On a vécu Obolon-Brovar Kiev vs. Gelios Kharkiv

Adrien Laëthier
Adrien Laëthier - Publié le 3 octobre 2016

Une petite virée en Ukraine m’a emmené dans trois stades pour différents matchs de football, et avant de rendre visite aux équipes phares du pays, un retour dans le premier stade que j’ai visité en Ukraine s’imposait. Direction le nord de la ville, et le quartier « Obolon » pour un match de deuxième division locale.

En place pour le match © Adrien Laëthier

En place pour le match © Adrien Laëthier

Le dimanche, c’est donc football à Kiev, mais pas le Dinamo qui jouera plus tard dans la soirée. Enfin quasiment en même-temps, avec une programmation de match discutable qui empêche sans-doute certains amateurs de football d’assister aux deux matchs, ce qui est donc préjudiciable pour le petit qui peine à remplir son stade. Oui, car à Kiev, il n’est pas question de rivalité entre les deux meilleures équipes actuelles de la ville, en atteste les maillots du Dinamo visible dans cette Obolon Arena clairsemée. Pour moi, comme je l’ai déjà dit ce stade situé non-loin de la station de métro « Geroyiv Dnipra » est surtout un retour aux sources car il y a cinq ans, j’y avais vu mon premier match de Première Ligue Ukrainienne entre l’Obolon et le Tavria Simferopol (vintage vous avez dit ?). Le Tavria s’était imposé 3-1 chez la lanterne rouge et depuis beaucoup de choses se sont passées.

En effet, les verts ont plongé en D2 puis en D3 avant de devenir « Obolon Brovar » et de revenir au deuxième échelon d’un football ukrainien en crise. L’affluence a, elle diminuée avec le manque d’attrait des rencontres de niveaux inférieurs qu’elle propose à ses spectateurs ; et ce même si l’enceinte reste prisée des amateurs de bière avec sa pinte à moins de 50 centimes d’euro (Obolon est également le nom du plus gros brasseur du pays, qui sponsorise bien évidemment le club). Il s’agit tout de même là d’une affiche intéressante entre deux équipes qui se verraient bien monter dans l’élite, mais également un duel entre les deux plus grosses villes d’Ukraine, Kiev et Kharkiv. C’est le Gelios Kharkiv qui se présente et celui qui est devenu le meilleur club de sa ville après la disparition du Metallist (recréé en amateur récemment) est classé en haut de tableau avant ce match. Un peu moins d’une dizaine d’ultras ont d’ailleurs effectué les six heures de route entre les deux villes pour soutenir les rouges de Kharkov pour cette rencontre.

Les Ultras du Gelios se mettent en place © Adrien Laëthier

Les Ultras du Gelios se mettent en place © Adrien Laëthier

Les ultras d’Obolon-Brovar sont peu nombreux (une petite vingtaine) mais font un peu plus de bruit dès le coup d’envoi donné, alors que les tribunes sont plus généralement peuplées d’enfants des sections jeunes du club accompagnés de leurs mères ou grand-mères respectives qui ont parfois un peu de difficulté à suivre ce qu’il se passe. Sur le terrain, l’effectif est hétéroclite et ne compte que très peu de joueur formé localement (malgré la réputation de formateur de l’Obolon). Seul le gardien de but est un jeune du club, alors que certains joueurs y sont passé auparavant avant de revenir. On compte d’ailleurs plusieurs joueurs ayant tenté en vain leur chance à l’étranger comme Ablitarov (Daugavpils), Gordiychuk (Tomasovia Tomaszow) ou encore Eremenko (Slutsk) avant de revenir en Ukraine dans ce club. Les deux plus expérimentés sont l’atypique Dmytro Pronevich, parti très jeune du club pour Kilmarnock avant d’évoluer au Viet-Nam et à l’IFK Mariehamn et le capitaine Andrey Gordeev, 37 ans, ayant disputé quelques matchs de coupe d’Europe sous les couleurs du Tavria Simferopol.

C’est d’ailleurs le capitaine qui donne le rythme sur son aile gauche, semblant le plus performant de ce collectif et rassurant sa défense. Le but, lui va venir d’Ilya Kovalenko, habitué des divisions inférieures, laissé étrangement seul dans la surface de but pour reprendre un centre de la tête en se baissant. L’ouverture du score est logique alors que l’on atteint le quart d’heure de jeu et que le Gelios peine à confirmer sa supériorité au classement. Le Gelios, parlons-en ! Créé en 2002, ce jeune club a passé le plus clair de son temps à ce niveau après une accession rapide. En effet, il entame sa douzième saison consécutive au deuxième échelon sans jamais n’avoir réussi à se battre pour la montée., mais pour la première fois il est le porte-étendard de la ville de Kharkiv, et cela va peut-être leur donner le supplément d’âme nécessaire pour se mêler à la lutte. Son effectif compte d’ailleurs quelques anciens du Metallist, avec notamment des laissés pour compte lors de la faillite du club. Vitali Komarnytsky, défenseur, est sans doute le plus expérimenté, avec ses expériences en Irsaël, au Dnipro, au Metallist mais aussi dans quasiment tous les anciens clubs de la ville, alors qu’on note sur le terrain la présence d’Ilya Glushytsky, prêté par la Shakhtar Donetsk.

