Saison 2016/2017 : 5 espoirs du championnat Ukrainien

Rémy Garrel
Rémy Garrel - Publié le 30 août 2016

En route pour l’Ukraine et nos cinq espoirs pour cette saison 2016/2017. Un championnat qui a connu beaucoup de péripéties ces derniers temps avec des faillites à n’en plus finir. Finalement douze équipes sont bien sur la ligne de départ cette saison. Des temps difficiles pour tout le monde qui amènent les clubs à lancer dans le grand bain quelques éléments prometteurs qui performent dans les catégories jeunes, à défaut de mettre quelques millions sur des joueurs étrangers.


Retrouvez la totalité de nos espoirs de cette nouvelle saison et des précédentes éditions


Retour sur les espoirs de l’an passé

Bogdan Sarnavskiy (Shakhtar Donetsk | 29.01.1995)

L’inconstance, il faut bien le dire, d’Andriy Pyatov dans les cages du Shakhtar comme de la sélection, nous avait amenées à garder un œil sur le jeune Bogdan Sarnavskiy, brillant dans les équipes de jeunes. Malheureusement pour lui, Pyatov reste quasi indéboulonnable dans cette formation du Shakhtar. Et quand il n’est pas là, c’est Anton Kanibolotsky qui danse, le gardien numéro deux, avec 15 rencontres disputées la saison passée contre seulement 5 pour Sarnavskiy. Le jeune portier de 21 ans est encore jeune et sera plus que jamais candidat au poste dans les temps à venir. Pyatov ayant 32 ans et Kanibolotsky n’offrant que des garanties moyennes.

Mykyta Burda (Dynamo Kiev | 24.03.1995)

Burda était très attendu pour sa seconde saison en professionnel, lui qui avait fait forte impression lors de la saison 2014/2015. Tout frais, sorti des équipes de jeunes du Dynamo, Sergiy Rebrov lui avait alors accordé toute sa confiance, n’hésitant pas à l’aligner dès le début de saison face au Shakhtar, lui laissant la lourde tâche de museler Darijo Srna sur la gauche. Des prestations intéressantes et une aisance physique en faisaient naturellement un bon candidat pour cette défense du Dynamo. Oui, mais voilà, la charnière centrale du Dynamo Khacheridi-Dragovic est toujours en place (un des deux, voire les deux étaient annoncés partants pour un gros club, ce sera finalement Dragovic pour Leverkusen), le Portugais Vitorino Antunes est arrivé en provenance de Malaga pour prendre le côté gauche, tout comme Mykola Morozyuk venu du Metalurg Donetsk pour jouer à droite. Et pour en rajouter une couche, Domagoj Vida s’est révélé être un joker de luxe, et les mots sont faibles tant le Croate a su briller dans les moments importants, se découvrant même une signature : marquer face au Shakhtar Donetsk. Tout cela ne laissera que peu de place à Mykyta Burda qui ne jouera finalement que 112 minutes en Coupe d’Ukraine accompagnées de 9 matchs dans le championnat U21. Championnat qu’il remportera avec les jeunes du Dynamo, une bien maigre consolation pour celui que l’on attendait bien plus régulièrement avec les pros.

© BERTRAND LANGLOIS/AFP/Getty Images

© BERTRAND LANGLOIS/AFP/Getty Images

Viktor Kovalenko (Shakhtar Donetsk | 14.02.1996)

C’est tout un pays qui fondait d’immenses espoirs sur Viktor Kovalenko, produit du Shakhtar Donetsk qui avait éclaboussé de tout son talent l’UEFA Youth League 2014-2015 perdue 3-2 par le Shakhtar en finale face aux indétrônables de Chelsea. Eh bien, on ne s’était pas trompé sur le gamin du Shakhtar qui a largement confirmé le potentiel entrevu dans les équipes jeunes. Milieu de terrain complet, la mission n’était pas simple pour lui qui a su se dégoter une place dans le milieu du Shakhtar, pourtant bien fourni par la colonie brésilienne du Donbass. 46 rencontres (26 titularisations) disputées par Kovalenko l’an passé en club, agrémentés de 6 sélections et un Euro 2016. Quatre réalisations et six passes décisives pour une très belle première saison au haut niveau. À 20 ans, Kovalenko a su se rendre indispensable par moment et insuffler de la fraicheur dans le milieu du Shakhtar. Ses qualités n’ont pas échappé au sélectionneur Mykhaylo Fomenko qui n’hésitera pas à l’emmener en France en juin dernier et même le titulariser deux fois. Sans résultat malheureusement pour la Zbirna. Son avenir s’annonce radieux, en Ukraine ou ailleurs.


