On a discuté avec Mehdi Bourabia, milieu de terrain du Levski Sofia

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Pierre Vuillemot
Pierre Vuillemot - Publié le 22 février 2016

En Bulgarie depuis un an après quelques galères, le milieu de terrain français Mehdi Bourabia a connu une progression fulgurante au pays de la Zagorka et du grand Trifon Ivanov, passant de la lutte pour le maintien avec le Lokomotiv Plovdiv à jouer le titre avec le Levski Sofia en à peine un an. Entretien.

Tu es né à Dijon, tu commences là-bas et après tu arrives au GF 38. Comment le club t’a-t-il repéré ?

Je n’avais que 17 ans à l’époque. J’ai été repéré par la réserve du GF38 quand je jouais avec Dijon. À cette époque-là, les deux clubs étaient dans le même groupe en CFA2, je m’entrainais déjà avec le groupe professionnel avec Dijon et j’étais déjà titulaire. J’ai fait deux bonnes prestations lors des deux rencontres de la saison face au GF38, notamment au match retour. Mon profil a alors fortement intéressé le club, qui a pris directement contact avec moi à la fin de ce match puis, après quelques matchs où ils m’ont supervisé, ils m’ont proposé un contrat et j’ai pu signer avec eux.

Tu as été formé avec d’autres joueurs assez talentueux (Thauvin, Taider, Turan, Ravet, etc). Comment expliques-tu que le club forme aussi bien, avec peu de moyens, notamment au niveau des installations ?

Au niveau de la formation du GF38, c’est vrai qu’il y avait pas mal de bons joueurs qui jouaient au ballon. On sentait qu’il y avait de la qualité. Pour moi, cette bonne formation vient déjà des éducateurs qui nous faisaient bien travailler. Chacun pouvait s’exprimer librement sur le terrain et ça se ressentait.  On sentait vraiment que ces éducateurs voulaient exploiter le potentiel de tous les joueurs et ils faisaient en sorte d’y arriver. On avait une liberté technique et collective.  Après, le talent est aussi quelque chose d’individuel, chacun a su travailler de son côté pour atteindre son niveau et exploiter ses qualités.

Gardes-tu des contacts avec tes anciens coéquipiers grenoblois ? Chacun est un peu parti de son côté, suis-tu encore leur carrière ?

J’étais encore en très bon contact avec Taider à une époque, Turan également. Thauvin c’était une génération un peu plus jeune que nous, on a gardé un peu contact également. Ravet aussi.  J’avais gardé contact avec à peu près tout le monde, mais au fil de sa carrière, on change de club régulièrement, on rencontre des difficultés, d’autres personnes, chacun fait un peu sa carrière de son côté. Personnellement, j’essaye de suivre ces joueurs et de voir ce qu’ils font,  ça me fait plaisir de voir que tout le monde arrive à continuer son chemin dans le football de son côté et j’espère qu’ils iront le plus loin possible.

Tu découvres la L1 à la fin de la saison 2010-2011, à Monaco, avant de retomber en L2. Comment as-tu vécu cette deuxième année dans l’élite compliquée ?

À vrai dire, j’avais découvert la Ligue 1 un peu plus tôt, je crois. C’était en début de saison, au mois de novembre, contre Monaco, oui. Je m’en souviens car c’était le premier point à l’extérieur qu’on avait réussi à prendre après une série de 11 défaites. Le premier match auquel je joue fut la fin de cette série.

C’est un super souvenir, je garde vraiment de bonnes sensations de toute cette époque. Par la suite, j’ai fait une autre apparition au Vélodrome lors du dernier match de la saison. J’en garde aussi un super souvenir, j’avais eu l’occasion de faire une bonne entrée en jeu. Puis, on est redescendu en Ligue 2 et par rapport aux jeunes, ce n’était pas forcément une mauvaise chose. Cette relégation nous a permis d’avoir plus de temps de jeu et, ainsi, pouvoir nous exprimer sur les terrains.

Malheureusement, ça ne s’est pas forcément passé comme voulu. La transition s’est sûrement passée trop vite, vraiment trop vite. On avait beaucoup de jeunes au GF38 et on a eu du mal à gérer tout ça, d’autant qu’il y a eu pas mal de problèmes extra-sportifs au niveau du club. À titre personnel, j’ai pu enchainer les matchs, j’ai pu faire de bonnes prestations en Ligue 2 et ça a été une opportunité d’avoir du temps. Malheureusement, j’ai eu une blessure qui a coupé ma progression.

