La Russie, ce sera sans eux #23 : Le Monténégro

Ivica Madzarovic - Publié le 29 novembre 2017

Les éliminatoires de la Coupe du Monde 2018 sont arrivés à leur terme. Alors que la Croatie est la dernière équipe à s’être qualifiée, Footballski revient sur le parcours des équipes qu’on ne verra pas en Russie en juin prochain. Place aujourd’hui au Monténégro qui a un temps cru à la qualification avant de voir ses espoirs s’envoler.

Les résultats

Roumanie – Monténégro : 1-1
Monténégro – Kazakhstan : 5-0
Danemark – Monténégro: 0-1
Arménie – Monténégro : 3-2
Monténégro – Pologne : 1-2
Monténégro – Arménie : 4-1
Kazakhstan – Monténégro : 0-3
Monténégro – Roumanie : 1-0
Monténégro – Danemark : 0-1
Pologne – Monténégro : 4-2

Groupe E :

  1. Pologne – 25 pts
  2. Danemark – 20 pts
  3. Monténégro – 16 pts
  4. Roumanie – 13 pts
  5. Arménie – 7 pts
  6. Kazakhstan – 3 pts

Après une décevante campagne de qualifications pour l’Euro 2016, avec pourtant plus de chances de se qualifier, la question pour le Monténégro était de savoir si les promesses entrevues lors de ses premières campagnes allaient se concrétiser ou si la baisse de niveau de l’équipe allait se confirmer. Placé dans un groupe très dense avec une Pologne dominatrice, un Danemark et une Roumanie habitués des joutes internationales, ainsi qu’avec l’Arménie et le Kazakhstan, des équipes n’ayant pas le profil de victimes expiatoires idéales, le Monténégro allait devoir s’employer pour se qualifier.

Les débuts du Monténégro dans la compétition sont quasi-idéaux avec un nul chez le rival roumain, enchaîné par un match solide contre le Kazakhstan et une victoire très importante au Danemark. Le tournant est donc la quatrième journée où, toujours solide, le Monténégro mène 2-0 à la mi-temps à Erevan avant que tout ne s’effondre. Sans doute trop tranquilles, les Monténégrins se font remonter et finissent par perdre dans les arrêts de jeu, gâchant leur bon début. En enchaînant avec une défaite logique mais honorable contre la Pologne à Podgorica, le Monténégro a laissé passer sa première chance.

Cependant les résultats du groupe, conjugué aux matchs solides du Monténégro redonnent une chance de barrages : une revanche maîtrisée contre l’Arménie, une deuxième victoire contre le Kazakhstan (qui a pourtant embêté la plupart des équipes du groupe) ainsi qu’une victoire contre la Roumanie (l’éliminant au passage) offre une finale pour les barrages contre le Danemark. Malheureusement, les Scandinaves s’imposent 1-0 à Podgorica sur leur seule frappe du match alors que Jovetic est sorti sur blessure depuis la demi-heure de jeu. La défaite logique en Pologne en clôture (4-2) est, elle, anecdotique.

Les raisons de la non-qualification

Il apparaît difficile d’être sévère avec les Monténégrins, que personne ne voyait se qualifier avant le début de la campagne et qui terminent troisièmes d’un groupe où ils n’étaient au départ que la quatrième force, et ce derrière deux équipes qui iront au Mondial en Russie. Mais quitte à se répéter, la principale raison de l’élimination tient en une mi-temps, celle du 11 novembre 2016, où les Monténégrins, indolents, ont cru la victoire acquise et ont perdu trois points précieux sur les quatre qui les ont séparés des barrages.

Les blessures de certains cadres comme Jovetic, plus les absences de joueurs internationalement reconnus comme Vucinic et Basa n’ont également pas aidés les hommes de Tumbakovic dans les moments où l’expérience compte. De l’autre côté du miroir, pas mal de grands espoirs attendus n’ont pas confirmé les promesses entrevues dans les catégories de jeunes et ce fait enlève de la profondeur de banc à la sélection monténégrine.

Les motifs d’espoir

L’espoir est paradoxalement de mise après cette élimination, car encore une fois, le Monténégro a fait mieux qu’attendu et a dominé comptablement la Roumanie et footballistiquement le Danemark. Il n’a également pas fait de détails contre le Kazakhstan qui a pris un point contre la plupart des équipes du groupe. Le fond de jeu est solide et la plupart des joueurs utilisés durant cette campagne sont dans la force de l’âge et ne laisse donc pas entrevoir de déclin. Attention tout de même à ne pas renouveler la contre-performance de 2016 après une autre campagne réussie.

Le sélectionneur monténégrin peut s’appuyer sur un noyau de vingt-cinq joueurs ayant le niveau. Et même si les jeunes ont souvent des problèmes pour confirmer, les cas de Kosovic et de Jankovic rassurent et ces deux hommes devraient pouvoir aider grandement les Jovetic ou Savic dans le futur. Sur ces bases là, on peut considérer que l’avenir du Monténégro est assuré pour cinq ans s’il n’y a pas de délitement des performances.

Et maintenant ?

Désormais, la priorité reste de savoir qui sera le sélectionneur monténégrin pour les échéances à venir (Ligue des Nations et Euro 2020) car la fédération n’a pas encore renouvelé le contrat de Ljubisa Tumbakovic, qui a pourtant effectué aux dires de tous un très bon travail à la tête de la sélection.

Cela dit, et sur les performances de ces qualifications, le Monténégro apparaît être aujourd’hui dans le Top 25 européen. Et cela tombe bien car il y aura 24 équipes à l’Euro en 2020, une non-qualification serait donc une contre-performance pour ce petit pays. Enfin, avec son 33e coefficient européen, le Monténégro se retrouve dans la (très Footballski) ligue C de la Ligue des Nations. Il y aura un bon coup à jouer et pourrait également recevoir un ticket pour la 16e édition du Championnat d’Europe des Nations en 2020.

Par Ivica Madzarovic et Adrien Laëthier.


Image à la une : © Facebook / Fudbalski savez Crne Gore

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