Le club des cinq de Liga I roumaine

Tristan Trasca - Publié le 25 septembre 2014

Cette saison roumaine devrait être très intéressante avec une densité qu’on avait pas connu ces dernières saisons. Présentation de 5 équipes majeures de cette Liga I 2014/2015.

Le Steaua en patron

Honneur aux champions en titre et leaders. Avec 21 points en 8 matchs (7 victoires et 1 défaite), le Steaua maîtrise tranquillement son début de saison. Il faut dire que l’équipe, désormais coachée par Costel Galca, a un sacré effectif. Cet été, le Steaua s’est ainsi renforcé avec l’arrivée du gardien Arlauskis, des défenseurs internationaux Papp et Luchin, des milieux Breeveld, Bourceanu et de l’attaquant Rusescu. Le Steaua a ainsi aisément pallié aux départs de Tatarusanu, Gardos, Pintilli et Piovaccari.

Arlauskis a parfaitement remplacé Tatarusanu dans les coeurs et les buts du Steaua

Arlauskis a parfaitement remplacé Tatarusanu dans les coeurs et les buts du Steaua

Le Steaua a déjà battu le Petrolul, le CFR et le Pandurii cette saison. Contre ces derniers, le Steaua a demontré son potentiel offensif, en mettant six au Pandurii grâce à un sextuplé de Keseru. L’ancien Nantais est d’ailleurs le meilleur buteur du championnat avec 10 pions inscrits en 8 matchs. Si le Steaua est relativement solide derrière, c’est d’ailleurs la puissance offensive de l’équipe championne qui donne le tournis : le magicien Sanmartean à la mène, le virevoltant Chipciu pour faire exploser les lignes adverses, les deux buteurs Keseru et Rusescu à la finition létale, les ailiers Popa et Tanase pour créer le danger.

La seule ombre au tableau reste la non-qualification pour la Ligue des Champions, suite à la défaite contre Ludogorets. Le Steaua gère donc tranquillement compétitions nationales et Europa League, avec un premier 6-0 contre Aalborg. A priori, le Steaua reste le vrai patron du football roumain et 2014/2015 devrait à nouveau se vêtir de rouge et bleu.

Le CFR Cluj, la surprise

On attendait pas forcément le CFR Cluj à pareille fête cette année. Avec un mercato estival très agité (une vingtaine de départs et autant d’arrivées), le CFR semblait même s’être affaibli avec les départs de vrais tauliers comme Felipe Piccolo, Rui Pedro ou encore Ricardo Cadu. Des départs impulsés par la nouvelle politique salariale du club.

Mais si le club a perdu en individualités, il a sans doute gagné en esprit d’équipe. Sous la coupe du jeune Miriuta (45 ans), le CFR présente cette saison un bloc-équipe solide qui n’a pris que 4 buts en 8 matchs. Ceci doit en grande partie au bon travail collectif mais aussi aux performances individuelles des tauliers défensifs comme le gardien Mario Felgueiras et les défenseurs Mateo Susic, Ionut Rada et Mario Camora. Avec 17 buts inscrits, le CFR possède une belle attaque qui tient surtout grâce au talent et à la force physique de Greg Tadé, auteur de 9 buts. L’ancien des Rangers, qui avait grandement déçu la saison passée, est en feu cette année et semble disposer de la pleine confiance de ses collègues et de son coach.

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Greg Tadé enfin adapté au football roumain

Le CFR n’a perdu qu’un match pour l’instant contre le Steaua et a surtout battu le Petrolul et l’Astra. S’il semble peu probable que le CFR puisse être au niveau sur la durée du championnat pour finir tout en haut, l’équipe de Miriuta devrait continuer à surprendre, à condition que Tadé continue sur son rythme actuel.

L’Astra confirme

L’Astra Giurgiu possède à l’heure actuelle un point de retard sur le CFR et 3 sur le Steaua. Si l’on prend en considération la longue épopée estivale du club du sud de la Roumanie ponctuée par la victoire contre l’Olympique Lyonnais, ce n’est pas si mal.

L’Astra n’a pour l’instant perdu que deux matchs: un contre le CFR Cluj où l’Astra avait explosé et l’autre à Botosani à la fin d’une semaine européenne. A vrai dire, l’Astra gère plutôt tranquillement son début de saison avec un effectif qui a gagné en nombre en fin de mercato avec les arrivées de Chitu, Grandin, Touré (ancien du RC Lens). Malgré tout, on a un peu de mal à retrouver l’enthousiasme voire l’insouciance qui se dégageaient la saison dernière du jeu de l’Astra. Aujourd’hui, tout semble un peu plus compliqué dans le jeu, alors que le buteur Fatai est la victime perpétuelle des critiques du président. Cette ambiance nauséabonde semble peser sur les performances de différents joueurs.