L’année d’après, en L2, a été difficile… même si les jeunes ont eu leur chance. C’était quelque chose de formateur ?

Oui, ça a été formateur de pouvoir rapidement se plonger dans le football professionnel.  Après, par rapport à la Ligue 1, le jeu était un peu plus direct et peut-être un peu moins facile, je pense. En Ligue 1, on avait des équipes qui jouaient au football. Là, en Ligue 2, le jeu était plus direct et physique. Mais sinon oui, c’était forcément formateur.

Quel était ton rapport avec le coach ?

J’avais un très bon rapport avec  Yvon Pouliquen ainsi que Mécha Baždarević. Moi je voulais simplement travailler, pouvoir gravir les échelons afin d’avoir le maximum de temps de jeu. Malheureusement, on n’a pas pu se maintenir et il y a les problèmes que tout le monde connait qui ont fait que le club n’a pas pu résister à tout cela.

Comment as-tu vécu, toi qui es formé au club, le dépôt de bilan ? Comment expliques-tu que le club n’ait jamais pu vraiment profiter de sa formation ? Qu’est-ce qu’il s’est passé après le dépôt de bilan ? On retrouve ta trace deux ans après à Lille, dans leur équipe réserve.

C’était très difficile. C’est un club qui m’a ouvert les bras pour pouvoir aller de l’avant avec eux, pour pouvoir découvrir le monde professionnel. J’avais de bons rapports avec tout le monde dans ce club, de plus c’était une ville que j’appréciais. Je pense que c’était un club qui avait les capacités de se maintenir au plus haut niveau et qui pouvait continuer son travail de formation.

Après, je pense aussi aux gens qui étaient au club et qui ont eu pas mal de problèmes pour retrouver un travail après ça. De même pour nous les joueurs, personnellement, j’ai été blessé après ce dépôt de bilan. J’avais la possibilité de signer à Leicester, mais malheureusement la visite médicale n’est pas passée.  Je suis resté deux ans blessé, j’ai pas mal galéré avec cette pubalgie. Par la suite, j’ai pu retrouver une petite porte pour pouvoir rejouer au football avec la réserve du LOSC.

La Bulgarie, ça a été un choix à l’instinct et je suis content de celui-ci aujourd’hui.

Après ton passage au LOSC, tu décides de quitter la France pour la Bulgarie. Est-ce que ce fut un choix difficile sur le moment ?

Ça n’a pas été un choix facile, mais je sortais de plusieurs échecs. J’ai pu côtoyer le football professionnel assez jeune avec la Ligue 1 et la Ligue 2, alors quand on ne joue pas au football pendant deux ou trois saisons ça vous manque, de ne plus pouvoir ressentir ces sensations ça fait mal. À partir de là, je voulais simplement avoir du temps de jeu, redécouvrir le monde professionnel et je voulais signer n’importe où pour ça. La Bulgarie, ça a été un choix à l’instinct et je suis content de celui-ci aujourd’hui.

Que connaissais-tu du pays ? Avais-tu quelques a priori ? Tu as eu l’occasion de discuter avec les nombreux Français présents en Bulgarie afin de t’y faire une idée et te conforter dans ton choix ?

À la base, je ne connaissais vraiment pas grand-chose du pays. J’avais des a priori comme toute personne qui se rend dans un endroit qu’il ne connait pas, mais je connaissais des joueurs qui évoluaient dans le championnat, notamment Yohann Lasimant qui m’avait dit que c’était un bon club pour pouvoir jouer, avec de bonnes conditions et qu’on pouvait y avoir du temps de jeu. Et même sans le fait qu’il y ait des Français, j’étais tenté par une aventure à l’étranger après les déceptions que j’ai pu avoir avec le football en France, mais c’est vrai que le fait qu’il y ait ces Français ça m’a aussi réconforté. J’ai pu discuter avec d’autres joueurs en Bulgarie par la suite comme Petrus Boumal, Lasimant, Aymen Belaïd, Helton Dos Reis, il y avait un peu moins d’une dizaine de joueurs, mais tous me disaient que c’était une bonne chose de venir ici et que c’était intéressant.

Tu signes donc au Lokomotiv Plovdiv, une ville qui n’est pas forcément médiatisée chez nous, mais qui est pourtant une vraie ville de football, non ?

