On a discuté avec Nicolas Rajsel, attaquant de l’Union Saint-Gilloise

Julien Duez
Julien Duez - Publié le 8 janvier 2017

Vous avez marre du football vrai ? Nous, non. En ces heures ternies par les football leaks, l’argent-roi et les transferts indécents, il est des joueurs qui arrivent à combiner des objectifs professionnels avec une vision réaliste de la vie. Nicolas Rajsel est de ceux-là. Au cours d’un entretien-fleuve de presque deux heures, l’attaquant de l’Union Saint-Gilloise revient pour Footballski sur sa formation au PSG, son premier contrat pro dans son pays d’origine, la Slovénie, et une expérience internationale avec les espoirs des Dragons. Rencontre avec un gars qui vit la vie normale, tout simplement.

Salut Nicolas, la trêve hivernale vient de toucher à sa fin. Comment tu te sens à l’aune de la reprise ?

Dans l’ensemble ça va. J’ai fait un début de saison plutôt bon malgré une blessure (une déchirure du quadriceps interne, ndlr) qui m’a éloigné des terrains pendant deux mois. Aujourd’hui je suis de retour et j’espère que l’année 2017 sera favorable pour moi.

Tu es né à Pontoise en 1993. En 2005, à l’âge de douze ans, tu intègres le centre de formation du PSG. Tu y es resté combien de temps ?

J’y ai fait huit années complètes. J’ai commencé par le centre de préformation, puis de formation, avant d’avoir un contrat de stagiaire pro lorsque j’ai signé au sein de l’équipe-réserve.

C’était en 2011. Juste avant, tu remportes le championnat de France U19.

C’est l’un de mes meilleurs souvenirs car c’était l’occasion de terminer ma formation de la meilleure des manières. L’année avait particulièrement mal commencé mais on a réussi à inverser la tendance lors de la deuxième moitié de saison et à finalement s’imposer contre Grenoble. Cela sonnait comme une revanche après la finale perdue aux tirs au but contre Sochaux la saison précédente, en finale du championnat de France U17.

Nico jeunot aux actualités locales après son but qualificatif contre Nancy

Qu’est-ce qui a manqué pour que tu signes un contrat professionnel ?

La situation était assez compliquée. C’était en 2012, les Qataris étaient arrivés depuis peu et les jeunes ont été mis de côté. Aujourd’hui c’est différent parce que le niveau est bon et que la pression du résultat est moins forte. Mais à l’époque le projet était nouveau et les dirigeants ne voulaient pas prendre le risque de mettre des jeunes sur la pelouse. Pour te dire, dans ma génération, seul Youssouf Sabaly (actuellement prêté par le PSG aux Girondins de Bordeaux, ndlr) a eu un contrat lors de notre dernière année de stagiaires pros. Certains, comme Alphonse Aréola ou Jean-Christophe Bahebeck avaient signé pro deux ans plus tôt, mais ça ne fait quand même pas beaucoup.

Avec une génération aussi talentueuse, comment tu expliques que si peu d’entre vous ont réussi à percer ? Seulement à cause des Qataris ?

Oui, je pense que leur arrivée ne nous a pas rendu service. Avant eux, il y avait beaucoup plus de joueurs qui étaient promus de la réserve au noyau A, mais dans notre cas, on avait la concurrence de Zlatan Ibrahimovic, David Beckham  et plusieurs autres grands noms qui venaient de signer pour rendre au Paris Saint-Germain son côté doré d’antan. Du coup, il n’y avait plus de place pour les jeunes. Il aurait vraiment fallu être un Messi ou un Ronaldo pour espérer atteindre l’équipe première.

Le centre de formation du PSG est réputé pour être l’un des meilleurs de France et même un cador en Île-de-France. Tu as l’impression que ta génération a été sacrifiée par la nouvelle direction ?

On peut dire ça. L’argent qu’ils ont investi exigeait des résultats immédiats, ce qui peut expliquer pourquoi ils n’ont pas fait le pari de faire confiance à la jeunesse. Entre temps, la mayonnaise a pris et les stagiaires pros recommencent à intégrer l’équipe première. Nous, on n’a pas eu de chance, ils sont juste arrivés au pire moment. Si cela avait été deux ans avant ou après, les choses auraient sûrement été différentes.

Tu supportes le PSG aujourd’hui encore ?

Bizarrement, je ne l’ai jamais vraiment supporté. Je me suis toujours vu davantage comme un supporter du Parc. Quand j’étais jeune ado, l’équipe qui me faisait rêver c’était Lyon (rires) ! Je me rappelle de Juninho qui tirait ses coups-francs comme des penaltys ou d’Edmilson en Ligue des Champions, ça me provoque encore des frissons. Après, au centre de formation tu étais un peu obligé de supporter le PSG. Tu portais le blason du club sur le cœur tous les jours, tu dormais dans des draps aux couleurs du club toutes les nuits, tu étais à l’intérieur de la machine en somme, donc tu te devais de la suivre au quotidien. Mais je n’ai jamais acheté leur maillot par contre.

