Coupe du Monde 2018 – Pologne : Présentation de la Pologne

Quentin Guéguen
Quentin Guéguen - Aujourd'hui à 18h01

Elle est là : la Coupe du Monde 2018. La vôtre … et la nôtre. Pour fêter cette compétition, chez nous, dans nos contrées russes, notre rédaction a décidé de faire les choses comme il faut en vous offrant différentes séries d’articles. Il est temps de passer à l’heure russe ! 

La Pologne a presque tremblé en qualifications. Le temps d’un instant, les Biało-czerwoni se sont retrouvés à un but de ne se qualifier qu’en barrage. Finalement, tout est rentré dans l’ordre et voilà les coéquipiers de Robert Lewandowski qui retrouvent le goût de la Coupe du Monde, 12 ans après. Mais avec des ambitions.

La sélection

Gardiens :

Bartosz Białkowski (Ipswich), Łukasz Fabiański (Swansea), Wojciech Szczęsny (Juventus)

Défenseurs :

Jan Bednarek (Southampton), Bartosz Bereszynski (Sampdoria), Thiago Cionek (SPAL), Kamil Glik (AS Monaco), Łukasz Piszczek (Borussia Dortmund), Artur Jędrzejczyk (Legia), Michał Pazdan (Legia)

Milieux :

Jakub Błaszczykowski (Wolfsburg), Jacek Goralski (Ludogorets), Kamil Grosicki (Hull), Grzegorz Krychowiak (West Brom), Rafał Kurzawa (Gornik Zabrze), Karol Linetty (Sampdoria), Sławomir Peszko (Lechia), Maciej Rybus (Lokomotiv Moscou), Piotr Zieliński (Napoli)

Attaquants :

Dawid Kownacki (Sampdoria), Robert Lewandowski (Bayern Munich), Arkadiusz Milik (Naples), Lukasz Teodorczyk (Anderlecht)

L’équipe type

Les points forts

Pour sa première Coupe du Monde depuis l’Allemagne en 2006, la Pologne se présente dans un groupe homogène, accompagné de la Colombie, du Sénégal et du Japon. Le Mondial en Russie a aussi beaucoup de signification géopolitique et les Polonais ont donc une certaine pression du résultat. D’autant plus que la progression linéaire de la sélection donne rendez-vous à cette génération lors de ce Mondial qui sonne comme le clou du spectacle pour des trentenaires comme Piszczek, Pazdan, Blaszczykowski ou Grosicki.

Des individualités de haut niveau

Sur le papier, la Pologne a rarement été aussi garnie de talents. Seule la génération des années 80 peut venir concurrencer l’actuelle. Emmenée par l’un des meilleurs attaquants du Monde qui sera son capitaine, l’attaque de la Pologne représente son point fort avec des joueurs comme Robert Lewandowski évidemment, mais également Piotr Zielinski, devenu indéboulonnable en sélection, et un Kamil Grosicki qui devient un tout autre joueur lorsqu’il enfile le maillot de la sélection. Derrière eux, Krychowiak n’a plus à se présenter, semble retrouver la grande forme à l’aube de la compétition et pourrait être accompagné par Karol Linetty, un des meilleurs milieux de Serie A cette saison. La défense est certainement moins talentueuse, mais son axe déçoit rarement en sélection alors que le poste de gardien reste une valeur sûre en Pologne, que ce soit avec Szczęsny ou Fabianski.

Les vraies certitudes

Forte d’une progression constante depuis son Euro domestique catastrophique et l’arrivée de Nawalka, la Pologne peut faire confiance à une génération qui se connaît depuis maintenant environ 6 ans. Depuis, les affinités ont pu se créer, les automatismes sont réglés à la perfection et tout cela a fait ses preuves lors de l’Euro 2016 où la sélection est sortie en quarts de finale face au futur vainqueur de la compétition, sans avoir perdu. Glik – Pazdan, Piszczek – Blaszczykowski, Grosicki – Lewandowski, toutes ces paires jouent en sélection depuis plusieurs années. Les jeunes talents sont venus compléter et bonifier ces complémentarités dans un système Nawalka rodé depuis son arrivée. Si la Pologne reste dans ce 4-2-3-1 / 4-4-2, la seule interrogation sera de savoir qui de Zielinski ou de Milik, qui revient d’une grosse blessure au genou, soutiendra Lewandowski. Depuis quatre ans, la Pologne est une vraie valeur sûre et on sait à quoi s’attendre avec cette sélection.

