Retour sur la journée 8 de RPL 2015-2016 – Championnat de Russie de football

Adrien Laëthier
Adrien Laëthier - Publié le 16 septembre 2015

Comme tous les mercredis, la Russian Premier League est présente sur notre site à travers cette chronique. Vous  pouvez donc commencer à lire le huitième opus de notre rubrique pour connaître les faits marquants de la dernière journée de RPL en date, avec le choc entre les deux leaders et l’apparition d’un résumé du Spartak qui vient récompenser son bon début de saison.

Les yeux de la rédac’ :

Certains de nos contributeurs sont, en plus d’être suiveurs du football russe en général, des fans de certains clubs historiques et ils vous font (re)vivre les matchs de leur club chaque week-end:

CSKA Moscou 2 vs. 2 Zenit Saint-Pétersbourg – Lombaerts (9’csc), Doumbia (22′) | Hulk (39’sp), Smolnikov (88′) par SovietXav et Karim Hameg.

Lodygin sauve son équipe en arrêtant le pénalty de Dzagoev

Lodygin sauve son équipe en arrêtant le pénalty de Dzagoev

Après une trêve internationale riche en buts pour la Sbornaya, la Russian Premier League décide de reprendre ses droits avec une affiche alléchante opposant le CSKA Moscou au Zenit Saint-Petersbourg ; la rivalité sportive entre les deux clubs est grandissante depuis plusieurs années, les confrontations souvent spectaculaires et les enjeux toujours importants.

Les enjeux, justement, parlons-en. Au coup d’envoi de cette huitième journée, le CSKA Moscou est leader invaincu de Premier League avec sept victoires en sept matchs, deux buts encaissés seulement et une impression de puissance à chacune de ses sorties. Le club moscovite semble marcher sur l’eau et tout lui réussi. De son coté, le Zenit, qui avait bien démarré la saison, est dans le dur, entre les agitations en coulisses autour de l’avenir de l’entraineur André Villas-Boas et la défaite 3-1 contre le Krylia Sovetov lors de la septième journée, l’environnement ne semble optimal pour réaliser les meilleurs résultats. De plus, André Villas-Boas a été suspendu 6 matchs pour avoir bousculé le quatrième arbitre lors du match contre Samara. du coup, c’est Sergei Semak qui va assurer l’intérim sur le banc de Saint-Petersbourg.

Côté composition, on fait du classique avec le CSKA Moscou dans son traditionnel 4-2-3-1, seul Mario Fernandes, incertain, fait son retour dans le onze de départ. Côté Zenit en revanche, on note la titularisation d’Aleksandr Anyukov côté gauche à la place de Criscito pour libérer une place à Danny, titulaire aux côtés d’Hulk, Shatov et Dzyuba en attaque. En défense le Belge Nicolas Lombaerts remplace Luis Neto décevant lors de ses dernières sorties.

Dès le coup d’envoi et après quelques minutes, on voit que le Zenit se cherche et n’est pas à son aise ; l’équipe de Saint-Petersbourg laisse alors la possession au CSKA Moscou qui va profiter du manque de confiance du Zenit pour inscrire le premier but du match grâce à… Nicolas Lombaerts. Le Belge va inscrire un but contre son camp après neuf petites minutes en ratant sa tête en retrait qui trompe son propre gardien. Un mauvais départ qui ne va pas aider le Zenit à retrouver la confiance…

Le CSKA a la maîtrise du ballon et les Moscovites commencent à trouver de plus en plus d’espaces au milieu du terrain. Ils vont trouver la brèche à la 22e minute avec une louche lumineuse de Dzagoev à l’entrée de la surface pour son latéral gauche Georgi Schennikov qui va centrer en une touche de balle pour Seydou Doumbia qui ajuste Lodygin de la tête, imparable. Le CSKA mène 2-0 après 22 minutes et on se demande vraiment comment le Zenit pourrait remonter tant l’équipe semble dépassée.

(Trop ?) Sûr de sa force, le CSKA va se déconcentrer en fin de première période et à la 39e, le Serbe Zoran Tosic va provoquer un penalty, Hulk s’en charge et réduit l’écart juste avant la pause, un but qui rebooste soudainement la confiance du Zenit qui va terminer la première période en mettant une grosse pression sur le but du CSKA Moscou.

