On a discuté avec Jordi Gratacos, ancien directeur technique du FC Barcelone et Dnipro

Rusko - Publié le 19 mai 2015

Footballski continue sa semaine spéciale Dnipro avec une interview de l’ancien directeur technique du FC Barcelone et directeur Sportif de l’Académie du Dnipro, j’ai nommé Jordi Gratacos. Cette interview a été réalise par notre ami Rusko de SoccerPopulaire, elle date d’il y a quelques mois, ainsi, nous n’étions pas encore au courant que le Dnipro réaliserait ce parcours exceptionnel. Nous vous souhaitons une agréable lecture.

Dnipro Footballski

Carrière et travail

Avant de signer pour le Dnipro, vous exerciez en tant que directeur technique du FC Barcelona. Comment avez-vu obtenu ce poste ?

J’ai joué dans les catégories régionales et nationales de football en Espagne jusqu’à 34 ans. Quand j’ai terminé mon contrat de joueur, j’ai commencé mes études pour devenir entraîneur de football auprès de la Real Federacion de Futbol Española. Après 3 ans, et titulaire de UEFA PRO, j’ai eu l’opportunité de travailler au FC Barcelona en tant que Directeur Technique d’une des écoles internationales que possède le club dans le monde.

Pouvez-vous nous décrire cette position et votre rôle au sein du FC Barcelone ?

Le club possède plus de 14 Écoles Internationales dans des pays comme Dubaï, le Japon, la Corée, l’ Égypte, le Pérou, le Brésil, Saint-Domingue … et j’étais le Directeur Technique de l’école du FC Barcelona au Caire (Égypte). L’objectif est de transférer la méthodologie, les sessions d’entraînement et le fonctionnement dans le pays en question : Transmettre toutes ces valeurs sportives et humaines du FC Barcelona à l’étranger.

En 2011, vous signez en Ukraine, à Dnipropetrovsk, pour devenir le directeur sportif de l’Académie du Dnipro. Le fait que Juande Ramos soit l’entraîneur de l’équipe première a-t-il joué dans votre choix de signer ce contrat?

Quand je signe mon contrat, je ne connais pas personnellement Juande Ramos. Le nom de l’entraîneur de l’équipe première n’a eu aucune incidence dans mon choix de m’installer en Ukraine. Des 3 propositions que j’avais sur la table, celle du Dnipro fut la plus attractive de par l’histoire du club, le projet et l’intérêt qu’on a su me montrer en me contactant.

Vous êtes arrivé seul ou avec un équipe espagnole ?

J’ai commencé le projet seul, mais ensuite j’ai incorporé deux assistants espagnols dans mon équipe de travail.

Comment avez-vous été accueilli par le club. La langue a-t-elle était un frein au départ ?

Dès les premiers instants, j’ai eu une grande complicité et connexion avec le club, avec la ville et avec le pays, et ceci même si la langue pouvait effectivement être un obstacle. J’ai fait mon possible pour pouvoir m’adapter et apprendre la langue pour que le processus ne soit pas affecté par cet aspect.

Que connaissiez-vous du club avant de signer ? Et plus généralement, que connaissiez-vous du football ukrainien ?

Dans ma profession, il est important de toujours être bien informé, et j’avais toujours eu une bonne image du Dnipro, et donc je suivais toutes les ligues intéressantes dont la Première Ligue Ukrainienne. L’image que j’avais s’est confirmée au moment de la signature du contrat. C’est un grand club et une grande ville. J’avais également des informations, en général, sur les autres équipes.

Comment jugez-vous la qualité des infrastructures et du centre d’entrainement du club ? Ont-elles évolué depuis votre arrivée ?

Les infrastructures du club sont excellentes pour la pratique du football, avec un terrain Indoor de gazon artificiel de premier niveau.

Quels étaient les objectifs fixés à votre signature ? Quels étaient les axes de travail ?

