Retour sur la journée 8 de RPL 2018/2019 – Championnat de Russie de football

Antoine Jarrige
Antoine Jarrige - Publié le 26 septembre 2018

Un derby acharné, une pluie de buts à Saint-Pétersbourg, un FK Krasnodar second et un Ufa au fond du trou. Voici la chronique hebdomadaire Russie pour le compte de la huitième journée de RPL.

Les affiches du week-end

CSKA Moscou vs. Spartak Moscou : 1-1

Il y a toujours des affiches qu’on surligne sur son calendrier en début de saison, histoire de ne pas manquer la date : la rencontre entre le CSKA et le Spartak est l’une de ces dates. Un match toujours sous tension, avant lequel les supporters rivalisent dans l’ingéniosité pour exprimer leur ressenti vis-à-vis de l’ennemi. Ce fut le cas pour cette action du groupe rouge et blanc Ultra Siever qui a déployé, à travers le pays dans 70 villes, des banderoles à l’encontre du CSKA !

Pour les joueurs aussi c’est un événement important. Les nouveaux du CSKA comprennent tout de suite l’importance de ces matchs et le besoin de performer à tout prix. Et pour les entraîneurs, il fallait gérer l’état de forme des troupes après la semaine européenne. Le CSKA a montré de l’envie en revenant au score contre le Viktoria Plzen (2-2), tandis que le Spartak a laissé pas mal de regrets face au Rapid de Vienne en perdant 2-0. Il faut dire que l’ambiance générale dans l’équipe n’est pas au top, surtout après que Glushakov et Eschenko aient liké une vidéo du grand supporter et artiste Nazarov sur Instagram, espérant en prose le départ de Carrera ! Les deux joueurs ont été écartés, envoyés avec le Spartak 2 pour l’entrainement et ont participé au match des U21 du Spartak face au CSKA ce week-end.

Dans ces conditions, le CSKA partait favori, d’autant plus que Goncharenko affichait une équipe offensive en titularisant Chalov, Dzagoev, Akhmatov et Vlasic. En face, Carrera retentait l’expérience avec un milieu plus technique avec Popov dans l’axe et Hanni sur le côté gauche.

Dans un stade rempli à craquer (meilleure affluence de l’histoire du stade), le CSKA a mis le pied sur le ballon et a dû se défaire du pressing du Spartak. Malgré tout, le CSKA se procurait rapidement une occasion en début de match (4e) sur une tête de Vlasic qui manqua le cadre. Adriano lui répondit en reprenant un centre de Hanni qui manqua aussi le cadre (5e). Le match était lancé. Mais alors que le Spartak ne parvenait pas à développer la moindre opportunité, se montrait brouillon, le CSKA accélérait et mettait le feu à plusieurs reprises. Maksimenko dut s’employer face à Fedor Chalov en grande forme, mais au final, rien ne rentrait. Et dans ces cas-là, tu te fais surprendre. Et qui d’autre que Fernando sur coup franc pouvait débloquer la situation pour le Spartak ? Personne. Il ajusta un bijou de coup franc qui nettoya la lucarne d’Akinfeev ! 1-0 à la 30e, contre le cours du jeu. Le match se rééquilibra alors et les rouge et blanc rentrèrent aux vestiaires sur cet avantage. Un score qui reflétait mal la physionomie du match, à savoir un CSKA concurrent, mais ne trouvant la faille et un Spartak plus que réaliste !

A la pause le CSKA Moscou est mené 1-0 contre toute attente, Viktor Goncharenko semble furieux en regagnant le vestiaire et a raison, car son équipe domine dans les largeurs et se procure des occasions sans pouvoir concrétiser. Les Red-Blue Warriors en tribunes continuent de chanter et font un bruit assourdissant dans un concert d’explosions de bombes agricoles. Ambiance derby. Au retour des vestiaires, le match conserve la même physionomie, le CSKA est presque intégralement maître des débats, que ce soit au niveau de la possession de balle, mais également des occasions de buts. La jeune équipe de Goncharenko, résolument offensive a gagné la bataille du milieu de terrain et oblige le Spartak a se contenter de rares occasions en contre, qui auraient toutefois pu être mieux exploitées de la part des joueurs de Massimo Carerra en panne d’inspiration tactique sur ce match. Les rouge et blanc ont fait le choix de subir en défendant très bas, laissant au CSKA toute la place pour faire parler la créativité offensive cependant la finition bien trop approximative ne récompense pas les nombreux efforts offensifs des armeytsis. Il faudra attendre l’heure de jeu, et plus précisément la 63e minute pour que le milieu croate Nikola Vlasic ne libère la VEB Arena, à la conclusion d’un bon mouvement collectif, le milieu prêté par Everton fixe son défenseur et ajuste une frappe enroulée a l’entrée de la surface qui ne laisse aucune chance à Maksimenko. Le stade explose, le CSKA montre tout son caractère, Goncharenko exulte sur le banc de touche et, à ce moment précis, on a du mal à croire que les choses vont en rester là tant le Spartak se retrouve acculé sur son but.

