Saison 2016/2017 : Six mois de football en Autriche

Quentin Guéguen
Quentin Guéguen - Publié le 26 janvier 2018

Un championnat à deux têtes, le Rapid et l’Austria encore une fois pas en retrait, les belles performances du promu Linzer, le très intéressant Admira et St. Pölten avec un pied et quatre orteils en Erste Liga. Ainsi s’est déroulé le Hinrunde de la saison 2017/2018 de Tipico Bundesliga en Autriche.

 

Cela fait désormais quatre ans que le Red Bull Salzbourg rafle tout sur la scène nationale. Quatre doublés coupe – championnat consécutifs malgré des hauts et des bas, des départs de joueurs plus ou moins importants et des changements d’entraîneurs. Une machine bien rodée en résumé, c’est souvent à cela qu’on repère les clubs bien gérés. Pourtant, à chaque fois que le RBS change d’entraîneur, c’est une lueur d’espoir pour les concurrents, c’est une nouvelle poulie qui pourrait dérégler tout le mécanisme, surtout lorsque le nouveau se retrouve sur un banc professionnel pour la première fois. Trois intéressés par défaut : le Sturm Graz, le Rapid Vienne et son ennemi, l’Austria.

Graz et Salzbourg seuls au monde

Parmi ces prétendants à la succession du RBS, seul un se montre digne de ce statut. Alors que 20 journées sont jouées, le Sturm en a passé 15 sur la première place du podium et pointe logiquement en tête à la trêve avec un point d’avance sur son principal rival. Un avantage mérité tant les Grazer se sont montrés les plus impressionnants et constants malgré quelques accrocs et notamment cette violente défaite 5-0 à Salzbourg. Six matchs, six victoires pour commencer la saison et les joueurs de la légende du club Franco Foda et, malgré une élimination en Ligue Europa par Fenerbahçe, le début de saison montrait les ambitions des Noir et Blanc. Deni Alar (10 buts) et Stefan Hierländer réalisent une excellente saison devant alors que le vétéran allemand Christian Schulz à côté du très jeune Dario Maresic, 18 ans et au club depuis son plus jeune âge, qui montre une nouvelle fois l’excellence du centre de formation du Sturm. Un petit problème se pose avec le départ de Franco Foda pour la sélection autrichienne mais celui-ci était prévu depuis deux mois et le club a eu le temps de s’y préparer en faisant signer Heiko Vogel.

A propos du centre de formation du Sturm qui produit des pépites, l’une d’elles fut l’objet de la discorde l’été dernier puisque Romano Schmid, l’un des joueurs les plus prometteurs du pays à 17 ans, s’est engagé pour le Red Bull Salzbourg pour 600 000 euros. Un choix curieux puisque le jeune ailier avait visiblement les faveurs de Franco Foda qui l’avait fait entrer en jeu pour les deux premiers matchs de la saison avec le Sturm, pour un but et une passé décisive (en 16 minutes de jeu au total). Ainsi travaille le RBS et ce n’est pas l’arrivée de Marco Rose, formateur reconnu, sur le banc du club qui va changer quoi que ce soit. Romano Schmid casse la baraque avec ses jeunes coéquipiers du FC Liefering, sorte de club école du RB Salzbourg où les jeunes font leurs classes avant de rejoindre les grands. Un nouvel entraîneur donc et des joueurs importants qui s’en vont avec Wanderson (Krasnodar), Lazaro (Hertha) et Laimer (Leipzig). Comme d’habitude, ce sont les progressions internes qui sont appelées à les remplacer alors que le RBS a remporté la Youth League l’année dernière. Ainsi, des joueurs comme Amadou Haidara et Marius Wolf ont pris des rôles importants dans un effectif plombé par les blessures durant ces matchs aller. Cela n’a pas empêché les Bullen de se qualifier pour les seizièmes de C3 et d’être au contact pour le titre et toujours en course en Coupe.

Ce ne sera encore pas cette année pour les deux clubs de la capitale, relégués à dix et dix-huit points de la tête. Le Rapid va néanmoins mieux que l’année dernière – ce qui n’est pas difficile – où le club s’était battu pour ne pas descendre. Arrivé au cours de l’année dernière, Goran Djuricin a stabilisé le club malgré le départ de la pépite Maxi Wöber à l’Ajax Amsterdam pour 7,5 millions d’euros. Le Rapid possède également le plus beau stade et la plus grosse affluence de Bundesliga, de loin avec 17 000 spectateurs de moyenne à l’Allianz-Stadion. Patrick Schobesberger – qui a récemment prolongé pour quatre ans – et Louis Schaub mènent toujours une attaque pas toujours très réaliste mais suffisamment pour amener les Rapidler à la troisième place. Les Verts réalisent pourtant un début de saison très inconstant avant de trouver leur rythme à partir de fin août pour une série de douze matchs sans défaite jusqu’à une défaite face à Salzbourg. Il y a du mieux, beaucoup de mieux du côté du Rapid mais le club continue de perdre des points où il ne devrait pas.