L’objectif était très clair : organiser, structurer et diriger tous les aspects sportifs en relation avec le football. Il n’y avait pas de structure ou de philosophie de travail transversale, et chaque entraîneur travaillait individuellement. L’objectif premier était de créer notre style de jeu, et que toutes les équipes qui forment l’académie du Dnipro, des U8 aux U19 montrent la même identité. Après ces années, nous avons réussi à faire signer des joueurs talentueux de tout le pays, le développement de la qualité individuelle et collective des équipes, de l’organisation du jeu, de la définition et du progrès au niveau méthodologie, ont conduit nos joueurs formés à l’académie à avoir le niveau requis pour faire partie du football professionnel.

En outre, toutes nos catégories sont en position d’être championnes d’Ukraine en juin prochain. On pourrait dire que quand j’ai pris le poste à la direction sportive de l’académie, le niveau n’était pas élevé, et qu’il n’y avait pas une identité de joueur de football. Aujourd’hui, l’académie du Dnipro est au niveau de celle du Dynamo Kiev et du Shakhtar, et on peut la considérer comme la meilleure académie du pays, avec un style moderne et attractif. Être la meilleure académie du pays était l’un des deux objectifs prioritaires. Nous l’avons atteint, avec beaucoup de travail et de dévouement, mais nous l’avons atteint. L’autre objectif, qui est une conséquence du premier est la préparation de joueurs ukrainiens formés à l’Académie pour l’équipe première.

Qu’est ce qui vous a le plus surpris à votre arrivée ?

Ce qui m’a le plus surpris fut la qualité et le talent de joueurs, la discipline et la joie que chaque enfant montrait pour progresser, croitre et pouvoir un jour faire partie de l’équipe première du Club.

Pouvez-vous nous décrire votre travail quotidien ?

A 9h, j’étais dans mon bureau de l’académie. Jusqu’à 12h, j’avais des réunions individuelles avec chacun de mes entraîneurs, et nous parlions des exercices et de la structure de la session. Ils avaient, semaine par semaine, les objectifs qu’ils devaient travailler, mais nous nous réunissions toujours le jour même de la session pour préciser si il y avait une quelconque question sur les contenus ou les objectifs ou sur la situation de l’équipe.

Quels processus avez-mis en place pour réaliser les objectifs du club relatifs à l’académie ?

Avant tout, le profil du joueur que nous étions en train de créer. J’ai voulu que le talent soit le noyau des caractéristiques de chacun des joueurs de l’académie. C’était le critère que nous mettions en avant auprès de notre service de scouting. La méthodologie a radicalement changé, avec une durée plus courte des sessions mais plus d’intensité, plus de concentration et des objectifs de travail très clairs. C’était un processus global pour former le joueur intelligent. Toutes mes décisions étaient stratégiques, avec une vision du futur, et toujours en favorisant le développement du joueur. J’ai opté pour des systèmes de jeu offensifs, agressifs avec et sans ballon, pour créer une pensée unique de gagneur, mais pas à n’importe quel prix : Avec nos valeurs sportives et humaines.

L’objectif était de gagner avec notre identité, qui était la possession du ballon, l’agressivité sportive, la personnalité intrinsèque et l’ambition. Nous ne nous contentions pas de gagner. L’objectif était de mériter la victoire à chacune de nos rencontres, avec notre personnalité footballistique. Être les protagonistes du jeu, courageux et fidèles à nos principes de jeu.

« Nous ne nous contentions pas de gagner. L’objectif était de mériter la victoire à chacune de nos rencontres, avec notre personnalité footballistique »

Quelles sont les différentes étapes d’un jeune joueur qui arrive à l’académie ? Comment se passe la détection ? L’évaluation du joueur ? Quels sont les critères de progression : tactique, technique, physique ?

