On a (presque) vécu Nouvelle-Zélande U20 – Ukraine U20

Karim Hameg
Karim Hameg - Publié le 2 juin 2015

Magie d’internet, j’ai pu vous faire le compte rendu du match d’ouverture de la Coupe du Monde des moins de 20 ans 2015 sans sortir de chez moi. Bienvenue en Nouvelle-Zélande, à l’autre bout de la terre. Dans ce pays, le football est loin d’être le sport roi. La patrie des All Blacks est davantage passionnée par le rugby, bien évidemment, qu’il se joue à sept, à treize ou à quinze, mais également le cricket et le basket.

Difficile pour le football de se faire une place dans un pays qui ne compte que 4,5 millions d’habitants et qui est géographiquement très éloigné de l’Europe (avec en plus un fort décalage horaire). La Nouvelle-Zélande ne compte qu’un seul club professionnel : le Wellington Phoenix, qui évolue dans le championnat… australien. Semi-professionnel, le championnat local est régulièrement dominé par le club d’Auckland City, également champion d’Océanie en titre et qui s’est illustré en terminant troisième de la Coupe du monde des clubs en décembre dernier.
La sélection traverse quant à elle une période creuse depuis quelques années, loin des fastes d’une Coupe du monde 2010 que les All White (le surnom de l’équipe nationale) avaient terminé invaincus bien qu’éliminés dès le premier tour. La Nouvelle-Zélande a subi une petite humiliation en ne parvenant pas à remporter la Coupe d’Océanie des nations 2012 et elle n’a pas participé à la Coupe du monde 2014, humiliée par le Mexique lors du barrage intercontinental (1-5, 2-4).

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Pourquoi s’intéresser au pays que l’on surnomme « le pays du long nuage blanc » sur ces pages ? Car ce pays accueille en ce mois de juin la Coupe du monde des moins de 20 ans. C’est la deuxième fois dans son histoire que la Nouvelle-Zélande accueille un tournoi mondial chez les jeunes après le Mondial des moins de 17 ans en 1999.
Quatre équipes d’Europe de l’est se sont qualifiées pour cette compétition : l’Autriche, la Hongrie, la Serbie et l’Ukraine, qui a eu l’honneur d’ouvrir la compétition en affrontant le pays hôte, à Auckland.

Je n’ai pas eu la chance d’aller par moi-même au stade mais grâce à Twitter et à ma passion du football, j’ai pu faire la connaissance d’une certaine Rochelle qui partageait avec moi la passion pour le football allemand et le Bayern Munich en particulier. Vivant à Auckland, Rochelle n’a pas hésité à se déplacer au North Harbour Stadium (ou QBE Stadium pour des raisons de naming) pour assister, moyennant 20 dollars néo-zélandais (soit environ 13 €) à ce Nouvelle-Zélande – Ukraine. Elle a accepté de me fournir ses impressions ainsi que les photos (dont elle s’excuse pour la qualité) qui serviront d’illustrations à cet article.

Premier constat : en dépit du désintérêt relatif des Néo-Zélandais pour le football, le stade était comble pour cette rencontre. Les 25 000 places de l’enceinte de la capitale économique de la Nouvelle-Zélande ont toutes trouvé preneurs. La rencontre se déroulait à 13h00 locales (3h00 du matin en France) un samedi après-midi mais la cérémonie d’ouverture avait démarré une heure et demie plus tôt. Rochelle, notre « envoyée spéciale », était quant à elle arrivée vers 12h15. Elle confirmait que le stade était plutôt bien rempli et ce en dépit des embouteillages causés tout à la fois par un week-end prolongé (le 1er juin, jour anniversaire de la reine, est férié en Nouvelle-Zélande) que par un accident.

Le North Harbour Stadium d'Auckland avant le coup d'envoi de Nouvelle-Zélande - Ukraine

Le North Harbour Stadium d’Auckland avant le coup d’envoi de Nouvelle-Zélande – Ukraine.

Il faut dire que la communication autour de cet événement a été très forte en Nouvelle-Zélande. En outre, tout a été mis en œuvre afin que la sélection locale brille. Ainsi, la plupart des sélectionnés évoluaient dans un club spécialement créé pour l’occasion : le Wanderers SC, une sorte de sélection U20 bis. Deux noms ressortaient du collectif des mini All White : celui du capitaine et milieu défensif Bill Tuiloma, premier kiwi à évoluer en Ligue 1 et qui est apparu à deux reprises avec l’OM cette saison et celui d’Alex Rufer. Le jeune avant-centre ne s’est pas encore illustré au haut niveau mais il est issu d’une famille de footballeurs : son père Shane a été international néo-zélandais et a évolué quelques années en Suisse. Ce qui n’était rien comparé à son oncle Wynton, joueur océanien du siècle (devant Christian Karembeu), vainqueur de la Coupe des Coupes 1992 avec le Werder Brême et meilleur buteur de la Ligue des Champions lors de la saison 1993/1994.

