Retour sur la saison en Russie (4/4)

Adrien Laëthier
Adrien Laëthier - Publié le 30 juin 2015

Nouvel épisode de notre retour sur la saison russe avec la dernière partie de notre belle quadrilogie. Après avoir évoqué le ventre mou, aujourd’hui on parle des cancres Ural, Rostov, Torpedo et Arsenal.

Ural Ekaterinburg [Treizième| 30 points] par Antoine Jarrige

La saison

Comme lors de la saison 2013/2014 le club d’Ekaterinbourg s’est fait peur, très peur. Auteur d’un début de saison calamiteux avec seulement 1 point en 7 matchs obtenu face à Krasnodar, les oranges vont se réveiller dès la 8ème journée avec un succès précieux contre un adversaire luttant pour le maintien (Ufa) 1-0. Avec le recrutement de l’avant-centre du Dinamo Moscou, Fyodor Smolov, en prêt, Ural va remporter trois autres succès avant la trêve contre l’Arsenal Tula (deux fois) mais également contre le Spartak Moscou. Pointant à la 13ème place avec 13 points à la mi-saison le club était en bien mauvaise posture. De plus, le départ du défenseur central Solvi Ottesen au mercato hivernal accentuait le pessimiste autour de l’Ural.

Smolov s'apprête à crucifier un Dinamo toujours plus à l'agonie.

Smolov, héros d’Ekaterinbourg

Mais, à l’image de sa saison, le club d’Ekaterinbourg est capable de faire douter de grosses écuries comme lors ce nouveau match nul contre Krasnodar ou cette défaite de justesse à Kazan 2-1. Il peut également sombrer contre des adversaires largement à sa portée comme cette défaite 3-1 à Moscou contre le Torpedo. Malgré tout, Ural va réaliser un cycle retour réussi dans l’ensemble avec notamment une victoire dans le derby contre l’Amkar 1-0 et une victoire inespérée contre le Dinamo 2-1. Relégable au bout de 30 minutes de jeu dans le dernier match contre le Terek, les oranges vont finalement s’imposer pour s’offrir une place en play-offs contre le Tom Tomsk.

Victorieux 1-0 en Sibérie grâce au coaching désastreux de Tom, le club d’Ekaterinbourg délocalisé à Tyumen en fin de saison (pour cause de rénovation du stade en vue du mondial) va tenir le 0-0 au retour pour se sauver dans la douleur. Une saison « galère » pour Ural qui devra faire sans son buteur Fyodor Smolov la saison prochaine qui a quitté le club il y a quelques jours pour signer à Krasnodar …

Le positif

L’arrivée de Smolov au sein du club a fait le plus grand bien à l’équipe, auteur de 8 buts le russe a participé grandement au sauvetage d’Ural malgré son absence aux play-offs. Très solide le défenseur argentin Fontanello a limité la casse derrière, auteur de buts précieux comme celui contre le Lokomotiv Pablo était à deux doigts de figurer dans l’équipe de l’année, à voir si le club réussira à le conserver cet été.

Le négatif

Auteur de multiples bourdes cette saison le portier des oranges Zabolotny aurait pu à lui tout seul faire descendre le club. Expulsé contre le Torpedo en réalisant une très belle prise de catch sur son opposant, le gardien manqua les trois dernières rencontres au cours desquelles Ural est invaincu. On retiendra également le parcours en coupe décevant avec une élimination dès son premier match contre le Krylia Sovetov 3-1.

Le coach

Pour sa deuxième saison à la tête d’Ural, Tarkhanov n’a pas fait l’unanimité, avec des choix critiqués comme la mise sur le banc de joueurs pourtant emblématiques du club comme Lungu et Acevedo ou Zabolotny titulaire toute la saison. Remercié en fin de saison il sera remplacé par Viktor Goncharenko l’ancien coach du Kuban et du BATE.

Le but

FK Rostov-na-Donu [Quatorzième | 29 points] par SovietXav

La saison

Le FK Rostov a dû lutter jusqu’au bout pour assurer son maintien en Premier League. Le début de saison du club est assez lamentable : 5 défaites (dont la Super Coupe de Russie) et 1 nul lors des 6 premiers matchs de la saison. Qualifiés pour le tour préliminaire de l’Europa League, les Russes se sont inclinés face à Trabzonspor. Une petite victoire contre le Mordovia va un peu stopper l’hémorragie mais la série noire va continuer tout au long du mois de septembre, entraînant le départ du coach Miodrag Bozovic pour le Lokomotiv Moscou. Bozovic est remplacé par Igor Gamula, qui se fera plus remarquer par ses sorties racistes dans la presse plutôt que par les résultats. Bilan a la trêve, Rostov est dernier et le maintien semble compromis.