Comment ça se passait l’éducation sur le côté ?

Au centre de préformation, on suivait les cours au collège comme tout le monde. À partir du centre de formation, ce sont les professeurs qui se déplaçaient jusqu’à nous et nous dispensaient les cours par petits groupes. Mais avec les entraînements sur le côté, c’était difficile de cumuler les deux et d’avoir la même éducation que les lycéens normaux. Malgré tout, à dix-huit ans j’ai obtenu mon bac STG, comme la plupart de mes camarades de l’époque.

Probablement la seule photo qui réunit Nicolas Rajsel et un certain David Beckham © DR

On est en 2013, tu as vingt ans et tu te retrouves sans club. Comment on vit ce genre de départ dans la vie professionnelle ?

Quelque part, on était tous prévenus. On nous avait plusieurs fois répété que le football est un milieu cruel et que si tu ne trouvais pas de contrat professionnel, tu allais galérer. Donc c’était une belle galère parce qu’en plus, je n’avais pas d’agent. Mais malgré le jeune âge, dans nos têtes on était déjà des adultes. Quand tu quittes ta famille à douze ans et que tu en vis huit dans un centre de formation, ça t’endurcit. L’éducation qu’on a reçue avait le mérite d’être claire : il fallait travailler dur pour atteindre notre objectif, sous peine de devoir chercher autre chose, ce qui était inconcevable pour moi. Je suis resté six mois au chômage. Cela signifiait le retour chez mes parents, étant donné que je n’avais plus de salaire pour payer un loyer. Je me suis entraîné tout seul, en jouant parfois avec des amis pour essayer de garder un minimum de condition physique et de repères sur le terrain.

Vous étiez conscients que même les meilleurs, ceux qui restaient jusqu’à la fin, pouvaient ne pas passer pro. Tu n’avais pas un plan de reconversion ?

Franchement, non. Mon objectif c’était le foot et uniquement le foot. Je savais que si je devais être amené à quitter le PSG, il fallait absolument que je trouve un autre endroit où rebondir.

Qu’est-ce qui a été le plus dur pendant ces six mois ?

Le mental. Quand tu as vingt ans, que tu as passé huit ans à t’entraîner pour devenir footballeur professionnel et que tu finis au chômage, sans préparateur physique et sans perspective de contrat, c’est très dur à encaisser.

Un semestre plus tard, tu finis par passer des tests en Slovénie. Comment tu as fait pour atterrir là-bas ?

Mon oncle Srečko, qui y vit avec une partie de ma famille, est un peu connu dans le milieu du football local. C’est un ancien joueur professionnel qui est passé, entre autres, par Ljubljana. Il en a gardé pas mal de contacts, donc c’était simple pour lui d’essayer de me trouver quelque chose.

Srečko Rajšel (debout, à gauche), lors d’un tournoi de vétérans de l’Olimpija Ljubljana © DR

C’est toi qui es venu lui demander un coup de main, ou lui qui est venu te chercher ?

Lui. Il est en contact avec mon grand-père qui parle slovène et lui donne régulièrement de mes nouvelles. Quand il a appris que j’étais au chômage, il a fait jouer ses contacts pour me venir en aide. Il a réussi à me dégoter un stage à l’Olimpija Ljubljana. Les tests s’étaient bien passés et le staff était prêt à me faire signer. Il n’y avait qu’un problème : mon agent.

Comment ça ?

C’était le frère d’un ami avec qui j’avais commencé à travailler pendant ma période sans club. J’ai appris par la suite qu’il avait demandé une somme énorme pour moi, bien plus que ce que le club était prêt à mettre, parce qu’il était payé à la commission et voulait donc sa part du gâteau. C’est ça qui a fait capoter mon transfert à Ljubljana, mais je ne l’ai compris que beaucoup plus tard parce qu’il ne me l’avait jamais dit.

Comment tu as rebondi après coup ?

J’ai passé un deuxième test au NK Domžale, à l’occasion d’un match amical contre le Lokomotiva Zagreb dans lequel j’ai même marqué (score final 2-0, ndlr). Mais Luka Elsner, l’entraîneur de l’époque, ne m’a finalement pas retenu. Probablement parce que je ne correspondais pas assez au profil de joueur qu’il recherchait à ce moment-là. Pendant le match, Ambrož Krajnc, le directeur sportif du NK Celje, était dans les tribunes et m’avait repéré. Mon oncle m’a ensuite contacté pour me faire savoir que le club voulait aussi me faire passer un test. J’y suis resté une semaine, cela s’est bien passé et j’ai signé en janvier 2014.

Quelle est la réputation du NK Celje en Slovénie ?

Je ne me rappelle pas qu’il ait une identité particulière, en tout cas pas sportivement (la ville est surtout réputée pour son club de handball, ndlr). En dehors de l’Olimpija et de Maribor, le reste est assez insignifiant. Il y a tout de même le ND Gorica qui se démerde pas trop mal, mais c’est parce qu’ils sont situés à côté de la frontière italienne et qu’ils se font souvent prêter des joueurs de Série A ou B, alors forcément, ça relève le niveau. Quand je jouais à Celje, ils avaient notamment Gianluca Lapadula, qui joue aujourd’hui au Milan AC.