Coup-franc pour les locaux © Adrien Laëthier

Coup-franc pour les locaux © Adrien Laëthier

La première mi-temps passe, et l’intérêt n’est pas vraiment sur le terrain, car les timides réactions des visiteurs ne leur permettent pas de revenir avant la mi-temps. Une mi-temps, l’occasion de s’offrir une écharpe du club, après mon échec de 2011 et de retourner m’asseoir avec une nouvelle pinte et les yeux rivés sur ma montre pour ne pas rater le match suivant. La deuxième mi-temps va se poursuivre sur le même rythme jusqu’à ce que Konstantyn Kovalenko (qui n’est pas le frère) double l’écart à la 75e minute. Les tribunes s’animent et le Gelios semble hors du coup et loin du niveau espéré par les fans et l’encadrement du club. Ce n’est d’ailleurs pas tout mais je n’aurais pas vu le doublé d’Ilya Kovalenko, car le taxi me conduisant au match du Dinamo était déjà arrivé. Toujours est-il qu’avec ces trois buts de deux Kovalenko, l’Obolon-Brovar s’est relancé alors que les joueurs de Kharkov voient leur position au classement doucement décliner. Pour moi, la « rue du Nord » est loin et le taxi est lancé dans une course contre-la-montre… À demain !

Les notes Footballski :

obolon-gellios

Standing du Stade (3,5/5) :

5 000 places environ, un design moderne, une pelouse en bon état. Petit stade de quartier agréable, l’Obolon Arena serait un rêve pour beaucoup d’équipes de D2 voire de l’élite des championnats d’ex-URSS.

Le stade © Adrien Laëthier

Le stade © Adrien Laëthier

Disponibilité des billets (4,5/5) :

Je n’ai pas été vérifié si on pouvait acheter une place en ligne, mais je n’en suis pas tellement sûr, d’où le demi-point manquant. Ensuite le stade est rarement rempli (710 spectateurs ce jour-là) donc vous n’aurez aucun problème à acheter une place aux caisses situées derrière le stade.

Tarifs (5/5) :

20 Gryvnias la place (70 centimes), 30 (un euro) si vous voulez vraiment être au centre ! Je pense que les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Ambiance (2/5) :

On ne va pas forcément au stade voir une équipe mineure d’une grande ville en deuxième division pour l’ambiance donc on va être clément. Les quelques Ultras présents essayent de chanter, mais l’ambiance est tout de même très feutrée. Un « deux » très généreux.

Risques (5/5) :

Les policiers semblent surtout être présents pour s’assurer que personne ne regarde le match sans payer depuis un côte du stade. A part ça, quasiment uniquement des familles présentes au stade et donc aucun risque apparent.

Accessibilité et transports (3,5/5) :

Le stade est situé à quinze minutes à pied de la station de métro « Geroyiv Dnipra » donc suffisamment proche même si les non-spécialistes de l’espace Post-Soviétique pourraient galérer légèrement, d’où notre « 3,5 » appuyé par le fait que ce n’est pas la station la plus centrale de la ville.

Boissons (3,5/5) :

Buvette de qualité pour un club de ce niveau, mais sans folklore qui aurait pu mériter une note plus haute. La bière y est très peu chère (15 Grivnyas) alors que l’on peut trouver du Kvas et autres boissons pour encore moins cher. Satisfaisant dans l’ensemble mais sans fioritures donc.

Quartier environnant (2,5/5) :

Alors c’est une question difficile, on est loin du centre, la vue du stade est quand-même très quelconque dans l’ultime rue d’un quartier résidentiel. Mais il ne faut pas oublier que l’on est seulement à quelques encablures des quais Obolon sur le Dnepr, qui valent le déplacement, surtout en été avec une vue magnifique, de l’animation et de nombreux cafés et clubs (sans compter les résidences de luxe). La moyenne donc pour l’Obolon Arena.

 

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Image à la une : © Adrien Laëthier

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A propos de l'auteur

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Amoureux de la Russie et de l'Ukraine et spécialiste de ces footballs, ainsi que du football de l'Est en général ! A vécu en Russie, à Chelyabinsk là où les météorites tombent. J'essaye de faire vivre sur Footballski les différents championnats d'ex-URSS (Ukraine, Caucase, Baltique,...) ainsi que la RPL par les résumés hebdomadaires.

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