Après avoir livré leurs notes à la suite du premier tour de cette Ligue des Champions 2019/2020, les professeurs de l’équipe Footballski reviennent avec le stylo encore plus aiguisé pour évaluer les performances du deuxième tour.

🇸🇮 Maribor – A

On ne met pas A pour avoir vu Maribor dérouler sur ses 2 matchs mais plutôt pour les émotions procurées ! Surtout en prolongation où Maribor commence mal en encaissant un but d’entrée suite à une mauvaise appréciation du défenseur Milec. La suite est crispante, Maribor a le ballon mais n’arrive pas à trouver la solution dans les 25 mètres adverses, à l’image du match. Mais d’un coup, à la 115e minute, tout explose. Les Suèdois s’exposent bêtement à un contre et Mesanovic loupe ce que l’on pensait déjà au fond. A peine le temps de mettre les mains sur la tête, sur le corner qui suit, c’est Alexandru Cretu qui est le plus puissant et délivre Maribor. La joie extraordinaire de tous les joueurs et du banc laisse place à la panique. Pendant cinq minutes, les Slovènes balancent le plus loin possible le ballon, devenu brûlant comme une patate, à chaque touche de balle et le gardien Piric enchaîne les parades. Le gardien adverse, qui a passé cinq minutes à la position d’avant-centre, aurait même pu marquer. Enfin, la délivrance arrive avec le coup de sifflet final. Quelle joie !

Avant ça, on se demandait comment Maribor avait fait pour s’embarquer en prolongations après deux matchs plutôt maîtrisés. Les Suédois ont peu touché la balle et ont finalement surtout subi, à l’aller comme au retour. Cette gestion d’épicier a toutefois failli payer, Maribor ayant manqué de tranchant dans les 20 derniers mètres, malgré un Rok Kronaveter énorme et un Kotnik intenable sur son aile. Le bémol concerne surtout la position d’avant-centre avec un Tavares en fin de course et un Mesanovic qui n’a simplement pas le talent pour jouer ce genre de match. La blessure de la star Luka Zahovic se fait grandement ressentir. Pour le reste, Maribor a probablement une de ses meilleures équipes depuis longtemps ; avec en bonus une belle profondeur de banc. Au prochain tour, il faudra battre d’autres scandinaves, Rosenborg, pour vivre les Playoffs.

🇬🇷 Olympiakos – A

La question était légitime : est-ce que l’Olympiakos allait ruiner sa saison sur 90 minutes dès la fin juillet ? La réponse, heureusement pour les Grecs, fut non, au sortir d’une large victoire face à Plzen (4-0) qui assure a minima la présence en Ligue Europa. Sous la houlette de Matthieu Valbuena, toujours aussi remuant, les joueurs du Pirée ont entamé fort la rencontre, mais ont dû attendre la deuxième période pour ouvrir le score. Ce qui, par la suite, provoquait l’effondrement d’une équipe tchèque sans doute prise par l’enjeu et le contexte, et qui pourra regretter fortement ses occasions ratées à l’aller. Pour les hommes de Pedro Martins, en revanche, l’aventure continue, avant un prochain tour face à Basaksehir. Avec la confiance d’une première étape passée avec mention !

🇦🇿 Qarabag – B+

Quel destin pour Jaime Romero. Le joueur espagnol, trimbalé de clubs en clubs depuis le début de sa carrière, a été récupéré cet été par Qarabag en provenance du FC Córdoba. A 28 ans, il vient d’ouvrir son compteur but en Ligue des Champions en s’offrant un joli doublé face à Dundalk (victoire 3-0), pour continuer la marche tranquille du club azerbaïdjanais, hésitant à l’extérieur et impérial à domicile, dans ces tours de qualification. Le multiple champion d’Azerbaïdjan a donc fait le job en écartant les Irlandais et peut rêver de rejoindre à nouveau la phase de poules de la Ligue des Champions. Le prochain obstacle sera l’APOEL. Rendez-vous le 13 août pour le verdict.