Nico (à gauche) lors de son arrivée à Celje © DR

Comment as-tu réagi au moment de signer ? Content de retourner aux origines ou plutôt déçu, vu le niveau assez faible du championnat ?

Honnêtement, ça m’a fait plaisir. Je connais bien la Slovénie pour y être allé en vacances tous les étés pendant mon enfance. Quand l’Olimpija m’a proposé de passer un test, c’était très excitant : le niveau du club est bon, l’encadrement l’est aussi, le stade est très beau… Et puis, avec Maribor, on ne fait pas mieux, donc je savais où j’allais mettre les pieds. Bon, la suite on la connaît : je n’ai pas signé à Ljubljana mais à Celje. Du coup je faisais un peu la moue mais je n’allais pas faire la fine bouche non plus, il fallait bien que je me lance !

Mais tu vas rapidement déchanter…

Quand je suis arrivé, on jouait le maintien. Ma situation était difficile, je ne parlais pas bien la langue, c’était donc assez difficile de se faire des amis. En plus, je ne vivais même pas dans un appartement, j’avais une petite chambre à l’intérieur du stade. Je mangeais au restaurant tous les jours, la solitude était énorme, loin des conditions de vie que j’espérais. En plus, ma famille slovène habitait loin et ne se déplaçait que pour certains matches. Je ne les voyais que quelques heures avant qu’ils ne repartent. C’était dur d’être aussi souvent seul, loin des siens.

Qu’en était-il sur le terrain ?

Je n’ai pas eu l’opportunité de montrer tout ce que je valais. J’ai joué une quinzaine de match et marqué un seul but (contre Maribor à l’extérieur, ndlr). La transition après le PSG a été très difficile : à Paris on jouait pour gagner, il y avait beaucoup d’automatismes au sein du groupe. À Celje, le niveau était bien plus mauvais, la construction quasi-inexistante, les passes imprécises ça renvoyait en chandelle en permanence ! Et puis vue notre mauvaise position au classement, toute l’équipe devait défendre, ça n’attaquait presque jamais. C’a été un véritable électrochoc dans ma carrière, j’ai vu deux faces du football complètement opposées en six mois seulement.

Ça n’a pas provoqué l’effet inverse chez toi ? En venant d’un grand centre de formation, tu avais un bon niveau, tu aurais pu tirer l’équipe vers le haut ?

J’aurais aimé, mais le football est un sport collectif et tout seul, je ne pouvais rien faire. Le problème vient aussi des moyens techniques : les entraîneurs n’ont pas la même formation qu’en France ou en Belgique. Ils sont formés et restent en Slovénie et font avec leur vision des choses, sans s’inspirer de ce qui peut se faire dans les grands clubs européens.

Comment s’est passée ton intégration dans le groupe ?

On était très peu d’étrangers. Je suis arrivé en même temps qu’un gars italo-albanais (Amir Bilali, ndlr). Pour lui c’était moins dur, vu que ses pays sont moins éloignés de la Slovénie que la France. En plus on logeait ensemble dans des petites chambres du stade, forcément ça créée des liens. Il y avait aussi un Nigérian, Sunny Omoregie, qui joue aujourd’hui à Maribor. À part eux, que des Slovènes. Au début, ils étaient sympas, chaleureux et accueillants, mais comme avec un touriste. On ressent chez eux une fierté patriotique assez marquée et je sentais qu’ils me jugeaient un peu, étant donné que j’étais Franco-Slovène mais que je ne parlais pas la langue. Progressivement, ça s’est détendu parce qu’ils ont un bon fond, mais il restait malgré tout une barrière entre nous.

Le jaune lui va si bien ! © DR

Ton niveau en slovène, ça valait quoi ?

Pas grand-chose, hélas. J’aurais adoré apprendre cette langue, mais mon grand-père ne l’a jamais apprise à mon père et ça ne s’est donc malheureusement pas transmis entre les générations. C’est dommage, parce que c’est quand même la langue de mes origines, je trouvais donc ça important de la connaître. Et puis quand j’ai débarqué à Celje ça m’aurait quand même été un peu utile (rires) !

Justement, la barrière de la langue n’a pas été trop dure à franchir ?

Au début, heureusement qu’il y avait l’anglais. Sinon j’aurais vraiment été dans la merde…

Même à Celje, tout le monde parlait anglais ?

Oui, bien si l’effectif était quasiment composé uniquement de Slovènes pur jus. Tout le monde avait un petit niveau, ce qui a permis de se comprendre et de rendre mon intégration un peu moins difficile. Les Slovènes sont vraiment bons en langues étrangères, on n’a jamais eu de mal à se comprendre. À l’entraînement, les consignes étaient données en langue slovène, mais le coach n’a jamais rechigné à me les répéter en anglais lorsque c’était nécessaire. Il organisait aussi des séances spéciales dans son bureau avec les autres étrangers du groupe pour nous expliquer plus précisément les schémas tactiques qu’il voulait appliquer, histoire d’être sûr qu’on ait bien compris ! Mais dans l’ensemble, on était entendait principalement parler en slovène, ce qui n’était pas plus mal d’ailleurs, car cela m’a forcé à m’y mettre et à faire des progrès. Aujourd’hui j’ai un petit niveau, je sais me faire comprendre mais dès que j’en aurai l’occasion, j’aimerais vraiment passer à l’étape au-dessus et l’apprendre à fond !

