Semaine spéciale Dnipro: Yevhen Konoplyanka, de Kirovograd à Varsovie

Pierre Vuillemot
Pierre Vuillemot - Publié le 26 mai 2015

Vous avez certainement déjà entendu son nom au moins une fois dans les sites dédiés à l’actualité des transferts. Envoyé au quatre coin de l’Europe, Yevhen Konoplyanka s’affiche comme l’une des stars actuelles du football ukrainien en compagnie du joueur du Dynamo Kiev, Andreï Yarmolenko. Symbole d’une nouvelle génération ukrainienne prête à succéder à ses illustres ainés, Yevhen s’affirme au fil des saisons comme l’atout majeur du Dnipro et de la sélection ukrainienne. Ainsi, un portrait de ce dernier s’imposait pour compléter une semaine spéciale Dnipro déjà très riche en articles. De Kirovograd à Varsovie, retour sur la jeunesse, les débuts et la carrière du talentueux Yevhen Konoplyanka.

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Les débuts du jeune Yevhen se font à Kirovograd, capitale de l’oblast du même nom et située au centre de l’Ukraine à plus de 200km de sa ville adoptive, Dnipropetrovsk. Dans sa ville natale, Yevhen y apprendra le sport. Le football bien entendu avec son premier et modeste club de l’Olimpik Kirovograd ayant connu le temps de la saison 2007-2008 les joies de la troisième division nationale et de la coupe d’Ukraine.  Une saison qui permettra au recruteur du Dnipro de découvrir le dénommé Yevhen Olehovych Konoplyanka.

THIS IS KONOPLYANKA

THIS IS KONOPLYANKA !

Pourtant, le football ne s’est pas tout de suite imposé dans la carrière de l’ukrainien. Dès son plus jeune âge, il fut tiraillé entre le football mais aussi le karaté, un sport qui fut un bon complément pour sa future carrière de footballeur. En effet, Yuriy Kevlich, le premier entraineur du joueur, explique dans une de ses interviews qu’il était très largement en avance physiquement. Cette aptitude physique lui permit de travailler plus particulièrement la technique et le travail des deux pieds du joueur. Un travail qui mit en lumière les qualités du jeune homme et pouvait lui donner un avantage sur ses camarades et adversaires de l’époque comme l’explique Kevlich.

« J’ai porté une attention particulière au travail technique avec Yevhen. Sa technique pouvait lui permettre de prendre un avantage certain sur les défenseurs. »

Formé pendant 9 ans sous les ordres de l’entraineur Yuriy Kevlich, il apprit surtout la rigueur et le travail acharné. D’après son entraineur, qui eu d’ailleurs la chance de faire un stage avec l’Ajax Amsterdam, Konoplyanka était avant tout une machine à travailler. Aux alentours de ses dix ans et devant de telles qualités, Yuriy posa un choix cornélien au joueur du Dnipro et à sa famille : le karaté ou le football. Un choix qui fut porté bien évidemment sur le football et qui lui permit de devenir le véritable leader technique de sa catégorie d’âge à l’Olimpik Kirovograd. Qu’importe le tournoi ou l’âge de ses adversaire, Konoplyanka surclasse déjà le football ukrainien à l’âge de 12 ans. Un avant-goût de son niveau actuel.

« Vous savez chaque entraineur a son joueur préféré. Même si il avait quelques lacunes, Konoplyanka était mon préféré. »

Dès l’âge de 16 ans, Yevhen porte son club natal. Un niveau qui attire l’attention des plus grands clubs du pays à commencer par le Dynamo Kiev et les mineurs du Shakhtar Donetsk. Devant de tels noms, la famille et le joueur sont aux anges. Pourtant, Yuriy Kevlich a déjà une autre idée en tête pour le joueur: le Dnipro Dnipropetrovsk.  Suivant les conseils de son mentor, il rejoindra la ville de Dnipropetrovsk en 2006 afin d’y terminer sa formation déjà bien entamée mais surtout d’entrer dans le grand bain du monde professionnel. Un choix qu’il ne doit pas regretter à l’heure actuelle.

Si vous lisez Footballski et notamment cette semaine spéciale consacrée au club, vous n’êtes pas sans savoir que le Dnipro ne possède pas vraiment les objectifs et le palmarès de ses deux concurrents que sont le Shakhtar et le Dynamo. Le club parfait pour s’accomplir diront certains. En tout cas, Yevhen prit rapidement sa chance. C’est en 2008, après quelques saisons jonglant entre équipe des jeunes et les professionnels, que Yevhen entrera réellement dans le bain de l’Ukrainian Premier League se faisant une place dans le groupe pro.

Yarmolenko - Konoplyanka, la génération dorée ukrainienne.

Yarmolenko – Konoplyanka, la génération dorée ukrainienne.

Depuis, la montée est fulgurante. Le jeune Yevhen s’affirme et devient un homme, exposant ses qualités sur le terrain et comme prédit par Yuriy Kevlich, sa maturité physique lui permet d’enchaîner les matchs au plus haut niveau tandis que sa capacité technique lui permet de prendre le dessus sur les défenses du championnat. L’enfant de Kirovograd est devenu homme à Dnipropetrovsk, s’affirmant de saison en saison comme le grand talent du championnat national et toquant logiquement à la porte de la sélection ukrainienne. Une sélection dont il portera le maillot pour la première fois le 25 mai 2010, soit deux ans seulement après ses débuts dans le groupe professionnel du Dnipro. À l’image de son compère Yarmolenko, il s’y fait rapidement une place de titulaire et devient l’un des leaders techniques en compagnie du joueur du Dynamo. Pourtant, pour Yuriy Kevlich, l’un surpasse nettement l’autre.

« Si vous comparez Yarmolenko et Konoplyanka, le meilleur d’entre eux est le dernier. Non pas parce que c’était mon élève, mais si vous prenez les qualités individuelles et les occasions qu’ils peuvent créer, Yevhen dépasse largement son concurrent actuel.« 

Cette ascension, Konoplyanka n’est pas près de la stopper. À plusieurs reprises, de nombreux clubs ont essayé de convaincre le Dnipro et son président Igor Kolomoyskyi de s’en séparer. Ainsi, en mars 2011, le Dynamo Kiev tombe logiquement sous le charme du joueur du Dnipro et offre au club une belle somme de 15 millions d’euros, refusée nette par le président et le coach de l’époque, Juande Ramos. Ce dernier expliquant que le joueur valait entre 50 et 60 millions. Plus récemment, de nombreusses rumeurs envoyaient le joueur aux quatre coins des championnats européens, que ce soit à Tottenham, à l’AS Roma ou encore à Liverpool. Un transfert qui aurait d’ailleurs pu se faire avec les Reds si le président Igor Kolomoyskyi n’avait pas fait capoter l’affaire dans les toutes dernières minutes du mercato hivernal en janvier dernier.

Aujourd’hui, Yevhen ne doit pas regretter son choix d’avoir su écouter et faire confiance à son ancien coach formateur ou encore de ne pas porter le maillot rouge de Liverpool. Désormais, il ne reste plus qu’une dernière étape à franchir pour que l’enfant de Kirovograd devienne légende à Varsovie et quitter par la grande porte le football ukrainien qui lui a tant donné.

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