C’est encore pire chez l’ennemi où Thorsten Fink a vraiment chaud aux fesses. La perte de Kayode, meilleur buteur du championnat l’an dernier, l’été dernier a fait très mal à l’attaque des Veilchen même si Kevin Friesenbichler est l’une des seules satisfactions de la première partie de saison de l’Austria. Un très mauvais début de saison, de bons matchs cet automne avant une très mauvaise fin d’année, symbolisée par une élimination aux tirs au but face à un club de troisième division en Coupe. On était pourtant en droit d’attendre beaucoup plus d’une équipe qui avait impressionné l’année passée. Raté. Pas aidé par un nombre de blessures important, l’Austria devra se battre pour accrocher la dernière place européenne. Pour ça, l’entraîneur allemand devra stabiliser son équipe alors qu’à chaque fois que l’on regarde les Veilchen, l’impression que l’Austria peut prendre un but à chaque fois que l’adversaire passe la ligne médiane est présente. Malgré Heiko Westermann.

Christoph Knasmüllner, meilleur buteur de Tipico Bundesliga avec 12 buts.

Les surprises et les autres

S’il y a des déceptions et que l’Austria ne devrait pas être là où il est, c’est qu’il y a des clubs qui travaillent bien et qui surprennent. C’est le cas de l’Admira Wacker Mödling. Le club du sud de Vienne est un habitué de la Bundesliga et un habitué des belles saisons. Il y a deux ans, le club avait fini européen ce qui l’avait mis en difficulté la saison dernier. Mais l’Admira, club formateur qui utilise beaucoup d’Autrichiens, souvent jeunes, est aujourd’hui de retour dans la première moitié du tableau malgré le départ de Monschein à l’Austria l’été dernier. L’Admira a su faire front après le départ de son entraîneur, Damir Buric du côté du Greuther Fürth en Allemagne en septembre, remplacé par le directeur sportif lui-même. On notera l’excellente saison de Christoph Knasmüllner, 12 buts, et de Dominik Starkl, ancien grand espoir du football autrichien qui y arrive petit à petit. Avec 35 buts marqués et 34 encaissés, l’Admira offre du spectacle.

On retrouve ensuite le promu du LASK Linz, club historique en Autriche, premier champion d’Autriche qui n’était pas de la capitale. Les Blanc et Noir voulaient passer une saison tranquille sans se soucier de regarder derrière. Avec vingt points d’avance sur St. Pölten à la trêve, le LASK n’a aucun souci à se faire concernant le maintien. L’équipe d’Oliver Glasner – ancien joueur du club qui a prolongé jusqu’en 2022 récemment – peut même regarder un peu plus haut puisque le promu se place à la cinquième position. Et cela grâce à de très bons transferts estivaux qui se sont très vite adaptés notamment grâce à beaucoup d’expérience. On notera le retour d’Emanuel Pogatetz, arrivé de l’Union Berlin et qui possède le meilleur taux de duels gagnés cette saison, et Gernot Trauner, arrivé du relégué Ried. Un très bon mélange d’expérience et de jeunesse (Mergim Berisha, prêté par Salzbourg) souvent recette d’un maintien convaincant. Il y a beaucoup de choses qui rendent optimiste pour le futur de ce club.

Maintien également pour le SCR Altach. Une équipe toujours délicate à jouer et européenne après une superbe saison dernière où le club s’était longtemps disputé la tête du championnat grâce notamment à un Dimitri Oberlin exceptionnel en première partie de saison. Comme prévu, c’est un peu moins bien du côté d’Altach mais rien de dramatique. Le club s’est même offert un très beau parcours européen, arrêté aux portes des poules par le Maccabi Tel-Aviv après avoir éliminé le Dinamo Brest et La Gantoise. L’été avait pourtant été intense à Altach, les bonnes performances du club ayant attiré les prédateurs. Jäger, Dovedan, Ngamaleu et Galvao ont été remplacés par les Nutz, Piesinger, Dobras et Gebauer pour créer un effectif homogène avec beaucoup de joueurs très solides. Le SCR a débuté sa saison très tôt et semblait sur les rotules en cette fin d’année. Cela devrait aller mieux après la trêve et une place dans le top 5 semble être dans les cordes du club.

Enfin, Mattersbourg devrait se maintenir sans problème également. Nous étions en droit de nous interroger après une deuxième partie de saison passée inquiétante, d’autant que deux des meilleurs joueurs Patrick Farkas (RB Salzbourg) et Thorsten Röchen (Sturm Graz) étaient partis cet été. Mais il n’en est rien. Le SVM passe une saison très tranquille et prend des points à droite et à gauche pour en avoir 21 en 20 matchs jusque-là. Mattersbourg a aussi un beau coup à jouer en Coupe alors que le club affrontera une équipe de D2 en quart de finale. C’est un peu moins bien pour le Wölfsberger AC, avant-dernier avec 16 unités, mais les performances du SK St. Pölten, dernier avec seulement sept points, devraient lui permettre de se maintenir confortablement en Bundesliga.


Photo à la une : © AFP PHOTO / OZAN KOSE

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J'aime les draniki sans champignon, et accessoirement le football biélorusse et autrichien.

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