Le lourd héritage laissé par Nikopolidis

V. Athanasios Koulos
V. Athanasios Koulos - Publié le 15 avril 2014

Antonis Nikopolidis

Antonis Nikopolidis, gardien champion d’Europe en 2004 avec la Grèce et véritable héros dans tout le pays (même s’il est considéré comme un traître parmi les fans du Panathinaikos mais ceci est une autre histoire), a laissé un immense vide derrière lui quand il a décidé de stopper sa carrière internationale après le décevant Euro 2008 en Suisse et en Autriche. Depuis, la Grèce se cherche un gardien. En effet, pas moins de 7 gardiens ont pu ou auraient pu prétendre au poste, mais à l’heure actuelle, nul n’arrive à se rendre indiscutable et incontournable en équipe nationale comme le fut « George Clooney ». Passons en revue la liste de ses ex ou futurs prétendants.

Kostas Chalkias

En 2008, à 34 ans, celui qui était le 3ème gardien de l’équipe championne d’Europe 2004 était déjà âgé quand il eut l’occasion de prouver sa valeur en « Ethniki omada* ». Au bout du compte, après 4 ans de services et 32 sélections, il termina sa carrière sur une blessure que les mauvaises langues qualifieront d’imaginaire après s’être pris deux buts gags lors du deuxième match de l’Euro 2012 contre la Tchéquie. Gardien trop lent, trop vieux, trop maladroit, on ne comprend toujours pas sur quel critère Fernando Santos osait encore l’aligner dans les cages à l’époque. Bref, pour continuer dans le sarcasme, on peut dire que sa simulation et sa sortie au profit de Sifakis à la 23ème minute, ce jour-là, fut sa meilleure action du tournoi.

Alexandros Tzorvas

C’est lors de la saison 2009-2010 que Tzorvas se révéla, dans un premier temps dans son club au Panathinaikos et ensuite en équipe nationale. D’aucuns voyaient en lui le successeur de Nikopolidis mais après un bon mondial sud-africain et une saison 2010-2011 en demi teinte avec le PAO, il partit en Italie à Palermo. Transféré pour être titulaire, ses mauvaises performances lui firent rapidement perdre sa place au profit de Benussi et par la suite Viviano. La saison suivante, il quitta la Sicile pour Genoa pour être la doublure de Sébastien Frey. Cette saison, il revint au pays pour tenter de regagner l’équipe nationale en vue de la coupe du monde. Il signa chez les promus d’Appolon Smyrni et fit, malgré la faiblesse de son équipe et la relégation de cette dernière, une saison relativement correcte. Malheureusement il y a de grandes chances pour que ce ne soit pas suffisant pour convaincre Fernando Santos de l’emmener avec lui au Brésil cet été.

Michalis Sifakis

Michalis Sifakis pendant l'Euro 2012

Michalis Sifakis pendant l’Euro 2012

Le Crétois de 29 ans avait tout pour devenir le gardien numéro 1 en équipe nationale sur le long terme. Il joua d’ailleurs la majeure partie des matchs de qualification pour l’Euro 2012 en tant que titulaire. Mais c’était sans compter sa blessure encourue lors de la saison 2011-2012 qui fit perdre au meilleur gardien grec 2010 et 2011 sa place dans les buts en début d’Euro au profit de Chalkias. La suite, on la connait. Il reprit sa place lors du deuxième match contre la Tchéquie, jusqu’au 1/4 de finale contre l’Allemagne. Auteur d’un Euro moyen, on le sentait un peu fébrile dans les cages. Normal pour un joueur qui n’avait plus chaussé les crampons depuis presque un an. D’ailleurs en fin de contrat à Aris, il ne trouva pas mieux que le Sporting de Charleroi en Belgique pour poursuivre sa carrière. Engagé pour être titulaire, il dut se contenter d’un rôle de remplaçant de luxe pour le jeune Parfait Mandanda (frère de l’autre). Revenu en Grèce à l’aube de la saison 2013-2014, il signa un contrat d’un an à l’Atromitos. Là encore, ses faibles performances lui firent perdre sa place de titulaire en club. En équipe nationale, on ne sait toujours pas si Fernando Santos lui fera le cadeau de le sélectionner pour le mondial brésilien. Une chose est certaine, si c’est le cas, il n’y remplira qu’un rôle de faire-valoir.

