se qualifier, ce qu’il ne fera pas.

© SERGEI SUPINSKY/AFP/Getty Images

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C’est donc un but inscrit par un gardien sur un corner de la dernière chance qui a éliminé le Shakhtar Donetsk lors de cette saison 2006/2007. Le Séville FC , tombeur du club ukrainien, parviendra quant à lui à conserver son titre en éliminant successivement Tottenham et Osasuna avant de battre l’Espanyol Barcelone en finale. Lors de la séance des tirs au but, c’est à nouveau un certain Andrés Palop qui endossera le costume du héros.

Neuf ans plus tard, c’est en demi-finales d’Europa League que les deux clubs se rencontreront. L’un comme l’autre auront sans doute en tête le scénario de cette incroyable rencontre qui rappellera qu’en Coupe de l’UEFA/Europa League le Séville FC  est capable de réaliser des miracles. Au Shakhtar Donetsk de montrer qu’il peut renverser le double tenant du titre et tenter de remporter à nouveau un trophée qu’il avait soulevé en 2009.

Karim Hameg


Image à la une : © SERGEI SUPINSKY/AFP/Getty Images

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Ex-géographe aujourd'hui dans l'informatique, passionné de football russe et ukrainien.

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