Euro 2016 : La chronique de Fucking Polak – On peut toujours y croire

Invité - Publié le 26 juin 2016

Originaire de Cracovie, élevé aux pierogis, kabanos et sernik, ses premières idoles sont Andrzej Juskowiak, Krzysztof Warzycha, Jozef Wandzik et Jacek Bak. Supporter du Wisla Cracovie des années 2000 à l’époque où cette équipe flambait en Coupe UEFA et raflait des titres en Pologne, il ouvre son blog So foot Fucking Polak en 2011 à l’occasion du championnat d’Europe qui se déroulait en Pologne et Ukraine à l’été 2012.

Émancipé, le Fucking Polak Blog a pris son envol, est désormais indépendant et lâche désormais quelques billets de temps à autres sur Footballski.


Cela aurait pu être plus simple, plus facile. On se serait largement passé de tant de suspense. Mais il faut croire que le foot c’est comme la vie, rien n’est simple ni facile. Encore une fois, notre duo d’attaque n’a pas réussi à se montrer décisif. Pourtant, dès la première minute, Milik se retrouvait seul aux 16 mètres, devant le but déserté par Sommer et tirait…au-dessus. La suite, c’est du classique, un match assez moche, sans grandes occasions. Une défense polonaise qui tient la baraque contrairement à ce qu’on aurait pu penser en début de compétition, une attaque stérile (là encore, contrairement à ce qu’on aurait pu penser en début de compétition), quelques contres bien placés par Kuba et Grosicki, un Krychowiak qui orchestre le tout et une équipe polonaise toujours aussi cohérente. A la 39ème minute, Grosicki décolle sur son flanc gauche, attire la défense suisse sur lui et passe la balle à Kuba dans le côté droit de la surface. Kuba prend son temps , place la balle entre les jambes de Sommer et ouvre (encore) le score, comme face à l’Ukraine.

Ensuite, on pouvait s’attendre à ce que la Pologne place des contres. Eh bien non, au retour de la pause, l’équipe polonaise est apathique, elle attend les Suisses qui se procurent de multiples occasions, de plus en plus franches, plus le temps passe.  Je ne sais pas si c’était la stratégie de tout miser sur la solidité défensive ou si vraiment la fatigue se faisait déjà sentir dans les jambes polonaises ? Toujours est-il que les occasions suisses se multipliaient, à la 73ème un coup-franc pleine lucarne de Rodriguez que Fabianski allait chercher, à la 79ème c’est Seferovic qui envoyait un parpaing sur la barre transversale  et trois minutes plus tard, ce qui devait arriver, arriva. Shaqiri tente un ciseau aux 16 mètres, poteau rentrant et égalisation suisse. Et là, on est bien dégoûté. Pourquoi ne pas avoir joué de la seconde mi-temps ? Pourquoi Lewandowski ne sert à rien à ce point ? Pourquoi Schär n’a pas pris son carton rouge, comme il aurait dû le prendre à la 55ème minute en fauchant salement Lewandowski ? Pourquoi ce geste improbable de Shaqiri est rentré alors qu’il pourrait le refaire 40 fois que ça ne rentrerait pas ? Et surtout surtout surtout, en ce qui concerne Shaqiri, POURQUOI CETTE COIFFURE ?!

Fin du temps réglementaire. Prolongation. La Pologne est asphyxiée. Même Krychowiak perd des ballons, c’est dire. A ce moment, on se rend compte que les Polonais ont eu 48 heures de récupération en moins que les Suisses et sans se chercher d’excuses bidons, ça commence à se voir. Du coup, on attend les tirs au but. Lewandowski marque le premier penalty polonais et ça soulage, je le voyais déjà rater tellement il nous fait un mauvais Euro (pour l’instant). Finalement, c’est Xhaka le petit génie suisse qui dévisse complètement le second penalty suisse. Ensuite tout le monde marque et la Pologne est qualifiée. OUF !

© JEAN-PHILIPPE KSIAZEK/AFP/Getty Images

© JEAN-PHILIPPE KSIAZEK/AFP/Getty Images

Quoi qu’il en soit à présent, la Pologne aura fait une belle compétition. Certes ce n’est pas fini et pourquoi pas continuer ? La Pologne n’avait jamais gagné un  match dans un championnat d’Europe, là c’est fait. La Pologne n’était pas sortie des phases de poules d’une compétition internationale depuis 1986, là c’est fait. La Pologne n’était pas allée en 1/4 de finale d’une compétition depuis 1982, là encore, c’est fait. Donc pour l’instant tout est positif. Tout ou presque. Fabianski tient ses cages comme il faut, la défense reste solide (et ce n’est pas ce but venu d’ailleurs de Shaqiri qui doit remettre ça en cause) Pazdan et Glik assurent en charnière, Krychowiak gère le milieu de terrain, les ailes sont superbes, Grosicki et Kuba font des matchs pleins. Mention spéciale à Kuba et ses deux buts. Par contre l’attaque reste le gros point négatif. Le duo Milik -Lewandowski qui fonctionnait à merveille ne marche plus. Pire, Lewandowski s’est montré très agaçant dans ce match, se roulant par terre souvent pour rien et balançant des frappes insipides (sa première frappe cadrée de l’Euro, un pointu dégueulasse  à la 50ème minute de jeu).

Bref, si la Pologne continue à être une équipe aussi cohérente et si l’attaque se réveille pourquoi ne pas viser les 1/2. Les matchs des Bialo-Czerwony ne sont pas les plus beaux mais on a déjà vu des équipes qui alignaient les purges, remporter des compétitions (palme à la Grèce en 2004) En attendant, on peut toujours y croire…

Lukasz aka Fucking Polak


Image à la une : © Lars Baron/Getty Images

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