En deuxième période, même revigoré par cette réduction du score inespérée, le Zenit Saint-Pétersbourg avait bien du mal à s’approcher des buts d’Akinfeev. C’est d’ailleurs le CSKA Moscou qui se créera les meilleures opportunités en seconde période sous l’impulsion notamment d’un Seydou Doumbia très remuant. Ainsi, à vingt minutes de la fin, un contre mal mené par les Moscovites aboutira tout de même à un penalty suite à une faute de Garay sur Doumbia. En l’absence de Natkho, c’est Dzagoev qui se charge de la sentence mais la frappe de l’international russe est repoussée par Lodygin.

Le CSKA se créera une autre opportunité quelques minutes plus tard mais Roman Eremenko ne profite pas de la “Kevin Trapp” de Lodygin : assez vif, le gardien russe parvient de justesse à se racheter. C’est le tournant du match. À la 88e minute, Viktor Fayzulin (dont l’entrée en jeu à la place de Danny semblait s’apparenter à un renoncement) lançait Igor Smolnikov dans la profondeur. L’arrière droit parvenait de justesse à devancer la sortie d’Igor Akinfeev pour égaliser. De justesse, le Zenit Saint-Pétersbourg arrache le nul (2-2).

Ce résultat n’est pas vraiment favorable en vue de la course au titre pour le Zenit mais au vu des circonstances, il sera perçu comme largement positif. Le CSKA Moscou perd ses premiers points de la saison mais il reste leader avec une avance assez confortable sur son plus proche poursuivant le Lokomotiv, battu à Kazan (1-3).

Rubin Kazan 3 vs. 1 Lokomotiv Moscou – Carlos Eduardo (9′), Kannunikov (22′), Bilyaletdinov (70′) | Samedov (58′) par Adrien Morvan 

La Kazan Arena toujours indisponible pour cause de championnats du Monde de natation, c’est le stade central qui accueille la rencontre entre un Lokomotiv toujours invaincu et un Rubin en décapilotade, comme on vous le racontait il y a quelques jours. Depuis, les choses ont un peu évolué au Tatarstan, puisque le technicien russo-ukrainien Valeri Tchaly assure l’intérim depuis la démission de Rinat Bilyaletdinov, tandis que le maire de Kazan, Ilsur Metshin, a été nommé président du club. Objectif : mettre un terme au pire début de saison du club depuis la montée en Première ligue en 2003.

Dès le début du match, les Tatars font le siège des cages de Guilherme. Un superbe lob de Carlos Eduardo permet aux locaux de prendre l’avantage assez vite (1-0). Le Lokomotiv, sans Alan Kasaev blessé, peine à peser dans la rencontre. L’apathie des cheminots est punie une nouvelle fois à la 25e minute, quand Kannunikov profite d’une inattention de Denisov pour ajuster tranquillement le pauvre Guilherme (2-0).

Au retour des vestiaires, le Lokomotiv semble vouloir se ressaisir, sans toutefois se montrer très dangereux. Il faut toute l’habileté de Samedov sur coup-franc pour réduire le score (2-1). Les Tatars sont bien décidés à ne pas laisser filer leur résultat, et c’est l’ancien prodige du Lokomotiv Dinar Bilyaletdinov (accessoirement fils de l’entraîneur démissionnaire) qui porte l’estocade aux Moscovites. Le Rubin se donne un peu d’air, alors que le Lokomotiv retombe dans ses travers à quelques jours seulement de son premier match en Ligue Europa. Le bricolage peu convaincant de Cherevchenko pour pallier l’absence de Kasaev montre bien les limites de l’effectif moscovite, qui risque de laisser quelques plumes dans les compétitions européennes.

Spartak Moscou 1 vs. 0 FK Rostov-na-Donu – Promes (27′) par Robin Bjalon

Battu 2-1 par l’Anzhi il y a deux semaines malgré un début de saison prometteur, le Spartak retrouvait son antre de l’Otkrytie Arena pour ce choc du haut de tableau face à l’équipe surprise du mois d’août, Rostov. Celle-ci restait en effet invaincue lors de six de ses sept premiers matchs et n’avait perdu que chez le CSKA, leader actuel, en toute fin de match. L’équipe du nord du Caucase, entraînée par le Turkmène Kurban Berdyev, se présentait ainsi à Moscou avec le plein de confiance et une réelle envie de réussir un coup. Positionné en 4-2-3-1, Dimitri Alenichev faisait dans du grand classique en défense avec les 2 frères Kombarov sur les côtés. Au milieu, Shirokov, tout juste nommé capitaine de la sélection russe par Leonid Sloutski à 34 ans, se positionnait juste derrière le trident offensif, composé du Bulgare Popov, de l’Arménien Movsisyan et du Néerlandais Promes. Côté Rostov, seul changement notable à noter par rapport au dernier match remporté contre Amkar (1-0), la rentrée au milieu de terrain de Terentyev pour suppléer Guélor Kanga, suspendu.

