On a discuté avec Graham Williams, joueur du Riga United

Tristan Trasca - Publié le 22 janvier 2015

Depuis 2001, un club unique, où Lettons et expats jouent ensemble, se développe au coeur de la Lettonie à Riga. Parti de rien, Riga United s’est structuré petit à petit jusqu’à créer sa propre académie de football, développer son image et se professionnaliser. On a discuté de cette aventure humaine avec Graham Williams, figure historique du club et créateur de l’excellent One Nil Up, site de référence sur le football balte.

« Est-ce que tu peux nous dire comment l’histoire du Riga United a débuté ?

Le club a été fondé en 2001 pour que des expatriés et quelques locaux puissent se rassembler et jouer au football ensemble. En 2002, le club a participé à son premier tournoi, terminant troisième et à partir de là, les fondations étaient posées. Avec la qualification de la Lettonie à l’Euro 2004, l’intérêt pour le football a grandi et le club a attiré de meilleurs joueurs nous amenant à organiser des entraînements de manière plus régulière.

Le club est devenu plus officiel en 2006, en tant que Riga Out There United avant de devenir le Riga United en 2007, devenant ainsi officiellement un club de football.

Quel était l’esprit du club avant 2011 ?

La politique du club était d’unir des cultures différentes grâce au football, il était vraiment important pour nous d’avoir un mélange entre Lettons et expats. Cela a toujours créé une atmosphère fun et ouverte aux entraînements et dans nos activités en dehors du football. De fait, l’esprit a toujours été très bon, le club veut avoir du succès mais avant tout rassembler des gens.

Quel match est ton meilleur souvenir au Riga United ?

Nous avons eu beaucoup de bons moments. Je dirais que le meilleur souvenir est le premier match officiel que nous avons joué en 2013. C’était l’aboutissement de nombreuses années de dur labeur, de temps et d’énergie offerts de manière bénévole par de nombreuses personnes.

Pourquoi avez-vous choisi de vous professionnaliser en 2011 ?

Nous étions à la croisée des chemins, soit nous plongions dans cette aventure pour voir ce qui allait se passer, soit on continuait à participer à des tournois et matchs amicaux mais sans réellement progresser. Nous voulions aussi créer une académie pour les enfants; pour qu’elle soit pertinente, l’idéal devait être que les joueurs issus de cette académie veuillent et puissent jouer en équipe première. Nous avons décidé de passer un cap et nous sommes inscrits dans la ligue régionale de Vidzeme, sans regret depuis.

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L’équipe du Riga United lors de son premier match officiel, avec Graham Williams en bas à droite de la photo

Est-ce que cela a été difficile de passer d’un club de potes à un club plus compétitif et structuré ?

En termes de structures, pas vraiment. Nous faisions déjà du bon boulot pour développer la marque du club et les infrastructures dans le passé. Le plus dur a été de convaincre les joueurs qu’ils devaient maintenant être plus sérieux aux entraînements, améliorer leurs capacités physiques et être fidèles au club au moins pour une saison. Il est important de rappeller qu’un grand nombre de nos joueurs ne sont en Lettonie que pour un ou deux ans, nous avons des étudiants étrangers qui ne passent que 7 mois ici, gérer tout cela est le plus gros challenge.

Est-ce que votre club est apprécié en Lettonie ? Quel est le regard des autres clubs ?

Généralement, les retours sont très bons. Les autres clubs voient ce que nous faisons en termes de marketing et pour créer l’image du club. Notre style de jeu est aussi peut-être un peu différent de ce que proposent les autres équipes locales. De manière générale, je pense que les clubs respectent ce que nous faisons et apprécient de nous rencontrer.

Nous avons reçu quelques commentaires de clubs de Virsliga, tous pour nous dire qu’ils aiment ce que nous faisons. Leurs joueurs suivent nos progrès également parce que nous innovons socialement et dans la communication, des choses qui n’ont pas vraiment été faites ici dans le passé.

Combien de nationalités différentes ont porté le maillot du club à travers les années ?

C’est difficile à dire. En 2014, nous avions 22 nationalités différentes dans l’équipe donc vous pouvez imaginer le nombre de pays qui ont été représentés au Riga United depuis 2007.

Comment est-ce que le club s’est développé ces trois dernières années ?

Nous sommes devenus plus qu’un simple club. Riga United est une communauté où les enfants viennent dans notre académie pour apprendre l’anglais tout en jouant au football. C’est une communauté où toutes les nationalités sont bienvenues. Nous sommes également devenus plus sérieux dans notre approche des entraînements. Le club est devenu une marque connue par tout le football letton, ainsi nous nous sommes professionnalisés à tous les étages, de l’académie jusqu’à notre propre groupe de supporters.

Est-ce que vous voulez que Riga United soit aussi reconnu dans les années à venir pour ses équipes de jeunes ?

C’est le but ultime, nous voulons former des jeunes talents qui puissent représenter leur pays, que ce soit des garçons ou des filles. Nous donnons la chance aux enfants de rencontrer d’autres gamins de cultures et nationalités différentes et d’apprendre à vivre ensemble. Cela les aidera aussi dans leur carrière de footballeurs, nous voulons être reconnus pour notre bon travail et aider à développer la pratique du football chez les enfants en Lettonie.

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L’équipe U9, saison 2013-2014

Est-ce que vous pensez jouer en Virsliga un jour ?

C’est une possibilité, nous ne sommes qu’à deux titres de champion de cela. Nous ne nous racontons pas d’histoire pour l’instant mais si nous n’y croyons pas pour le futur alors pourquoi jouer aujourd’hui ?

Quel est selon toi l’histoire qui résume le mieux l’esprit du club ?

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Le fameux Emils à la plage

C’est la meilleure de nombreuses histoires. Nous avons un joueur letton qui s’appelle Emils qui a activement participé à la vie du club depuis quelques années. En 2013, nous sommes partis à Parnu en Estonie pour participer à un tournoi de beach soccer. Il n’est certes pas le joueur le plus doué mais il joue toujours avec son cœur. Lors d’un contact avec un gardien adverse, un coup de poing lui a cassé le nez… Cependant après une visite à l’hôpital, il est revenu bien vite au tournoi pour continuer à nous encourager. Nous étions nuls au beach soccer et il aurait été facilement excusé s’il était resté à l’hôpital pour échapper à cela, mais il voulait être sur la plage avec le reste de l’équipe. »

Tristan Trasca

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