Saison 2017/2018 : 5 espoirs du championnat chypriote

Stephane Meyer - Publié le 26 mars 2018

Si beaucoup de jeunes footballeurs quittent l’île pour des centres de formation de grands clubs européens en quête d’une carrière dorée, d’autres restent à Chypre et commencent déjà à impressionner dans leur club respectif. Des joueurs à qui l’on promet déjà un grand avenir. Profitons de cette trêve hivernale pour découvrir les cinq espoirs du championnat qui nous ont tapé dans l’oeil et qui seront à suivre de près lors de cette année 2018.

LES CINQ ESPOIRS DE LA SAISON

Fanos Katelaris (AC Omonia / 26.08.1996)

Âgé de 21 ans, Fanos Katelaris est un pur produit de la formation de l’Omonia Nicosie. Prêté à l’Alki Larnaca et à l’Olympiakos Nicosie, il comptabilise, dès l’âge de 17 ans, vingt-cinq apparitions, pour un but. Grâce à des prestations convaincantes, Katelaris retourne en 2015 dans son club formateur et devient alors un titulaire permanent. Milieu défensif de formation, mais capable d’évoluer comme défenseur ou milieu central, il possède de grandes qualités techniques pouvant contrer efficacement les nombreuses attaques adverses.

Déjà ex-U17 et U19 de l’équipe nationale chypriote, Fanos Katelaris a été convoqué pour la première fois en équipe première en mars 2017 pour un match amical contre le Kazakhstan. Un match qu’il n’oubliera pas de sitôt puisqu’il y marque son premier but dans la victoire de Chypre (3-1). Par la suite, il a été titulaire tout au long des matchs de qualification à la Coupe du monde 2018 notamment face à la Belgique, la Bosnie-Herzégovine ou encore la Grèce. En club, il s’est progressivement imposé comme un titulaire indiscutable, connaissant un total de trente-six matchs et trois buts.

Ioannis Pittas (Apollon Limassol / 10.07.1996)

Avant de jouer au ballon rond, Pittas restait déjà un nom très familier pour tout supporter nostalgique du club bleu et blanc de Limassol. Et pour cause, Ioannis Pittas n’est autre que le fils de Pambos Pittas, défenseur emblématique de l’Apollon Limassol de 1986 à 2002 et, au passage, deuxième joueur le plus capé de la sélection chypriote.

Formé dans ce même club, Ioannis Pittas débute en équipe première lors de la saison 2015/2016 jouant dix matchs, sans pour autant être titulaire à chaque rencontre. Milieu de formation, il est souvent utilisé comme milieu offensif latéral grâce à sa bonne vision de jeu, ses débordements en attaque et sa capacité à transmettre rapidement le ballon aux attaquants. Si ces derniers temps il ne connait que très peu de titularisation due à une très forte concurrence à son poste, il reste néanmoins un remplaçant efficace comme en témoigne son but à la dernière seconde face au FC Midtjylland lors des qualifications d’Europa Ligue, qui a permis à son équipe de remporter le match (3-2).

À défaut du manque de jeu en club, il reste un élément important au sein des U21 de l’équipe nationale chypriote, à l’image de ses six titularisations et de ses deux passes décisives lors des matchs de qualification de l’Euro des moins de 21 ans.

Andreas Karo (Nea Salamina / 09.09.1996)

« Je savais que je devais faire des choix, des sacrifices, si je voulais réellement jouer au football » se remémore le jeune joueur lors d’une interview en 2015. Des sacrifices qu’il réalisa quelques années auparavant, en rejoignant à l’âge de seize ans l’académie de Nottingham en Angleterre, après avoir été repéré par des recruteurs anglais. Après trois ans à Nottingham, il revient à Chypre et plus précisément du côté de l’Apollon Limassol.

Andreas Karo est sans doute l’un des jeunes défenseurs chypriotes les plus prometteurs pour l’avenir. Prêté cette année au Nea Salamina, il a été titularisé à quatorze reprises et a été l’auteur de deux buts. Capable de jouer en tant que défenseur central ou en arrière droit, il constitue une charnière importante de la défense de Salamina, mais également de l’équipe nationale espoir chypriote où il est sélectionné depuis 2011.

Envoyé en prêt au Nea Salamina pour gagner un temps de jeu important en championnat, nul ne doute qu’il reviendra plus fort chez l’Apollon Limassol et sera suivi de près par des recruteurs nationaux et internationaux.

