Que sont devenus les Biélorusses vainqueurs en France en 2010 ?

Quentin Guéguen
Quentin Guéguen - Publié le 10 octobre 2017

Le 3 septembre 2010, l’équipe nationale de Biélorussie écrivait l’une des plus belles pages de son histoire en s’imposant au Stade de France sur le score d’un but à zéro. Des quatorze joueurs biélorusses qui ont participé à la rencontre, aucun ne sera présent en 2017. Des parcours qui expliquent parfaitement les problèmes du football biélorusse, entre cadres à la retraite et jeunes joueurs qui se perdent dans les méandres du football international.

TITULAIRES

Yury Zhevnov : S’il y a un poste où la Biélorussie n’a pas de problème, c’est bien celui de gardien de but. Zhevnov était performant durant les quelques années lors desquelles il gardait les cages de sa sélection, avec plusieurs performances d’exception. Après avoir joué pour le Zenit, Yury Zhevnov a évolué Torpedo Moscou avant de finir sa carrière à l’Ural Ekaterinbourg. Il est, depuis le mois dernier, le nouvel entraîneur des gardiens de la sélection biélorusse.

Igor Shitov : Ils ne sont pas beaucoup à avoir réussi leur carrière après avoir quitté la Biélorussie, mais Igor Shitov est l’un d’eux. Shitov était membre de l’équipe du BATE Borisov qui a commencé à s’imposer en Europe, étant l’un des défenseurs les plus prometteurs du pays. Après avoir signé au Dinamo Moscou pour 1.5M€, Shitov a rejoint le Mordovia Saransk où il a pu jouer plus régulièrement. Il est actuellement titulaire régulier au poste de latéral droit du côté du FC Astana, qui domine de la tête et des épaules le championnat kazakh. Il est par contre étrangement boudé par le nouveau sélectionneur, Igor Kriushenko.

Sergey Omeljanchuk : L’expérimenté défenseur central était l’une des pierres angulaires du système de Bernd Stange. Capable de jouer au milieu de terrain, Omeljanchuk brillait par son sens du placement qui compensait sa petite taille. Sergey Omeljanchuk a aujourd’hui 37 ans et joue au FC Minsk depuis trois saisons après avoir longtemps vagabondé en première division russe. Il est revenu au pays pour encadrer, par son expérience, une des plus jeunes équipes du championnat qui met l’accent sur la formation. Avec quelques problèmes financiers, le club de la capitale est aujourd’hui en bas de tableau.

Aleksandr Martynovich : Probablement le meilleur joueur biélorusse à l’heure actuelle, et surtout le plus régulier, notamment en sélection. Le grand défenseur central venait de signer à Krasnodar juste avant le match face à la France et il y évolue toujours malgré un prêt d’un an à l’Ural il y a deux saisons. Il est titulaire indiscutable de la défense des Byki, mais jouait sous infiltrations avant ce rassemblement et est parti en Allemagne pour des examens plutôt que de jouer pour la sélection.

Aleksandr Yurevich : L’emblématique capitaine du BATE Borisov est aujourd’hui à la retraite depuis l’hiver dernier, après avoir bouclé la bouche en finissant sa carrière au Shakhtyor Soligorsk. C’est notamment lui qui a marqué le but de l’un des plus beaux succès du BATE sur la scène européenne, à Goodison Park face à Everton. S’il a moins de 40 sélections avec la Biélorussie, il a joué 709 matchs professionnels, faisant de lui le recordman des joueurs biélorusses. Yurevich est désormais entraîneur adjoint de Marek Zub au Shakhtyor.

Aleksandr Kulchiy : Il n’y en a pas beaucoup, mais Kulchiy est l’une des légendes de la Biélorussie depuis son indépendance. Recordman de sélection avec 102 matchs sous le maillot biélorusse, Kulchiy a joué sa dernière rencontre à l’âge de 39 ans. Il en avait 37 face à la France, mais avait réalisé un superbe match, calme et patient dans ses relances, comme un vrai bon capitaine. Le milieu de terrain a longtemps joué en Premier Liga russe avant de finir sa carrière à l’Irtysh Pavlodar. Kulchiy est depuis passé de l’autre côté de la ligne de touche puisqu’il était entraîneur adjoint de Khatskevich lorsque celui-ci était à la tête de la Biélorussie. Il est désormais dans le staff de la réserve du Dinamo Moscou.

Jan Tigorev : Un des joueurs sous-cotés du passé récent de la sélection, Jan Tigorev a fait les beaux jours du Lokomotiv Moscou pendant quatre saisons avant de terminer sa carrière, l’hiver dernier, au Dinamo Minsk, participant notamment aux campagnes européennes du club de la capitale. Lui aussi est parvenu à boucler la boucle puisqu’il a fini dans son club formateur. Tigorev a déclaré n’avoir aucune intention de passer ses diplômes d’entraîneur, mais pourrait rester dans le monde du football à travers des rôles administratifs.

Vyacheslav Hleb : Moins talentueux que son frère ainé, Vyacheslav Hleb fut l’un des deux héros du match au Stade de France puisque c’est lui qui réalise un festival dans la surface française pour offrir à Kislyak le but de la victoire. Hleb a eu une carrière tumultueuse, enchaînant les piges dans toutes sortes de clubs. Véritable globe-trotter, Hleb a joué dans cinq pays différents avec la Biélorussie évidemment, mais aussi l’Allemagne, la Chine, la Suisse et la Grèce. Il est depuis 4 ans retourné en Biélorussie où il réalise de très belles saisons et est désormais connu pour être une valeur sûre. Après Zhodino, Hleb a signé au Krumkachy avant de quitter le club, faute de salaire non payé. Il joue désormais au Neman Grodno, qui se bat pour terminer dans le top 5 cette saison.