Les points faibles

Un changement tactique ?

Oui, mais, oui, mais. L’arrivée et l’éclosion de Zielinski a fait tourner la tête de Nawalka. Pourtant relativement conservateur, le sélectionneur n’a pas hésité à tester un 3-4-3 lors des matchs amicaux de mars dernier face à deux adversaires sud-américains. L’objectif était d’incorporer Zielinski au milieu de terrain aux côtés de Krychowiak tout en permettant à Milik, Grosicki et Lewandowski de jouer ensemble devant. Cela réglait aussi le problème de l’arrière gauche, Rybus étant peut-être trop offensif pour jouer à ce poste dans un 4-4-2 et Jędrzejczyk, titulaire à ce poste en France en 2016, défenseur central de formation. Ce 3-4-3 a même été beaucoup travaillé lors de la préparation de cette Coupe du Monde et a été testé sur la deuxième mi-temps face au Chili, vendredi dernier. Autre problème, Nawalka n’a jamais fait jouer son équipe type dans ce système et il n’a pas du tout donné satisfaction, notamment face au Chili. Un risque a priori inutile même si ce système moderne pourrait donner une flexibilité tactique à la Pologne qu’elle n’avait pas jusque-là.

Une profondeur incertaine

Une Coupe du Monde se gagne-t-elle à 23 ? Pas sûr, mais les seconds couteaux restent tout de même importants s’ils sont amenés à suppléer un titulaire en cas de blessure ou de suspension. À ce niveau, la Pologne n’a pas tellement de garanties tant son banc semble être bien en deçà de ses titulaires en termes de qualité. C’est notamment pour cela qu’un hypothétique forfait de Kamil Glik – qui semble de plus en plus improbable – serait une petite catastrophe pour la sélection. Outre son entente avec Pazdan, le roc monégasque ne semble pas avoir de remplaçant capable de tenir la baraque autant que lui. Bednarek débute à ce niveau alors que Cionek n’est pas l’assurance tout risque. Kurzawa sort d’une superbe saison avec Zabrze, mais n’a pas le même profil que Grosicki alors que Peszko est plutôt là pour le groupe. Certains postes sont bien doublés, comme celui d’arrière droit, mais d’autres méritent que les Polonais croisent les doigts pour qu’il n’arrive aucun malheur.

L’homme à suivre

Les semaines où une passe de Piotr Zielinski ne faisait pas le tour des réseaux sociaux se sont comptées sur les doigts de la main cette saison. Même si le nouveau maître à jouer de la sélection polonaise n’a pas toujours fait des matchs complets avec son club, le numéro 10 a progressé pour sa deuxième saison sous les ordres de Sarri et le voilà en position de réellement exploser aux yeux du Monde en Russie, à l’image d’un Khedira en 2010 ou d’un James Rodriguez en 2014. Zielinski sera le leader technique de sa sélection et les performances de la Pologne suivront sûrement celles de son meneur de jeu.

La prévision

À moins d’une grosse performance face à la Colombie, la Pologne a peu de chance de se qualifier après deux matchs. En revanche, en cas de défaite d’entrée contre le Sénégal, les joueurs d’Adam Nawalka auront la pression d’entrée. Il sera important pour les Polonais de se laisser une chance de qualification pour le match contre le Japon, adversaire supposé être le plus faible de la poule. Mais la Pologne est sûre de ses forces et a les qualités pour se défaire de ce groupe. En huitièmes, elle pourrait alors retrouver la Belgique ou l’Angleterre, par exemple, deux équipes qui ont pris l’habitude de rater leur rendez-vous avec les grandes compétitions. Un quart de finale est possible, mais sera difficile à aller chercher. Un huitième semble être le minimum. Le reste, ce sera du bonus.

Quentin Guéguen


Image à la une : ANDRZEJ IWANCZUK / AFP

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J'aime les draniki sans champignon, et accessoirement le football biélorusse et autrichien.

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