Le match se poursuit, et malgré des tentatives du CSKA de plus en plus pressantes, le Spartak n’abdique pas et manque de trouver le cadre sur les rares contres de la deuxième période. Luiz Adriano est trop souvent seul mais ne parvient pas à faire la différence face a Becao et Chernov, les deux défenseurs centraux du CSKA, restés en retrait au long du match, brouillons dans leurs interventions, mais impliqués a 200%. Sergey Karasev, l’arbitre de la rencontre, siffle finalement la fin du match et le derby se termine sur un match nul 1-1. Le CSKA pourra nourrir des regrets compte tenu de la physionomie de la rencontre, mais l’équipe a montré d’incroyables qualités mentales et techniques, même si la finition ne récompense pas tout le travail accompli.

L’équipe de Goncharenko continue de grandir match après match. Du côté du Spartak, les joueurs ont été mauvais et ils le savent, ils n’ont pas répondu présents et ce match nul masque les énormes difficultés rencontrées par Carrera et ses joueurs au cours de la rencontre. Au classemen,t le Zenit profite de ce match nul entre les deux Moscovites pour faire le break sur le Spartak 3e avec 15 points. Le CSKA est lui 5e à deux points du Spartak.

Zénit Saint Pétersbourg – Lokomotiv Moscou: 5-3

Ce week-end offrait un choc entre le Zenit Saint-Pétersbourg, en pleine bourre en championnat, et le Lokomotiv Moscou, champion en titre et en difficulté depuis le début de saison. Pour cette rencontre, Sergei Semak reconduisait Dzyuba en pointe, son homme fort en attaque. Son compère de l’attaque de la Sbornaia russe, Fedor Smolov, débutait en face. Dès le début de la rencontre, le Zenit mettait le pied sur le ballon et affichait une belle maîtrise technique au milieu de terrain. Oleg Shatov ouvrait la marque au quart d’heure de jeu d’une splendide frappe enroulé du pied droit qui finissait sa course dans la lucarne gauche de Guilherme (1-0). Un but qui lançait les hostilités avant une véritable orgie de buts : Barinov répondait d’une frappe à ras de terre qui trompait Lunev pour égaliser (1-1). Les espaces se créaient et les occasions s’enchaînaient des deux côtés. Driussi manquait de redonner l’avantage aux siens d’une frappe en bout de course, avant qu’Erokhin ne bute sur Guilherme au terme d’une belle action collective.

En seconde mi-temps, le spectacle continuait : Erokhin, très en vue, marquait sur corner d’une tête en lucarne (2-1). Le Zenit était lancé : Dzyuba, après un remarquable jeu de corps en pleine surface, contrôlait de la poitrine avant de fusiller Guilherme du pied gauche (3-1). Le Lokomotiv prenait l’eau et encaissait un quatrième but par l’intermédiaire de Shatov au terme d’une action collective de toute beauté (4-1). Mais le Lokomotiv n’abdiquait pas et marquait deux buts par Alexei Miranchuk et Smolov (4-2, puis 4-3). Entre-temps, Tarasov s’était fait exclure pour un deuxième carton jaune. À la dernière minute, Driussi concluait une action individuelle pour sceller la victoire du Zenit (5-3). Quel match ! Le Zenit reste leader devant Krasnodar, alors que le Lokomotiv végète en milieu de tableau et va devoir batailler pour remonter au classement.

Les autres matchs du week-end

  • Ural dans la douleur. Face au Yenisey, Ural a eu toutes les peines du monde à poser son jeu, mais s’impose finalement 2-1, une victoire qui fait beaucoup de bien aux oranges.
  • Exploit d’Anzhi. En déplacement sur la pelouse d’un Dinamo en forme, les hommes de Makhachkala remportent une deuxième victoire cette saison sur le score de 1-0!
  • Beau match à Tula. Festival offensif entre l’Arsenal et Kazan qui se séparent finalement sur un nul 2-2. Le Rubin a égalisé dans les dernières minutes et pourra regretter un pénalty loupé quelques minutes auparavant.
  • Ufa n’avance pas. Avant-dernier au classement, l’ancien Européen a beaucoup de mal cette saison. Inoffensif en attaque, Ufa ne peut faire mieux qu’un 0-0 sur la pelouse de Rostov.
  • Pas de vainqueur à Grozny. Score nul et vierge à l’Akhmat Arena entre les Tchétchènes et Orenbourg qui réalisent un bon début de saison.
  • Krasnodar en 30 minutes. Il aura fallu du temps aux bykys pour lancer le match! Mais Krasnodar se réveille dans la dernière demi-heure et l’emporte finalement 3-0 sur la pelouse du Krylia Sovetov.