Lire aussi : L’œil du recruteur #5 : Viktor Kovalenko


Valeriy Luchkevych (Dnipro Dnipropetrovsk | 11.01.1996)

Autre jeune talent très attendu en Ukraine, Valeriy Luchkevych. Sa saison fut en revanche moins clinquante que celle de son compatriote Kovalenko. Trente apparitions au total pour deux réalisations et une passe décisive. Un bilan bien maigre face aux 16 buts et 12 passes de son camarade Matheus sur l’aile gauche. Personne ne doute pourtant du talent de Luchkevych, mais qui devra à l’avenir s’affirmer réellement sur le terrain et rapidement se rendre indispensable. Un scénario probable au vu de l’exode des joueurs du Dnipro qui ne s’est pas arrêté durant cette intersaison encore. Avec déjà plus de soixante matchs au compteur sous le maillot du Dnipro, Luchkevych fait quasiment figure de vétéran dans cette formation remaniée au gré des événements. À lui maintenant de transformer l’essai et de confirmer les espoirs placés en lui depuis maintenant deux ans.

Maryan Shved (Karpaty Lviv/ FC Seville | 16.07.1997)

Révélé en 2015 dans son club formateur du Karpaty Lviv, le jeune Maryan Shved a très vite attiré les regards. En août dernier, il décida de sauter le pas en acceptant la proposition de transfert du Séville FC, plutôt que de rejoindre un plus gros club au sein de la Premier League Ukrainienne. Shved arrive donc à 18 ans en Espagne où il intègre logiquement l’équipe jeune. Seulement un match et onze petites minutes disputés en championnat d’Espagne pour l’Ukrainien, mais qui en revanche a eu un vrai temps de jeu avec les U19 en UEFA Youth League, une compétition attractive et d’excellent niveau. Shved a été titularisé cinq fois lors des six matchs de poules (1 but et 2 passes décisives) puis lors du barrage malheureusement perdu par les Espagnols face à l’Ajax Amsterdam. Son équipe de Séville participera cette année encore à la Youth League, sans notre jeune Ukrainien qui dépasse maintenant l’âge minimum. À lui de gagner sa place en championnat au sein d’une équipe compétitive promue en seconde division cette saison.

Les cinq espoirs Footballski de 2016

Viktor Tsygankov (Dynamo Kiev |15.11.1997)

Élu meilleur espoir du Dynamo Kiev par les fans et les journalistes, Viktor Tsygankov a été un des grands artisans du titre obtenu par le club de la capitale en U21 avec 9 réalisations en 15 matchs. Son coach dit de lui qu’il est actuellement le meilleur élément du centre de formation. C’est à peine âgé de 16 ans qu’il est aligné avec les espoirs du Dynamo en 2014. La même année, il dispute l’Euro U19 avec l’Ukraine avant d’être surclassé en espoirs. Ses qualités offensives et sa polyvalence sur le front de l’attaque impressionnent et vont rapidement lui permettre de devenir un des cadres de cette équipe U21 du Dynamo.

En parallèle, il disputa l’an passé l’UEFA Youth League, terminant second de la poule derrière Chelsea et devant le FC Porto. Son équipe des U19 fut finalement sortie au tour suivant par Middlesbrough. Un style de jeu flamboyant qui n’est pas sans rappeler un autre ailier droit du Dynamo, portant actuellement le numéro dix. Une capacité à se projeter très rapidement vers l’avant, une aisance à dribbler et des qualités de frappe qui en font naturellement un joueur à surveiller en Ukraine. Seul point noir à son crédit, sa fragilité physique. Les membres du staff de l’Académie du Dynamo ne font pas mystère de leurs inquiétudes concernant les blessures qui ont parfois handicapé le jeune Ukrainien. La suite logique aurait été une promotion avec l’équipe réserve du Dynamo en D2 ukrainienne, seulement le club a pris en fin de saison dernière la décision de dissoudre l’équipe 2. À 19 ans, il devrait logiquement rempiler avec les U21 afin de défendre son titre et de s’aguerrir physiquement. L’avenir s’offre à lui au sein de cette équipe dont les performances individuelles n’échappent jamais à l’œil de Sergiy Rebrov.

© Friedemann Vogel/Bongarts/Getty Images

© Friedemann Vogel/Bongarts/Getty Images

Bogdan Mykhaylichenko (Dynamo Kiev |21.03.1997)

Bogdan Mykhaylichenko est à l’aile gauche ce qu’est Viktor Tsygankov à l’aile droite. Lui aussi était de la partie lors de la dernière édition de l’UEFA Youth League. Lui aussi auréolé du titre en U21 avec 20 rencontres disputées pour 5 réalisations. Peut-être moins offensif que son camarade Tsygankov, Mykhaylichenko peut en revanche évoluer à tous les postes du couloir gauche. En 2015, il effectua ses débuts avec les pros en Coupe d’Ukraine puis en championnat en remplacement du néerlandais Jeremain Lens. Décomplexé et très joueur, on avait alors découvert un Mykhaylichenko très impliqué aussi bien offensivement que dans la défense de son couloir, n’hésitant pas à s’imposer devant ses coéquipiers et tirer les coups de pied arrêtés. Sa saison 2016/2017 a commencé au sein des espoirs du Dynamo, mais pourrait bien lui offrir quelques piges avec le groupe pro.