🇭🇺 Ferencváros – B

Certes, Ferencváros a atteint son objectif. Mais cela n’a pas été sans mal. Opposés au Valletta FC, les Aigles verts avaient pris leur double confrontation par le bon bout, en menant 3-0 avant même l’heure de jeu du match aller. Mais un but concédé en fin de partie a terni la copie des Budapestois (3-1), qui ont en outre dû courir après le score une semaine plus tard, à Malte. Heureusement, Tokmac Nguen a égalisé en seconde période et Fradi a pu s’éviter une très mauvaise surprise (1-1). Le spectre de l’élimination humiliante, telle que celle survenue face au Partizani Tirana il y a trois ans (1-1, 1-1, 1-3 t.a.b.), a été évité. Le champion de Hongrie va maintenant devoir tout tenter afin de réaliser un exploit contre le Dinamo Zagreb, son prochain adversaire.

🇪🇪 Nõmme Kalju – C+

La différence était trop grande. Face à un Celtic beaucoup trop fort, les champions d’Estonie n’ont pas réussi à marquer… Loin du niveau montré lors de son titre l’an dernier – où même de ce que le Flora Tallinn a pu montrer ces dernières semaines en Ligue Europa – le Nõmme Kalju a terriblement souffert au Celtic Park lors du match aller (0-5). Le match retour s’est mieux déroulé, les deux équipes faisant jeu égal. Et malgré plusieurs occasions glanées face à des Écossais tranquilles, ils se sont ainsi inclinés 0-2. Mais l’essentiel est peut-être ailleurs. Face à une équipe où l’élimination était acquise à 99% au départ, la fête a été belle. Comme rarement le football estonien a la chance de pouvoir s’en offrir. D’où la note relativement clémente, malgré la déception du match aller.

🇷🇴 CFR Cluj – C

C’est passé, mais de justesse pour les hommes de Dan Petrescu. Après une courte victoire 1-0 au match aller, où le champion de Roumanie aurait pu prendre bien plus le large, le long déplacement en Israël se montrait périlleux. Encore plus lorsque ce les joueurs de Tel-Aviv ont ouvert le score. Heureusement, le milieu argentin Juan Emanuel Culio a sorti un grand match, permettant aux siens de mener 1-2, et ainsi de plier l’affaire. Au final, le 2-2 du match retour suffit à qualifier les Roumains. Mais il en faudra bien plus au prochain tour pour espérer passer face au grand Celtic. Et effacer notamment les trop nombreux errements défensifs, comme sur le premier but des Israéliens. Car les Ecossais sont d’un tout autre niveau, comme on a pu le voir cette semaine, face au champion d’Estonie.

🇧🇾 BATE Borisov – D

D, pour ne pas mettre F. Le champion de Biélorussie a quand même passé un tour. En soi, la défaite du BATE Borisov face à Rosenborg n’est pas une énorme surprise. Avant la double confrontation, les chances des deux équipes étaient probablement proches de 50/50, avec un léger avantage au club biélorusse grâce à son expérience. Le BATE avait pourtant parfaitement entamé ce deuxième tour en ouvrant le score dès la cinquième minute grâce à un penalty de Stasevich. S’en suivra une période de domination de vingt minutes lors de laquelle les joueurs d’Aleksey Baga n’arriveront pas à faire le break.

Ce fut les vingt meilleures minutes du BATE sur les deux matchs. Les Biélorusses s’en étaient sortis miraculeusement au tour précédant face au Piast Gliwice, d’une façon dont on peut qualifier de Borisovienne tellement le BATE a l’habitude de passer les tours en étant médiocre. Cette fois, ce n’est pas passé. On a pourtant longtemps cru que ça allait le faire, les Norvégiens buttant constamment sur un pied, une poitrine ou Anton Chichkan alors qu’ils ne devaient marquer qu’une fois après leur défaite 2-1 en Biélorussie. Il faudra un coup de sifflet litigieux de l’arbitre pour leur offrir un penalty, transformé par Helland. Un avantage et une qualification mérité tant le BATE Borisov a été hors du coup, incapable de sortir un ballon de sa moitié de terrain, de gagner un duel. Il n’y avait qu’une seule équipe qui voulait voir le troisième tour.

Les performances en championnat ne sont déjà pas brillantes dans le jeu depuis que Baga est sur le banc mais le BATE a évidemment de très bons joueurs, capables de changer le cours d’un match face à des Vitebsk, Slavia Mozyr ou Dnyapro Mogilev. En Ligue des Champions, ça ne suffit plus. Il faudra montrer un autre visage pour atteindre les poules d’Europa League, et ce dès le match face à Sarajevo. Mais le BATE en est-il capable ?


La rédaction Footballski

Image à la une : AFP PHOTO / Jure Makovec

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