On a vécu FK Buducnost Podgorica vs. KRC Genk

Invité - Publié le 22 juillet 2016

Après une défaite sur le score de 2-0 en terre limbourgeoise lors du match aller, la tâche s’annonçait ardue pour les joueurs du Budućnost Podgorica dans le cadre de ce match retour dans la capitale monténégrine. Malgré cette avance relativement confortable forgée il y a semaine, Peter Maes, l’entraîneur de Genk, se voulait méfiant en conférence d’avant-match, redoutant la chaleur et la fatigue de ses troupes après une grosse préparation d’avant-saison. Le stade est relativement bien garni et on note une quarantaine de supporters côté belge.

Et la méfiance du coach belge ne tarda pas à se confirmer. En effet, dès la mise en jeu, sur la première phase du match, le centre de Vušurović aboutissait dans les pieds de l’expérimenté Radomir Đalović qui ne laissait aucune chance à Bizot. 35 secondes au marquoir et les « Plavi » (les « Bleus ») avaient déjà refait la moitié de leur retard! Cela ne pouvait mieux commencer pour le Budućnost. Il ne fallait pas arriver en retard au Gradski Stadion et bon nombre de locaux n’avaient pas encore rejoint leur siège ou même pénétré dans l’enceinte quand la marque fut déflorée.

© Ben Oa / Footballski

© Ben Oa / Footballski

Les joueurs du Racing sont assommés d’entrée de jeu et ne parviennent pas à faire circuler le ballon de manière convaincante. Galvanisés par ce début de match tonitruant, les locaux commencent quant à eux à y croire. Si Genk a la maîtrise du ballon, les combinaisons sont brouillonnes et cela ne se traduit par aucun danger pour le gardien Dragojević qui se chauffe à peine les gants sur une frappe lointaine et trop molle de Bailey.

Peu avant le quart d’heure, suite à un corner tiré par ce même Bailey, Ndidi remet intelligemment le ballon de la tête vers le deuxième poteau où se trouve Samatta qui propulse le ballon au fond des filets de la tête, mais le but est justement annulé par l’arbitre grec pour une charge fautive sur le dernier rempart du Budućnost alors qu’il s’emparait du ballon. On pense alors que Genk va se réveiller et prendre le match en main mais il n’en est rien et ce sont au contraire les locaux qui prennent confiance au fur et à mesure que les minutes s’écoulent, au grand désespoir de Peter Maes qui ne cesse d’invectiver ses joueurs durant cette première demi-heure.

Moins doués techniquement et malgré de grosses lacunes tactiques, les « Plavi » jouent avec un cœur énorme et ce sont eux qui se montrent à nouveau menaçants. Bizot doit ainsi rester attentif et s’interpose sur diverses tentatives. Goran Vujovic balance quelques centres intéressants mais les attaquants du Budućnost ne parviennent pas à les exploiter.

Jusqu’à la 41ème minute. Sur un coup franc remarquablement délivré par Vujovic, Raičković parvient cette fois à reprendre victorieusement de la tête et trompe Bizot en envoyant le ballon sur le côté droit. 2-0 all square, le Budućnost est parvenu à refaire son retard. Hystérie dans les tribunes et un supporter ne peut se retenir d’envahir le terrain pour aller célébrer le but avec les joueurs.

Va falloir tenir…

Grosse prestation des « Plavi », aucunement inquiétés par une équipe belge amorphe et en manque cruel de créativité. Neeskens Kebano, buteur à l’aller mais sur le banc ce soir, part s’échauffer. La débauche d’énergie des Bleu et blanc se fait un peu ressentir et ils commencent à donner de bêtes fautes aux roses du Racing. La mi-temps tombe à point pour permettre de récupérer quelque peu. Il faut dire que le mercure affiche encore 32 degrés sur le coup de 21h30 et que cela ne doit donc pas être facile pour les organismes.

© Ben Oa / Footballski

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La deuxième mi-temps reprend et Genk est le premier à mettre le nez à la fenêtre. Buffel, sur le côté droit, se lance dans un slalom entre les défenseurs monténégrins mais croise ensuite trop sa frappe. Peu après, on observe enfin un bon centre du côté belge mais Karelis ne parvient pas à reprendre de la tête.

