On a vécu Spartak Moscou vs. Ufa, match d’ouverture de la RPL

Adrien Laëthier
Adrien Laëthier - Publié le 23 juillet 2015

Nous sommes le vendredi 22 juillet et je retourne à Moscou après quelques jours en province (Chelyabinsk, Kazan, Ufa et Samara (d’où je vous prépare quelques interviews)) mais il n’y a pas que moi qui suis de retour en cette journée dans la capitale russe. Il y a plus important: le football. Oui, la première journée de RPL a eu lieu comme on vous l’a décrit hier mais elle commençait par un match entre le Spartak Moscou et le FC Ufa de Kolyvanov.

Billets en poche pour la tribune nord, le stade promet d’être plein. Non pas car l’affiche est alléchante mais surtout car il s’agit d’un match d’ouverture et que le peuples miaso (viande en russe, surnom du Spartak) veut voir à l’œuvre Dmitriy Alenichev après son aventure à Tula. Ce dernier est quand même l’enfant du club qui revient l’entraîner pour le sauver après quelques saisons catastrophiques.

Il est donc 17h quand je me dirige en métro vers la station Spartak, cette station de métro n’a pu être construite durant des années, sans cesse retardée, mais grâce à la prochaine Coupe du Monde, les miracles arrivent en Russie: le stade comme la station sont ouverts désormais depuis un an. La police, elle, y est déjà sur les dents, quoique moins nombreuse que pour un derby moscovite à Luzhniki.

La police est prête et omniprésente depuis le métro

La police est prête et omniprésente depuis le métro

Cet arrêt de métro a cela de beau. lorsque vous en sortez, s’élève directement en face de vous, majestueusement, ce stade magnifique sur une esplanade interminable. La place Rouge du football en somme. Il est encore tôt et les spectateurs sont plus à l’extérieur que dans le stade, certains se rencontrent, d’autres fument leur dernière cigarette… Pour ma part, je dois aller me procurer une carte bancaire Spartak, car oui, l’Okrytie Arena est « une zone sans paiement en liquide » pour reprendre les termes législatifs. Mais cette carte, plus qu’un souvenir, et beaucoup plus pratique que celle de Kiev par exemple, car, vous pouvez ensuite payer avec n’importe où en Russie. Ceci fait, je rentre, la fouille est sommaire pour un pays sécuritaire mais je dois tout de même ouvrir mon paquet de clopes. Première constatation, les Moscovites ne sont pas pressés ou sont encore au travail, car si les joueurs s’échauffent déjà, les sièges sont majoritairement vacants.

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L’arène

Le stade a quand même fini par se remplir avant l’annonce des compositions d’équipes mais la tribune principale (la plus chère) est désespérément vide, les places à partir de 2 000 roubles (35 euros) ont dû en décourager plus d’un. Les compos, elles, sont sans grandes surprises. Ufa aligne quelques recrues alors que le Spartak n’en aligne qu’une: Ivelin Popov tandis que Ze Luis reste sur le banc. Néanmoins trois joueurs de retour de prêts sont sur le champs, à savoir Shirokov, Bocchetti et Jurado (qui a signé hier à Watford et qui devrait laisser sa place à Davydov dans le 11). On note également le retour en grâce de Yura Movsisyan.

Spartakufa

Néanmoins, le plus applaudi, c’est bien l’entraîneur Dmitriy Alenichev! À son entrée sur la pelouse, un tifo le représentant avec la coupe aux grandes oreilles qu’il a remporté avec Porto sera alors déployé. Certes touchant mais cela doit lui apporter une pression encore une plus grosse sur ses nouvelles épaules d’entraineur sans expérience.

Le retour de l'enfant du club

Le retour de l’enfant du club

Le match, lui, commence dans le plus pur style Alenichev, l’équipe joue vite et se projette vers l’avant. Ivelin Popov, le Bulgare est intenable mais ses offrandes sont mal négociées par ses partenaires, notamment Movsisyan ou Shirokov.  Jurado va lui buter sur l’excellent Yurchenko. Mais cette folie Spartakiste va prendre fin à la douzième minute lorsque la tête d’Handzic sur coup-franc va donner l’avantage aux Bashkirs pour le plus grand plaisir de la dizaine de supporters présents pour les soutenir.

Il ne se passera plus rien jusqu’à … l’égalisation des miaso à la vingt-quatrième minutes! De nouveau sur un coup de pied arrêté, un corner cette fois, la tête de Popov est sauvée par un exploit de Yurchenko mais la défense patauge et Tasci est le plus prompt pour expédier la balle au fond des filets. C’est à la trentième minute que va arriver le tournant du match, enfin le crois-t’on à ce moment là. Frimpong reçoit un rouge direct après avoir perdu le ballon au point de corner! Stupeur dans le stade, personne ne comprend ce qu’il se passe alors qu’à la télé on voit clairement qu’il réagit vulgairement à ce qu’on suppose être du racisme.