Le classement

L’événement marquant de la semaine

Le Yenisey enfin à domicile

Après avoir disputé les premières rencontres du championnat au stade Geolog de Tyumen, le Yenisey est enfin de retour à Krasnoyarsk pour le plus grand bonheur des fans. Modernisé pour être aux normes de la RPL, le stade central de Krasnoyarsk est désormais opérationnel et va ravir les clubs de l’élite qui vont connaître un nouveau déplacement extrême. Exit les trois heures d’avion pour réaliser un Moscou-Tyumen, il faudra compter quasiment cinq heures pour aller en Sibérie orientale!

Qu’est-il devenu?

Bastos

Footballeur angolais, Bastos intègre le FK Rostov en 2013 et signe un contrat de trois ans. Il devient un titulaire important du club dès son arrivée lors de la saison 2013-2014 avec plus d’une vingtaine d’apparitions. Alors que l’entraîneur réputé Kurban Berdyev débarque à Rostov en 2015, Bastos participe activement à la saison 2015-2016 qui verra Rostov frôler le titre de champion et se contenter d’une déjà très surprenante seconde place. Bastos participe aux premières rencontres de la saison 2016-2017, notamment à la double rencontre remportée haut la main contre Anderlecht aux préliminaires de la Ligue des champions, mais il quitte la Russie le 17 août.

Il rejoint alors la Lazio Rome pour un montant de cinq millions d’euros. L’Angolais joue relativement peu lors de sa première saison. Il ne participe qu’à onze rencontres dont trois disputées, en Coupe nationale. Il faut attendre la saison 2017-2018 pour voir Bastos réellement s’affirmer dans son nouveau club. Ses statistiques sont bien meilleures cette saison-là. Il joue 28 matchs dont 21 rencontres de Serie A et 6 matchs continentaux. Il marque son premier but avec son nouveau club en septembre 2017 lors d’une victoire 3-2 sur la pelouse de Genoa. Il inscrit un total de cinq buts durant la saison dont un en compétition européenne. Il évolue toujours à la Lazio cette saison.

Le XI

Le but du week-end

Somptueux coup franc de Fernando qui nettoie la lucarne d’Akinfeev lors du derby CSKA Moscou – Spartak Moscou.

L’actu FNL

La FNL en bref…

Chassé-croisé en tête de la RPL avec cette victoire de Tomsk 3-1 face à Chertanovo et ce nul 0-0 de Tambov à Sochi. Les hommes de Baskakov ont vite pris les devants en marquant deux buts en première période (Ilya Kuzmichev et Ilya Kukharchuk). Mais les jeunots de Chertanovo ont réagi en deuxième période en réduisant l’écart dès la 66eavec un but d’Anton Zinkovskiy. Le carton rouge de Zuykov aurait pu tout changer, mais Makurin a su mettre les siens à l’abri dans le temps additionnel.

Deux équipes sont toujours en embuscade, à savoir le Spartak 2 qui a battu le SKA 2-1 (Aleksander Rudenko et Vladislav Panteleev, cette fois sur penalty) et l’Avangard Kursk qui ne lâche rien en s’imposant 2-0 à domicile contre Tyumen. L’Avangard enregistre son sixième match sans défaite et sa cinquième victoire en six matchs ! Mention spéciale à Roman Akbashev qui a marqué son cinquième but de la saison.

En milieu de tableau, c’est l’inconstance qui prédomine. Krasnodar 2 et Nizhni Novgorod oscillent entre nul et défaite tandis que d’autres comme Saransk se relancent, mais peinent à faire des séries.

Derrière, le Baltika a enfin retrouvé gout à la victoire en s’imposant 2-1 contre le Zenit 2. Luch a accroché une victoire importante 1-0 contre Sibir, au plus mal, sur un terrain qui ressemblait plus à une piscine qu’à autre chose ! dans ces conditions, difficile de développer un semblant de jeu. Et pour finir, mention spéciale à Armavir qui n’arrête plus de marquer et de gagner ! Troisième victoire de suite contre Khimki 3-2 et neuf buts en trois matchs !

 

L’équipe Footballski


Image à la une : © Flickr / Piotr Drabik

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A propos de l'auteur

Antoine Jarrige

Antoine Jarrige

Antoine, 21 ans. Etudiant en kiné en Alsace, grand amateur du football russe . Amoureux d'Ural, le grand club de Sibérie occidentale, mon coeur ne bat que pour Smolov et Lungu.

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