On a vécu Zenit Saint-Pétersbourg vs. Olympique Lyonnais

Robin Bjalon
Robin Bjalon - Publié le 23 octobre 2015

Après avoir assisté à la victoire du Zenit à domicile il y a trois semaines, je me rendais de nouveau au Petrovsky pour le deuxième match à domicile du club pétersbourgeois dans cette campagne européenne 2015/2016. Malgré une température avoisinant le degré au coup d’envoi, la météo est restée clémente en ce mois d’octobre, et ce n’est pas pour me déplaire.

Sur un plan sportif, cette rencontre entre le Zenit et l’Olympique Lyonnais avait déjà tout d’un match décisif à la course aux huitièmes de finale. Le Zenit, vainqueur en Espagne de Valence 3 buts à 2 (doublé d’Hulk) et à domicile de La Gantoise 2 à 1, avait tout intérêt à prendre les trois points pour s’assurer quasiment une place parmi les seize meilleures européennes du moment. Le club russe signe là d’ailleurs son meilleur départ en six phases de groupes de la Ligue des Champions. L’OL, quant à lui, se devait impérativement de faire un coup au Petrovsky sous peine de voir ses rêves de huitièmes s’éloigner de plus en plus, surtout si Valence pendant ce temps-là s’imposait chez lui face à La Gantoise. Ce n’est donc peu de dire que ce match représentait déjà une demi-finale avant l’heure pour les deux clubs, d’où l’intérêt accru de ce match.

Mais malgré deux trajectoires opposées en Ligue de Champions, leurs débuts en championnat se ressemblent beaucoup. Le Zenit a encore lâché des points le week-end passé en faisant match nul (2-2) face au Kuban Krasnodar et se retrouve désormais à dix points du leader, le CSKA Moscou. En Ligue 1, Lyon peine à recréer le jeu qui faisait sa force l’an passé, basé sur des attaques rapides, au sol, et avec de nombreux joueurs en mouvement. La blessure de Nabil Fekir, l’un des meilleurs éléments lyonnais l’an passé, au ligament et ménisque du genou droit lors de sa première titularisation avec la France n’a forcément pas aidé le début de saison du club rhodanien. D’autre part, les arrivées de Valbuena et Beauvue ont redistribué les cartes en attaque et Lacazette ne confirme pour le moment pas son excellente dernière saison. Preuve des tensions dans le vestiaire lyonnais, dimanche matin, après l’entraînement, Corentin Tolisso et Lindsay Rose en sont venus aux mains.

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© Footballski / Robin Bjalon

Côté historique, ce match représentait le premier entre ces deux clubs et l’OL avait la difficile tâche de devenir le premier club français à s’imposer au Petrovsky (2 défaites et 2 nuls pour les clubs français). Sur le terrain, André Villas Boas sortait son armada des grands soirs, même si Smolnikov était absent des suites de sa blessure aux adducteurs lors de la victoire de la Russie 2-1 sur la Moldavie, le 9 octobre. Côté Lyonnais, à noter la titularisation de Mapou Yanga Mbiwa en défense aux côtés de Umtiti. En attaque, Hubert Fournier faisait confiance à son trio Valbuena-Beauvue-Lacazette, cette fois-ci disposé à plat en 4-3-3 et non en 4-4-2 en losange comme il a l’habitude de le faire depuis maintenant plus d’un an.

