La Russie, ce sera sans eux #5 – La Géorgie

La phase de groupes des éliminatoires de la Coupe du Monde 2018 est arrivée à son terme. Alors que la Croatie et la Grèce devront passer par de périlleux barrages pour espérer décrocher leur qualification, Footballski revient sur le parcours des équipes d’ores et déjà assurées de ne pas être en Russie en juin prochain. Voici maintenant la Géorgie, qui malgré quelques performances intéressantes était encore loin de pouvoir prétendre accéder à une telle compétition.

Les résultats

Géorgie – Autriche : 1-3
Irlande – Géorgie : 1-0
Pays de Galles – Géorgie : 1-1
Géorgie – Moldavie : 1-1
Géorgie – Serbie : 1-3
Moldavie – Géorgie  : 2-2
Géorgie – Irlande : 1-1
Autriche – Géorgie : 1-1
Géorgie – Pays de Galles : 0-1
Serbie – Géorgie : 1-0

Groupe D :

1. Serbie 21 points
2. Irlande 19 pts
3. Pays de Galles 17 pts
4. Autriche 15 pts
5. Géorgie 5 pts
6. Moldavie 2 pts

En parcourant d’un air distrait les résultats de la sélection des croisés dans cette campagne de qualification on pourrait se dire que la performance produite par les hommes de Vladimir Weiss est honnête : aucune valise et des matchs nuls arrachés au Pays de Galles ou en Autriche. Oui mais voilà, avec 5 points au compteur et surtout aucune victoire, quand on a la Moldavie dans son groupe, la performance est de suite relativisée. Vaillants, mais battus logiquement d’entrée de jeu à domicile par l’Autriche, les Géorgiens se sont ensuite repris en produisant un match plein de bonne volonté en Irlande, produisant du beau jeu et s’inclinant de peu en Irlande. Quelques jours plus tard à Cardiff, même scénario, avec un match tournant un peu plus à l’avantage des hommes de Vladimir Weiss, qui ramènent un point mérité des demi-finalistes du dernier Euro. Malheureusement ces progrès ne se verront pas sur les matchs suivants avec une défaite à domicile face à la Serbie et surtout deux contre performances face à la Moldavie. Un léger sursaut face à l’Irlande à domicile et en Autriche entretiendra l’espoir d’accrocher une précieuse victoire. Ce sera finalement encore trop juste. On retiendra tout de même que face à des adversaires en plein sprint final pour la qualification directe les Géorgiens auront joué le jeu jusqu’au bout, concédant deux courtes défaites face au Pays de Galles et en Serbie. Bilan : 5 nuls et 5 défaites. Il y avait assurément la place de faire mieux compte tenu des opportunités qui se sont offertes aux croisés. Mais quand la chance ne tourne toujours pas en votre faveur sur une dizaine de matchs le mal est peut-être bien plus profond.

Les raisons de la non-qualification

On savait dès le départ la tâche ardue pour Vladimir Weiss. Le coach slovaque, arrivé à la suite de Kakha Tskhadadze en mars 2016 avait tout un groupe à remodeler. Vieillissant et plombé par le manque de leadership il fallait ainsi reconstruire quelque chose en prenant appui sur la nouvelle génération prometteuse qui débarquait à ce moment-là. Sur ce point Weiss a plutôt correctement réalisé sa tâche, faisant des essais, appelant de nouveaux joueurs dès qu’un jeune enchaînait les bonnes performances, sans pour autant remettre en cause l’équilibre de son équipe à chaque fois. Malheureusement le prix à payer en est également le manque de constance et d’automatismes.

