On a discuté avec Ken Van Deyck, agent de joueurs

Lazar Van Parijs
Lazar Van Parijs - Publié le 30 mars 2015

En nous acoquinant à la FNL avec Adrien, nous avons eu l’occasion d’échanger avec Ken Van Deyck, agent de Yannick Boli évoluant à l’Anzhi. A notre grande surprise, Ken a environ 10 joueurs dans son porte feuille de clients qui évoluent ou ont évolué dans des championnats libellés « footballski ». Très rapidement nous avons alors demandé à Ken une interview, pour connaitre un peu plus les coulisses de nos championnats.

Ken et Yannick Boli à l' Anzhi

 

Est ce que vous pouvez vous présenter ?

Mon nom est Ken Van Deyck. Je suis originaire de Belgique, mais j’habite en Suisse depuis près de 10 ans. J’ai joué au tennis à un niveau semi-professionnel jusqu’au début des années 2000. Je travaille dans le milieu du sport depuis plus de 10 ans, ceci après avoir terminé une double maîtrise en finances et management du sport. Il y a quelques années, j’ai décidé de lancer ma propre entreprise afin d’assouvir ma véritable passion qui consiste à prendre soin des joueurs. J’ai eu la chance d’être entouré par des gens compétents lorsque j’étais moi-même un athlète et j’aimerais maintenant transmettre ceci en fournissant une représentation qui met l’accent sur le respect, l’intégrité et le bien-être de mes joueurs.

Une grosse majorité de vos joueurs évoluent dans des championnats de l’est, comment êtes vous arrivé à travailler avec ce secteur géographique?

J’ai énormément travaillé sur ces marchés lors de mon précédent rôle de directeur sportif au sein d’une fédération sportive internationale. Le vaste réseau d’amis et de collègues avec lequel j’ai collaboré m’a fourni une base naturelle de contacts pour mon agence et celui ci a connu une croissance exponentielle au cours des dernières années.

Quelles sont les spécificités de ces championnats et de ces équipes pour vous en tant qu’agent par rapport à l’Europe méridionale?

Je trouve ces marchés légèrement plus ouverts que certains de leurs homologues d’Europe occidentale. Je pense que c’est en partie en raison de mes antécédents (Yannick Boli de France à Anzhi Makhachkala en Russie, l’ancien capitaine de l’équipe nationale du Togo, Serge Akakpo, à Goverla FC en Ukraine Premier League, et l’arrière droit de l’équipe nationale du Ghana et ancien joueur du standard, Daniel Opare, à Besiktas en Turquie). Une fois que les clubs connaissent la qualité des joueurs que vous pouvez offrir et le niveau de professionnalisme que vous êtes capable de fournir, ils sont plus ouverts à travailler avec vous.

Quel est votre regard sur ces clubs, leurs infrastructures, etc?

La qualité du football dans ces marchés a augmenté au cours des dernières années, tant en terme de concurrence, qu’au niveau des installations. Des événements tels que l’Euro 2012 en Pologne et en Ukraine ou la prochaine Coupe du Monde en Russie ont mis l’accent sur la qualité des stades et des installations, ce qui a contribué à une augmentation du niveau de la concurrence. Il subsiste toutefois un écart avec l’Occident concernant le niveau de remplissage des stades à chaque match, mais je pense que la situation s’améliore lentement et va continuer à évoluer dans ce sens avec le temps.

Quels sont les défis auxquels vous faites face?

La langue demeure le plus grand obstacle lorsque l’on travaille avec les marchés de l’Est. Heureusement, j’ai grandi en parlant plusieurs langues donc je peux m’adapter assez facilement. Mon russe s’améliore de jour en jour. Il y a aussi la différence culturelle qui est évidemment importante, mais ayant vécu dans plusieurs pays et voyagé dans beaucoup d’autres, je suis capable de m’adapter et m’intégrer rapidement. Dans un sens plus large, il y a les problèmes généraux auxquels tous les agents sont confrontés, tels que la concurrence, mais j’ai appris que si vous traitez bien vos joueurs bien et agissez de façon professionnelle avec les clubs, votre réputation parlera d’elle-même.