J’avais un plan stratégique de chaque équipe, avec les positions qui devaient être renforcées. A partir de là, avec notre département de scouting, qui s’est formé à mon arrivée, nous cherchions ce profil dans tout le pays. Je recevais les rapports et nous organisions des détections pour les voir dans notre contexte, et si le joueur montrait des capacités et me plaisait, on l’incorporait à notre résidence. Le critère est celui que j’ai mentionné auparavant. TALENT ET POTENTIEL DE DÉVELOPPEMENT.

Le déroulement dépend un peu de l’âge du joueur, mais l’objectif est de créer des joueurs qui savent prendre des décisions sur le terrain, des joueurs intelligents, c’est pourquoi toutes les sessions étaient créées pour que le joueur puisse prendre la bonne décision sur le terrain.

Est-il plus facile de former un joueur offensif qu’un joueur défensif ?

Si le joueur a de la qualité, du talent et l’envie de se développer, il n’y a pas de difficulté dans la formation d’un joueur défensif ou d’un joueur offensif. Tout est possible et tient de la responsabilité de l’entraîneur.

Quel est le poids de l’entraîneur de l’équipe première sur l’académie ?

Pendant sa période à la tête de l’équipe, Juande Ramos ne nous a jamais rendu visite, et n’avait donc aucune incidence sur l’académie. Avec l’arrivée de Markevich, il est certain qu’un lien plus étroit s’est installé entre l’académie et l’entraîneur.

Selon vous, quels sont les joueurs à suivre pour les prochaines années ?

Je dirais que chacun des joueurs qui font partis actuellement du Dubbel (ndlr : youth team, équipe réserve qui en fait n’est composée que de jeunes joueurs) ou des U19 peuvent avoir leur chance. A mettre en avant, il y a des joueurs de 94 comme Svatok, Migunov, Bliznichenko ou Garbunov avec de vraies opportunités de jouer en équipe première. Actuellement, nous avons Luckevych qui est un joueur de 96 avec un grand avenir. Des 96, groupe qui, il y a deux ans, a battu le Shakhar (actuel vice-champion de la Youth League) 6-1, il y a Kochergyn, Tretyakov, Vergun, Kravchenko. Je peux également mentionner, des joueurs de 97, Balanyuc et Vakulko qui ont le niveau et ensuite des 98, il y a un groupe très intéressant avec beaucoup d’avenir. Ledniev, Cheberko, Lunev, Rizye, Bondarenko, Fakhadze.

Quel bilan tirez-vous de ces 3 années et demie passées au Dnipro ?

Le bilan est très positif, tant au niveau professionnel que personnel. On a créé la structure de la meilleure académie d’Ukraine, et c’est à présent une question de temps, patience et surtout de confiance envers les joueurs qui ont du talent et la qualité pour intégrer le football professionnel. Dans la questions précédente, je t’ai nommé un nombre important de joueurs, mais le niveau est encore supérieur pour les âges 99, 2000, 2001 et 2002.

Entre Barcelone et le Dnipro, vous avez côtoyé de grands joueurs et de grands coachs, quelle est la personne qui vous a le plus apporté ? Celle qui vous a le plus impressionné ?

De nombreux entraîneurs ont influencé ma vision du football, mais je ressens une grande admiration pour Johan Cruyff. J’ai grandi à l’équipe de la Dream Team, et j’ai été très attentif à ce que Cruyff a changé dans le club. J’ai tout appris de lui, en procédés de travail, en prise de décision et gestion de groupe.

« Je ressens une grande admiration pour Johan Cruyff… J’ai également appris de Rijkaard, Guardiola, Simeone, Luis Enrique, Valverde, Bielsa. »

Le FC Dnipro

Lorsque vous arrivez au Dnipro, le club est ambitieux mais n’est que le 4ème club ukrainien du moment, derrière les intouchables Shakhtar, Dynamo et Metalist. Comment jugez-vous la progression de l’équipe depuis cette époque ?

