On a discuté avec Yassine El Kharroubi, gardien du Lokomotiv Plovdiv

Nicolas Kohlhuber - Publié le 24 octobre 2015

Footballski a interviewé Yassine El Kharroubi, gardien titulaire au Lokomotiv Plovdiv. Ambiance, adaptation, championnat bulgare, le Marocain se confie. Entretien.

Yassine, tu es en ce moment titulaire au Lokomotiv Plovdiv, comment cela se passe pour toi ?

Je me sens très bien ici. Tout est réuni pour bien travailler. Les infrastructures sont bonnes, le groupe est de qualité. On n’est pas très bien parti en étant au milieu de tableau mais on a le niveau pour accrocher l’Europa League.

Comment t’es-tu retrouvé ici ?

J’ai été formé à Guingamp. Après une mauvaise passe au Maroc, j’ai eu l’occasion de m’engager avec Vereya, en deuxième division. C’était ma dernière chance, je l’ai saisie. J’y ai réalisé une bonne saison, avec notamment un record en Ligue 2 bulgare: 10 matchs consécutifs sans prendre de but. C’est une fierté. Cela a séduit le CSKA Sofia qui m’a fait signer l’hiver dernier et m’a reprêté dans la foulée pour que je termine la saison avec Vereya. J’ai alors fait la préparation avec le CSKA, cela se passait bien, on avait de bons objectifs, mais ils ont fait faillite. Quand j’ai appris que le club était condamné à jouer en D3, j’ai résilié.

Comment as-tu vécu ce transfert avorté ?

J’avais peur d’être dans l’impasse. J’avais déjà vécu une faillite au Maroc, à Fès. Le discours des dirigeants du CSKA m’avait séduit, j’étais super content, donc forcément la faillite m’a déçue. J’avais confiance, et je ne voulais pas descendre en D3. Quand j’ai senti qu’il n’y avait plus d’échappatoires, j’ai résilié. Je ne voulais pas refaire l’erreur que j’avais faite au Maroc d’attendre. Derrière Plovdiv a tout fait pour me récupérer. Le staff du CSKA a été compréhensif, ils m’ont dit que j’avais raison. Cela s’est fait naturellement.

N’avais-tu pas peur de l’état du football bulgare avec la faillite de clubs tels que le CSKA Sofia ?

Pour moi, c’est une honte qu’un club tel que le CSKA fasse faillite. C’est un club très connu, même en France. Jamais ça ne doit arriver, un club avec une histoire de cette ampleur ne peut pas couler de la sorte. Je me suis dit que si ça leur arrivait, ça pouvait arriver à tout le monde. Mais le président du Lokomotiv Plovdiv a été honnête, il m’a assuré que son club n’était pas menacé. J’avais tout de même des interrogations, mais il m’a rassuré. Aujourd’hui, je n’ai aucun regret, tout se passe bien. C’est carré, il n’y a du retard sur aucun salaire, aucune prime.

Le derby de Plovdiv le week-end dernier | © sportal.bg

Le derby de Plovdiv le week-end dernier | © sportal.bg

Toi qui as joué en Ligue 2, quelle est la différence de niveau avec la L1 en Bulgarie ?

Il y a un gros écart, le niveau est très différent. C’est plus intense sur et en dehors du terrain. Les stades, les infrastructures, les spectateurs, tout est plus pro en première division. Et le niveau y est comparable à la Ligue 1, le haut de tableau est largement à la hauteur face aux équipes françaises.

Le derby de Plovdiv, c’est fou !

Qu’as-tu pensé des ambiances bulgares ?

Le week-end dernier, il y avait le derby de Plovdiv, tu aurais dû être là. L’ambiance était folle. Je n’ai jamais rien vu d’équivalent. Les spectateurs tiraient des feux d’artifice de derrière les tribunes pendant le match. Tu te rends compte ? C’est incroyable, ça nous met dans le match. On est fier de les avoir, de porter le maillot. J’ai été impressionné, on voulait gagner pour saluer leurs efforts.

Quels joueurs t’ont le plus impressionné en Bulgarie ?

Aucune individualité ne m’a vraiment déboussolé. Je parlerai plutôt de collectif. Litex et Ludogorets sont un niveau au-dessus. Il y a une différence. Il y a évidemment des individualités qui se démarquent, mais je fais plus attention au groupe. En tout cas, il n’y a pas de Cristiano Ronaldo ou de Messi ici même s’ils ont du ballon.

As-tu une petite anecdote sur ta vie bulgare ?

Quand je suis arrivé, j’ai eu un gros problème de communication. Ici, les signes de tête pour le oui et pour le non sont inversés. Ça posait pas mal de problèmes sur le terrain, mais aussi dans la vie de tous les jours. Au restaurant, avec le coach, Ça a mis du temps à rentrer, et aujourd’hui encore, il y a parfois des pulsions françaises qui refont surface. J’ai été obligé de m’adapter. S’il pouvait y avoir des quiproquos au final, c’était surtout drôle.

Nicolas Kohlhuber


Photo à la une : Yassine El Kharroubi | © plovdiv24.bg

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