On a discuté avec Rasa Imanalijeva, capitaine de Gintra Universitetas

Tristan Trasca - Publié le 8 novembre 2014

A l’occasion des huitièmes de finale de la Ligue des Champions féminine qui débutent ce week-end, on a discuté avec l’internationale lituanienne Rasa Imanalijeva, capitaine de Gintra Universitetas.

Son début de carrière

Rasa Imanalijeva (23 ans) est une figure incontournable du football féminin en Lituanie. Pourtant elle a débuté le football sur le tard : « J’ai commencé à jouer au football à l’âge de 16 ans. Le football féminin n’était pas très populaire en Lituanie donc je ne savais même pas que cela existait ! J’ai participé à un tournoi avec mon école et un entraîneur m’a repérée. C’est ainsi que j’ai signé à Gintra Universitetas. »

Depuis 7 ans, Rasa n’a fait que quelques infidélités à son club : « L’an dernier, j’ai joué quelques mois en Suède et en Angleterre, mais j’ai joué le reste de ma carrière à Gintra. »

La promenade domestique avec Gintra

Si Rasa a connu un seul club, c’est également parce qu’elle joue dans le meilleur du pays : « Le problème principal dans le championnat lituanien est le faible niveau de compétitivité. Il y a une grande différence entre les équipes. » En effet, Gintra vient d’enchaîner son dixième titre de champion consécutif. Et cette saison, les performances ont été encore plus exceptionnelles que d’habitude : 18 matchs, 18 victoires, 128 buts marqués et… 0 encaissé !

gintra

Selon Rasa, les bons résultats proviennent aussi de l’entente dans l’équipe : « L’ambiance est bonne dans l’équipe, nous sommes une deuxième famille. Nous n’avons pas beaucoup de fans mais ceux-ci font aussi partie de la famille. »

L’épopée en Ligue des Champions

Pour la première fois de leur histoire, Gintra est parvenu à se qualifier pour les 8è de C1, devenant le petit poucet de la compétition. En 16è, Gintra a réussi à accrocher le Sparta Prague, en les éliminant aux pénos après deux nuls 1-1.

Bien entendu, Rasa a joué son rôle en marquant au retour puis en inscrivant le penalty décisif :« Contre le Sparta Prague, ce fut très difficile puisqu’elles ont pratiqué un très bon football. C’était une sensation incroyable de les éliminer. »

Au prochain tour, cela s’annonce encore plus compliqué face à Brondby : « C’est une équipe très forte et professionnelle. Je pense que ce sera très dur contre elles. Nous ferons de notre mieux et ce sera quoi qu’il en soit une sacrée expérience pour notre jeune équipe. »

Le développement du football féminin en Lituanie

Cependant ces belles performances de Gintra n’effacent pas les conditions difficiles dans lesquelles le football féminin lituanien évolue. Rasa confirme : « Nous manquons d’infrastructures, de soutien mais aussi de communication autour du football féminin. »

Des efforts sont entrepris avec notamment la mise en place d’une D2 :« Nous avons une D2 en Lituanie où évoluent des filles plus jeunes. C’est une première étape pour rendre le football féminin plus populaire et pratiqué. Il y a aussi un groupe de jeunes femmes dans l’académie de la fédération à Siauliai où elles sont hébergées et formées. »

Le chemin reste long selon Rasa, qui a déjà été capitaine de la sélection à plusieurs reprises : « Le football féminin lituanien a besoin de plus de soutien. C’est très compliqué de se développer dans un monde d’hommes et dans un pays où le basket est beaucoup plus populaire. »

Son futur

Si elle vit une belle histoire au Gintra, la jeune Rasa ne fait pas une croix sur l’étranger pour le futur : « J’aimerais jouer à l’étranger avec de meilleures conditions de pratique. J’aime le football anglais, espagnol, italien et scandinave où le niveau du football féminin est bien meilleur. »

Mais elle n’oublie pas le football dans son pays : « Un des mes souhaits est de participer au développement du football féminin dans mon pays après ma carrière ».

On lui souhaite en tout cas bonne chance pour les matchs contre Brondby !

 

Tristan Trasca

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