Nous avons évoqué cela dans la polémique de la semaine, hier, mais il est bon d’ajouter que la fédération a honteusement dédouané le Spartak, prétendant qu’il n’y avait aucune preuve de racisme lors de cet épisode. Le joueur, lui, a été très digne en saluant l’ambiance dans le stade qui n’était ternie que par de rares individus mais a ensuite déclaré hier, que le fait que la RFS n’y ait pas vu de racisme n’était pas vraiment réjouissant. Fort de son avantage numérique, le Spartak va pousser fort mais Jurado, par deux fois, ne marquera pas, trouvant même la barre transversale. Pourtant c’est bien Ufa qui aura la dernière occasion juste avant la mi-temps, Paurevic manquant d’éteindre l’Otkritye Arena de très peu.

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La deuxième période ne reprend pas du tout comme on s’y attendait. Alors que les Bashkirs ont renforcé la défense, Nikitin, la recrue, remplaçant Marcinho, ce sont bien eux qui vont avoir le ballon pendant quinze minutes, sans pour autant être très dangereux. Le Spartak est endormi et ne se réveillera qu’à l’heure de jeu mais Promes et Glushakov vont voir leurs frappes contrées par Sukhov et l’inévitable Yurchenko.

Le Spartak, lui aussi, effectue un changement et lance la recrue Ze Luis en lieu et place de l’invisible Movsisyan. Mais la chance est du côté d’Ufa, qui, à la soixante-neuvième minute va reprendre l’avantage. Handzic profite d’une mauvaise relance et se retrouve sur le côté droit d’où il parviendra à centrer, le petit Stotskiy surgit alors et, d’une tête plongeante, redonne l’avantage aux visiteurs. Stupeur à Moscou.

Alenichev tente le tout pour le tout. Jurado termine sa carrière russe en cédant se place à Davydov alors que Djano remplace Tasci pour une option résolument offensive. Mais c’est bien le premier entrant, Ze Luis, qui n’avait quasiment pas touché le ballon, qui va égaliser suite à un nouveau corner! 2-2! Enfin, le Spartak va se réveiller et pousser pour accrocher une victoire. Davydov va être intenable mais ni lui, ni les autres entrants, ne vont pouvoir tromper la vigilance de Yurchenko!  Score final 2- 2, la galère n’est peut-être pas encore finie du côté des Miaso.

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A part ça, le public est mécontent mais ne le montre pas, applaudissant ses joueurs alors que les tribunes se vident les unes après les autres (pour éviter les embouteillages dans le métro). Peine perdue, il faudra bien une demi-heure pour quitter Tuschino alors que moi, je me dirige vers d’autres aventures footballistiques. Si je n’ai pu aller à Khimki, j’étais à « Piter » et vous le verrez bientôt.

Il attend toujours désespérément une victoire...

Il attend toujours désespérément une victoire…

Les notes de Footballski :

Au Stade - Spartak-Ufa

Standing du stade (5/5) :

Le seul stade digne de ce nom en Russie. Bien sûr ce n’est pas le pittoresque que l’on attend des pays de l’Est mais il est neuf et de haut standing.

Disponibilité des billets (4/5) :

C’est le stade le plus rempli de Russie mais on y trouve des places quand même dans n’importe quelle tribune. Au cas où l’on veuille payer un peu plus, la latérale la plus chère est souvent vide.

Tarifs (4/5) :

A partir de 500 roubles (9 euros). C’est le Spartak et on est dans une ville riche, le tarif est plus que raisonnable. La vue d’en haut en diagonale est très bonne. Compter 1200 roubles soit 20 euros pour une bonne place latérale au ras du terrain.

Ambiance (3,5/5) :

Le virage chante bien. La résonance est très bonne mais l’on pouvait s’attendre à mieux pour un club comme celui-là.

Risques (5/5) :

Pas de risques si l’on ne crie pas contre le Spartak ! Peut-être un peu plus animé quand le CSKA ou le Zenit s’y déplace.

Accessibilité & transports (4/5) :

Une station de métro, le stade à la sortie. A 10 km de la place rouge, mais à Moscou on appelle ça le centre-ville. Bien sûr il est difficile de repartir en métro quand tout le monde sort mais on s’y fait. Quatre étoiles car pour un français, ça fait loin.

Boissons (2/5) :

Ils ont du Pepsi à la place du Coca! Honteux! Sinon nous n’avons pas essayé la bière mais nous sommes en Russie et pour l’ensemble de son œuvre ce pays mérite cette note.

Quartier environnant (5/5) :

Quartier neuf situé dans un raïon dortoir bien fréquenté « Tuschino ». Rien a redire de ce coté là.

Adrien Laëthier

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A propos de l'auteur

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Amoureux de la Russie et de l'Ukraine et spécialiste de ces footballs, ainsi que du football de l'Est en général ! A vécu en Russie, à Chelyabinsk là où les météorites tombent. J'essaye de faire vivre sur Footballski les différents championnats d'ex-URSS (Ukraine, Caucase, Baltique,...) ainsi que la RPL par les résumés hebdomadaires.

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