Comme c’est la tradition depuis 2003, la Supercoupe de Russie ouvre la saison. Le Spartak Moscou, champion sortant, affrontait le Lokomotiv Moscou, vainqueur de la Coupe de Russie.

Ce dernier a eu l’honneur de remporter la premiĂšre édition, en 2003, contre le CSKA, et de la gagner une deuxiĂšme fois en 2005 face au Terek Grozny. Finaliste Ă  nouveau en 2008 et 2015, le Lokomotiv jouait ainsi sa cinquiĂšme Supercoupe. Contrairement Ă  son adversaire du soir, le Spartak n’a pas eu la chance de gagner de Supercoupe durant son histoire, ni durant l’époque de l’URSS, ni aprĂšs la chute du bloc, Ă©chouant par trois fois face au CSKA (2004, 2006, 2007). Pour leur quatriĂšme participation, les Rouge et Blanc souhaitaient mettre un terme Ă  cette malĂ©diction.

Le stade

La Supercoupe a eu lieu cette annĂ©e dans le stade du Lokomotiv. Longtemps jouĂ©e au Luzhniki, actuellement en rĂ©novation pour la Coupe du Monde 2018, la Supercoupe est dĂ©localisĂ©e depuis 2011. Le Stade Central du Lokomotiv a dĂ©jĂ  accueilli la Supercoupe la saison derniĂšre, et la retrouve cette annĂ©e, les stades de Moscou Ă©tant tous indisponibles (l’Otkrytie Arena accueillait des concerts et le stade du Dinamo est toujours en construction).

Cela n’a pas empĂȘchĂ© les supporters du Spartak de venir en nombre. Le Stade accueille ainsi plus de 24 000 spectateurs, meilleure affluence depuis 2011 et les 26 000 spectateurs au stade de Kuban pour le match Zenit-CSKA) mais trĂšs loin devant les finales de 2006 et 2007 entre le Spartak et le CSKA (43 000 spectateurs en 2006 et 45 000 spectateurs en 2007) et en 2008 entre le Zenit et le Lokomotiv, avec pas moins de 48 000 spectateurs.

Le match

Spartak XI : Rebrov-Eschenko-Dzhikiya-Boccetti-Kombarov-Fernando-Glushakov-Promes-Popov-Luis Adriano-Ze Luis (4-2-3-1)
Lokomotiv XI : Guilherme-Ignatyev-Pejcinovic-Kvirkvelia-Barinov-Denisov-Tarasov-Farfan-Miranchuk-Fernandes-Ari (4-2-3-1)

Massimo Carrera prĂ©sentait l’Ă©quipe type de l’annĂ©e derniĂšre, sans Roman Zobnin, lourdement blessĂ© lors d’un match de prĂ©paration avec la sĂ©lection russe avant la Coupe des ConfĂ©dĂ©rations, et avec Luis Adriano qui a peu jouĂ© depuis son arrivĂ©e Ă  cause de blessures. La recrue de l’étĂ© Petkovic, en provenance de l’Etoile Rouge de Belgrade, encore trop juste, c’est Eschenko qui prenait le cĂŽtĂ© droit de la dĂ©fense.

CĂŽtĂ© Lokomotiv, Yuri Syomin concoctait un 4-2-3-1 avec notamment la prĂ©sence de Kvirkvelia, transfĂ©rĂ© dĂ©finitivement depuis le Rubin Kazan. Ari, qui a vu son prĂȘt prolongĂ© cet Ă©tĂ©, se retrouvait en pointe face Ă  son ancienne Ă©quipe.

La premiĂšre mi-temps fut des plus agrĂ©ables. Le Spartak mettait le pied sur le ballon, le rĂ©cupĂ©rant assez haut grĂące Ă  un pressing intense face Ă  un Lokomotiv jouant en contre. Ce sont d’ailleurs les hommes de Syomin qui eurent la plus grosse occasion de la rencontre sur une tĂȘte de Farfan qui toucha le montant d’un Rebrov totalement battu. Les Rouge et Blanc montrĂšrent un jeu huilĂ© fait de renversements de jeu, de dĂ©doublements sur les cĂŽtĂ©s et d’un Fernando toujours aussi essentiel au milieu de terrain. Mais les attaquants du Spartak manquaient de prĂ©cision dans la finition. Il faut dire que sur la premiĂšre pĂ©riode, le match Ă©tait devenu un duel Ă  distance entre Kvirkvelia et Dzhikiya qui montraient tout le bien que l’on pense d’eux !

Les deux Ă©quipes se sĂ©parĂšrent Ă  la mi-temps sur un score vierge. Pour le premier match de la saison, on constata un jeu plutĂŽt agrĂ©able Ă  suivre, avec de l’engagement, des occasions franches et un jeu peu hachĂ©. En effet, l’arbitre de la rencontre, Vladislav Bezborodov, n’est pas un adepte du sifflet et prĂ©fĂšre laisser jouer, faisant de la rencontre un match plus actif.

