La Russie, ce sera sans eux #22 : L’Arménie

Antoine Jarrige
Antoine Jarrige - Publié le 28 novembre 2017

La phase de groupes des éliminatoires de la Coupe du Monde 2018 est arrivée à son terme. Alors que la Croatie est la dernière équipe à s’être qualifiée, Footballski revient sur le parcours des équipes que l’on ne verra pas en Russie en juin prochain. Place désormais à l’Arménie qui n’a pu faire mieux qu’une cinquième place.

Les résultats

Danemark – Arménie: 1-0
Arménie – Roumanie: 0-5
Pologne – Arménie: 2-1
Arménie – Monténégro: 3-2
Arménie – Kazakhstan: 2-0
Monténégro – Arménie: 4-1
Roumanie – Arménie: 1-0
Arménie – Danemark: 1-4
Arménie – Pologne: 1-6
Kazakhstan – Arménie: 1-1

Groupe E :

1. Pologne – 25 pts
2. Danemark – 20 pts
3. Monténégro– 16 pts
4. Roumanie – 13 pts
5. Arménie – 7 pts
6. Kazakhstan – 3 pts

Au lendemain de la campagne de qualification décevante pour l’Euro 2016, le peuple arménien qui vit football uniquement avec sa sélection du fait du niveau famélique de son championnat voulait du changement. Mais voilà, le président de la fédération Ruben Hayrapetyan est un dur à cuire. Ancien diplomate, il est surtout réputé pour avoir organisé un assassinat et être soupçonné d’apprécier les pot-de-vin. Les amateurs de football savaient déjà que la campagne allait être compliqué. Non pas que l’Arménie soit tombée dans un groupe où elle pouvait faire figure d’outsider, mais que la sélection évolue à un niveau catastrophique depuis sa magnifique campagne pour le mondial 2014. Sous les ordres d’Artur Petrosyan, les joueurs perdent d’entrée contre le Danemark sur le score de un but à zéro. Un match pas si mauvais que cela mais qui montre que l’Arménie reste très friable dans tous les domaines. Cela se confirme un mois plus tard avec la réception de la Roumanie, score final de cinq buts à zéro ! Un match honteux pour les supporters arméniens qui a engendré beaucoup de tension avec les forces de l’ordre. Après seulement deux rencontres, la rupture entre les supporters et la sélection est déjà présente.

C’était chaud entre supporters et policiers à Erevan ©photolure

La catastrophique année 2016 va pourtant mieux se terminer, malgré le défaite deux buts à un en Pologne, les hommes de Petrosyan sont salués par la presse suite à une bonne performance. Une équipe qui retrouve des jambes et qui réalise une très belle performance à Erevan avec une victoire trois buts à deux contre le Monténégro, dans un stade quasiment vide. On recommence à rêver en Arménie, finalement ela serait plutôt correct et l’espoir d’accrocher une seconde place malgré une rouste contre la Roumanie est toujours présente. Début 2017 c’est la folie dans la capitale! L’Arménie enregistre un second succès d’affilé grâce à deux buts de Mkhitaryan et Özbiliz en deux minutes face au Kazakhstan. L’Arménie se rapproche de la seconde place, et si c’était possible?

Cet ascenseur émotionnel ne va pas durer, l’Arménie va craquer en enchaînant quatre revers consécutifs. Les rêves se brisent à Podgorica où le Monténégro prendra sa revanche quatre buts à un. Deux défaites en septembre contre la Roumanie (1-0) et le Danemark (1-4) et c’est terminé, l’Arménie ne verra pas la Russie. Une idée de génie émerge alors de la fédération arménienne; pourquoi ne pas laisser filer les deux derniers matchs contre la Pologne et le Kazakhstan afin de se retrouver dans le plus bas groupe pour la Ligue des Nations. Cette somptueuse initiative sera couronnée par une raclée 6-1 à domicile contre la Pologne et un match nul 1-1 au Kazakhstan pour l’honneur, s’il en reste…

Les raisons de la non-qualification

Les raisons de la non qualification ? Elles sont multiples. Tout d’abord, il existe un manque de talent évident dans le groupe. Le championnat local est beaucoup trop faible pour faire sortir des joueurs d’un niveau international et les seuls qui s’en sortent évoluent dans des clubs de milieu de tableau (à l’exception d’Özbiliz et Mkhitaryan). Les jeunes, quant à eux, profitent de la proximité avec la Russie pour changer de nationalité et évoluer sous la bannière voisine !

Le manque de changement en profondeur est également la cause de cette mauvaise campagne. Beaucoup réclament le départ du président de la fédération mais celui-ci reste bien chaudement en place et ne fait pas grand chose pour développer le football local. Petrosyan a fait comme il a pu pour dresser un XI cohérent mais ce fut plus que difficile. En difficulté tout au long de cette campagne, le groupe n’a pu faire mieux que deux petites victoires. Même Mkhitaryan commençait à être critiqué en fin de campagne…

Pire défense du groupe avec 26 buts encaissés en dix rencontres (ex-æquo avec le Kazakhstan), l’Arménie n’a pas brillé par sa solidité défensive et devra beaucoup travailler pour revenir à son niveau de 2014.

Les motifs d’espoir

Pour être franc, ces motifs d’espoir sont peu nombreux. On ne voit pas ce qui pourrait donner un coup d’accélérateur au football en Arménie. Certaines académies essayent de voir le jour mais beaucoup de projet n’aboutissent pas faute de moyen. Le seul espoir c’est vraiment Mkhitaryan qui est l’homme à tout faire dans cette sélection. Mais si le poids de tout un peuple est difficile à porter pour un seul homme, nul doute que s’il applique son niveau de jeu de Manchester United et que ses coéquipiers en sélection soient un peu plus expérimentés, que l’Arménie aura peut être une chance dans la Ligue des Nations.

Petrosyan pourra t-il sauver le football arménien?

Et maintenant ?

Les deux derniers matchs amicaux de 2017 contre la Biélorussie et Chypre ont montré que l’Arménie n’était peut être finalement pas morte. Deux victoires pour clôturer une année compliquée, c’est bien et cela remonte le moral. Un moral qui devra être au plus haut pour espérer glaner un sésame pour l’Euro 2020 via la poule 4 de la Ligue des Nations. Une poule dans laquelle l’Arménie pourrait faire office d’outsider…

Antoine Jarrige

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A propos de l'auteur

Antoine Jarrige

Antoine Jarrige

Antoine, 21 ans. Etudiant en kiné en Alsace, grand amateur du football russe . Amoureux d’Ural, le grand club de Sibérie occidentale, mon coeur ne bat que pour Smolov et Lungu.

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