État des lieux de la sélection grecque

Martial Debeaux
Martial Debeaux - Publié le 24 août 2015

Dans l’esprit collectif, la Grèce est cette équipe un peu moyenne avec quelques joueurs « frisson » et, surtout, capable de faire un parcours incroyable et inattendu. Oui, mais ça, c’était avant. Maintenant, la Grèce est cette équipe capable de perdre deux fois face aux îles Féroé en éliminatoires de l’Euro. Comment en est-on arrivé là ? Éléments d’explications.

L’anniversaire est un peu passé inaperçu, éclipsé par une actu économique peu réjouissante. Début juillet, le 4 précisément, on fêtait les onze ans du but victorieux inscrit par Angelos Charisteas à la 57e minute de ce match face au Portugal. Un but synonyme d’histoire. Imaginez-vous : la Grèce, jusque-là nation modeste du football, vient de remporter l’Euro, l’une des plus prestigieuses compétitions de la planète. Qui l’aurait parié ? Personne, pas même les joueurs eux-mêmes. Onze ans après cet exploit, beaucoup de choses ont changé. Et, malheureusement, pas forcément en bien.

Pour beaucoup d’observateurs, la victoire grecque à l’Euro 2004 reste un hold-up. Une équipe défensive, peu spectaculaire, et qui doit sa victoire à un mélange de chance et de talent individuel. Il y a, certes, un peu de vrai là-dedans, mais si l’on regarde l’effectif de l’époque, on constate tout de même qu’énormément de joueurs de talents étaient présents. L’emblématique gardien Antónios Nikopolídis, le roc Traïanós Déllas en défense centrale, les tauliers Basinas et Karagounis au milieu, le capitaine Zagorakis, qui avait martyrisé Bixente Lizarazu en quarts d’un superbe sombrero, Angelos Charisteas devant, intraitable dans le jeu aérien (demandez donc à Fabien Barthez). Et la liste est encore longue. Bref, un effectif solide, fourni à chaque poste, et surtout avec des joueurs de devoir, évoluant pour la plupart au pays (seuls 8 sur 23 étaient sous contrat à l’étranger lors de la compétition). Le plus dur avait été fait. Expérimenté, l’effectif devait permettre au football hellène de s’installer durablement dans le haut niveau, et d’accéder régulièrement aux phases finales des principales compétitions, sachant que gagner à nouveau un Euro ou une Coupe du Monde serait, objectivement, presque impossible.

Les difficiles lendemains de l’Euro portugais

Ce fut, dans un premier temps, un échec. Incapable de se qualifier pour la Coupe du Monde 2006, la Grèce était également éliminée dès le premier tour de l’Euro 2008 sans marquer le moindre point et en n’inscrivant qu’un seul but, s’appuyant pourtant sur une ossature similaire à celle de 2004 et toujours avec Otto Rehhagel aux manettes. Surtout, la sélection venait de boucler une campagne de qualifications remarquable, terminant même meilleure équipe européenne avec 31 points. En 2010, après s’être qualifiée aux dépens de l’Ukraine en barrage, la Grèce s’arrête, là aussi, en groupe, après n’avoir gagné qu’un seul de ses trois matchs, face au Nigéria (2-1). Cette élimination marquait la fin de l’ère Rehhagel, qui passait le relais au Portugais Fernando Santos. Celui qui avait auparavant coaché trois gros clubs grecs (AEK, Pana, PAOK) allait redresser de manière significative les résultats de l’équipe.

La renaissance à l’Euro 2012

Le premier acte de cette « renaissance » a lieu lors de l’Euro 2012, organisé conjointement par l’Ukraine et la Pologne. Éliminés en quarts par l’Allemagne, les Grecs rappellent au monde du football qu’ils savent jouer au ballon et qu’ils peuvent à tout moment créer la surprise. Cette progression se poursuit jusqu’au mondial brésilien de 2014, où la Grèce refait sa spécialité : un parcours laborieux, qui passe in extremis les groupes (grâce à un pénalty dans le temps additionnel de Samaras) avant de frôler la qualification pour les quarts de finale, échouant aux tirs au but face au Costa Rica. On se dit alors que la sélection grecque a retrouvé de sa superbe. Certes, Karagounis et Katsouranis sont sur le point de se retirer, mais tout pousse à croire que la succession est prête. En effet, les joueurs de talent sont là et ce à presque tous les postes : Oréstis Karnézis dans la cage, une solide défense centrale composée de Manolas (AS Rome) et Sokrátis Papastathópoulos (Dortmund), le fantasque Holebas sur le côté gauche de la défense, Torosidis à droite, Koné & Maniatis au milieu, et quelques attaquants plutôt prolifiques (Mitroglou, Salpingidis, Samaras, Gekas). On se dit alors que Το Πειρατικό (Le Bateau Pirate, surnom de l’équipe) est bien partie pour, au moins, être en huitièmes de chaque grande compétition.