En deuxiĂšme pĂ©riode, le Spartak continua d’avoir la possession de balle et se montra plus entreprenant, notamment par l’intermĂ©diaire de Promes qui aurait pu ouvrir le score si Guilherme n’avait pas eu un rĂ©flexe Ă©norme pour sortir une balle contrĂ©e qui allait droit dans les filets.

Le Lokomotiv mit Rebrov Ă  contribution, notamment sur des frappes de loin. Mais au fur et Ă  mesure que le temps s’écoulait, les cheminots devinrent moins dangereux, laissant le Spartak dominer la rencontre.

Les prolongations virent la nette domination des rouges et blancs et les difficultĂ©s Ă  contenir les attaques rapides de Promes. Jusqu’à l’ouverture du score par Adriano sur une passe en profondeur de Melgarejo, nouvellement entrĂ©. Le Spartak rĂ©alisa le break sur une action individuelle de Promes qui marqua d’une jolie frappe. Le but sur coup franc de Fernandes ne changea rien.

Le Spartak gagnait sa toute premiĂšre Supercoupe de son histoire, remportant son deuxiĂšme titre de suite. Quand on sait qu’il a fallu attendre 16 ans pour que les rouges et blancs retrouvent le chemin de la victoire
 Mais il est clair que la mĂ©thode Carrera fonctionne. Bien prĂ©parĂ© physiquement, solide dans la rĂ©cupĂ©ration et dĂ©veloppant un jeu offensif, le Spartak est clairement un prĂ©tendant Ă  sa propre succession.

La polémique

Que serait un match de football russe sans polĂ©mique. Et celle qui revient c’est Ă©videmment l’arbitrage. Et plus exactement en deuxiĂšme pĂ©riode lorsqu’Adriano s’énerva contre Tarassov aprĂšs un duel. DĂ©jĂ  sanctionnĂ© d’un carton, le deuxiĂšme aurait pu ĂȘtre sorti par l’arbitre mais Bezborodov en dĂ©cida autrement et ne sanctionna pas le BrĂ©silien. Cet Ă©pisode fut Ă©videmment ressorti aprĂšs le coup de sifflet final par les vaincus, notamment par Yuri Syomin qui refusa sa mĂ©daille et s’expliqua avec Sergey Pryadkin, prĂ©sident de la Ligue de football russe, directement sur la scĂšne.

La polĂ©mique enfla sur les rĂ©seaux sociaux, ouvrant de nouveau le dĂ©bat sur la nĂ©cessitĂ© de l’arbitrage vidĂ©o. Ce dĂ©bat ressurgit constamment, oubliant l’aspect sportif au profit des critiques sur l’arbitre. La vidĂ©o sera-t-elle la solution miracle que tout le monde espĂšre ? Rien n’est moins sĂ»r. La coupe des confĂ©dĂ©rations nous a montrĂ© toutes les lacunes de la vidĂ©o et ne remplacera pas l’arbitrage humain.

Le racisme de retour

A un an de la Coupe du Monde, le spectre du racisme refait surface. On le doit aux ultras du Spartak qui chantĂšrent un chant raciste Ă  l’encontre du gardien du Lokomotiv Guilherme, BrĂ©silien naturalisĂ© russe et faisant partie de la sĂ©lection nationale, le traitant de singe n’ayant rien Ă  faire en sĂ©lection.

Plus intĂ©ressĂ©s par les erreurs de l’arbitre, les mĂ©dias n’en firent allusion que plus tard et pas au niveau que cela mĂ©riterait. Tant que les instances ne prendront pas le problĂšme Ă  bras le corps, rien ne changera. Les ultras du Spartak n’en sont pas Ă  leur premier coup et la direction du club a laissĂ© faire au regard des mauvais rĂ©sultats passĂ©s. Difficile de croire en un changement Ă  1 an de la Coupe du Monde. Ou bien si, les ultras seront interdits de stade durant la Coupe du Monde, comme ce fut le cas durant la Coupe des ConfĂ©dĂ©rations, mais les problĂšmes de racisme reprendront de plus belle aprĂšs.

Dzhikiya pouvait-il jouer ?

Une autre polĂ©mique concerne la prĂ©sence de Dzhikiya sur le terrain. SanctionnĂ© d’un carton rouge lors du dernier match de la saison passĂ©e contre Arsenal Tula, le dĂ©fenseur rouge et blanc avait-il le droit de jouer la Supercoupe ? Une polĂ©mique qui peut faire couler encore beaucoup d’encre. La Commission de discipline se rĂ©unira le 19 juillet pour rĂ©gler le cas « Dzhikiya. »

Vincent Tanguy et Adrien Morvan


Image à la une : © Dmitry Golubovich / ANADOLU AGENCY via AFP Photos

Retour sur la Supercoupe 2017 de Russie
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