Michalis Charalampous (Ethnikos Achnas / 29.01.1999)

À seulement dix-huit ans, Michalis Charalampous connaît déjà une titularisation dans les U19 de Chypre et dans l’équipe première de l’Ethnikos Achnas (D1). Formé dans ce même club jusqu’à l’âge de quinze ans, il est rapidement repéré par l’ogre chypriote, l’APOEL Nicosie, qui finira par le recruter. Après avoir évolué dans les différentes équipes juniors du club de la capitale, il est prêté à l’Ethnikos Achnas pour gagner du temps de jeu. En effet, à cet âge-là et au poste d’avant-centre, il est difficile de se faire une place dans l’équipe première de l’APOEL, face à d’autres joueurs beaucoup plus expérimentés.

Mais à dix-huit ans, le jeune Michalis Charalampous a connu déjà vingt-trois sélections avec l’équipe U19 de Chypre pour un total de deux buts, et seize titularisations cette année à l’Ethnikos Achnas comptabilisant un but et deux passes décisives. Un jeune talent qui promet déjà une carrière dorée.

Matija Spoljaric (Apollon Limassol / 02.04.1997)

Le football chez les Spoljaric est décidément une histoire de famille. Matija Spoljaric n’est autre que le fils de Milenko Spoljaric, milieu offensif emblématique de l’Apollon Limassol pendant les années 90. Alors que ses frères Danilo (18 ans, milieu de terrain) et Alexander (22 ans, gardien) jouent respectivement aux clubs de l’Apollon Limassol U19 et du FK Grafičar Beograd (Serbie).

Jouant dans l’équipe junior de l’Apollon jusqu’en 2010, le Serbo-Chypriote Matija Spoljaric est repéré par l’Atletico de Madrid qui le fait signer. Matija Spoljaric est alors âgé de treize ans. Après avoir passé sept saisons en Espagne, en jouant dans les équipes junior de l’Atletico de Madrid et au CD Toledo B (D4 espagnole), il décide de retourner à l’Apollon l’été dernier.

Milieu de terrain efficace, Matija Spoljaric profite de sa rapidité et de ses débordements pour désorienter l’adversaire et améliorer le jeu offensif de l’équipe.

Mais c’est en sélection où le jeune joueur se distingue. Après avoir joué un long moment pour la Serbie, il finit par choisir de jouer pour l’équipe nationale chypriote où il reste l’un des joueurs clés de l’équipe U21, à l’image de sa prestation plus que convaincante face à la Turquie (victoire 2-1) pendant les matchs de qualification de l’Euro.

La question du service militaire pour les jeunes footballeurs chypriotes

Chypre est l’un des quelques pays à maintenir encore aujourd’hui le service militaire obligatoire. Un passage obligé de quatorze mois pour tout jeune chypriote de dix-huit ans. Cette situation implique l’arrêt de ses activités professionnelles, et notamment le fait de s’entraîner et de jouer si vous êtes un sportif de haut niveau pendant cette durée du service. Mais il peut exister des exceptions. Pour connaître comment ces footballeurs jonglent-ils entre le service militaire et le football, nous nous sommes entretenus avec Stelios Markou, spécialiste du football chypriote et administrateur de la page Twitter Cyprus Football.

“C’est une situation plutôt floue” nous explique-t-il.  D’un côté, il y a « des joueurs comme Andreas Makris (attaquant, 20 ans) qui ont fait leur service militaire entièrement, mais ils leur ont accordé des jours et des après-midi de libre pour s’entraîner et jouer des matchs. » Et de l’autre, des joueurs, “comme Koulis Pavlou (milieu de terrain, 31 ans aujourd’hui), qui n’ont pas fait du tout le service militaire” nous apprend Stelios Markou. La décision de faire le service militaire et de sa durée varie donc d’un sportif à un autre. Enfin, d’autres joueurs n’ont pas pu faire le service militaire, tout simplement parce qu’ils vivaient à l’étranger. Cela a été notamment le cas pour Grigoris Kastanos qui jouait à l’époque à la Juventus, ou encore Nikolas Ioannou qui se trouvait au centre de formation de Manchester United.

Stéphane Meyer


Image à la une : AFP PHOTO / JOHN THYS

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