La direction décide de faire venir l’ancien coach emblématique du Rubin Kazan, Kurban Berdyev, et l’électrochoc est immédiat. La deuxième partie de saison commence sur de meilleures bases avec 5 victoires en 7 matchs, Rostov semble avoir trouvé son rythme mais le club va une nouvelle fois craquer dans le sprint final et enchaîner les nuls et les défaites pour finalement terminer barragiste. Rostov joue son maintien en Premier League contre Tosno et sans surprise, les joueurs de Kurban Berdyev se sauvent d’une descente qui aurait été dramatique pour un club dont les finances sont déjà au plus mal.

Le positif

Les satisfactions sont minces lorsque l’on est obligé de jouer les play-offs pour assurer son maintien mais s’il fallait trouver du positif dans cette saison, il faudrait mettre en avant la signature de l’ex-coach du Rubin Kazan : Kurban Berdyev. Un vrai plus pour un club en difficulté financière et sportive qui devait se redresser au plus vite. De plus, Berdyev a annoncé qu’il resterait la saison prochaine et ça c’est déjà un souci en moins. Néanmoins la principale satisfaction reste le maintien en première-ligue du club.

Le négatif

L’ensemble de la saison est une déception, mais surtout la gestion du club, trois entraîneurs en une saison, un début de championnat catastrophique et des problèmes financiers qui ont failli coûter au club sa place en Premier League. C’est une saison bien à oublier du coté de Rostov, tant au niveau sportif qu’au niveau de la gestion.

Le coach

Trois entraîneurs se sont succédé sur le banc de Rostov au cours de la saison, mais ici c’est le dernier qui nous intéresse, Kurban Berdyev, sans doute la meilleure chose qui soit arrivée à Rostov depuis juillet 2014. L’ancien coach emblématique du Rubin Kazan a ramené son expérience et son savoir-faire tactique pour sauver Rostov qui était en situation très délicate à la trêve (dernière place).

Connu comme étant un coach assez défensif, Berdyev avait fait du Rubin Kazan l’une des défenses les plus solides d’Europe. C’est dans sans doute dans cette optique qu’il compte travailler à Rostov afin de permettre au club de ne plus se retrouver en position de barragiste à la fin de la saison. De plus l’annonce de sa prolongation à Rostov a redonné espoirs aux supporters qui compteront bien sur lui la saison prochaine.

Dzyuba sous le maillot de Rostov

Dzyuba sous le maillot de Rostov

Torpedo Moscou [Quinzième | 29 points] par Antoine Jarrige

La saison

De retour dans l’élite du football russe huit ans après l’avoir quitté, ce club légendaire qu’est le Torpedo s’attendait à une saison compliquée … et ce fut le cas. Renforcé par l’arrivée de Bilayetdinov, le club moscovite avait pour objectif d’éviter l’ascenseur. Délocalisé dans l’ancien stade du Saturn en début de saison en attentant l’homologation de son stade, le Torpedo a connu un retour en Premier League catastrophique avec une défaite 4-1 contre le CSKA et une gifle 8-1 infligée par le Zenit. Ramenant malgré tout 3 victoires dont 2 contre des adversaires pour le maintien (Rostov et Ural) et cinq matchs nuls le club moscovite pointait à mi-saison à une miraculeuse 12ème place avec déjà 17 points.

Le cycle retour est assez surprenant pour le Torpedo. Défait à seulement quatre reprises, le club de la capitale va enregistrer 6 matchs nuls (dont un 1-1 contre le Zenit) ! Une série de 5 matchs sans défaite dans les 5 dernières journées pouvait laisser croire un maintien possible mais malheureusement ils termineront à égalité de points avec Rostov et descendront directement à cause d’une mauvaise différence de buts … Une saison qui se finit donc en eau de boudin pour le Torpedo qui avait pourtant su faire la différence lors des matchs importants pour le maintien. A noter que le club moscovite s’est fait éliminer en coupe par le CSKA en 1/8e de finale après avoir battu Voronezh.