Sokratis, l’homme qui te fait gagner une partie de scrabble.

La descente aux enfers

À l’issue de cette élimination face au Costa Rica, Fernando Santos quitte la sélection, son contrat étant arrivé à terme. Première erreur. Car si Claudio Ranieri arrive à la tête de l’équipe dans la foulée, ce qui peut ressembler à un sacré coup, il n’aura jamais les résultats escomptés. Pire, alors qu’il devait chambouler le jeu réputé trop défensif de la sélection, ses choix sont incompris, et parfois difficilement justifiables, comme la titularisation, face à la Roumanie, de Petros Mantalos, alors joueur de deuxième division, à l’AEK. Surtout, c’est sa propension à changer de onze et de système qui ne passe pas. Utilisant d’abord un 4-2-3-1 avec tantôt Mitroglou en pointe face à la Roumanie (défaite 1-0 à domicile), tantôt Stefanos Athanasiadis (PAOK) lors du déplacement en Finlande (match nul 1-1), il passe ensuite en 4-4-2 lors de la réception de l’Irlande du Nord (défaite 2-0), avant d’opter pour un 4-3-3 avec Karelis à droite, Christodoulopoulos à gauche et Gekas en pointe lors de la réception des îles Féroé, qui se solde par une humiliante défaite 1-0 à domicile. Claudio Ranieri, aussi réputé soit-il, ne résiste pas à cet enchaînement dramatique et est licencié en novembre 2014. Sixième du groupe, avec un seul point : telle est la (catastrophique) situation d’une équipe championne d’Europe dix ans plus tôt. L’Uruguayen Sergio Markarián, qui avait déjà coaché en Grèce (Ionikos, Panathinaïkos, Iraklis) prend alors la direction de l’équipe, pour tenter de redresser la barre et accrocher un barrage qui paraît déjà presque inatteignable. Mais lui non plus ne trouve pas la clé, et ne récolte qu’un point en deux matchs. Et comme si cela ne suffisait pas, la Grèce s’offre le luxe de perdre une deuxième fois face aux îles Féroé, s’éliminant de fait de la course à l’Euro 2016 sur le sol français. Rien ne va plus.

La solidité défensive, l’énorme solidarité et la combativité, qualités majeures de cette sélection, ont disparu. L’équipe n’est plus qu’une addition d’individualités, comme le montre l’imbroglio autour d’Holebas, accusé d’avoir simulé une blessure pour ne pas jouer avec la sélection, tout en s’entraînant supposément normalement avec son club de la Roma. Le joueur avait même déclaré, dans une interview au site Contra.gr, qu’il pensait que Karagounis le soupçonnait d’inventer des excuses pour ne pas venir en sélection et qu’il ne comprenait pas ce manque de dialogue entre le sélectionneur, l’ancien champion d’Europe 2004 et lui-même. Plus globalement, c’est un sentiment de gâchis qui prédomine. Les talents sont là, mais la grinta, qui caractérisait des joueurs comme l’emblématique Karagounis, prêt à mourir sur un terrain, semble avoir disparu. Aucun sentiment de révolte, face à une crise sportive sans précédent pour le football grec, du moins pour son équipe étendard. Et, comme si l’instabilité n’était pas assez grande, Sergio Markarián annonce sa démission au milieu du mois de juillet dernier, finalement effective le 7 août suivant après qu’il ait été, en compagnie de Giorgos Karagounis, DTN, démis de ses fonctions dans le chaos total. «La chose la plus frappante est que, alors que j’ai vu ma dignité professionnelle ternie dans les médias, personne à la Fédération n’a pris la peine de me contacter. Cela n’est pas compatible avec mon comportement, en particulier envers l’équipe nationale, que j’ai servie pendant 24 ans. Il est mauvais de laisser les rumeurs se répandre », a d’ailleurs déclaré l’ancien milieu de Benfica et de l’Inter, pour ne rien arranger.