Comment tu définirais l’équipe de l’époque ?

Très jeune ! Comme l’ensemble du championnat d’ailleurs. J’y ai croisé pas mal de jeunes talents comme Benjamin Vrbic, qui a joué la Ligue des Champions avec FC Copenhague cette année. Le problème, c’est que jouer le maintien quand tu es jeune, cela entraîne un manque de motivation, surtout quand les conditions financières et sportives sont mauvaises.

Combien tu gagnais à ce moment-là ?

Presque rien : mille euros bruts. Plus quelques tickets restaurants. Mais même pour la Slovénie ça ne suffisait pas. Les conditions sportives mais surtout extra-sportives n’étaient pas optimales, ce qui m’a fait prendre la décision de rentrer en France pour retourner auprès de mes proches et essayer de rebondir dans un milieu que je connaissais. J’ai donc rompu mon contrat à la fin de la saison, après que le club se soit maintenu.

Tu avais beaucoup de temps de jeu ?

Au début, j’étais tout le temps titulaire et progressivement, vu nos mauvais résultats, le moral a flanché, j’étais moins bon, donc je jouais moins et on ne gagnait toujours pas. En cours de saison, il y a eu un changement d’entraîneur qui voyait que je n’étais plus aussi motivé à l’entraînement et qui ne me reprenait pas systématiquement. Je chauffais le banc et quand il choisissait de me faire rentrer, j’en étais arrivé à un point où je ne voulais même plus y aller. Je ne vois pas comment j’aurais pu progresser dans ces conditions.

Nico face à Maribor, le jour de son seul but sous les couleurs du NK Celje © DR

Et le public local, ça valait quoi ?

Pfff… Les meilleurs jours, il devait avoir une cinquantaine de spectateurs dans le stade. On pouvait s’entendre parler entre nous !

Le stade était à l’image du club ?

Au contraire ! Il était ultra moderne, même s’il n’était pas très grand (13 000 places, ndlr). Il a été construit en 2003 et l’équipe nationale a joué une dizaine d’années dedans. Du coup, ça renforçait le sentiment de gâchis de voir un stade pareil complètement vide.

En dehors des deux gros de Prva Liga, il y avait des matches particuliers ? Un derby, pour lequel les supporters vous mettaient plus la pression ?

Pas que je sache. On ne va pas se mentir, le seul vrai gros derby c’est Ljubljana-Maribor. À chaque rencontre, le stade est blindé, c’est une ambiance de folie. C’est là aussi qu’on peut voir des ultras qui mettent vraiment l’ambiance. Nous on avait les familles des joueurs ou des touristes qui devaient s’être perdu !

Bon, et en dehors de l’aspect sportif, c’est comment Celje ?

C’est la troisième plus grande ville de Slovénie, derrière Ljubljana et Maribor. Mais elle est un peu à l’image du championnat : en dehors de ces deux villes-là, on descend une division en dessous. Pour avoir testé Ljubljana, c’est clairement la ville où il faut être. Maribor, c’est déjà plus calme mais il y a pas mal de choses à faire quand même. À Celje, je me suis baladé un quart d’heure et j’avais déjà fait le tour.

Tu penses que si tu avais joué dans une grande ville comme Ljubljana, l’aventure slovène aurait pu durer plus longtemps ?

C’aurait été différent, c’est sûr. Déjà parce que l’Olimpija joue le titre toutes les saisons, dans un environnement plus moderne, plus professionnel. Ça engendre de la motivation et un esprit positif, plus ouvert. En plus, j’aurais probablement eu un meilleur salaire qui m’aurait au moins permis de vivre dans un appartement en ville et pas dans une chambre au stade ! Donc oui, en théorie les choses auraient certainement pris une tournure différente.

Depuis que tu es parti, tu continues de suivre un peu le championnat slovène ?

Oui, complètement ! Je regarde souvent des vidéos de résumés de matches sur le site de la Prva Liga, en particulier ceux de Celje. Même si l’expérience n’a pas été pleinement convaincante, j’en garde malgré tout un bon souvenir. Je suis toujours en contact avec des gens là-bas, notamment avec Natacha, l’intendante du club, avec qui j’ai passé beaucoup de temps puisque je vivais dans le stade (rires) ! Sinon, de mon passage en équipe nationale, j’ai gardé un lien avec Benjamin Vrbic, qui joue aujourd’hui à Copenhague.

Nico « one shot » Rajsel, le jour de son match contre la Croatie © DR

Parle-nous un peu de tes origines. Toute ta famille vient de Slovénie ?

