La Russie, ce sera sans eux #21 : L’Autriche

Quentin Guéguen
Quentin Guéguen - Publié le 27 novembre 2017

Les éliminatoires de la Coupe du Monde 2018 sont arrivés à leur terme. Alors que la Croatie est la dernière équipe à s’être qualifiée, Footballski revient sur le parcours des équipes qu’on ne verra pas en Russie en juin prochain. Place aujourd’hui à l’Autriche qui peut avoir des regrets et a manqué le coche.

Les résultats

Géorgie – Autriche : 1-2
Autriche – Pays de Galles : 2-2
Serbie – Autriche : 3-2
Autriche – Irlande : 0-1
Autriche – Moldavie : 2-0
Irlande – Autriche : 1-1
Pays de Galles – Autriche : 1-0
Autriche – Géorgie : 1-1
Autriche – Serbie : 3-2
Moldavie – Autriche : 0-1

Groupe D :

  1. Serbie – 21 pts

  2. Irlande – 19 pts

  3. Pays de Galles – 17 pts

  4. Autriche – 15 pts

  5. Géorgie – 5 pts

  6. Moldavie – 2 pts

Pour l’Autriche, les questions étaient nombreuses avant le début des qualifications pour la Coupe du Monde en Russie, mais la principale était la suivante : les joueurs de Marcel Koller allaient-ils continuer sur leur lancée d’un Euro désastreux ou reprendre sur les bases des qualifications pour cet Euro ? Une question soulignée par le fait que ce soit la même génération qui débute la route vers la Russie que celle qui a quitté la France.

Les débuts ne sont pourtant pas mauvais avec une solide victoire en Géorgie. Mais l’Autriche, qui pouvait légitimement viser la première place dans un groupe très homogène, a rapidement déchanté. Les mauvais résultats se sont enchaînés et seule une victoire contre la Moldavie est venue interrompre deux séries de trois matchs sans succès. Plus important encore, l’Autriche a attendu l’avant-dernière journée et la réception de la Serbie pour remporter son premier match face à un concurrent direct… et l’Autriche était déjà éliminée. Les Autrichiens n’ont pas gagné face au Pays de Galles ou face à l’Irlande et c’est un piteux match nul à domicile face à la Géorgie qui a scellé les espoirs de Mondial du capitaine Julian Baumgartlinger et de ses coéquipiers.

Pourtant, il y avait mieux à faire et les contenus n’étaient souvent pas mauvais pour Marcel Koller et ses hommes. L’Autriche n’a jamais perdu de plus d’un but et ce sont souvent quelques détails qui ont fait basculer les matchs. Quelques détails desquels l’Autriche n’était jamais du bon côté. L’Irlande égalise à la 85e sur son seul tir cadré à Dublin, le but contre son camp malchanceux de Kevin Wimmer face au Pays de Galles… bref, l’Autriche peut avoir des regrets.

Les raisons de la non-qualification

Elles sont difficiles à cerner. Le mauvais Euro a certainement miné le moral d’un groupe à qui tout avait réussi lors de la précédente campagne de qualifications. L’Autriche était sur un véritable nuage en se qualifiant pour sa première compétition internationale depuis belle lurette, et elle est très rapidement et durement retombée sur Terre en proposant des prestations absolument indigestes face à la Hongrie, le Portugal et l’Islande. L’Euro a offert une vraie coupure alors qu’il aurait dû être un tremplin, une simple transition ou un lien entre les deux qualifications. Il aurait dû être le début d’une ère de plusieurs compétitions consécutives. Ce ne sera pas le cas.

Les suivantes se situent plus sur le terrain. Comme mentionné au-dessus, les matchs de l’Autriche se sont joués sur des détails. L’Autriche a manqué de réalisme, notamment lors des duels avec le Pays de Galles et l’Irlande en ne marquant que trois buts en quatre confrontations face à ces deux équipes. Les Autrichiens ont pourtant eu de nombreuses occasions lors de ces matchs mais, à l’inverse des qualifications à l’Euro où Marc Janko marchait sur l’eau, aucun buteur ne s’est fait remarquer. Guido Burgstaller était encore un peu tendre alors qu’il n’était au début de ces qualifications qu’un joueur de deuxième division allemande.

