On a discuté avec Brice Goupy, milieu de terrain du FK Palanga

Viktor Lukovic - Publié le 23 juillet 2018

Loin des caméras, Brice Goupy est parti se relancer en troisième division roumaine, au Metalosport Galati, avant de continuer son ascension à l’Est en rejoignant le FK Palanga, club de la ville balnéaire de la côte baltique et promu en première division lituanienne. Un parcours étonnant et loin d’être toujours évident. Entretien.

Peux-tu nous parler de ton parcours.

Je suis né à Versailles, d’un père camerounais et d’une mère française. Quand j’ai eu deux ans, je suis parti vivre dans la région de Caen avec ma mère et j’ai joué à Hérouville-Saint-Clair et dans des petits clubs de la région. Quand je jouai à Mondeville, j’ai commencé à être appelé en CFA2. De là, je n’avais plus trop envie de jouer chez les jeunes. Par la suite, nous sommes partis vivre dans le sud. Je me suis retrouvé en CFA, à Balma puis à Toulon. Je n’ai pas eu de temps de jeu, pas de contrat ni d’argent, j’ai eu une fille, donc j’ai décidé de stopper le football pour travailler dans la vente.

Tu crois tout de même en tes capacités ?

Je savais que j’avais des possibilités. J’ai stoppé le football pendant deux ans, mais je voulais encore y croie. Puis, j’ai rencontré des agents et j’ai été faire un test en Roumanie, dans un club de troisième division nationale. Le test se déroule finalement assez bien et je signe là-bas, pour le Metalosport Galati, après deux ans d’arrêt.

J’imagine que la troisième division roumaine a une atmosphère un peu particulière ?

C’était une expérience difficile. J’avais un appartement et le restaurant payé par le club, mais le salaire était faible. Mon objectif, en allant en Roumanie, était de me relancer. Ce n’était pas facile tous les jours. Là-bas, j’étais le seul étranger, pas grand monde ne parlait anglais, le niveau était assez faible … Heureusement, il y avait l’Otelul Galati, un ancien club de première division. Le club était dans notre série et cela était l’affiche la plus sympa à jouer. Le reste, par contre, c’était le néant.

Et la vie en Roumanie ?

Avant d’arriver en Roumanie, j’avais des à priori. Finalement, j’ai découvert un pays assez sympa et une ville très agréable. Le climat est bon, il y a la plage … La Roumanie et Galati sont de bonnes expériences de vie.

ReAl moments / Facebook

Néanmoins, tu ne restes pas très longtemps.

Oui, quatre mois seulement. J’ai été blessé à mon arrivée là-bas et je n’ai joué que d’octobre à décembre. Une dizaine de matchs, en gros. Le club a eu des problèmes financiers après mon départ et l’équipe A n’existe plus actuellement. Les agents qui m’ont amené en Roumanie m’ont alors trouvé un autre point de chute. Ils connaissaient l’entraîneur Valdas Trakys, je suis parti en test à Palanga, en Lituanie. Et tout s’est bien passé. D’autant que financièrement, c’est un niveau au-dessus.

Tu as découvert un autre climat en allant en Lituanie.

C’est terrible. À Galati, l’hiver est assez doux. Ici, en Lituanie, il fait parfois -25, c’est autre chose. Malgré tout, comme pour la Roumanie, c’est une très bonne surprise. J’avais l’image d’un pays avec des routes défoncées, de la pauvreté et tous ces clichés. Finalement, ce n’est pas du tout cela. Le pays est très ‘européen’ si je peux dire, en plus que la Roumanie. C’est moderne, il ait bon vivre, la vie ne coûte quasiment rien.

Et tu n’es plus le seul francophone cette fois-ci.

Yven Moyo vient de rompre son contrat, car il ne se plaisait pas ici, mais sinon il y a Waly Diouf et Lukman Haruna. Même le coach parle un peu français, sinon quasiment tout le monde parle anglais. Quand je suis arrivé ici, nous nous entraînions et jouons sur le synthétique de Klaipeda, cela m’a permis de faire la connaissance du Belge Anil Koc qui joue à Atlantas. Un bon petit technicien. J’habite un appartement à Palanga, l’entraîneur ou un joueur vient me chercher en voiture pour aller à Klaipeda.  Je traîne surtout avec Waly Diouf, on sort en ville, on va à Hlaipeda où il y a plus de choses à faire, … De plus, ma famille vient me voir toutes les trois semaines environ, je suis loin d’être isolé. Tu n’as que quatre heures d’avion pour faire un Paris – Palanga, donc ça va.