Non, c’est seulement du côté paternel. Mon grand-père est né en France avant de retourner en Yougoslavie. Quand la guerre a éclaté, sa famille est de nouveau rentrée en France et n’en n’a plus bougé. Du côté de ma mère en revanche, tout le monde est bien Français (rires) ! On vivait en France et on allait en Slovénie pour les vacances. Mon grand-père a toujours une maison du côté de Kočevje, près de la frontière croate. Là-bas, les paysages montagneux sont magnifiques pendant l’été, ça nous changeait du quotidien en banlieue parisienne !

Du coup, ça a dû te faire plaisir d’être appelé chez les espoirs slovènes ?

Oui, complètement. C’était en mars 2014, à l’occasion d’un match amical contre la Croatie à Koper. J’étais remplaçant et je n’ai joué que dix minutes mais c’était magique parce qu’on menait avant qu’ils ne reviennent au score et c’est moi qui marque le but de la victoire à la 88e. C’était un moment extraordinaire. Hélas, je n’ai pas pu prolonger l’expérience car quelques mois plus tard, je n’étais plus sélectionnable.

Comment tu t’es retrouvé convoqué ?

Un an auparavant, j’avais fait un premier stage complètement informel. Le sélectionneur (Tomaz Kavcic, ndlr) m’avait contacté car il était curieux de voir un jeune du PSG éligible en équipe nationale. Malheureusement, j’ai reçu mon passeport sportif beaucoup plus tard que prévu, en janvier 2014 lors de mon arrivée à Celje, ce qui explique pourquoi je n’ai pu jouer qu’une seule rencontre. Ça me dégoûte encore aujourd’hui car j’aurais vraiment aimé avoir plus de sélections chez les espoirs, surtout quand tu réussis à marquer un goal lors de ta première apparition, ça te donne l’envie de continuer.

Le fait de jouer contre la Croatie avait-il une saveur particulière ?

Oui, car mon arrière-grand-père est né là-bas alors que mon arrière-grand-mère est née en Slovénie. Du coup on a un peu de sang croate dans la famille, ce qui explique pourquoi on supporte les deux équipes.

Euro 2016 we all support Croatia 🇭🇷💪🏽

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Il n’y a pas de rivalité entre les deux pays ?

Si, bien sûr, parce que chacun veut être le meilleur de l’ex-Yougoslavie. Après, cela fait longtemps qu’il n’y a plus photo, la Croatie est largement supérieure, ils n’ont presque que des joueurs de classe mondiale. Mais qui sait, peut-être que dans une génération, la Slovénie rattrapera son retard, même si cela me paraît difficile parce que footballistiquement parlant, la Croatie est en très avance dans tous les domaines.

Si demain les deux pays s’affrontent, tu tiens pour qui ?

La Slovénie, j’ai quand même plus d’attaches là-bas.

Et si c’est contre la France ?

(Il hésite). C’est difficile… Je pense que je serais content s’il y avait match nul parce que ce serait comme une victoire pour la Slovénie (rires) !

Sorti des archives, Dieu sait comment : le match U21 Slovénie-Croatie du 5 mars 2014.

Sans aller jusqu’à imaginer que le Barça allait te signer après tes années au PSG, tu le voyais comme ça ton parcours ?

Je savais que ça allait être difficile mais pas à ce point-là (rires) ! Les éducateurs nous ont rabâché les oreilles en nous disant qu’il n’y avait que peu d’élus parmi tous les appelés mais nous au fond on restait des gamins un peu naïfs. Vu le niveau qu’on avait en équipe de jeunes, on était persuadé que l’avenir était à nous, mais c’était une illusion due au fait qu’on se connaissait depuis des années et qu’on avait forcément acquis des automatismes à force de jouer ensemble. D’un autre côté, quand je regarde derrière moi, j’ai l’impression d’avoir quand même fait un sacré bout de chemin et surmonté pas mal d’embûches.

Comment as-tu atterri à l’Union, alors que tu avais rompu ton contrat avec Celje au bout de six mois et étais retourné en France ?

En Slovénie le championnat se termine et recommence beaucoup plus tôt qu’ailleurs. Dès le mois de juin 2014, on était donc de nouveau en préparation, lorsque ma famille est arrivée pour les vacances et que moi, j’ai décidé de quitter le club, après seulement deux-trois matches (la compétition reprend début juillet, ndlr). Une semaine plus tard, un agent avec qui j’étais en contact m’a parlé de l’Union. Au moins cette fois-ci, je n’ai pas dû attendre trop longtemps pour rebondir.

Tu quittes la D1 slovène qui est professionnelle pour un club semi-pro belge de troisième division. Tu ne t’es pas dit que c’était un peu la loose comme début de carrière ?

C’est vrai qu’on espère toujours avoir mieux. Mais à ma décharge, j’enchaînais deux saisons peu convaincantes au PSG et à Celje donc je savais bien que je n’allais pas signer au Barça (rires) ! Le truc c’est que si tu n’engranges pas de l’expérience, tu ne peux pas progresser. Alors j’ai mis ma fierté de côté et me suis dit « bon, on va aller en D3 et si les choses se passent bien, je gravirai les échelons ».