C’est vrai que c’est une ville que peu de gens connaissent. C’est une superbe ville, où il fait chaud même si elle n’est pas au bord de mer. C’était vraiment plaisant et j’ai été surpris, en plus au niveau des supporters c’est vraiment une ville de football. Dès le deuxième ou troisième match, c’était le derby de Plovdiv. C’était incroyable, les fumigènes, les bombes agricoles, les supporters. Ça a été une belle surprise.

Quel souvenir gardes-tu de ce match, de son ambiance ? Tu ressentais une certaine pression avant le match dans l’équipe, la ville ou chez les supporters ?

Par rapport au derby, il y avait une grosse pression sur nous. Toute la ville nous parlait de ce match une semaine avant. Vraiment toute la ville. Dans les rues, chez les dirigeants, chez les supporters, on pouvait sentir la passion, que c’était vraiment important pour eux.  Quelques heures avant le début du match, toutes les rues qui donnaient vers le stade étaient fermées, le stade était plein. C’était une grosse pression, mais surtout une bonne pression on va dire. C’est le genre de match qui plait à chaque joueur de football.

Il me semble que, lorsque tu signes au club, l’ancien propriétaire, Constantin Divev, quitte tout juste le Lokomotiv où il avait été accusé d’organiser des matchs truqués. Est-ce que tu as eu l’occasion de subir cette ambiance autour du club ? Après lui s’est insufflé un renouveau grâce à la prise de contrôle du club par les fans grâce à la fondation « Avenir pour Lokomotiv » puis par Nikolay Nedelchev, qui a été élu président de l’association « Union pour le Lokomotiv ». Tu en avais connaissance à ton arrivée ? Est-ce que les relations avec la direction étaient différentes du fait que ça soit des supporters à la tête du club ?

Non, quand je suis arrivé au club je n’étais pas au courant de toutes ces choses. J’étais focalisé sur le football, je n’avais qu’une chose en tête c’était de gagner ma place et d’avoir du temps de jeu. J’ai fait abstraction de tout ce qui avait pu se passer dans le club, même si j’avais entendu dire que c’était les supporters qui l’avaient repris. J’ai trouvé ça très sympa, ce sont des personnes dévouées, des passionnés, j’ai trouvé que c’était une bonne chose. Après tout ce qui était administratif, ces histoires de matchs truqués, je n’ai pas pu le ressentir, j’étais focalisé sur le football et je n’ai pas forcément ressenti qu’il y avait une ambiance pesante vis-à-vis de cette histoire.

Au final, à titre personnel, cette première en Bulgarie est une vraie réussite. Comment s’est passée ton intégration dans le football local et l’équipe ?

J’ai fait une demi-saison avec le Loko Plovdiv où j’ai dû jouer environ 17 matchs. À la base, j’étais là pour gratter le maximum de temps de jeu et, au bout de trois matchs, je gagne ma place de titulaire, on a su se maintenir rapidement et on a pu terminer la fin de saison plus facilement, sans aucune pression. Je me suis parfaitement intégré au football local au final.

Puis tu signes avec le Cherno More qui vient tout juste de remporter la coupe.

Oui, je signe à Varna. En fait, j’ai eu l’occasion de jouer contre eux deux fois en demi-finale de coupe de Bulgarie où j’avais fait deux belles prestations avec un but au match aller, puis une passe décisive au match retour. Directement après ce match, l’entraîneur du Cherno More vient me voir et me dit qu’il aimerait me faire signer pour la saison prochaine.  J’ai eu l’occasion de discuter un peu avec Mathias Coureur, qui a eu l’occasion de me dire du bien du club, de la ville, du coach et le lien s’est donc fait assez rapidement.

En y repensant maintenant, ce transfert à Varna, ce fut un bon choix, non ?

Quand on fait le point maintenant, je vois que ça a été un bon choix. Pendant que j’étais en vacances, et alors que j’avais déjà signé, le club joue une finale de coupe et remporte le trophée face à Ludogorets. Qui dit victoire en coupe, dit Europa League, et là, j’ai eu du mal à y croire. 6 mois après mon arrivée, après avoir galéré suite à ma pubalgie, pouvoir accrocher l’Europa League, c’était inimaginable. Je ne m’y attendais absolument pas.

Deux Français qui donnent deux titres au Cherno More Varna, c’était un joli clin d’œil du destin.

Surtout qu’avec le club, tu remportes ton premier trophée avec la Supercoupe. C’était un match spécial pour toi ? Comment est-ce que tu as vécu de donner la victoire à ton club et de remporter ce premier trophée ?