Mon analyse de la situation est la suivante. Après deux premières années à la tête de l’équipe première, Juande Ramos a réussi à donner forme à une équipe et un groupe de joueur très puissant. C’est au cours de la saison 2013-2014 que l’équipe donne son meilleur niveau, et montre au niveau national et en Europa League un très haut niveau, au dessus du Dynamo Kiev et du Metalist. Ce fut un processus normal de progression, Juande a eu deux premières années pour créer un groupe de joueurs talentueux à qui il a transmis son idée et sa philosophie. Ils le comprenaient, et l’équipe a été très proche de remporter le titre en Ukraine, et a fait de belles sorties en Europa League. Elle a battu, en phase de groupe, des équipes comme Naples ou le PSV, et en 16ème de finale, Bâle nous a éliminé. Lors de la campagne suivante, on se souvient tous que Tottenham nous a éliminé au terme d’une confrontation très serrée. Si il n’y avait pas eu cette expulsion très discutable de Zozulya, il se peut que nous soyons passés.

L’année dernière, le Dnipro a fait une excellente saison mais a craqué sur la fin laissant échapper le titre, ne parvenant pas à remporter certains matchs importants (je pense au match contre Chornomorets). Le Dnipro finit 2nd, derrière le Shakhtar mais devant le Dynamo et le Metalist. Quel était le sentiment général à la fin de la saison ? A-t-on fêté la qualification pour le tour préliminaire de la LDC ?

Bien sûr, la sensation fut positive. Pour la première fois de son histoire, le club s’est qualifié pour la Ligue des Champions. De toute façon, si on aborde le match de Chornomorets, nous pouvons tous nous rappeler que lors de cette défaite, il y eut des décisions arbitrales très discutables.

Cette fin de saison marque aussi la fin de l’ère Juande Ramos. Et c’est Myron Markevych qui a repris les commandes de l’équipe. Quelle différence avez-vous noté entre les deux entraîneurs ? Aussi bien pour l’équipe première que pour votre travail quotidien ?

Dans mon travail quotidien, il n’y a eu aucun changement, j’ai ma façon de voir et de progresser dans le football, et je n’ai pas besoin de son assistance au niveau méthodologique. Il est clair qu’avec le nouvel entraîneur, l’équipe a un style différent et joue d’une autre façon.

Comment a été vécue l’élimination en tour préliminaire de LDC face à Copenhague ?

Sincèrement, je crois qu’au cours de cette confrontation, les absences de joueurs importants pour l’équipe ont joué un grand rôle.

Quel était l’objectif fixé pour le championnat et en coupe d’Europe ?

L’objectif est toujours de viser la victoire dans chaque compétition que nous jouons.

« L’objectif est toujours de viser la victoire dans chaque compétition que nous jouons »

Aujourd’hui, le Dnipro est 3ème, à 1 point du Shakhtar et en ¼ de finale de l’Europa League. Pourtant, je trouve que l’équipe était meilleure la saison dernière. Partagez-vous mon opinion ?

Aujourd’hui, le Dnipro est une équipe connue en Europe. C’est sûr qu’il y a deux saisons ou même la saison passée, elle était encore une nouveauté. Les gens étaient surpis de son niveau et font désormais plus attention. Mais pour l’instant, cette saison, les résultats sont bons, et je crois beaucoup en cette équipe.

Difficile de parler de l’Ukraine sans parler du conflit et de la guerre dans l’Est de pays. Quel impact ce conflit a-t-il eu sur le club ? Comment travailler sereinement dans une situation comme celle-ci ?

C’est sûr que le conflit belliqueux affecte toujours le pays à tous les niveaux. Tu sais qu’actuellement, tous les matchs d’Europa League que joue le Dnipro se déroulent à Kiev. C’est vraiment dommage parce que les supporters mériteraient de pouvoir profiter de ces confrontations.

Le travail est toujours aussi professionnel et tu essayes de faire en sorte que la situation ne déstabilise pas le groupe, pour réussir. Au moins, il est important de donner aux gens des moments de joie et de spectacle.