Orestis Karnezis

Malgré un âge plutôt avancé (28 ans), Karnezis ne fait parler de lui que depuis la saison 2011-2012. Longtemps barré par Tzorvas au Panathinaikos, il dut attendre le départ de ce dernier pour s’inscrire comme numéro 1 chez les verts athéniens. Après une belle première saison en club, Fernando Santos fit appel à lui pour un match amical contre la Belgique avant l’Euro 2012. Cependant, Karnezis ne fut pas convoqué par le coach portugais pour le championnat d’Europe polono-ukrainien. Ce n’est qu’à partir de la saison 2012-2013 et les éliminatoires pour le mondial 2014 que Karnezis pris place entre les perches du Bateau Pirate**. En club ou en sélection, il s’avère être un gardien plutôt fiable. En juin 2013, il attira l’intérêt d’Udinese qui le transféra pour immédiatement le prêter à Granada en Liga espagnole. Malheureusement, depuis le début de la saison, il doit se contenter du rôle de doublure de luxe de Roberto, le gardien titulaire. Mais Karnezis garde la forme et quand on lui donne la possibilité de démontrer son talent, il ne se loupe pas et sort de grandes performances comme ce weekend (12/04) contre Barcelone et Messi (voir vidéo ci-après). C’est de bonne augure pour la coupe du monde au Brésil.

Yuri Lodygin

Fernando Santos peut se mordre les doigts de ne pas avoir donné du temps de jeu à Lodygin au mois de mai 2013 quand il fut appelé pour la première fois en équipe A grecque, lui qui avait déjà défendu les couleurs hellènes chez les U21. Mais personne ne se doutait à l’époque que ce jeune gardien, dont le père est russe et la mère est grecque, irait rejoindre le Zenit Saint-Petersbourg durant l’été 2013 et s’installerait confortablement comme titulaire dans la cité des Tsars. Cette belle vitrine attira le regard du grand Fabio Cappello qui l’appela en sélection russe, ruinant de la sorte tous les espoirs des grecs de disposer d’un grand gardien pour leur équipe nationale.

Panagiotis Glykos

C’est l’une des révélations de l’année 2014 en Grèce. Ce gardien de tout de même 27 ans se destinait à rester réserviste toute sa carrière au PAOK. C’est grâce aux piètres performances des Itandje et surtout Jacobo que Glykos a gagné sa place de titulaire depuis fin novembre 2013 chez l’Aigle Bicéphale du nord. Depuis il fut élu joueur des mois de janvier et février par ses propres supporters. Fernando Santos se devait, dès lors, de le tester et c’est ce qu’il fit en mars  dernier pour un match amical contre la Corée du Sud. S’il ne put éviter la défaite des siens, on demande à le revoir à l’oeuvre en équipe nationale pour émettre un jugement quant à ses capacités à jouer un rôle en « Ethniki Omada ». Mais à l’heure actuelle, il a de bonnes chances d’être du voyage au Brésil en juin prochain.

Stephanos Kapino

D’origine albanaise, Kapino a choisi de défendre les couleurs de la Grèce au niveau international. A 20 ans, il représente d’ailleurs l’avenir dans le secteur des gardiens de buts en Grèce. Titulaire indiscutable au Panathinaikos depuis le départ de Karnezis, il est déjà suivi par de nombreux clubs étrangers qui ne sont certainement pas restés indifférents lors de ses grandes performances avec l’équipe des U19 grecque vice-championne d’Europe en 2012 en Estonie. S’il ne peut encore prétendre à une place de titulaire en équipe nationale, il pourrait très bien être appelé par Fernando Santos pour être le numéro 3 dans la hiérarchie des gardiens de but grecs.

*Ethniki omada signifie équipe nationale en grec

**Surnom donné à l’équipe nationale grecque depuis son sacre surprise à l’Euro 2004.

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