Le positif

Pas grand chose de positif à retenir de cette triste saison pour le Torpedo. On pourra néanmoins retenir les 4 réalisations de Putilo et les beaux buts de loin mais rien de plus.

Le négatif

L’ascenseur tellement craint a finalement eu lieu pour le Torpedo, de nombreux problèmes financiers ont mis à mal le club et les multiples salaires impayés ont engendré une crise interne avec le départ de certains joueurs. La défense était également aux abonnés absents avec 45 buts encaissés. Mais le point le plus sombre est dans les tribunes. Les ultras du Torpedo ont terni l’image de ce club historique du football russe : racisme omniprésent, violence et autres ont fait que le Torpedo a joué la plupart du temps ses matchs à huis clos.

Le coach

Pour sa première saison en RPL et à la tête du Torpedo Moscou, Valery Petrakov n’a pas su répondre à l’attente des dirigeants puisque le club n’a pas pu se sauver. Il a néanmoins eu le mérite de faire durer le suspens jusqu’à l’ultime journée. Habitué aux clubs de FNL, il ne devrait pas continuer son aventure avec le Torpedo la saison prochaine

Le but

Arsenal Tula [Seizième | 25 points] par Adrien Laëthier

La saison

Pour sa première saison à ce niveau, le club de Tula débarquait avec ses propres idées et ses légendes (Alenichev sur le banc, Filimonov dans les buts). L’équipe était composée d’espoirs à relancer (Maloyan, Smirnov) et de guerriers des divisions inférieures ayant fait monter le club comme Kutin qui possède un certain nombre de records dans les échelons inférieurs. Tula ne comptait également (chose rare) qu’un seul légionnaire en début de saison en la personne du milieu de terrain monténégrin Mladen Kascelan.

Comment se maintenir avec un maillot si dégueulasse ?

Comment se maintenir avec un maillot si dégueulasse ?

Dès le départ, les hommes d’Alenichev ont voulu à tout prix imposer leur style de jeu offensif, ce qui va créer un bon nombre de matchs plaisants mais aussi pas mal de désillusions. Après une défaite inaugurale 4-0 contre le Zenit, il va falloir attendre novembre pour les voir s’imposer face au Torpedo (non sans avoir auparavant éliminé le Zenit en Coupe). Quelques victoires avant la trêve leur permettront même d’abandonner leur dernière place à Rostov et un recrutement de bonne qualité (avec notamment l’arrivée en prêt du gardien slovaque Jan Mucha remplaçant au Krylya Sovetov) permettront aux joueurs « sang et or » d’y croire. Mais après trois victoires consécutives en avril, ils ne gagneront plus aucun de leurs six derniers matchs et finiront bon dernier suite à une humiliation finale sur la pelouse du Kuban Krasnodar. Arsenal Tula repartira donc d’où il est arrivé, avec certes des moyens économiques appréciables pour la FNL mais sans son architecte en chef.

Le positif

La principale satisfaction, c’est sans doute la qualité de jeu affichée sous les ordres d’Alenichev, mais il y en a d’autres parmis les joueurs: Kascelan et Smirnov ont montré un bon niveau de jeu toute la saison alors que Jan Mucha (qui a depuis signé au Slovan) a été incontestablement le meilleur gardien de RPL en 2015.

Le négatif

L’incapacité à s’adapter à ses adversaires, l’état de la pelouse qui a conduit le club à devoir jouer certains de ses matchs à domicile loin de la ville des Samovars et enfin la gestion de certains joueurs importants du club tel Kutin furent les points principaux qui condamnèrent Arsenal à la relégation.

Le coach

Inutile de vous parler plus en détail du génial mais contesté Alenichev, vainqueur de la C1 avec Porto. On vous l’avait en partie présenté ici, et il est resté fidèle à ses principes de jeu jusqu’au bout, régalant les amateurs, mais ne parvenant pas à sauver le club qu’il avait fait monter de quatrième division. Il s’en est donc allé cet été avec pour mission de redresser le Spartak, le club de son coeur. Performances à suivre…

 

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Partie 2
Partie 3

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A propos de l'auteur

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Amoureux de la Russie et de l'Ukraine et spécialiste de ces footballs, ainsi que du football de l'Est en général ! A vécu en Russie, à Chelyabinsk là où les météorites tombent. J'essaye de faire vivre sur Footballski les différents championnats d'ex-URSS (Ukraine, Caucase, Baltique,...) ainsi que la RPL par les résumés hebdomadaires.

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