A la 53ème le stade s’enflamme. Sur un tir de Milos Raičković à l’entrée du rectangle, le ballon touche le bras de Kumordzi dans la surface et tout le monde crie donc au pénalty mais l’arbitre grec fait signe de continuer. Colère dans les gradins mais pas vraiment le temps de se plaindre car sur la contre-attaque, Leon Bailey se présente seul devant Milos Dragojević. Le jeune attaquant jamaïcain de Genk manque néanmoins de lucidité et frappe sur le gardien, à la bonne place. Genk a laissé passer sa chance de marquer ce fameux but à l’extérieur.

Le Budućnost reprend ses esprits et tente de repartir de l’avant, se créant deux ou trois opportunités offensives mais le dernier ballon fait défaut. A l’heure de jeu, nouvelle réclamation d’un pénalty en faveur des « Plavi » pour une faute de main dans la surface mais la réaction de l’arbitre est identique à la précédente : « continuez à jouer, Messieurs! ».

Le match est plaisant à suivre car en dépit de possibilités nettes, il y a du rythme et de l’engagement, le suspense est là aussi. Ça peut basculer d’un côté comme de l’autre. Les fautes commencent à se multiplier de chaque côté, ce qui a le don d’énerver mon voisin qui insulte les joueurs belges de « pédophiles » à chaque fois que l’arbitre pénalise un joueur limbourgeois.

A la 67ème, Mirković arrête fautivement Bailey qui se relève et pousse le joueur monténégrin. Évidemment, dans ces cas et avec le sang chaud caractéristique des Balkans, tout le monde s’en mêle, ça se frite (normal un jour de fête nationale belge!) et finalement Mr Kalogeropoulos avertit les deux joueurs. Le coup-franc ne donnera rien mais un coup de coin quelques minutes plus tard en faveur de Genk glacera les supporters locaux, la tête de Ndidi passant de peu à côté.

Le public sent que son équipe a besoin d’un second souffle pour ces 20 dernières minutes car les joueurs commencent à se jeter de partout pour empêcher Genk de progresser. Les chants reprennent, la foule encourage ses joueurs et sur un long ballon envoyé de la défense, mal jugé par Kumordzi qui se fait surmonter, Đalović file seul au but. L’international ghanéen fait alors la faute dite « nécessaire » et se fait exclure, le public est en liesse. Le coup-franc est bien botté par Vujović mais le ballon termine sa course du mauvais côté du poteau gauche de Bizot. La décision ne veut pas tomber…

Malgré quelques escarmouches encore de chaque côté durant le dernier quart d’heure, on se dirige donc vers les prolongations. Genk, en infériorité numérique, joue plus bas et défend tandis que les « Plavi » ne semblent plus avoir la fraîcheur nécessaire pour déstabiliser la défense limbourgeoise.

Jusqu’au bout du suspense

On repart donc pour 2×15 minutes. La première mi-temps des prolongations plonge la majorité des spectateurs dans le sommeil et on se dit que par une chaleur et un contexte pareil, on ferait mieux de jouer les tirs aux buts directement. Les Ultras du Budućnost y croient et tentent de réveiller tout le monde durant l’intervalle. Le match est tendu, les minutes s’égrainent mais rien ne change et on ne note plus aucune grosse possibilité ni d’un côté ni de l’autre malgré quelques tentatives spectaculaires de Đalović. Les joueurs et le public du Budućnost réclameront encore une fois en vain un pénalty à la 112ème mais ne seront encore une fois pas entendus par l’arbitre grec.

© Ben Oa / Footballski

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Après ces 3 réclamations vaines durant le match et le temps supplémentaire, les spectateurs pourront néanmoins assouvir leur soif de drame/climax/tension avec cette séance de tirs aux buts. Le Budućnost entame la série et Radunović transforme. Buffel lui répond sans trembler. Le deuxième tireur Raspopović s’élance ensuite mais envoie sa frappe au-dessus de la cage de Bizot. Heynen transforme en toute décontraction. Avantage Genk. Djalović transforme son essai mais Samatta aussi. Genk semble mieux maîtriser ses nerfs aux onze mètres et ça commence à sentir le sapin pour le Budućnost qui n’a plus le droit à l’erreur. Mirković est le prochain tireur et nous fera une répétition du tir au-dessus de son coéquipier, laissant à Genk une voie royale pour la qualification. Wouters, entré en cours de match, ne se fera pas prier pour enterrer les derniers espoirs monténégrins. Genk se qualifie et les joueurs locaux s’effondrent.