Vous avez beaucoup de joueur d’origine africaine, quel est votre regard sur le racisme, existant ou supposé à l’est?

Il est regrettable que cette question se pose, non seulement dans le sport, mais en général. Je ne pense pas qu’il y ait de place pour le racisme. Heureusement, mes joueurs sont installés dans leur équipe et n’ont pas personnellement rencontré de négativité dans leur situation respective.

Quelles sont les attentes des joueurs vis à vis des clubs de l’est?

Les joueurs peuvent s’attendre à un niveau de compétition élevé, à de bons arrangements financiers, et en général, à des expériences de vie intéressantes. Bien sûr, il peut y avoir des défis tels que la langue, le climat et les différences culturelles, mais c’est un problème auquel tout le monde doit faire face lors d’un voyage, que ce soit pour le football ou dans le cadre d’une autre opportunité professionnelle ou personnelle.

On voit qu’il y a de plus en plus de problèmes financiers (Serbie, Russie, etc). Comment en tant qu’agent pouvez-vous œuvrer pour assurer un futur à vos joueurs?

Je fais de mon mieux pour trouver des clubs qui ont la réputation de ne pas avoir de problème quant aux paiements, car il n’y a rien de pire que de mettre un joueur dans un club qui ne remplit ses obligations financières. Malheureusement, des circonstances parfois externes, tels que la guerre récente en Ukraine et la crise du rouble russe créent des situations que nous ne pouvons pas contrôler. Je cherche à prendre un maximum de mesures pour protéger les joueurs contractuellement : paiements initiaux, garanties bancaires, primes à la signature, juridiction internationale, etc.

Coupe du monde 2018 en Russie, quel impact sur votre business?

Aujourd’hui le football russe a quelques difficultés budgétaires à cause de la chute du rouble, mais je pense que la Coupe du Monde fera beaucoup de bien aux infrastructures et permettra de débloquer de nouveaux budgets pour les années à venir. C’est important pour la Russie d’être considérée comme une grande nation du football et d’obtenir des résultats probants dans les compétitions européennes.

Avez vous une petite anecdote ou une histoire sympa à révéler?

L’une des choses les plus drôles à vivre dans mon métier et de souvent être pris pour un joueur. Lors d’une récente visite en Russie, un chauffeur du club était là pour venir me chercher à l’aéroport et quelqu’un est venu vers moi pour me demander mon autographe et une photo. C’est également arrivé lorsque je suis allé voir des joueurs faire des essais dans des clubs ; le club pensait que c’est moi-même qui venais jouer. Je ne sais pas pourquoi cela se produit si souvent. Peut-être à cause des cheveux?

Lazar Van Parijs

 

On a discuté avec Ken Van Deyck, agent de joueurs
Donnez votre avis

A propos de l'auteur

Lazar Van Parijs

Lazar Van Parijs

Je me suis réveillé un beau matin à Belgrade à cheval entre Europe de l’ Ouest et le bloc soviétique après une nuit sur un Splav à boire de la Rakija. J’ai décidé de prendre le train de nuit suivant, direction Moscou, finir l’aventure devant l’ Hotel Ukraina !

pays de l'auteur footballski
pays de l'auteur footballski

1 commentaire

  • salut j ai de commentaire mais juste dire au dirigeant RUSSE de football de prendre le ballon ronde au sérieux merci car j aime la RUSSIE et c’est mon pays de rêve car je pense faire ma carrière footballistique la si DIEU le veulent

Laisser un commentaire

Lire les articles précédents :
On a vécu Red Bull Salzburg vs. SK Sturm Graz

Lors d’un déplacement à caractère familial je me suis retrouvé dans la fort jolie ville de Salzbourg. Résidant à Munich,...

Fermer