Sergey Krivets, le pionnier

Quentin Guéguen
Quentin Guéguen - Publié le 29 août 2014

Le meneur de jeu biélorusse va devenir le premier joueur biélorusse de l’Histoire de la Ligue 1. Ce sera sa deuxième expérience dans un vrai championnat étranger après la Pologne.

Âgé de 28 ans, Sergey Krivets est au milieu de sa carrière. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle est pour le moment assez étrange et quelconque pour la personne lambda qui ne suit que les grands championnats européens. Né à Grodno, Krivets n’a pourtant jamais joué pour le Neman, le club local. Plutôt, il s’est rendu à Minsk puis très vite, dans la banlieue, à Borisov. Le milieu offensif participe activement à la progression de ce qui est aujourd’hui le meilleur club de Biélorussie. En 2008-2009, Sergey Krivets est un élément essentiel du FC BATE qui se qualifie en poules de Ligue des Champions et marque un but face à la Juve, faisant de lui le premier buteur d’un club biélorusse à ce niveau. A ce moment, Sergey Krivets était alors très prometteur et avait la valeur marchande la plus élevée du championnat. Il joue l’Euro U21 2009 et fait ses débuts avec la Sbornaya biélorusse. Dans une progression logique, Krivets rejoint le Lech Poznan en 2010. Sa première saison et demie est de très bonne facture et il inscrit le but qui offre le titre à son club. La suivante est cahin-caha et Krivets signe finalement en Chine à l’été 2012. Un transfert surprenant et une histoire courte puisqu’un an plus tard, il résilie son contrat puis revient au BATE Borisov. Boucle bouclée… jusqu’à hier.

Sergey Krivets

L’intégration, l’interrogation

Pour Sergey Krivets, il n’y aura aucun problème de nature physique puisque le championnat de Biélorussie a repris en mai. Cela peut aussi avoir un impact négatif s’il est utilisé intensément jusqu’à la fin de saison en France puisque cela ferait presqu’un an sans coupure. Le principal problème peut venir de l’intégration. On peut compter sur les doigts d’une main le nombre de Russes qui ont réussi à s’adapter durablement à la vie en Occident alors qu’ils écrasaient leur championnat (Pogrebnyak, Pavlyuchenko, Arshavin). Au niveau des Biélorusses, il y a trop peu de point de repère. Putsila et Rodionov n’ont pu s’imposer à Fribourg, idem pour Sivakov à Cagliari mais Krivets est celui qui a le plus d’expérience et le plus de potentiel pour le faire. A 28 ans, les meilleurs joueurs sont généralement déjà partis en Russie. Amis Messins, laissez également un léger temps d’adaptation à Krivets pour s’habituer à la Ligue 1 qui est d’un tout autre niveau technique et physique que la Vysshaya Liga. Il passe, de plus, d’une équipe qui écrase tout à une autre qui va se battre pour le maintien.

Meneur de jeu complet

Sergey Krivets n’est pas le joueur qu’il était dans Football Manager 2010. Néanmoins, c’est un très bon joueur de football capable de bien faire ce que demande son poste, meneur de jeu. Krivets est beaucoup plus complet qu’il ne l’était lors de son passage à Poznan et il s’est en plus coupé les cheveux. Il peut dribbler, passer et marquer avec pour preuve ses statistiques de cette année en Biélorussie : 10 buts et 11 passes décisives plus quelques actions décisives en Ligue des Champions également, notamment sur coups de pied arrêtés, une spécialité où il excelle de par sa qualité de frappe de balle. C’est un joueur créatif et qui tente. Il joue juste et est très élégant balle au pied. Aux deux pieds, d’ailleurs. Gauche ou droit, le milieu de terrain n’a pas de pied faible. Krivets peut également jouer sur les ailes mais a la fâcheuse tendance de toujours être aspiré par l’axe. Cela peut marcher si les latéraux sont très offensifs et n’hésitent pas à prendre le côté. En revanche, Krivets n’est pas tellement fan des efforts défensifs et a parfois tendance à en faire un petit peu trop balle au pied.

Après avoir offert une nouvelle qualification au FC BATE pour la Ligue des Champions, Krivets joue aujourd’hui la meilleure saison de sa carrière et s’il peut promouvoir un peu le football et le championnat biélorusse en France en aidant son club, alors tout le monde sera heureux. D’autant plus que les Grenats n’ont pas dû payer très cher pour s’attacher les services de Seryoga. Le pari est peu risqué et peut rapporter gros. Draniki à Metz !

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J'aime les draniki sans champignon, et accessoirement le football biélorusse et autrichien.

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