Kehinde Fatai : «J’ai franchi un pallier à moi de prouver que j’en suis digne »

Nicolas Kohlhuber - Publié le 27 août 2015

Alors que le Sparta Prague affronte le FC Thoune en Europa League, Footballski s’est entretenu avec son nouvel attaquant, Kehinde Fatai. Présentation du nouvel homme fort du club tchèque

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Fatai sous le maillot de l’Astra. Un bon souvenir pour nos amis lyonnais.

Kehinde Fatai, si ce nom donne encore des cauchemars aux supporters lyonnais, il est encore loin de faire les gros titres en France, et pourtant… Ce joueur nigérian est une star dans les pays de l’Est, et surtout en Roumanie. Né au Nigeria en 1990, il débarque en Roumanie en 2007, du côté du Farul Constanta. « Je voulais jouer en Europe, j’ai eu une opportunité : je l’ai saisie. » nous confie aujourd’hui le natif d’Abuja au sujet d’un choix peu courant. Dans un premier temps, l’attaquant évolue avec la réserve du club. Mais très vite, la troisième division roumaine devient trop petite pour lui. A même pas 18 ans, il marque 11 buts en 20 matchs et glane quatre entrées en jeu chez les pros. L’année suivante, le joueur d’1m80 ne quittera plus l’équipe fanion si ce n’est pour disputer la Coupe du Monde U20 avec le Nigeria. Mais en Égypte, les Flying Eagles se feront couper les ailes en huitièmes de finale…

En orbite avec l’Astra

En juillet 2010, le Nigérian rejoint l’Astra. Le club encore basé à Ploiesti nourrit de grandes ambitions et est sur le point de mettre le cap sur Giurgiu. En trois saisons et avec une trentaine de buts marqués, l’attaquant attire l’attention de plus grands clubs. Il ira finalement au FC Bruges en prêt pour la saison 2013-2014. En Belgique, malgré des débuts réussis, son expérience restera mitigée avec seulement 10 matchs joués. De retour en Roumanie, celui qui ne compte encore aucune sélection en A commence la saison avec un titre : la SuperCoupe de Roumanie.

«J’ai franchi un pallier à moi de prouver que j’en suis digne»

Quelques semaines plus tard, en grande forme, « Kenny » permet aux Roumains de venir à bout de Lyon et de décrocher la qualification pour la phase de poules de l’Europa League. Et c’est ce qui le fera rester en Roumanie. La direction refusant dans les derniers instants du mercato une offre d’1 million d’euros en provenance de Rennes. Malgré des blessures qui l’empêchent de jouer à son juste niveau, sa cote de popularité ne faiblit pas, Stuttgart l’invitant notamment à visiter ses installations.

« Je suis arrivé très jeune. Mon expérience à l’Astra Giurgiu était magnifique. On a réalisé de belles performances et je me sentais très bien dans cette équipe. On a fait du bon boulot, avec un staff et des joueurs de qualité. Pour moi c’est une grande satisfaction, notamment l’an dernier quand on s’est qualifié pour la phase de poules de l’Europa League. Cela a été difficile pour moi de quitter ce club à qui je dois tant. » nous a-t-il avoué. Car c’est finalement à l’été 2015 que le buteur quitte la Roumanie, pour la République-Tchèque et le Sparta Prague. « Je suis très heureux d’avoir eu la chance de rejoindre le Sparta Prague. Je ne pouvais espérer mieux pour ma carrière. J’ai choisi ce club, car c’est un club historique, qui performe chaque année. C’est une fierté de porter ce maillot » ressent aujourd’hui le joueur de 25 ans.

Fatai face au CSKA Moscou en Ligue des Champions

Une expérience tchèque qui commence relativement bien pour Fatai. Malgré la concurrence de joueurs comme Lafata ou du nouveau venu Paixao, le Nigérian s’impose de match en match sur le front de l’attaque grâce à ses appels incessants mettant rapidement en danger les défenses peu mobiles, en témoigne son superbe match face au CSKA Moscou en Ligue des Champions.

Bientôt en sélection roumaine ?

Mais ce n’est pas pour autant que l’homme originaire du Nigeria ne mettra plus les pieds en Roumanie. Depuis plusieurs mois, les procédures sont encore en cours pour lui permettre d’obtenir la nationalité roumaine. Jusqu’à être convoqué par Iordanescu ? Réponse de l’intéressé : « C’est vrai que je pense à jouer pour la sélection roumaine, mais pour l’instant, je ne me suis pas encore fixé. Je me poserai réellement la question le jour où un des deux sélectionneurs me convoquera. » Pour y arriver, il devra prouver sa valeur dans un nouveau championnat « face à des équipes de qualité ». Un nouveau pays qui ne le laisse pas de marbre « Les ambiances ici sont incroyables, les conditions de travail aussi. Tout est réuni pour réussir. » Et l’objectif est sérieux avec ce transfert : un premier titre national. Mais face à des équipes comme le Viktoria Plzen ou Jablonec, la marche sera longue. « Il y a beaucoup de concurrence, et tous les matchs sont à prendre en sérieux. Le titre va se jouer sur des détails, on part dans l’optique de ne disputer que des finales. » Ce soir, le Nigérian pourrait refaire le coup de Gerland et permettre aux siens de rallier la phase de poules de l’Europa League, mais cette fois-ci, contre Thoune, cela sera beaucoup moins surprenant…

Nicolas Kohlhuber

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