Tu connaissais l’Union avant d’y signer ?

Pour être honnête, non. Mais mon nouvel agent m’avait dit : « tu verras, c’est un club historique du foot belge et ils ont une visibilité médiatique assez forte. Si tu arrives à t’imposer là-bas, ce sera bon pour la suite de ta carrière ». Alors j’ai voulu relever le défi : je suis arrivé à l’entraînement pour un essai, le lendemain je signais sur le fil, le dernier jour du mercato.

Comme ça, tout simplement ?

En fait c’était un peu plus compliqué : le noyau comptait déjà trente joueurs et pour le président, devoir payer un trente-et-unième salaire, ce n’était pas évident. Mais Drazen (Brnčić, le coach de l’époque, ndlr) était en galère d’attaquants donc je lui étais utile. En plus, comme il est Croate et moi Slovène, on s’est bien entendus (rires), ça a facilité les choses, d’autant que mon agent faisait pression sur lui pour qu’il me prenne.

Comment s’est passée ton arrivée ?

C’était rude. Le championnat avait déjà repris depuis trois rencontres et moi, je n’avais quasiment aucune préparation estivale dans les pattes. Les débuts ont été difficiles, surtout qu’on m’a titularisé d’entrée, mais en m’accrochant, j’ai fini par trouver ma vitesse de croisière et je me suis vite adapté. Je touchais 900 euros par mois, encore moins qu’à Celje ! Mais ici, mon salaire augmentait tous les quinze matches que je jouais, donc ça me laissait entrevoir un avenir plus solide. Et puis tout le monde parlait français, ce qui rendait le quotidien plus agréable aussi.

Et la transition entre le monde professionnel et semi-pro ?

À ce niveau-là, je n’ai pas assez trop dépaysé. Le stade de Celje avait beau être moderne, il était vide tout le temps alors qu’à l’Union c’était le contraire (Nicolas parle du stade Joseph Marien, l’antre historique de l’USG, qui évolue temporairement au stade du Heysel pour cause de travaux de rénovation, ndlr). Au niveau des infrastructures et des entraînements c’était assez similaire par contre.

Toi qui soulignais le stade vide de Celje, ce n’est pas déprimant de jouer dans un stade immense comme le Heysel à cause des travaux du Parc Duden (l’autre nom du stade Joseph Marien) ?

On ne va pas se mentir, ce n’est pas du tout la même ambiance. Aujourd’hui on évolue devant trois fois moins de spectateurs qu’à Duden, où c’était beaucoup plus fun de jouer. En plus je suis un gars qui attache énormément d’importance au public, car c’est lui qui justifie pourquoi on travaille dur tous les jours et qu’on se bat sur le terrain. Le public c’est souvent ce qui fait la différence, c’est pour cela que l’Antwerp est souvent imprenable à domicile et c’est aussi comme cela que l’on a réussi à renverser énormément de matches dans le dernier quart d’heure la saison dernière.

Nico dans l’enfer du Bosuil © Yves Van Ackeleyen

Quelle comparaison peut-on faire entre le niveau de la D1 slovène et celui de la D2 belge ?

En dehors de Maribor et de Ljubljana, qui ont le niveau de la deuxième partie de tableau de Jupiler Pro League, je dirais que c’est comparable à la D3 belge. On pourrait battre Celje sans problème avec l’équipe qu’on a actuellement à l’Union.

À la fin de ta première saison, vous êtes promus en D2.

Oui, ça a été une année assez folle pendant laquelle j’ai fait de bonnes performances en marquant quinze goals et en réalisant six assists. La saison suivante, on réussit à faire partie des huit équipes qui se maintiennent dans la nouvelle formule du championnat réformé, jusqu’à présent c’est plutôt pas mal.

Oui, d’autant plus que tu n’as que 23 ans !

Ah, mais ça commence à être vieux, hein !

C’est vieux 23 ans ?

Oui, ça commence à le devenir tout doucement. La plupart des jeunes pros commencent à 18 ou 19 ans et certains ont déjà un palmarès plus rempli que le mien. On va dire qu’il me reste une dizaine d’années de carrière devant moi si tout va bien, donc je ne me considère plus comme jeune en tout cas. D’autant plus que mes responsabilités augmentent avec le temps, ce qui m’oblige à toujours avoir un comportement adulte et mature.

Tu penses que tu es devenu un cadre dans le vestiaire ?

En tout cas, j’essaye ! Mais en même temps, d’autres joueurs comme Grégoire (Neels, ndlr) ou Cédric (Fauré, ndlr) ont beaucoup plus d’expérience que moi et renvoient plus naturellement cette image de cadre. Je pense que j’ai quelque chose à apporter aussi, à ma manière, notamment à travers mon parcours empreint de pas mal de galères, ça m’a endurci mentalement.

Peut-être pas encore cadre, mais patator confirmé.

Tu en es à ta troisième saison sous les couleurs de l’Union. Le club a évolué entre temps ?