Face à cette situation, le club joue-t-il un rôle social dans la région, voire à l’échelle nationale ?

Le Dnipro est un sentiment national. C’est l’équipe qui ressemble le plus à la population. Dans l’équipe, il y a beaucoup de joueurs de la sélection nationale, et l’équipe est très aimée dans toutes les régions d’Ukraine. Il y a un grand sentiment d’appartenance nationale, et les ultras sont très actifs sur le plan social pour aider le peuple. Après plus de 3 années dans ce club, je peux affirmer que je porte et porterai toujours le Dnipro dans mon cœur.

Vous ne le savez peut être pas mais cette homme est un génie.

Vous ne le savez peut être pas mais cette homme est un génie.

Sans manquer de respect au Dnipro, le fait que Konoplyanka soit encore au club m’étonne vraiment. Annoncé partant pour Liverpool il y a un an, il est finalement resté au club et continue de faire les beaux jours de l’équipe. Comment le club a-t-il fait pour garder sa pépite aussi longtemps ?

Au niveau sportif, le niveau de Konoplyanka est remarquable. Selon ma façon de voir le football, c’est de loin le meilleur joueur d’Ukraine. Il a une vrai qualité individuelle, peut déborder, repiquer dans l’axe, dribbler en étant statique, en mouvement. C’est un joueur spécial, avec le talent pour jouer dans des équipes de Top niveau sans l’ombre d’un doute.

Ne pensez-vous pas qu’il est temps pour lui de quitter le pays ? Où le voyez-vous aller ? On parle de l’Angleterre, pensez-vous qu’il pourrait réussir en Premier League ?

Il est sous contrat au Dnipro et est un joueur important de l’équipe et du pays. Avec son niveau, il serait un joueur important dans n’importe quelle grande équipe.

Mise à part Konoplyanka, quel est le joueur qui vous a le plus impressionné au Dnipro ?

J’ai une préférence pour Rotan, Boyko et Douglas.

Les supporters prennent-ils part à la vie du club au quotidien ? Par quelle manière ?

Les Ultras sont un élément très important du club. Ils sont très actifs et aident toujours les joueurs à atteindre les objectifs. J’ai une grande admiration pour eux, et pour tout ce qu’ils réalisent. Ce sont, de loin, les meilleurs ultras du pays.

« Les ultras sont un élément très important du club. J’ai une grande admiration pour eux, et pour tout ce qu’ils réalisent »

Le championnat ukrainien

Avant le conflit, le Shakhtar régnait sur le championnat et les 4 gros clubs ne laissaient rien aux autres. Depuis cette maudite guerre, il est difficile de nier que les choses ont changé. Comment évolue le niveau du championnat et du football ukrainien ?

Sincèrement, je crois qu’il y a 3 clubs de très haut niveau, Dnipro, Shakhtar et Dynamo. Vous savez déjà qu’en Europa League, il y a encore deux équipes ukrainiennes, alors que par exemple des pays comme les Pays-Bas ou l’Angleterre n’ont aucun représentant dans les phases finales des compétitions européennes. Ceci nous montre le niveau de ces équipes et du football ukrainien.

A-t-il progressé depuis votre arrivée ?

Dans ces clubs, oui. Mais dans la majorité, je dirais que le niveau ne s’est pas amélioré. Sûrement, dans les autres clubs, le niveau a même régressé. Il existe de nombreux problèmes économiques…

Malgré le conflit et un climat pas toujours favorable à la pratique du football, l’Ukraine place 2 équipes en ¼ de finale de l’Europa League. Si le Dnipro a su tirer profit d’un tirage plus abordable que la saison passée, c’est bien le Dynamo qui a impressionné avec une énorme performance face à Everton. Jusqu’où peuvent aller Dnipro et Dynamo dans cette compétition ?