Dès la première minute, la vitesse des attaquants de Rostov, Poloz et Azmoun, se mit en évidence avec une bonne attaque initiée côté droit que Rebrov dû sauver en se sacrifiant dans les pieds de Terentyev. Le premier quart d’heure était marqué par un manque de justesse technique de part et d’autre, la défense à 5 et le bon pressing de Rostov gênant tout particulièrement le milieu de terrain moscovite à la construction. La première véritable occasion construite intervint à la 17ème minute de jeu lorsque Movsisyan, lancé en profondeur, orienta son ballon pour se défaire du marquage de Bastos mais croisa trop son ballon piqué du gauche. A noter sur cette action le geste de classe de Shirokov qui s’effaça d’une belle feinte du corps pour laisser le ballon à Movsisyan.

Au moment où on sentait les milieux du Spartak de plus en plus présents, sur une récupération de Glushakov, Quincy Promes ouvrit le score d’une belle frappe enroulée à l’entrée de la surface que Djanaev ne put qu’effleurer (27e). Le Néerlandais revient ainsi à égalité avec Hulk en tête du classement des buteurs (5 buts). S’ensuivit une très belle occasion de break, mais Movsisyan, qui n’avait pas vu que Navas avait glissé dans son dos, préféra remiser en retrait à Glushakov qui envoya sa frappe au-dessus des buts de Djanaev. En seconde période, un faux rythme s’installa et le jeu perdait en qualité technique. Malgré un double arrêt de Rebrov (66e) et l’incapacité du Spartak à bien construire et garder le ballon, le Rostov ne fut dangereux que par intermittence (frappes de Gatcan 49e et Noboa 55e).

Au final, le Spartak fait une très bonne opération en revenant à hauteur du Zenit (3e) avec 16 points. Le haut du classement est ainsi envahi par les équipes moscovites et le match entre le Spartak et le Zenit lors de la 10ème journée s’annonce déjà comme un sacré choc dans la lutte aux places européennes.

La lutte pour le maintien

Le Kuban reste dernier. En déplacement à Perm pour y affronter l’Amkar, le club de Krasnodar espérait se relancer avec Arshavin comme titulaire. Archi dominé durant la totalité de la première mi-temps, le Kuban a pourtant su trouver l’ouverture par un but de la tête de Melgarejo sur un centre d’Ignatyev. Le club de Krasnodar va finalement céder à l’heure de jeu sur un but de Shavaev et ne ramènera qu’un point de ce déplacement. Le Kuban reste lanterne rouge.

Première victoire pour le Terek ! En déplacement à Makhachkala les joueurs de Grozny ont réalisé une très bonne performance en battant l’Anzhi 2-0. Le match s’est joué en trois minutes, Lazic contre son camp à la 59ème et Lebedenko à la 62ème sont les buteurs. L’Anzhi ne confirme pas sa victoire contre le Spartak et plonge à la 14ème place, de son côté le Terek passe 10ème.

Victoire précieuse pour Ural. Match capital pour le maintien entre Ufa et Ural qui restent sur des performances en dents de scie malgré un bon début de saison. Et ce sont les joueurs d’Ekaterinbourg qui ont emporté 3 points précieux grâce à une sublime frappe enroulée dès la 11ème minute par le milieu de terrain Gerson Acevedo. Au classement Ufa est avant dernier et Ural se rassure quelque peu en montant à la 9ème place.

Ce sont donc clairement l’Ural et le Terek qui ont fait la bonne opération en l’emportant, sans oublier le Rubin, qui dans un match où il n’était pas favori, s’est imposé et a donc laissé les places de relégable au Kuban et à Ufa qui commencent sérieusement à inquiéter. Anzhi est lui également barragiste alors que l’Amkar ne parvient plus du tout à confirmer son bon début de saison.

Et sinon ?