Vitali Kutuzov : Un des seuls joueurs biélorusses à avoir connu l’Europe de l’Ouest, même si sa carrière en Italie s’est très mal terminée. Transféré au Milan AC en 2001, Kutuzov a enchaîné les piges avant de finir sa carrière en 2012, à Bari. Une carrière brusquement terminée puisque Kutuzov a été suspendu trois ans et demi dans le cadre du Calcioscommesse malgré avoir clamé son innocence. Un des meilleurs attaquants de l’histoire du pays qui n’a certainement pas eu la carrière qu’il aurait mérité d’avoir. Kutuzov reste très critique à propos du football biélorusse et apparaît régulièrement dans les médias nationaux. Depuis sa fin de carrière, il est gardien de but d’un club de hockey en Italie.

Aleksandr Hleb : Exceptionnel à Arsenal, le plus talentueux des frangins Hleb a tué sa carrière en signant à Barcelone. Depuis, c’est la débandade, même si les pieds sont toujours aussi soyeux. Des piges en Allemagne, en Russie et deux retours au BATE Borisov pour aider le club en Europe, mais rien de plus. La relation entre la sélection nationale et Aleksandr Hleb a toujours été difficile, beaucoup accusant le joueur de ne pas être très motivé lorsqu’il se pointait pour les rassemblements. Ce n’était pas le cas face à la France, lui qui avait réalisé un grand match. À 36 ans, il est actuellement sans club depuis la fin de son contrat avec le Krylia Sovetov. Il pense démarrer une carrière d’entraîneur ensuite.

Vitali Rodionov : Il n’y a pas grand-chose à dire à propos de Vitali Rodionov. Il est une véritable légende du BATE Borisov puisqu’il y évolue depuis 2006 – outre un prêt de six mois infructueux à Fribourg. Il enchaîne toujours les buts en championnat, mais a toujours eu du mal à passer le cap supérieur, que ce soit en Ligue des Champions ou avec la sélection. Un bon joueur de foot, guerrier et actuellement capitaine de son club. De plus en plus blessé, Rodionov s’approche de la fin, à 33 ans et son successeur tarde à arriver du côté du BATE.

ENTRÉS EN JEU

Sergey Kislyak : Le héros du soir. Habitué des superbes frappes lointaines en lucarne, Kislyak avait nettoyé celle de Lloris ce soir du 3 septembre 2010. Il ne faisait que démarrer en sélection à cette époque, et a depuis joué plus de soixante matchs avec la Biélorussie. Depuis quelques mois néanmoins, sa situation en club ne lui permet plus d’être appelé par Igor Kriushenko. Transféré au Rubin Kazan où il était un joueur de rotation, il a signé à Gaziantepspor en juillet 2016, mais ne joue plus. Kislyak souhaitait se libérer de son contrat pour retourner au Dinamo Minsk dans les derniers jours du mercato estival, mais la FIFA a invalidé le transfert et voilà cloué en Turquie jusqu’à cet hiver.

Anton Putsila : Une carrière un peu similaire à celle de Hleb et de Kislyak. Grand talent, artiste du ballon rond, Putsila s’est perdu dans des clubs moyens et a toujours dû rebondir ailleurs. Son transfert à Fribourg était porteur d’espoir, mais il n’a jamais réussi à percer en Allemagne, ne récoltant que peu de temps de jeu. Il a ensuite signé au Volga Nizhniy Novgorod puis au Torpedo Moscou, deux clubs aujourd’hui disparus, avant de rejoindre la Turquie. Après s’être entraîné avec le Torpedo Minsk en deuxième division biélorusse pour garder la forme alors qu’il était sans club, Putsila a rejoint la D2 turque et Ankaragücü. Une triste carrière pour un super joueur.

Sergey Kornilenko : Le tank de l’attaque biélorusse. Véritable machine de guerre, Kornilenko a passé toute sa carrière en Biélorussie, Ukraine puis Russie, avec un prêt de 6 mois à Blackpool en 2011. Trop fort pour le bas de tableau, mais trop faible pour le haut de tableau avec le Zenit ou le Rubin, Kornilenko n’a jamais réussi à trouver chaussure à son pied et cela s’est vu en sélection où ses performances ont toujours été inconstantes. Difficile aussi de jouer tout seul devant et d’attendre les longs ballons, même si c’est le rôle qu’il affectionne. Il joue depuis six ans au Krylia Sovetov, aujourd’hui descendu en D2. Il enchaîne les buts cette saison, mais a pris sa retraite internationale.

Quentin Guéguen


Image à la une : MAXIM MALINOVSKY / AFP

Que sont devenus les Biélorusses vainqueurs en France en 2010 ?
5 (100%) 1 vote

A propos de l'auteur

Quentin Guéguen

Quentin Guéguen

J'aime les draniki sans champignon, et accessoirement le football biélorusse et autrichien.

pays de l'auteur footballski
pays de l'auteur footballski

Laisser un commentaire

Lire les articles précédents :
#4 Le football dans les républiques de Russie : La république de l’Altaï

Voici une nouvelle série de courtes cartes postales sur Footballski. Nous partons découvrir les républiques qui composent la Fédération de...

Fermer