Budescu et Seto, deux piliers de l'Astra

Budescu et Seto, deux piliers de l’Astra

Tombé dans un groupe compliqué en Europa League (Dinamo Zagreb, Red Bull Salzbourg et Celtic), l’Astra va devoir composer avec de nombreux matchs et une rotation d’effectif à laquelle il n’est pas habitué. Giurgiu peut malgré tout toujours compter sur son phare Budescu et ses chiens de garde Yahaya, Seto et Laban.

Le Petrolul s’empoisonne

Sur le papier, le Petrolul Ploiesti devait être le vrai contender du Steaua cette saison en Roumanie. Disposant d’un effectif où tous les postes sont doublés, le Petrolul avait l’image de l’équipe et du club stables pouvant aller embêter le Steaua jusqu’au terme de la saison. Or, après 3 mois de compétition, les Loups Jaunes ont changé d’entraîneur, perdu Mutu qui part pour l’Inde, laissé partir leur directeur sportif et surtout ils ont déjà 7 points de retard sur le Steaua.

Les Loups Jaunes restent une belle équipe à voir jouer quand les Teixeira, De Lucas, Juan Albin sont sur le terrain mais il manque toujours quelquechose à cette équipe pour aller plus haut. Pourtant l’Israëlien Toto Tamuz fait le boulot devant avec déjà 10 buts. Mais il manque ce soupçon de solidarité et de chance au Petrolul pour vraiment s’affirmer dans le haut du tableau. Ce manque d’ingrédients a coûté à Razvan Lucescu son poste il y a 10 jours.

L'Espagnol De Lucas, un des meilleurs milieux de Liga I

L’Espagnol De Lucas, un des meilleurs milieux de Liga I

Multescu, un vieux routier des bancs roumains, a pris les commandes et la défaite 3-2 contre le Steaua du week-end reste pleine de promesse puisque le Petrolul était dépourvu de la moitié de son équipe. Avec un calendrier allégé par rapport au Steaua et à l’Astra, le Petrolul devrait pouvoir tenir le rythme mais le bordel ambiant dans le club semble peser sur les résultats de l’équipe. Le départ de Mutu me semble être une bonne chose, même si l’ancien Ajaccien a fait un bon début de saison mais laisser partir l’indispensable Ovidiu Hoban vers Israël reste un vrai point d’interrogation quant aux vraies ambitions de ce club.

Le Pandurii va revenir

J’aurais certainement pu évoquer le Dinamo Bucarest et sa jeune garde ou Targu Mures – le promu costaud avec les N’Doye, Muresan, Zicu, Sepsi et compagnie – qui ont tous deux plus de points que le Petrolul. Mais j’ai préféré garder une petite place pour mon Pandurii. Un club pour esthètes. Certes, le Pandurii ne compte que 7 points avec une seule victoire mais les derniers matchs ne laissent pas de doute: le Pandurii qu’on a aimé est de retour.

Avec Petre Grigoras comme entraîneur, le Pandurii retrouve un certain élan offensif après une dernière saison fade. Le Pandurii présente ainsi un des plus beaux milieux de terrain du pays avec le trio Anton-Nistor-Radut. Le premier est le n°6/8 par excellence capable de tout faire au milieu. Nistor retrouve des cannes après une période traumatisante à Evian et cela reste un plaisir de voir que sa vista et son jeu de passes restent au-dessus de la moyenne. Quant à Radut, il a beaucoup de déchets dans son jeu mais demeure un régal à voir jouer quand il est en forme. Devant, le Pandurii peut aussi compter sur sa recrue Mihai Roman II, bien revenu après une grave blessure la saison dernière.

Dan Nistor au premier plan avec Paul Anton derrière

Dan Nistor au premier plan avec Paul Anton derrière

Bien entendu, le Pandurii est déjà trop loin pour jouer le titre mais a tenu la dragée haute au Petrolul (1-1) et à l’Astra (défaite 2-1 en jouant une heure à 10 et en se crééant de multiples occasions) ces dernières semaines. Les beaux jours semblent revenir sur la ville où les fameuses sculptures de Brancusi rayonnent. La Porte du Baiser est une belle métaphore du jeu proposé par les joueurs de Grigoras.

Tristan Trasca

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