© Ben Oa / Footballski

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Les illusions des « Plavi » se sont envolées comme les envois de leurs botteurs de penalty mais qu’à cela ne tienne, malgré la déception le public sait reconnaître le bon état d’esprit, la combativité et l’exploit quelque part des joueurs qui sont tout de même parvenus à remporter le match 2 à 0 et pousser Genk dans ses derniers retranchements. Les joueurs sont donc ovationnés par la foule et les tireurs malheureux réconfortés par Peter Maes. L’épopée européenne du Budućnost s’arrête donc là, comme chaque année, ai-je envie de dire. Dommage, car il s’en est fallu de peu!

© Ben Oa / Footballski

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Les notes Footballski :

Standing du stade : 3/5

Le stade le plus moderne du pays, qui accueille les matchs de l’équipe nationale mais aussi certaines joutes européennes d’autres clubs monténégrins, paraît déjà bien vieillot. Un bon coup de peinture ne ferait pas de mal! Pourtant, le Gradski stadion ne manque pas de charme avec ses tribunes compactes, très proches de la pelouse et ses 12 000 places toutes assises.

Disponibilité des billets : 5/5

Achat au stade uniquement mais aucune difficulté à se procurer un billet pour les matchs du Budućnost vu que le stade n’affiche jamais complet. Pas besoin d’avoir un ticket office, ni une caisse enregistreuse, on achète directement son ticket à l’entrée de la tribune, au préposé qui expose son magot du jour au vu de tout le monde comme sur une table de poker.

Tarifs des billets : 5/5

Billets de 1 à 3€ pour un tour préliminaire d’Europa League, on ne va pas faire la fine bouche et on fait péter le ticket le plus cher qui donne accès à la tribune d’honneur.  Tribune centrale donc et pour le prix on a même le loisir de choisir son siège vu que le billet ne mentionne aucune place, juste un secteur mais qu’il n’y a aucune séparation entre ceux-ci.

Ambiance : 4/5

Soirée Europa League, donc grosse affluence pour cette affiche. A la grosse louche, on peut estimer qu’il y avait entre 4000 et 5000 supporters pour ce match. Une quarantaine de supporters de Genk avaient fait le déplacement tandis qu’en face on dénombre +/- 500 ultras de Budućnost massés derrière le but. Et ce sont ces ultras évidemment qui mettent l’ambiance durant la majorité du match. Chants en continu, torses nus pour la plupart, quelques chorés et des chants à écho entre tribunes de temps à autres. La tribune principale ne participe que par à-coups en fonction des événements du match mais on sent que ça vit et quand ça tourne bien pour l’équipe locale, on se laisse prendre par l’ambiance.

Risques : 4,5/5

Comme à chaque jour de match à Podgorica, la police se déploie en nombre autour et dans le stade. Pourtant, aucun sentiment d’insécurité dans le stade ni dans la ville. A chaque but on note un envahissement de terrain par un fan local qui ne peut s’empêcher d’aller féliciter personnellement les joueurs sur la pelouse, mais les stadiers locaux ont vite fait de rapatrier le petit filou en tribune.

Accessibilité et transports : 4/5

Le stade n’est pas accessible en transports en commun mais il faut dire que Podgorica ne dispose pas vraiment d’un réel réseau de toutes façons. On y croise bien quelques bus mais qui circule à horaires irréguliers et pas vraiment de façon organisée. Qu’à cela ne tienne, à Podgo on fait le tour de la ville en taxi pour 3€ donc pas de problème pour rallier le stade, et comme celui-ci est situé en plein centre-ville, on ne peut vraiment pas dire qu’il soit difficile d’accès.

Boissons  1/5 :

Il vaut mieux faire le plein avant le match autour du stade car une fois dans l’enceinte, les seules boissons que l’on peut trouver sont du coca-cola, un verre de jus de fruits ou de l’eau minérale (une grande bouteille de chaque par bar!) vendue par des enfants. D’ailleurs à la mi-temps, personne ne prend la peine de quitter son siège pour rallier la buvette. A noter, le vendeur de cacahuètes qui passe dans les rangées pendant le match donc les mangeurs de graines ou les grands stressés qui ont besoin de faire travailler leurs mâchoires sont sauvés.

Quartier environnant : 4/5

Podgorica n’est pas vraiment réputée comme une ville attractive, et à juste titre… Loin d’être une capitale dynamique, elle n’en reste pas moins une cité tranquille qui fait la part belle à la glande en terrasse sous l’ombre des platanes. Le stade est situé dans le centre, au pied de la colline Gorića qui est le poumon vert de Podgorica. Bars, restaurants, commerces se trouvent à deux minutes du stade.

Ben Oa


Image à la une : © Ben Oa / Footballski

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