Oui, il n’y a pas photo. L’organisation générale est en progression constante. Quand tu passes de la D3 à la D2 et maintenant à la D1B, où les prérequis sont les mêmes qu’en D1A, les choses sont obligées de changer et ça se ressent. Les moyens sont supérieurs qu’à l’époque où je suis arrivé. Par exemple, on a notre propre salle de muscu, le coach a son bureau, toutes ces choses-là n’existaient pas il y a trois ans.

Tu n’es jamais resté aussi longtemps dans un seul club. Qu’est-ce qu’il t’a apporté ?

Avant tout, de la progression. Qu’elle soit tactique, technique, mentale ou même financière ! Dans ma relation avec le staff technique, j’ai aussi le sentiment de plus m’affirmer, d’être moins timide. Mais pour l’instant, on est dans une logique de lutte pour le maintien à chaque début de saison donc je pense que ce sera difficile à court terme d’évoluer davantage.

J’imagine qu’avec la professionnalisation du club, ton salaire a dû augmenter lui aussi.

Oui, aujourd’hui je suis dans la bonne moyenne. Après il faut savoir que l’Union doit avoir un des plus petits budgets de D1B avec Lommel et que je pourrais gagner beaucoup plus en jouant à l’Antwerp ou au Lierse, mais par rapport à la vie que je mène, c’est déjà très bien.

Ton contrat avec l’Union Saint-Gilloise prend fin en juin 2018. Tu penses déjà à l’après ? Plutôt envie de prolonger ou d’aller voir ailleurs ?

J’ai déjà prolongé mon contrat cet été pour deux saisons supplémentaires. Je ne te cache pas que j’aimerais bien aller voir ailleurs, à un niveau plus élevé si possible. Évidemment, cela dépendra avant tout de mes performances individuelles et j’aurai besoin de mes coéquipiers pour réaliser mes projets.

Au vu des investissements financiers importants qui ont été réalisés depuis quelques années, tu n’as pas envie d’accompagner le club dans son objectif d’accession à la D1 ?

Si, bien sûr ! L’Union est un club que j’apprécie énormément. C’est elle qui m’a donné l’opportunité de rebondir et ce serait un plaisir de monter avec elle en Pro League. Mais je pense aussi que ce ne sera pas pour cette année et cela me paraît également compliqué pour l’année prochaine. C’est un projet sur le long terme qui se fera sur plusieurs saisons. Aujourd’hui j’ai vingt-trois ans et de grandes ambitions. Si je veux les réaliser, ce serait peut-être mieux pour moi d’aller voir ailleurs, de m’entraîner avec un groupe de plus haut niveau pour continuer ma progression.

Il y a un club en Belgique pour lequel tu aimerais jouer, ou tu préférerais aller goûter à un autre championnat ?

Cela fait trois ans que je suis installé à Bruxelles et la vie me plaît ici. Mais si aucun grand club belge ne me donne l’opportunité d’aller plus haut, je n’exclus pas de partir voir ailleurs. Je n’ai pas envie de stagner et je pense que mes récentes performances ont prouvé que j’ai la capacité de jouer dans un club de première division, en tout cas en Belgique.

Tu as déjà eu des contacts de la part de clubs qui évoluent dans l’élite ?

Pas vraiment, parce qu’à l’heure actuelle je ne suis pas gratuit et au vu de mes bonnes performances depuis trois ans, ma cote ne fait que monter (sa clause libératoire est fixée à environ 300 000€, ndlr) et je sais qu’en Belgique, financièrement, c’est compliqué car les clubs ne sont pas très riches. Depuis que je suis ici, Charleroi s’est pas mal intéressé à moi, mais pour ce qui est de payer, c’est une autre paire de manches. Le club essaye principalement de faire des bénéfices en récupérant des joueurs libres pour les revendre ensuite et je ne sais pas s’ils seraient prêts à faire le pari de me recruter pour le moment. Mais pour l’instant, j’ai une saison à terminer avec l’Union. Pour le reste, on verra.

À choisir entre un candidat à la montée en Ligue 1 et un club du ventre mou de l’élite belge, tu prends quoi ?

Difficile à dire. Le plus important, c’est que j’aie le sentiment de franchir un palier et d’augmenter mon niveau de jeu pour parvenir à mon objectif de jouer jouant dans un championnat majeur européen.

Quel serait le club pour lequel tu rêverais de jouer ?

Quand j’étais petit, je rêvais de jouer au Parc des Princes mais je n’en ai jamais eu l’opportunité. Aujourd’hui le PSG est devenu un big club et ce serait chouette de voir ce qu’il donne en vrai. Ou alors le Barça, pour ses joueurs, son style de jeu, son stade, qui est magnifique… Peut-être aussi parce que c’est l’Espagne et que je trouve que c’est un pays qui correspond bien à mon profil, moins tactique que l’Italie, moins physique que l’Allemagne, mais technique et rapide comme il faut.

Ton poste de prédilection se situe sur l’aile gauche. Tu as toujours joué à cette position ?