Le milieu de terrain a ainsi été reconfiguré de nombreuses fois et Weiss n’a toujours pas réussi à trouver la bonne alchimie, peu aidé il est vrai aussi par les blessures récurrentes de ses maitres à jouer Jano Ananidze (Spartak Moscou) et Tornike Okriashvili (FK Krasnodar). On peut d’ailleurs légitimement dire qu’une équipe de Géorgie sans Okriashvili n’a vraiment pas la même tête qu’avec lui. Au contraire de ses prestations en club « Okri » a répondu présent à chacune de ses apparitions, expliquant le supplément d’âme qui a permis d’accrocher de bonnes performances au Pays de Galles ou en Irlande. Les latéraux également ont été un chantier à suivre. Si à gauche l’expérimenté Navalosvki (34 ans, SKA Khabarovsk) s’est vite imposé faut de concurrence, à droite c’est Otar Kakabdze (Gimnastic Tarragone) qui a été rapidement lancé dans le grand bain pour pallier à un Lobjanidze plus dans le coup. Si les qualités de Kakabadze ne font pas de doute, il a peut-être dû être lancé dans le grand bain très tôt.

Enfin le bricolage s’est surtout fait sentir en attaque. Weiss a cherché son 9, son buteur pendant toute la campagne de qualification et l’on ne peut pas dire qu’il se dégage encore. Ainsi Dvalishvili (Atyrau) et Chanturia (Ural) n’ont pas réussi à s’imposer, suivi d’un Mchedlidze (Empoli) peu à l’aise en 9. Ce fut ensuite le tour de Katcharava (Rostov, Ethnikos Achna puis Korona Kielce), qui a peu à peu disparu de la circulation avant de laisser enfin la place à Giorgi Kvilitaia (Rapid Vienne) qui semble avoir les faveurs du sélectionneur . Positionné à l’aile Qazaishvili (Legia Varsovie puis San José Earthquakes) n’a lui non plus pas réussi à assurer ce rôle. Malgré des statistiques peu convaincantes en sélection il semble que Weiss souhaite désormais faire confiance à Kvilitaia, en raison surement de son jeune âge et de sa marge de progression importante, particulièrement dans un club comme le Rapid Vienne qui lui assure un temps de jeu régulier.

Les motifs d’espoir

Si cette campagne devait servir à quelque chose, c’est bien à permettre aux jeunes de se montrer, et sur ce point certains s’en sont plutôt bien sortis, laissant envisager de belles progressions pour la suite. Au poste de latéral droit, on voit ainsi mal Otar Kakbadze se faire doubler par la concurrence. Ses performances, autant en sélection qu’en club, laissent augurer qu’il pourra apporter un bon renfort à la ligne de défense géorgienne. Avec la paire de centraux Kvirkvelia (Lokomotiv Moscou) et Kashia (Vitesse Arnhem) dans la fleur de l’âge cela pourrait enfin donner une ligne de défense intéressante. Au milieu les retours de Ananidze et Okriashvili devraient ramener le liant dans le jeu qui manque à cette équipe. Enfin en attaque, Kvilitaia a désormais plusieurs matchs pour concrétiser la confiance du sélectionneur, à lui de s’en saisir. Dans le cas contraire le jeune et prometteur Giorgi Arabidze (Shaktar Donetsk) attend impatiemment aux portes de la sélection.

Et maintenant ?

Comme beaucoup de « petites » sélections de l’Est la future Ligue des Nations sera un objectif prioritaire. Versés dans la Ligue D, les croisés devraient ainsi avoir à faire à des équipes dont aucune n’est hors de leur portée : Azerbaïdjan, Macédoine, Biélorussie, Arménie ou encore Kosovo. L’opportunité est énorme de remporter cette ligue et se qualifier pour leur première phase finale de compétition internationale. Néanmoins on sait que la Géorgie a tendance a sortir de gros matchs face aux équipes réputées supérieures (cf. Pays de Galles, Irlande) et à ne pas savoir faire la différence face aux équipes à leur portée (les deux nuls face à la Moldavie).

Pour mener cette mission à bien, il apparait cependant incertain que Vladimir Weiss reste à son poste. Celui qui a emmené la Slovaquie à la Coupe du Monde est notamment courtisé par la Serbie après la démission de Slavo Muslin.

Antoine Gautier


Image à la une : Alexander NEMENOV / AFP

La Russie, ce sera sans eux #5 – La Géorgie
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