Le Federal Derby est de retour

Pierre Vuillemot
Pierre Vuillemot - Publié le 29 octobre 2014

Souvenez vous de ce Jeudi 22 Novembre 2014 marqué par le retour du « Federal Derby » dans cette belle compétition qu’est l’Europa League. Comme vous le savez certainement ce match a eu comme acteurs principaux non pas les footballeurs mais les hooligans tchèques. Cependant, contrairement à ce qu’on a pu lire dans certains journaux, les faits de ce Jeudi 22 Novembre ne se résument pas qu’à la simple apparition des hooligans dans une tribune du vétuste Stade Pasienky.

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Stade Pasiensky

Pourtant cette journée annonçait du beau spectacle dans la capitale Slovaque, retrouver ce derby devait être un grand événement pour les deux camps tant ces deux clubs ont dominé l’époque tchécoslovaque. Outre le match, ce jour était aussi un moment important pour les supporters du Slovan Bratislava.

En effet, ils rendaient un dernier hommage à ce qu’il restait de leur ancien Stade Tehelné pole. Construit en 1939 il aura hébergé les grands moments historiques du club slovaque avec en point d’orgue cette formidable équipe du Slovan Bratislava durant les 70’s. Malgré cette triste fin, la capitale slovaque se souviendra encore longtemps de ces soirées qui réunissaient plus de 50 000 personnes dans son antre et de ces ambiances qui résonnent encore dans la tête des plus anciens. Il aura été une seconde maison pour de nombreux supporters et c’est tout naturellement que la génération actuelle lui a rendu ce dernier hommage.

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L’hommage rendu par les supporters du Slovan au Tehelné pole.

Ironie de l’histoire, depuis sa fermeture en 2009, le club se voit être dans l’obligation de jouer dans le vétuste Stade Pasiensky – en attendant le prochain Tehelné pole qui devrait voir le jour dans 2 ans -, le stade qui est aujourd’hui l’une des origines des problèmes de ce Slovan Bratislava – Sparta Praha.

Justement, revenons maintenant plus précisément sur ces problèmes. Je ne vous ferai pas l’affront de revenir sur le spectacle footballistique que nous ont offert les deux équipes durant la première mi-temps, il fut à l’image des événements qui sont arrivés, morose.

Vint cette 42′ minute et ce mouvement de panique dans le secteur B – secteur qui je tiens à le signaler n’abrite absolument pas de groupes d’ultras ou d’hooligans mais bel et bien de simples spectateurs. La télévision slovaque ne décidant de ne diffuser que très peu d’images en direct, les téléspectateurs ne savaient pas vraiment ce qui se tramait à Bratislava mais, le match étant classé comme à risque, on prit rapidement conscience des événements, malheureusement, les forces de l’ordre, elles, auront mis un certain temps à réagir.

La mobilisation policière était pourtant forte

La mobilisation policière était pourtant forte

Vous le savez maintenant, cette agitation était dû à l’intrusion d’une dizaine de hooligans tchèques – petite recommandation, si vous voulez vous démarquez des clowns, la tenue du hooligan tchèque sera parfaite pour Halloween – dans le secteur B.

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Dans cette vague de panique, les premiers à intervenir ne seront finalement pas les autorités compétentes – qui mettrons 3 bonnes minutes à intervenir – mais quelques membres des Ultras Slovan Pressburg (USP).

Comme on peut le voir dans le vidéo, l’intervention des forces de l’ordre est assez lente, de plus le nombre de membres des USP est relativement limité. Cette faible affluence est à mettre sur le compte de l’identification faite par les membres du personnels à l’entrée du stade, ces derniers enregistrent tous les membres des différents groupes d’ultras.

Car c’est bel et bien en dehors des tribunes et éloignés des caméras que les véritables combats ont eu lieu. Dans un premier temps durant l’avant-match mais surtout la réponse des hooligans slovaques ne s’est pas faite attente puisque durant la seconde mi-temps les deux camps se sont retrouvés à l’extérieur de l’enceinte sportif pour un fight.

On est alors en droit de se demander pourquoi et comment ces événements se sont produits. Premièrement, on peut pointer son doigt vers l’UEFA. Pourquoi avoir accepté le Stade Pasiensky ? Alors qu’il avait mis des semaines et des semaines à donner une réponse positive au Slovan Bratislava au sujet du Pasiensky qu’il trouvait, à juste titre, comme vétuste et très peu sécurisant.

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Deuxièmement le club slovaque est aussi l’un des responsables, comment peut on séparer deux tribunes avec deux barricades faites maison et tenues par de simples fils. Bien qu’ayant doublé les postes de stadiers (300) par rapport au match face à Naples, on peut voir que la sécurité n’était absolument pas prête et surtout comment expliquer cette intervention si tardive de la police ?

Ceci est supposé empêcher de passer.

Ceci est supposé empêcher de passer.

Depuis ces incidents, certains supporters du club slovaque continuent de réclamer la tête de nombreuses personnes présentes dans l’organigramme du club – bien que certains de ces derniers n’ont pas forcément de rôle avec le match. Dans leur viseur se trouvent le directeur technique Zdeno Roman jugé responsable de l’échec de la sécurité ainsi que Vojtech Miklós qui s’occupe de la surveillance de membre du conseil d’administration du club, ce dernier prend une grande place dans le club et est connu pour ses magouilles. Enfin comme j’en parlais dans cet article, Petr Kaspar, le vice président du club, est l’un des noms qui revient souvent dans les bouches des fans notamment pour les choix de transferts ainsi que la gestion et la communication de certains d’entre eux.

Le climat à Bratislava semble de plus en plus tendu au fil des semaines. Espérons maintenant que les supporters slovaques ne seront pas interdits de déplacement à Prague, Letná étant d’un tout autre standing que le Pasiensky.

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