L’Ukraine s’est quant à elle qualifiée pour le tournoi en dépit de son élimination dès le premier tour de l’Euro des moins de 19 ans 2014 : le fait qu’elle ait terminé troisième de son groupe lui offrait un accessit pour la compétition. L’équipe alignée était, sur le papier, plutôt alléchante et comportait quelques noms connus : le capitaine Bohdan Sarnavskyi (Shakhtar Donetsk), dans les cages ; Mykyta Burda (Dynamo Kiev), Taras Kacharaba (Shakhtar Donetsk) et Eduard Sobol (prêté par le Shakhtar au Metalurh Donetsk) en défense ; Yevhen Chumak (Dynamo Kiev) et Viktor Kovalenko, artisan du superbe parcours du Shakhtar Donetsk en Youth League, au milieu ainsi qu’Artem Biesiedin (Metalist Kharkiv) en attaque. Apparu à plusieurs reprises cette saison avec le Dnipro Dnipropetrovsk, Valeriy Luckevych faisait partie de la sélection mais il n’était pas présent pour ce match d’ouverture : il avait disputé un peu plus de deux jours plus tôt la finale de l’Europa League (sans quitter le banc de touche) et n’était évidemment pas assez en forme pour disputer la rencontre, obligé de digérer un long voyage en avion et dix heures de décalage horaire.

Sans surprise, l’Ukraine (en bleu pour l’occasion) dominait assez nettement le début du match, pressant très haut et ne laissant pas la Nouvelle-Zélande sortir de sa moitié de terrain. La première occasion arrive dès la quinzième minute avec un tir de Biesiedin parfaitement repoussé par Oliver Sail, le gardien des jeunes All White.

Conséquence, peut-être, de la domination ukrainienne, l’ambiance n’était pas véritablement au rendez-vous, si bien que le peu de supporters ukrainiens présents au stade s’illustraient avec des « Ukraina ! Ukraina ! » bien audibles selon la retransmission télévisuelle auxquels les Néo-Zélandais répondaient par de timides « All White ! All White ! ». Une impression confirmée par Rochelle, arguant que le football n’était pas suffisamment implanté en Nouvelle-Zélande pour qu’y naisse une véritable culture de supporters. L’apprentissage doit encore se faire à ce niveau.

"Ces types ne savent pas faire une ola"... mais est-ce une si mauvaise chose ?

« Ces types ne savent pas faire une ola »… mais est-ce une si mauvaise chose ?

La domination ukrainienne s’avérait malgré tout être stérile et sa défense se retrouvait exposée, sans se montrer irréprochable. Elle voyait notamment Matthew Ridenton placer sa tête sur un corner, heureusement au dessus. La domination ukrainienne continuait de suivre son cours mais ni Polehenko (26′), ni Biesiedin (28′), ni Kovalenko (33′ et 36′) ne parvenaient à battre Oliver Sail. Les deux équipes rejoignaient les vestiaires sur le score de 0-0.

La Nouvelle-Zélande entre mieux dans la seconde période que l’Ukraine et manque d’un rien d’ouvrir le score d’entrée. Heureusement pour l’Ukraine, Lewis manquait le cadre sur une énorme occasion. Secoués, les jeunes Ukrainiens reprendront ensuite le contrôle des opérations mais en manquant toujours de précision. Sobol manquait le cadre (54′), Tatarkov voyait son tir repoussé par Sail (57′) avant de manquer le cadre (60′). Le rythme s’est ensuite assez nettement ralenti.
La fin du match sera Néo-Zélandaise avec un premier tir cadré pour les Kiwis, signé Billingsley et arrêté par Bohdan Sarnavskyi (84′) et surtout avec une tête de Patterson qui fuira pour quelques centimètres le cadre d’un gardien ukrainien complètement battu (90’+1′). Dans la foulée, l’Ukraine ratera la balle de match avec une tête repoussée sur sa ligne par un défenseur néo-zélandais.

La rencontre se terminera sur ce score de 0-0 qui est un meilleur résultat pour les Néo-Zélandais que pour les Ukrainiens. L’Ukraine va tenter de se rattraper face au Myanmar avant d’affronter les États-Unis à l’occasion de la dernière journée. Avec la formule à vingt-quatre qui qualifie les meilleurs troisièmes, une victoire devrait suffire aux Ukrainiens pour atteindre les huitièmes de finale.

Pour le reste, les trois autres qualifiés d’Europe de l’est auront réalisé des prestations contrastées. L’Autriche a longtemps mené au score mais a concédé un penalty au bout du temps additionnel pour finalement partager les points avec le Ghana (1-1). La Serbie a quant à elle mal démarré avec une défaite face à l’Uruguay (0-1) à l’inverse de la Hongrie qui a véritablement humilié la Corée du Nord (5-1).

La deuxième journée a en revanche plutôt bien démarré : l’Ukraine s’est remis de ce départ en demi-teinte et a écrasé le Myanmar (6-0) tandis que l’Autriche a battu le Panama (2-1). Les deux équipes comptent quatre points et se dirigent vers les huitièmes de finale.

Pour conclure cet article, mes remerciements vont évidemment à Rochelle qui a eu la gentillesse de me faire partager ses impressions et de me fournir les illustrations. Vous pouvez la suivre sur son compte Twitter, surtout si vous êtes anglophone et fan de football allemand.

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Ex-géographe aujourd'hui dans l'informatique, passionné de football russe et ukrainien.

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