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Lazar Van Parijs
Lazar Van Parijs - Publié le 28 mai 2014

Au mois de mars dernier, je vous parlais du limogeage de Karpyn et Spaletti. Les présidents respectifs souhaitaient jouer sur le « choc psychologique », que chacun sait quasi inefficace. Pour preuve, c’est le troisième larron, le CSKA Moscou qui a gagné le titre. Autant le Zénith avait des idées en tête et pouvait utiliser la manne financière de Gazprom pour offrir un projet à André Villas-Boas, autant les choses étaient différentes pour le Spartak.

Comme annoncé à l’époque, de nombreuses rumeurs couraient à Moscou. Stanislav Cherchesov, ancien gardien de l’ URSS et entraineur de l’Amkar Perm avec laquelle il s’est construit une excellente réputation, a décliné l’offre du Spartak pour signer quelques jours après au Dinamo Moscou pour 2 ans. Pratique pour le moins hallucinante, l’ entraineur a quitté son club pour rejoindre Moscou AU MILIEU de la saison, alors que son équipe se battait pour une place européenne.

Nommé temporairement le 19 mars à la tête de l’équipe 1, Dmitri Gunko, 38 ans, ex obscur gardien de seconde division. L’ex adjoint de Karpyn a été intronisé officiellement entraineur pour la fin de saison le 25 mars, soit peu après l’annonce de l’ échec du retour de Cherchesov. C’est un échec pour Leonid Fedun, ne trouvant personne il se résigne et signe l’adjoint pour finir la saison comme il peut. Fedun souhaite dès lors préparer la saison prochaine et continue sa quête d’un entraineur. Gunko a rejoint le club en 2008 et a progressivement monté tous les échelons. Assistant U21, puis entraineur U21, entraineur des gardiens, puis assistant de Karpyn. Il connaissait la maison, il avait une équipe avec des joueurs prometteurs, l’équipe était troisième et toujours dans la course pour le titre. Il avait tout à sa disposition pour réussir.

Dimitri+GunkoGunko, pratiquement envoyé au Goulag, s’entraine déjà à manger ses doigts.

L’équipe sous la direction de Gunko, ça a été un festival de grand n’importe quoi. 9 matchs: 3 victoires, 1 nul, 5 défaites et des choix plus que douteux …

Capture d’écran 2014-05-26 à 01.10.08

  • 9 matchs, 4 compositions différentes: 2x 3-5-2, 3x 4-3-3, 3x 4-2-3-1, 1x 4-4-2. Karpyn jouait lui dans un 4-3-3 où seule l’attaque comptait. La stabilité c’est pas son fort à priori.
  • Avec 11 matchs après la coupure liée à l’hiver, c’est pas moins de 3 gardiens qui se sont succédés dans les buts. Alors que Karpyn avait intronisé Mitryuskin avec la pause hivernale, Gunko a tout révolutionné. Exit la jeunesse de Mitryuskin (18 ans), voici le retour des anciens Dykan et Rebrov, respectivement 36 et 30 ans. Du coup cette saison, nous avons vu 4 derniers remparts. Pesjakov avec 15 matchs, 8 pour Rebrov, Dykan est à 6 et Mitryuskin a officié 2 fois. Peut-être un secteur qu’il faudra revoir l’année prochaine.
  • Quand on connait les problèmes défensifs sous Karpyn, on pouvait s’attendre à un retour plus régulier de Salvatore Bocchetti dans le 11 titulaire. Il a joué par intermittence. Avec un entrainement qui peut laisser perplexe. Une quinzaine de minutes face au Loko, puis banc puis 1 match entier, absent du groupe, retour pour 2 matchs et il a terminé les 2 derniers matchs de la saison sur le banc. Le tout sans réelles explications. Sa performance respective était pas plus mauvaise que l’équipe.
  • Alors que Waris flambait avec Valenciennes avec 9 buts en 16 matchs, Dzyuba finissait second meilleur réalisateur du championnat avec 17 buts. Il a très fortement aidé Rostov à se maintenir. Pendant ce temps là, le Spartak s’en remettait à Movsisyan, auteur d’une excellente saison. A côté de lui, c’est le désert en attaque. Lucas Barrios est un flop. 1 but en 15 matchs.
  • Du côté du recrutement, la majorité des nouveaux joueurs a été utilisée et intégrée par le coach, on peut cependant noter l’echec Serdar Tasci. Arrivé de Stuttgart, il n’aura été aligné que 4 fois en première ligue et 2 fois en Europa League. Dans une moindre mesure, l’arrivée de Patrick Ebert au mercato hivernal n’aura pas eu un impact significatif avec 6 matchs sur 10 possibles.
  • Et puis d’un point de vue extra sportif, sur le banc, avec Karpyn, le Spartak a surement perdu l’entraineur le plus classe de la première ligue. Avec son survêtement, ou son smoking canadien trop grand Gunko semble a des années lumières, même Leonid Slutsky semble bien habillé.

Les ultras n’ont pas tardé à exprimer leur mécontentement. L’apogée a été atteinte le 10 mai contre Perm. Après 15 minutes d’encouragements, les ultras ont repris leur matériel et ont quitté le stade pour dénoncer ce qui se passait au club tout en chantant « Notre nom au dessus de l’argent ». Наше имя выше денег.

spartak

spartak quitter stade

Alors qu’ils étaient encore en lisse pour le titre, le Spartak termine sa saison à la 6ème place, en dehors de toute place qualificative pour une coupe européenne. Qu’il est loin le temps où entre 1992 et 2001 le Spartak a remporté 9 titres en 10 saisons.

Le prochain rendez vous est le 24 juillet pour l’inauguration du Otkrytie Arena après 4 ans de travaux. Initialement prévu face au Dinamo Kiev, en souvenir du temps où les 2 équipes dominaient de la tête et des épaules le championnat soviétique, mais la politique est passée par là, et c’est finalement Crvena Zvezda qui sera présente. La sainte alliance des frères orthodoxes (avec l’ Olympiakos).
Limogé par le Dinamo, Dan Petrescu, l’ancien de Chelsea s’est retrouvé lié également aux мясо. Ce dimanche 25 mai, il a affirmé qu’il s’était mis d’accord à 99% avec un club mais refuse de donner son nom. Tout porte à croire que le Spartak tient là son futur entraineur, mais tant que c’est pas signé, rien n’est fait. C’est la jurisprendence Cherchesov. Mircea Lucescu serait également sur les rangs. Des négociations auraient lieu à Vienne en ce moment, le Shaktar lui aurait donné son accord pour rechercher un nouveau challenge. Mais ce mardi 27 mai, le média roumain adevarul.ro annonçait que Lucescu demandait 4 millions d’euros, Petrescu n’en prenant que 2,5 il deviendrait l’entraineur du Spartak. Ce serait dommage pour le Spartak, Lucescu est un ton au dessus de Petrescu et permettrait au club des coopératives agricoles de franchir un palier. Les autres rumeurs sont Di Matteo, Klinsmann, Semin. Attendons, ne tirons pas de plans sur la comète.

Vouloir du changement c’est louable, avoir un plan B c’est mieux.

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Je me suis réveillé un beau matin à Belgrade à cheval entre Europe de l' Ouest et le bloc soviétique après une nuit sur un Splav à boire de la Rakija. J'ai décidé de prendre le train de nuit suivant, direction Moscou, finir l'aventure devant l' Hotel Ukraina !

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