Pas du tout ! Quand j’ai commencé à Saint-Leu-la-Forêt, j’étais numéro 10, juste derrière l’attaquant.  En arrivant au PSG, ils m’ont même mis attaquant de pointe ! Je n’ai jamais trop compris pourquoi, mais je n’ai rien dit non plus parce que quand tu es jeune, tu écoutes le coach, point, même si tu ne t’éclates pas au poste qu’il t’impose. À Celje, même chose, numéro 9. Probablement parce qu’ils avaient vu des vidéos où je jouais devant. Mais ce n’était pas cohérent car c’est une position dans laquelle tu reçois beaucoup de ballons aériens alors que mon jeu de tête n’est pas terrible. Dans le même ordre d’idées, je suis moyen dos au but, ce qui est pourtant contraire aux attributs d’un vrai attaquant de pointe. Ce n’est qu’en arrivant à l’Union que l’entraîneur de l’époque (Drazen Brnčić, ndlr) m’a remis à mon vrai poste de deuxième attaquant, avant que Marc Grosjean (l’entraîneur actuel, ndlr) me teste sur le flanc gauche. Depuis, mes statistiques sont largement meilleures.

Tu préfères être passeur que buteur ?

Non, j’adore marquer aussi, mais plutôt en allant vers le but, en utilisant mes pieds pour avancer plutôt que de recevoir les ballons de dos et tenter de finir derrière. Je sais que je peux être décisif, que ce soit dans la dernière passe ou dans le dernier geste.

En regardant dans le rétro, où se situe le meilleur souvenir de ta carrière ? Le titre U19, la montée avec l’Union ou ta sélection chez les espoirs slovènes ?

C’est difficile à dire parce que tous ces moments ont une saveur particulière. Gagner un titre c’est quelque chose de formidable, mais ici c’était en catégorie jeunes, donc forcément moins bien qu’en pro. La promotion aussi c’était bien, mais il faut se souvenir qu’on a terminé troisième du championnat et qu’on est monté seulement parce que les deux premiers n’étaient pas en ordre de licence. C’est comme la saison dernière, on avait fait une belle fête parce qu’on s’était maintenu contre toute attente, mais ce n’était pas une réelle victoire non plus. Quant à la sélection, je retiens surtout de la frustration de n’avoir pu jouer qu’un seul match.

Mais maintenant tu te retrouves face au défi d’être appelé chez les A.

Exactement et c’est pour ça que je fais tout pour continuer à progresser. Si j’arrive à jouer un jour en D1, les portes de la sélection nationale auront davantage de chances de s’ouvrir et mon objectif principal aujourd’hui, c’est celui-là. Mais je sais aussi que pour y parvenir, je ne pourrai pas rester à l’Union Saint-Gilloise.

Le cadre actuel de l’équipe nationale est devenu très exigeant en termes de niveau requis ?

C’est clair. Regarde qui y joue pour l’instant : Kevin Kampl, Leverkusen. Mon pote Benjamin Vrbic, Copenhague. Josip Iličič, Fiorentina. Valter Birsa, Vérone. Jan Oblak, Atletico Madrid. Samir Handanovič, Inter Milan… On n’a peut-être pas le meilleur groupe du monde mais il est déjà très très costaud et le niveau de la D2 belge est clairement insuffisant pour espérer y parvenir. Même un joueur comme Martin Milec, formé à Maribor et qui évoluait au Standard de Liège (actuellement prêté au Roda JC, ndlr), n’est plus appelé car il ne jouait plus assez. C’est te dire comme les ambitions sportives ont été revues à la hausse !

Des espoirs aux A, il y a un peu plus qu’un pas © DR

Tu te verrais retourner en France à un moment de ta carrière ?

Si une proposition arrive de là-bas, je l’étudierai avec intérêt, mais je suis sceptique. La mentalité y est complètement différente d’ailleurs et le milieu, assez bouché. Je trouve les clubs français assez frileux, ils ne font pas assez de paris sur la jeunesse ou des mecs qui viennent de loin. À choisir entre un jeune talent plein d’avenir ou un vieux plein d’expérience, tu en as plein qui feront le second choix parce que cela leur paraît plus safe.

C’est quoi le meilleur plan de fin carrière ? Une dernière pige à Maribor ou Ljubljana ou bien un comeback à l’Union ?

Pas facile comme question. Les deux se valent, parce que Maribor et Ljubljana sont de bons clubs mais qui évoluent dans un mauvais championnat, donc ça amoindrit le défi sportif. Quant à l’Union, ce serait risqué. Quand tu quittes un club avec une bonne image, il vaut mieux éviter de la détruire avec un comeback raté et je ne voudrais pas qu’on garde un mauvais souvenir de moi ici.

Julien Duez


Image à la une : © Julien Duez / Footballski

On a discuté avec Nicolas Rajsel, attaquant de l’Union Saint-Gilloise
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A propos de l'auteur

Julien Duez

Julien Duez

Il paraît que le Mur est tombé, mais je bois toujours du Pfeffi et du champagne Rotkäppchen en fumant des Cabinet Würzig.
Pour moi l'Union Berlin va au-delà d'une lubie hipster passagère.
Ostalgique lucide.

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