Sur sa première véritable occasion et alors que le Petrovsky ne s’était pas encore totalement rempli, le Zenit ouvrait le score grâce à son attaquant de pointe Dzyuba (3e). A la suite de deux erreurs lyonnaises – ballon mal relancé de Gonalons et Umtiti pris dans son dos sur la passe de Shatov – l’attaquant russe ajustait Anthony Lopes d’un enroulé du pied droit pour donner l’avantage au Zenit. Pire entame possible pour les joueurs du club rhodanien donc sachant que le Zenit n’est jamais aussi dangereux que lorsqu’il mène et peut utiliser la vitesse de ses attaquants pour contre-attaquer. La preuve encore une fois lorsqu’à la 16ème minute, Hulk, malgré le retour de Gonalons, pris trois lyonnais à défaut pour servir Dzyuba qui ne pouvait malheureusement pas conclure à l’entrée de la surface grâce au bon retour d’Umtiti. Et malgré une belle reprise bien détournée par Kherzhakov de Yanga Mbiwa, Lyon ne se créait que trop peu d’occasions et son trio offensif n’arrivait pas à se trouver, comme trop souvent cette saison. A l’inverse, la domination du Zenit se faisait de plus en pressante, et Dzyuba par deux fois, puis Danny, Witsel et Hulk, n’arrivaient pas à doubler la marque (25e et 26e). Et au moment où on pensait qu’Hulk allait défier Lopes, il préférait la passe pour Dzyuba, repris par la défense lyonnaise (35e). Les Lyonnais se retrouvaient ainsi menés au score à la mi-temps et il semblait très compliqué pour eux d’inverser la tendance tant le Zenit se montrait tranchant offensivement et solide en défense.

Bien que dominé, c’est Lacazette, l’homme providentiel du club rhodanien, qui venait remettre les équipes à égalité au retour des vestiaires d’une délicieuse talonnade du droit à la suite d’un beau centre de Jallet en une touche de balle (49e). Les joueurs de Lyon se lâchaient de plus en plus, et comme bien souvent lorsque le Zenit est en difficulté, l’équipe russe s’en remettait à son meilleur joueur, le Brésilien Hulk. Servi par Witsel, il déposait Gonalons, et malgré le retour de Lacazette, décrochait une frappe des 30m qui venait se loger dans le petit filet droit d’Anthony Lopes, trop court! Un but extraordinaire pour Hulk qui démontre encore une fois qu’il est actuellement en très grande forme.

Les Lyonnais étaient dès lors menés et tentaient de réagir, mais le Zenit continuait d’utiliser les contres pour faire mal à la défense lyonnaise. Sur un énième contre russe, Dzyuba ratait son piqué face au gardien olympien qui passait juste à côté du poteau gauche (67e). Et malgré une belle frappe d’Umtiti qui rasait le montant de Kherzhakov, les Lyonnais avaient presque abandonné tout espoir de ramener quelque chose du Petrovsky. Pire même, sur un ultime contre, Danny assurait les 3 points pour le Zenit, et par l’occasion, la qualification pour les 8èmes de finale à moins d’une catastrophe (82e) ! Les bleus et blancs auraient même pu aggraver le score si un penalty avait été sifflé sur une main d’Umtiti dans la surface et si Garay ne s’était pas laissé prendre au piège du hors-jeu avant de marquer de la tête sur coup-franc.

L’essentiel était néanmoins assuré pour le Zenit qui, avec 3 victoires en 3 matchs, réalise son meilleur départ de son histoire en Ligue des Champions. Il devient le deuxième club russe, après le Spartak il y a 20 ans, à réaliser cette belle performance. Avec la victoire de Valence face à La Gantoise (2-1), le Zenit se retrouve seul en tête de ce groupe H avec 9 points, suivi du club espagnol avec 6 points. La première place devrait donc se jouer entre ces deux clubs, et la troisième, qualificative pour l’Europa League, entre Lyon et La Gantoise, tous les deux à 1 point actuellement. Pour le Zenit, l’objectif sera d’assurer cette première place pour avoir un 8ème de finale abordable. Pour l’OL, il en sera d’éviter l’humiliation totale qui ferait tâche après une très belle saison passée. Quoi qu’il en soit, ce groupe est loin d’être terminé et j’ai déjà hâte d’être fin novembre pour la réception de Valence, ici, à Saint-Pétersbourg !

Robin Bjalon


Photo à la une : © Footballski / Robin Bjalon

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A propos de l'auteur

Robin Bjalon

Robin Bjalon

Etudiant en Histoire et Russe à l’Université d’Etat de Saint-Pétersbourg. Du froid, de l’ambiance, des passes manquées, des histoires, voila ce que j’aime !

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