Les deux équipes ukrainiennes peuvent jouer un grand rôle dans cette phase finale de la compétition, bien qu’il y ait des rivaux de très grand niveau.

Le football ukrainien ne donne pas que des bonnes nouvelles. Il y a deux ans, le Kryvbas de Kryvyi Rih a cessé d’exister. L’an passé, c’est l’Arsenal Kiev qui a fait faillite et n’a pu terminer la saison. Aujourd’hui, le Karpaty de Lviv a de nombreuses difficultés économiques et ce n’est pas la seule équipe dans cette situation. Certains clubs de deuxième division ont refusé ou n’ont pas pu monter et jouer en première league. Aujourd’hui, le Metalist n’est plus l’équipe qu’elle était il y a deux ans, le Chornomorets a vu ses meilleurs joueurs étrangers partir et, pire encore, l’excellent Roman Grigorchuk a quitté le club cet hiver. Les équipes des régions de Donetsk et Lugansk ne peuvent pas jouer chez elle et doivent s’entraîner et jouer loin de leur ville. C’est aussi la réalité du foot ukrainien. Comment être optimiste pour le championnat ukrainien face à cette situation ?

Je me dois de répéter le même discours que précédemment. Pour les Top Clubs, le niveau peut continuer à s’améliorer, surtout au niveau européen, mais au niveau national, il est certain que la situation qui touche le pays provoque cette baisse de compétitivité du niveau en général.

Le Shakhtar peut-il faire une deuxième saison dans la même situation : délocalisé entre Kiev et Lviv ? Ne serait-ce pas le début de la chute du club ?

Je n’ai pas l’information nécessaire pour répondre à cette question.

Mise à part les 4 gros dont nous avons déjà parlé, quelles sont les équipes du championnat que vous souhaiteriez mettre en avant ? Je pense notamment à Zorya ou à Olimpik qui s’en sortent très bien malgré le conflit qui règne dans leurs régions.

Je suis d’accord, en plus de Zorya, on pourrait mettre en avant la saison que sont en train de réaliser le Volyn Lutsk et Vorskla Poltava.

Enfin, y-a-t-il des joueurs et/ou entraîneurs que vous souhaiteriez mettre en avant ? Par exemple, l’an passé, j’ai beaucoup aimé Junior Morães du Metalurg Donetsk. Je voulais également mettre en avant le travail de Roman Grigorchuk avec Chornomorets.

Mis à part tous les joueurs des équipes TOP du Championnat comme le Dnipro, le Dynamo ou le Shakhtar, j’apprécie Gromov du Vorskla Poltava, et parmi les entraîneurs, Vasyl Sachko du Vorskla Poltava fait un bon travail depuis une paire de saisons.

Nous tenons à vous remercier chaleureusement pour cet entretien et nous vous souhaitons bonne continuation. Avez-vous déjà un nouveau poste ? Et quels sont vos objectifs pour le futur ?

Aujourd’hui, j’étudie les offres que j’ai reçues. Je me déplace pour visiter ces clubs ou Fédérations qui sont intéressés par mes services afin de connaître le projet. Je ne vais pas trop tarder à me décider pour une des options intéressantes que j’ai sur la table, et évidemment je vous en informerai.

Rusko & The Wolfman

Merci beaucoup à Rusko et SoccerPopulaire de nous avoir permis de publier cette interview ici. Vous pouvez suivre Rusko sur Twitter ou le retrouver sur le site SoccerPopulaire.

On a discuté avec Jordi Gratacos, ancien directeur technique du FC Barcelone et Dnipro
5 (100%) 1 vote

A propos de l'auteur

Rusko

Laisser un commentaire

Lire les articles précédents :
BudMilsamiZaria
Milsami-Dacia, avant Milsami-Dacia : le retour ?

Après des semaines de course poursuite, nous voilà enfin arrivés à l'épilogue de cette Divizia Naţională riche en rebondissements. Le...

Fermer