Oui, par la suite on a eu l’occasion d’affronter une nouvelle fois Ludogorets en Supercoupe. Ça a été incroyable de marquer ce but victorieux pour mon tout premier titre. C’était quelque chose de spécial, ça a été un moment fort et j’en suis très content.

Tu voulais directement concurrencer Mathias Coureur dans le cœur des supporters ?

(Rires) C’était dans le prolongement de ce qu’il avait pu donner au club. Deux Français qui donnent deux titres au Cherno More Varna, c’était un joli clin d’œil du destin.

D’ailleurs, cette Supercoupe s’est jouée face à Ludogorets. Comment est-ce que tu juges le niveau général du championnat ? Ludogorets est vraiment supérieur aux autres pour toi ?

Ludogorets est une super équipe, qui joue au ballon, qui a de très bons joueurs, dont des internationaux. Le club est structuré et un peu supérieur aux autres équipes, même s’il y a encore le Levski qui peut jouer des coudes avec, ainsi que le Litex un peu plus bas. Ludogorets est vraiment une superbe équipe, mais je pense que rien n’est décidé pour la course au titre et il y a encore quelques équipes qui peuvent s’y mêler.

Comment se sont passés tes premiers mois à Varna ? Mathias me disait que les locaux l’ont parfaitement accueilli, ça a été ton cas aussi à Plovdiv et Varna ?

Personnellement, j’ai été parfaitement accueilli que ça soit à Varna ou Plovdiv sans aucun problème de racisme par exemple. Varna est une ville un peu spéciale, car c’est très touristique l’été notamment grâce au cadre idéal avec la mer. Mais, en tout cas, j’ai été parfaitement accueilli par les locaux et je n’ai eu aucun problème. De même, je comprends de mieux en mieux le bulgare, j’essaye de le parler et de m’intégrer également. Après, on ne fait pas grand-chose de spécial. On se fait un resto ou on va boire un verre de temps en temps, mais on reste surtout concentré sur le football.  On s’entraine, on rentre, on se repose, on n’a pas forcément le temps de trop s’éparpiller autour de la ville. Mais, quand on a un peu de temps libre, on essaye de découvrir un peu les villes et le pays.

Au niveau du football, penses-tu que vous auriez pu faire mieux avec le Cherno More sur ces 6 premiers mois ?

Oui, je pense qu’on aurait peut-être pu faire mieux au niveau du classement, mais on n’a pas été facilité. On a eu de nombreux blessés, notamment notre attaquant de pointe qui a manqué sur cette première partie de saison, et, du coup, on a du composer avec un effectif assez limité quantitativement.

On a pu faire de très bonne chose grâce à notre fraicheur de début de saison lié à notre préparation physique, mais après, par la suite, on était trop limité pour pouvoir durer dans le temps et sur toute cette première partie de saison, mais après, je pense qu’on a donné le meilleur. Notamment moi et Mathias qui devons être impliqués sur (il hésite), je ne sais plus le pourcentage, mais Mathias a dû mettre sept buts et trois passes décisives tandis que j’en suis à quatre buts et quatre passes décisives donc on a donné le maximum pour pouvoir mettre le club au plus haut, mais c’est surtout la profondeur du banc qui a fait défaut dans le temps.

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Avec ta récente signature au Levski, on peut voir ton évolution extrêmement rapide en l’espace d’une année. C’était ton plan de carrière lors de ton arrivée en Bulgarie ?

Ça s’est fait assez rapidement. En l’espace de moins d’un an, j’en suis déjà à mon troisième club et là, avec le Levski, je signe dans le meilleur club du pays. Je ne m’y attendais vraiment pas pour le coup. Comme je te le disais, quand je suis arrivé ici, c’était pour pouvoir regoûter au football, rejouer, prendre du plaisir sur le terrain. J’ai continué à travailler sans forcément me poser de questions et aujourd’hui je suis très content d’être au Levski. Je me dis que j’ai travaillé et que ça a payé.

Avec ce transfert, tu changes d’objectif en jouant maintenant le titre. Penses-tu que concurrencer Ludogorets dans la durée est jouable ?

Oui, le Levski est un grand club. Maintenant, les supporters veulent des titres. Ça fait plusieurs années qu’ils n’en ont pas eu et ça serait bien de pouvoir leur donner ça, on fait le maximum, pour travailler et lutter contre Ludogorets et les autres équipes. Ce n’est pas terminé pour la lutte pour le titre, ça va être compliqué, mais on va prendre match après match et donner le maximum afin d’accrocher ce titre de champion.

