On a vécu République Tchèque vs. Serbie

Invité - Publié le 16 novembre 2015

15 ans qu’Ostrava attendait ce moment. 15 ans que la Reprezentace n’avait pas joué dans la capitale moravo-silésienne. Alors évidemment, le match était attendu par beaucoup sur place. D’un côté, les Tchèques, fraîchement qualifiés pour l’Euro 2016 en France et débutant leur préparation à la compétition, de l’autre les Serbes, éliminés mais toujours difficiles à jouer. Tout était prévu pour une bonne soirée de football au Vítkovice Stadion d’Ostrava ce vendredi soir. Le quartier était d’ailleurs en effervescence puisque le club de hockey sur glace Vítkovice Steel a écrasé le voisin des Oceláří Třinec 7-0 dans le derby local à peine une heure avant le début du match de football.

Quelques courageux Serbes ont fait le long déplacement jusqu’à Ostrava, mais ils restent assez discrets. Quelques drapeaux sont visibles çà et là, mais pour l’essentiel le public est entièrement acquis à la cause tchèque et le match se joue à guichet fermé. Le faible prix des places (100 couronnes en virage, 200 couronnes en tribune latérale) explique facilement la forte affluence (14975 spectateurs au total).

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© Jerek Paketa / Footballski

Pour beaucoup de fans, c’est l’occasion de découvrir le Vítkovice Stadion, dans lequel joue Baník Ostrava depuis le début de la saison. En raison d’un boycott des ultras lors des matches à domicile depuis la saison dernière, le stade fraîchement rénové n’a toujours pas été rempli pour un match de football. Il faut dire qu’il était essentiellement utilisé pour un événement, la compétition d’athlétisme Zlatá Tretra, où Usain Bolt a notamment remporté le 100 mètres à plusieurs reprises.

Les Tchèques évoluent donc dans un stade d’athlétisme et la distance avec la pelouse se fait sentir dès l’entrée en tribunes. Par chance, nous nous installons en haut du secteur, ce qui nous permet d’avoir une assez bonne vue, tandis que les personnes situées dans les rangs les plus bas n’ont qu’une vue écrasée du stade.

Après des hymnes chantés dans une ambiance feutrée, le match débute avec une large domination des Serbes au niveau de la possession du ballon, mais ceux-ci sont totalement inoffensifs, hormis un tir facilement capté par Tomáš Vaclík, gardien remplaçant habituellement et originaire d’Ostrava. Ils se feront même punir contre le cours du jeu sur un corner à la 17e minute. Le défenseur tchèque Tomáš Sivok s’élève plus haut que tout le monde et ouvre le score à la surprise générale.

Le but ne réveille toutefois pas la rencontre. La Serbie continue de monopoliser le ballon sans avoir d’idées et les Tchèques attendent d’avoir des opportunités en contre. L’ambiance est sympathique mais l’ensemble reste assez calme. Les ultras de Baník Ostrava en profitent pour réclamer la démission du président du club, un slogan régulier depuis un an et condition minimum à leur retour en tribune lors des matches à domicile.

© Jerek Paketa / Footballski

© Jerek Paketa / Footballski

La deuxième mi-temps démarre avec plus de rythmes, à la fois sur le terrain et en tribunes. Le public s’échauffe, lance une ola après quelques minutes, et la Reprezentace prend le jeu à son compte. Les Tchèques dominent nettement et obtiennent un penalty à la 62e minute, transformé par Tomáš Necid (2-0). Les locaux continuent de dominer assez facilement leurs opposants avant qu’un faux rythme ne s’installe. Škuletič en profite pour réduire le score sur corner d’une tête au second poteau (2-1, 79e), mais les Serbes ne confirment pas : Ladislav Krejčí, attaquant du Sparta Prague, redonne deux buts d’avance suite à une mauvaise passe en retrait d’un défenseur serbe (3-1, 82e). Les Tchèques font tourner pour la fin du match et enfoncent le clou au bout du temps additionnel grâce à un centre de Plašil repris par Ondřej Zahustel, jeune buteur de Mladá Boleslav qui fêtait là sa première sélection.

© Jerek Paketa / Footballski

© Jerek Paketa / Footballski

L’entraîneur Pavel Vrba est acclamé par les fans, tant pour ses résultats en sélection que pour rappeler qu’il était entraîneur adjoint au Baník Ostrava l’année du titre de champion de République Tchèque, en 2004. Le public peut finalement scander « Hoší, děkujeme ! » (« Merci les gars ! ») au coup de sifflet final. Et espérer revoir la sélection nationale avant 15 années supplémentaires.

Jerek Paketa


Photo à la une : © Jerek Paketa / Footballski

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