Denys Balanyuk (Dnipro Dnipropetrovsk | 16.01.1997)

Le Dnipro connait des jours bien sombres depuis sa finale d’Europa League perdue face à Séville. Des problèmes financiers qui ont conduit le club à grandement dégraisser son effectif. Les cadres partis, c’est sur ses jeunes que le Dnipro se repose désormais. Et parmi eux se distingue Denys Balanyuk, avant-centre de 19 ans. Star des U21 du Dnipro, il terminera meilleur buteur de son équipe et champion en 2014/15 avec 9 buts pour son compte. Des performances prometteuses qui lui vaudront trois petites apparitions avec les pros. L’année suivante fut la confirmation pour Denys avec 12 buts en 14 matchs dans le championnat U21. Ses bonnes perfs et la situation se dégradant au Dnipro, avec les départs de Kalinic, de Seleznyov puis de Zozulya, Balanyuk s’est naturellement vu remis les clés de l’attaque à Dnipropetrovsk. Il n’a pas fallu longtemps au jeune Ukrainien pour montrer l’étendue de son talent et son envie de s’imposer puisqu’il a inscrit un doublé pour sa première titularisation face au Volyn Lutsk, fin juillet, au sein d’une attaque qui affiche 19 ans de moyenne d’âge.

Polyvalent sur le front de l’attaque, Balanyuk prend parfaitement les espaces et ne ménage pas ses efforts physiques. Si le Dynamo attend son nouveau Yarmolenko, le Dnipro attend logiquement son nouveau Konoplyanka. Son touché de balle, son sens du but et son culot ne sont effectivement pas sans rappeler l’ailier gauche ukrainien dorénavant à Schalke. Avec cinq titularisations en cinq rencontres cette saison, Denys Balanyuk sera sans conteste le joueur clé pour le Dnipro totalement délesté de ses cadres. Son temps de jeu devrait logiquement exploser cette saison, à lui de confirmer en pro ses prestations en espoirs.

Vladyslav Kabaev (Chernomorets Odessa | 01.09.1995)

Vladyslav Kabaev est un pur produit d’Odessa. C’est face à Split en 2014 qu’il va sauter le pas et passer de l’équipe réserve à l’équipe une. Des débuts plutôt encourageants et de plus en plus de temps de jeu au sein du Chernomorets. Et pour cause, on se souvient que le club d’Odessa, alors sur la pente ascendante, a été le premier et le plus lourdement touché par la crise ukrainienne, notamment en raison de sa proximité géographique avec la Crimée. Destin similaire au Metalist Kharkiv, le Chernomorets dû se résoudre à perdre ses joueurs étrangers et a très rapidement lancé dans le grand bain ses jeunes. Vladyslav Kabaev fait donc partie de cette génération à qui l’on a confié les clés de la maison.

International U17, U20 puis espoir, Kabaev est utilisé un peu partout sur le terrain par son coach Oleksandr Babych. Dix-huit rencontres disputées, aussi bien à son poste de prédilection, milieu offensif, que milieu droit, milieu défensif et même à la pointe de l’attaque. Couteau suisse, homme à tout faire, Kabaev possède beaucoup de qualités et une panoplie de jeu intéressante pour un club comme Odessa qui mise sur une jeunesse ambitieuse pour remonter la pente. Le jeune milieu devrait cette année encore voir son temps de jeu augmenter, tout comme ses performances avec peut être à la clé une bien meilleure saison pour le Chernomorets Odessa.

Zurab Ochigava (Dynamo Kiev | 18.05.1995)

Au centre de formation du Dynamo depuis tout jeune, l’Ukraino-Géorgien Zurab Ochigava c’était vu prêter à Mariupol il y a deux ans. Un prêt peu convaincant, évoluant alors arrière latéral (gauche et droit), au lieu de son poste habituel dans l’axe. Résultat huit rencontres disputées et une dernière place au championnat pour son club. L’Illichivets relégué, Ochigava alterna la saison passée entre les U21 (9 matchs) et l’équipe réserve (16 matchs). Équipe réserve qui se verra finalement dissoute à la fin de l’exercice 2016. Pas de prêt ni de transfert pour le jeune défenseur qui intègra l’effectif pro cette saison. Pourtant pas du tout attendu dans cette équipe, Ochigava va voir la chance tourner en sa faveur dès la deuxième journée de championnat avec la blessure de Domagoj Vida, lui-même titularisé pour pallier l’absence de Yevhen Khacheridi. Blessé après un choc à la tête, Vida céda sa place à Zurab qui va crânement saisir sa chance et montrer de superbes qualités dans ses interventions, mais aussi au niveau du leadership et de l’état d’esprit.

Sans peur et sans complexe, il ne rechigne pas dans les duels, sait parfaitement se placer et n’hésite pas à monter apporter son aide dès que l’occasion se présente. Pari gagnant pour Sergiy Rebrov qui le titularisa la rencontre suivante. Zurab Ochigava n’était peut-être pas le jeune le plus attendu côté Dynamo Kiev cette saison, mais les blessures occasionnées dans la défense du champion en titre lui ont permis de montrer le bout de son nez. L’Ukraino-Géorgien pourrait bien en surprendre plus d’un cette année.

Rémy Garrel


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Saison 2016/2017 : 5 espoirs du championnat Ukrainien
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Consommateur de vodka, amoureux du Dynamo Kiev, défends l'intégrité territoriale de l'Ukraine sur Footballski.

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