Lukman Haruna était d’ailleurs le gros transfert médiatique en Lituanie.

Oui. Honnêtement, je ne sais pas trop comment il s’est retrouvé ici. Il a un CV impressionnant avec ses passages à l’AS Monaco et au Dynamo Kiev. C’est quelqu’un de super sympa et au niveau football, il est clairement au-dessus. Il a une intelligence de jeu évidente. En plus de cela, il parle français, ce qui est un plus pour moi. Après, il a encore des projets, je pense qu’il va rebondir plus haut.

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Quelles sont les évolutions au sein du club depuis ton arrivée ?

Pour la première saison en A Lyga l’objectif était d’assurer le maintien. On a eu un début de saison poussif, mais là on joue de mieux en mieux, donc pourquoi pas accrocher une place en Ligue Europa.

À Palanga, aujourd’hui, nous jouons sur un terrain en herbe qui est à côté d’un hall omnisports dans lequel il y a les vestiaires et la salle de musculation. On y joue devant une centaine de personnes, parfois un peu plus lors du derby contre l’Atlantas. Mais bon, ce n’est clairement pas la folie. On essaye de proposer un football construit, de proposer du jeu. Ce qui est forcément plus facile quand Lukman est avec nous sur le terrain. En défense, Waly est un peu le patron, il vient de Leganés et a été U20 avec le Sénégal, un mec très solide. Notre équipe progresse, quelques locaux sortent un peu du lot en plus de cela, comme l’attaquant Simonas Urbys.

Tu as eu l’occasion de jouer contre les différents clubs de A Lyga, quel est ton avis ?

Suduva est intouchable pour le moment, mais franchement je ne trouve pas qu’ils jouent bien. C’est très athlétique, bien organisé, mais cela balance beaucoup de longs ballons. Comme individualité, il y a le Chilien Gerson Acevedo, un mec très technique, je l’ai eu en opposant direct sur le terrain. Impossible de lui prendre le ballon. Il y a aussi le Français Allasane N’ Diaye qui est très solide en défense.

L’équipe qui joue le mieux est sans contestation le Zalgiris Vilnius. Bizarrement, les résultats ne sont pas trop au rendez-vous. J’ai bien aimé le Français Jérémy Manzorro, je le trouve très propre dans la conservation du ballon.  À Vilnius, j’ai joué contre eux dans le ce qu’ils appellent «  le dôme », leur terrain couvert. J’ai vraiment eu beaucoup de mal à me mettre dans le match, j’avais l’impression de jouer un five, c’est une sensation spéciale.

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À Trakai, le Belge Étienne Mukanya m’a impressionné. Très  rapide et puissant. L’équipe la plus faible est le Zalgiris Kaunas, il n’y à rien à en tirer. Je ne comprends même pas comment ils s’en sortent. Je trouvais que Jonava ou Stumbras jouaient mieux. Ces derniers sont d’ailleurs un peu étranges. Il y a beaucoup de Portugais, qui sont très techniques et très rapides sur les flancs, mais au niveau des résultats cela ne suit pas…

Vous êtes une dizaine de Français en Lituanie. Comment expliques-tu cela ?

Je n’ai pas vraiment d’explications. Je pense que c’est un bon championnat pour se relancer. Les clubs sont convenables niveau payement et le pays est agréable. Tu as l’occasion de jouer et de te mettre en valeur.

Je présume que Palanga n’est qu’une étape pour toi. Où te vois-tu par la suite ?

Espagne, Portugal cela me plairait bien. L’Angleterre est évidemment un rêve…En Lituanie, les deux clubs qui m‘intéresseraient sont Suduva et Zalgiris. C’est aussi les deux seuls clubs où il y a un peu de public, avec Jonava où il y a également un peu d’ambiance. On verra. Je sais qu’il y a déjà de l’intérêt, mais je continue de m’adapter à mon poste de milieu offensif, alors que je suis théoriquement sur la gauche normalement. Je suis passé un peu à côté de certains matchs, deux, je pense. Mais sinon, je réalise une bonne saison et j’ai envie de continuer à progresser … mais dans le football, tout va très vite.

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