Certains jeunes ont des qualités, mais le problème, je pense,  c’est qu’ils n’ont pas forcément encore cette mentalité de travailler quand ils sont jeunes.

Globalement, quel est ton avis sur le football bulgare ?

Globalement, le football bulgare est un bon championnat. Je ne m’attendais pas forcément à ça, il y a pas mal de bons joueurs. Après, le championnat a évolué. Par rapport à l’année dernière, cette saison est plus homogène, c’est beaucoup plus serré, tout le monde peut battre tout le monde. D’autres joueurs sont arrivés et ils ont su apporter leur qualité. Par rapport à la formation, certains jeunes ont des qualités, mais le problème, je pense,  c’est qu’ils n’ont pas forcément encore cette mentalité de travailler quand ils sont jeunes. Je pense que c’est ça qu’il leur manque pour pouvoir franchir un cap.

Au niveau des infrastructures, ça dépend les clubs. Par exemple, au Levski, il y a de très bonnes infrastructures et installations, mais c’est vrai que dans certains clubs, pour évoluer, il faudrait pouvoir investir dans de nouvelles infrastructures qui permettraient certainement de développer le championnat et le football bulgare.

J’ai été surpris par l’ambiance ici, au Levski. C’est très impressionnant, quand la totalité du stade se met à chanter, avec tous ces fumigènes, c’est plaisant.

Au niveau des ambiances, tu as été impressionné par quelques stades ? Une expérience marquante ?

J’ai été surpris par l’ambiance ici, au Levski. C’est très impressionnant, quand la totalité du stade se met à chanter, avec tous ces fumigènes, c’est plaisant. Vraiment.  Après, il y a pas mal de stades où il y a pas mal de bruit. Il y a le Botev avec leur stade à domicile proche des joueurs, à Beroe aussi quand je suis venu y jouer avec Varna il y avait une belle ambiance. Il y a pas mal de supporters dans chaque club, mais le plus impressionnant ça reste le Levski, c’est certain.

À l’image du CSKA Sofia, ou plus récemment les soucis avec le Litex, tu n’as jamais eu peur pour ton avenir au pays, tu n’as jamais eu des envies de départ ?

J’ai eu des contacts avec un club de première division russe, mais j’ai préféré rester au pays et signer au Levski. Pour moi c’était naturel de continuer à franchir les étapes petit à petit. Après, c’est vrai que quand on peut voir la situation dans certains clubs comme le CSKA dernièrement, on se dit que ça peut arriver à n’importe qui. On n’est jamais sûr de ce qu’il peut arriver, mais je pense qu’un club comme le Levski est bien géré. J’ai eu quelques retards de salaire avec le Lokomotiv, mais ça a vite été réglé tandis qu’à Varna, je n’ai jamais eu aucun problème. J’espère que ça va continuer comme ça et que les autres clubs se porteront bien afin d’avoir un championnat compétitif l’année prochaine et dans les années futures.

Quels sont tes objectifs aujourd’hui, que ça soit à court ou long terme ?

Comme je le dis souvent, je n’ai pas forcément d’objectif. J’aime surtout m’exprimer sur le terrain, prendre du plaisir et continuer à jouer au football. J’espère surtout continuer comme ça, avoir le maximum de temps de jeu, aider l’équipe à aller le plus haut possible. Sans me poser de question. Tout simplement jouer au football et faire ce que j’aime.

Avec ces multiples transferts en quelques mois, souhaites-tu te stabiliser sur quelques saisons ou tu espères voir toujours plus grand, quitte à partir de Bulgarie ?

Au niveau de la stabilité, c’est vrai que ce n’est pas trop ça avec trois clubs en un an. J’essaye de garder la tête sur les épaules, de me dire que l’important c’est de continuer à travailler, qu’importe l’endroit.  Je me dis simplement qu’il faut que joue et on verra ce qui viendra à moi. Après, c’est vrai que le championnat turc ou russe, c’est des championnats qui peuvent m’intéresser avec des équipes qui jouent régulièrement des compétitions européennes. Par la suite, ça peut être intéressant, il faudrait voir s’il y a une possibilité. Voire même revenir un peu plus tard en Europe de l’Ouest, mais pour l’instant je suis au Levski et je pense surtout à jouer.

Pierre Vuillemot


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Le mec qui arrive à te parler du Slovan Ivanka pri Dunaji et du Družstevník Liptovská Štiavnica en toute décontraction. En clair, j'aime le football slovaque et, accessoirement, je suis gérant de Footballski.

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