Sinon, Krasnodar s’est imposé 4-0 face au Dinamo Moscou de Pogrebnyak avec un doublé de Mamaev. Petit-à-petit, les taureaux se rapprochent de la place qui devraient être la leur.

La polémique du week-end :

Goncharenko à l'Ural, une image devenu collector.

Goncharenko à l’Ural, une image devenu collector.

Fin du feuilleton Goncharenko à Ekaterinbourg. Le désormais ex-entraineur de l’Ural vient de signer, à la surprise générale, un contrat avec le CSKA Moscou afin d’y devenir… entraineur-adjoint. Il aura notamment pour but de suppléer Leonid Slutsky quand ce dernier sera avec la sélection russe. Un choix qui semble aussi soulever quelques questions sur le futur du néo-sélectionneur russe au club moscovite, surtout après les récentes déclarations de Vitaly Mutko, nouveau patron de la fédération russe, qui avait déclaré il y a quelques semaines que Slutsky devrait se consacrer exclusivement à la sélection nationale si ses débuts étaient bons avec cette dernière.

L’ancien du week-end :

Pas d’ancien ce week-end.

Le but du week-end :

Ural avait absolument besoin d’une victoire face à leur concurrent direct et quasi voisin d’Ufa. C’est Acevedo qui l’a apportée de ce chef-d’œuvre inscrit en début de match ! Une frappe enroulée dont on ne se lasse absolument pas.

L’équipe-type du week-end :

Quand le Rubin se redresse, il place directement quatre joueurs dans l’équipe du week-end ! Deux joueurs également pour le Spartak et le Terek.

Le classement :

Statut-quo en tête mais le Spartak, le Krylya et Krasnodar se rapproche quelque peu.

Le point FNL :

A la suite de la journée disputée pendant la trêve internationale, le Gazovik avait pris la tête au Tom qui avait tenu en échec par le Volgar. Les joueurs d’Orenburg ont confirmé ce week-end en battant ce même Volgar 1-0 sur leur pelouse grâce à Delkin. De son côté Tomsk a du lutter sur le terrain du Yenisey, désormais relégable, mais s’est imposé deux buts à un en fin de match grâce à la recrue Andrey Lyakh. Suit de très près la surprenante équipe du Volga qui a arrêté l’incroyable série de victoires du Fakel en s’imposent 1 à 0.

Arsenal suit le rythme et garde l’espoir de remontée en battant un Luch en pleine déconfiture. C’est l’inévitable Kutin qui a marqué le seul but du match à Tula. Le Spartak-2 qui avait réussi à faire tomber le Volga le week-end dernier n’a pas su faire mieux que 0-0 sur la pelouse de Novossibirsk.

En bas de tableau, le Kamaz s’impose pour la deuxième fois, et ce sur la pelouse du Baltika qui ne parvient pas à confirmer sa bonne entame de saison. Le score est de 2 à 1. Le Baïkal est de nouveau 19e après une grosse défaite à Saratov sur le score de 3-0 avec notamment un nouveau but de Degtaryev. Devant eux nous retrouvons encore une équipe promue, c’est le fameux Torpedo Armavir qui n’y arrive toujours pas avec Karpin, tombé chez un Shinnik pourtant peu en forme (ils ont eu besoin de la prolongation pour éliminer une équipe de championnat régional en Coupe cette semaine). Victoire, donc, 3-0 des joueurs de Yaroslavl acquise en deuxième mi-temps. L’autre relégable, c’est Tosno, toujours en crise et battu à Tyumen, qui, sans faire de bruit, se rapproche du haut de tableau après leur autre victoire à Tula le week-end dernier.

Enfin le SKA-Energiya s’est imposé 2-1 dans le dernier match face à la réserve du Zenit et sort donc de la zone rouge; à noter le but de la nouvelle recrue Konstantin Bazelyuk fraîchement débarqué du CSKA.

Antoine Jarrige, SovietXav, Karim Hameg, Adrien Morvan & Adrien Laëthier.


Photo à la une : © Flickr / Piotr Drabik

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A propos de l'auteur

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Amoureux de la Russie et de l'Ukraine et spécialiste de ces footballs, ainsi que du football de l'Est en général ! A vécu en Russie, à Chelyabinsk là où les météorites tombent. J'essaye de faire vivre sur Footballski les différents championnats d'ex-URSS (Ukraine, Caucase, Baltique,...) ainsi que la RPL par les résumés hebdomadaires.

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