La banderole de la honte en Grèce, 24 ans après la tragédie de Karaiskakis

Fridhi Ghassen - Publié le 12 février 2015

Ce dimanche a vu le choc de la Superleague finir sur un triste 0-0. Au bout d’une rencontre assez ennuyante, le PAOK second qui recevait le leader du Pirée perd sa deuxième place au profit du Panathinaikos, qui avait gagné 1-0 face au Panaitolikos un peu plus tôt dans la journée.

Mais ce dimanche 8 février 2015 n’était pas seulement un jour de choc pour l’Olympiakos mais aussi et surtout un jour de mémoire. Ce 8 février est chaque année pour n’importe quel supporter rouge et blanc un jour sombre au cours duquel les souvenirs douloureux du passé ressurgissent. En effet, le 8 février 1981, lors d’un mouvement de foule durant le match Olympiakos-AEK, 21 supporters périssent dans ce qui restera la plus tragique catastrophe du football et du sport grecs. Ces 21 morts dans l’ancien stade Karaiskakis étaient 20 supporters de l’Olympiakos et un de l’AEK, ami d’un supporter du club du Pirée. A ces 21 personnes décédées s’ajoutèrent également 55 blessés. Cependant les raisons et les causes exactes de ce mouvement de foule restent méconnues et inexpliquées.

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Dans le nouveau stade Karaiskakis, dans la fameuse Gate7, les sièges sont rouges mais au milieu 21 sièges noirs tracent un 7 en souvenir de la catastrophe du 8 février 81. Une stèle a été construite en dehors du stade où ont lieu les commémorations annuelles. Et la Gate 7 a d’ailleurs créé un chant en l’honneur de ces victimes que personne n’oubliera jamais. Ce chant dit : « Aderfia zoite eseis mas odigeite », ce qui signifie littéralement « Frères, vous êtes vivants, vous êtes ceux qui nous guident ».

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Lors des commémorations qui avaient lieu ce samedi 07 février 2015

Cette tragédie est normalement respectée et honorée par tous les supporters en Grèce et même par les ennemis de l’Olympiakos. Dans le monde des Ultras et des supporters, beaucoup d’excès peuvent avoir lieu mais il y a une règle sacrée: respecter les morts.

Or ce weekend, une banderole a été brandie par la Gate 13 du Panathanaikos. Il y est écrit : « Que les vivants peuvent aller rejoindre les morts ». Cet acte honteux a été critiqué par l’ensemble de la communauté ultra dans le monde et ne fait qu’attiser la haine entre les supporters des deux clubs.

La Gate 13 s’illustre bien tristement en ce jour de mémoire et il y a des raisons de penser que les violences habituelles lors des derbys pourraient augmenter lors des prochaines confrontations que ça soit en football, basket, volley et water-polo.

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La fameuse banderole de ce 08 février 2015 (Ultra Style)

Heureusement ce triste incident n’est qu’une exception. En effet, chaque année les supporters de Liverpool viennent se recueillir sur la stèle au Pirée et leurs homologues grecs font de même en Angleterre au mémorial. Les fans de Liverpool ont eux connu le 15 avril 1989 la tragédie d’Hillsborough durant laquelle 96 supporters ont trouvé la mort. Ces actes de respect entre les deux clubs et leurs supporters ont débuté lors d’un match Liverpool-Olympiakos et sont devenus avec le temps une tradition. Depuis, les liens sont très forts. Plus que les mêmes couleurs, les deux équipes et leurs peuples partagent les mêmes souvenirs douloureux.

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Evidemment la mémoire des 21 morts est également honorée par les frères de Gate 7 de l’Olympiakos: les Delije de l’Etoile Rouge de Belgrade. Les frères orthodoxes n’oublient pas chaque année de commémorer dignement le jour noir de leurs frères du Pirée. La Gate 7 a également respecté comme il se doit et à plusieurs reprises la mémoire de Marko Ivkovic, le membre des Delije lâchement assassiné à Istanbul avant le match Galatasaray-Etoile Rouge.

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La mort n’a pas de couleur.

Aderfia zoite eseis mas odigeite !

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