L’Autriche a également pris trop de buts pour espérer quelque chose. Onze buts encaissés en huit matchs face aux adversaires qui ne s’appelaient pas la Moldavie, c’est insuffisant d’un point de vue de l’étanchéité de la défense. A ce niveau-là, Marcel Koller est notamment fautif, mais aussi ses joueurs. Aleksandar Dragovic et Kevin Wimmer ne jouent que très peu en club et manquaient souvent de rythme. Le premier cité était régulièrement mauvais avec Leverkusen lorsque l’on faisait appel à lui. Martin Hinteregger est un peu trop inconstant pour être considéré comme le patron de la défense. Un joueur comme David Alaba a été questionné pour son implication avec la sélection également.

Les motifs d’espoir

Ils sont peut-être plus nombreux qu’ailleurs, chez les autres pays Footballski qui ne se sont pas qualifiés. Tout d’abord, l’ÖFB a décidé de changer de sélectionneur. Marcel Koller a reçu une belle ovation lors de son dernier match à l’Ernst-Happel-Stadion de Vienne après la victoire face à la Serbie et Marko Arnautovic est allé fêter son but dans ses bras. Critiqué à son arrivée, Marcel Koller a fait du bon boulot et le bilan reste positif avec cette qualification pour l’Euro. Néanmoins, après six ans de sélectionneur suisse, il était l’heure du changement et la fédération autrichienne a fait appel à Franco Foda. Pour la première fois de son Histoire, l’Autriche aura un Allemand sur son banc. Entraîneur correct en Allemagne, l’ancien international de RFA explose depuis son arrivée en Autriche et réalise du très bon boulot du côté du Sturm Graz depuis 2014. Nommé fin octobre, il prendra ses fonctions en janvier 2018 mais était déjà sur le banc pour le match amical contre l’Uruguay, remporté 2-1.

Ensuite, la formation va bien en Autriche. Les clubs font confiance aux jeunes qui partent ensuite vers de plus gros clubs pour progresser et aider l’équipe nationale. Ainsi, l’équipe qui a démarré les qualifications est bien différente de celle qui les a finies. Plusieurs jeunes joueurs ont été intégrés, à l’image de Maximilian Wöber (Ajax), Kevin Danso (Augsburg), Louis Schaub (Rapid), Philipp Lienhart (Freiburg), Konrad Laimer (Leipzig) ou Michael Gregoritsch (Augsburg) en plus des jeunes plus confirmés comme Marcel Sabitzer ou Alessandro Schöpf. Même Hannes Wolf (Salzburg), 18 ans, a été sélectionné lors des derniers rassemblements. Encadrée par les Julian Baumgartlinger, Marko Arnautovic ou David Alaba, cette génération va pouvoir exploser au plus haut niveau. L’Autriche va donc voir se rencontrer deux très belles générations qui pourraient offrir un cocktail intéressant pour 2020.

Et maintenant ?

Dans les faits et avec le 13e rang au classement UEFA, l’Autriche a le meilleur coefficient de la Ligue B de la Ligue des Nations. Les joueurs de Franco Foda se retrouveront dans un groupe probablement homogène puisque beaucoup d’équipes se valent à ce stade. L’objectif néanmoins est de se qualifier pour l’Euro 2020. Tout autre résultat serait une déception et l’Autriche se doit de se racheter après deux dernières années décevantes. Avec les joueurs que l’ÖFB-Elf possède désormais, c’est même le minimum syndical que leurs supporters sont en droit d’attendre.

Par Quentin Guéguen


Image à la une : © JUSSI NUKARI/AFP/Getty Images

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J’aime les draniki sans champignon, et accessoirement le football biélorusse et autrichien.

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