Génération 88 gâchée

Mais les différents entraîneurs qui se sont succédé, sans succès, à la tête de la sélection, ne sont pas les seuls à blâmer. Loin de là. En première ligne, des joueurs qui n’ont jamais réellement su confirmer leur potentiel une fois partis du championnat grec. En 2007, l’équipe U19 génération 88, coachée par l’ancien milieu de l’OFI Crète Nikolaos Nioplias, atteint la finale de l’Euro de la catégorie, échouant en finale face à l’Espagne de César Azpilicueta et Mikel San José. Portée par Kostas Mitroglou, meilleur buteur de la compétition (3 buts), l’équipe affiche de belles promesses, notamment en ce qui concerne un joueur. Natif d’Himara, en Albanie, Sotiris Ninis devait être le futur crack, le leader attendu par tout un pays après avoir brillé lors de la compétition, lui qui est né en 90, et donc surclassé. Formé au Pana, il devenait même le deuxième plus jeune joueur du club à jouer en championnat, âgé d’à peine 16 ans. Un destin à la Wayne Rooney lui était alors promis. Mais après six saisons où il alterne le très bon et le mauvais avec le maillot vert, il décide de tenter sa chance à l’étranger, et signe à Parme, en Série A, pour la saison 2012-2013. Rien ne se passe comme prévu, et après 14 petits matchs, il revient en prêt au pays, plus précisément au PAOK, la queue entre les jambes, et avec l’image d’un espoir qui ne confirmera jamais au plus haut niveau. En août 2014, il résilie son contrat avec le club italien, et, au mois de novembre suivant, décide de revenir à ses premiers amours, au Pana, histoire de relancer, à 25 ans, une carrière qui n’a pas pris la voie attendue. Un pari pour l’instant payant, puisqu’il a effectué, pour la première fois depuis le barrage face à la Roumanie en novembre 2013, son retour en sélection.

OLYMPIACOS

Mitroglou champion avec l’Olympiakos

Si l’on en revient à Kostas Mitroglou, le constat n’est pas aussi noir. Entre 2007 et 2014, le joueur formé à Mönchengladbach n’a cessé de progresser avec l’Olympiakos, devenant un n°9 redoutable d’efficacité, notamment en Champions League, où il devient, à l’occasion d’un déplacement sur le terrain d’Anderlecht lors de la saison 2013-2014, le premier Grec à inscrire un triplé dans cette prestigieuse compétition. Attirant la convoitise de nombreux clubs européens, dont certains prestigieux, il fait le choix (plutôt surprenant) de signer à Fulham à la toute fin du mercato hivernal de la saison 2013-2014, devenant le record de dépense du club anglais (15,2 millions). Mais il n’arrive pas à s’adapter au championnat anglais, et ne marque pas le moindre but avec son club, qui finit finalement relégué. Le cauchemar est total, et le joueur sombre dans le doute, pris en grippe par les supporters. Cela a pour effet d’impacter aussi ses performances avec la sélection où il ne joue pas au niveau attendu. Prêté la saison dernière à son club qui l’a révélé, l’Olympiakos, il a réalisé une saison de bonne facture, couronnée de deux titres (championnat et coupe de Grèce) et de nombreux buts. Indésirable à Fulham, il a été prêté à Benfica pour la saison à venir, où il participera à la Champions League dans un club européen de premier plan.

Pour le reste de l’équipe présente lors de ce tournoi en Suisse, seuls Siovas (actuellement à l’Olympiakos) et Dimoutsos (actuellement à l’Asteras Tripolis) connaîtront les joies de la sélection A, le reste devant se « contenter » de carrière dans de modestes clubs de Super League ou de D2, voir dans des clubs étrangers de cinquième zone. Difficile, après, d’assurer un renouvellement quantitatif de la sélection A face à un tel creux générationnel. Ce qui peut expliquer que des joueurs comme l’ancien Lillois Tavlaridis, âgé de 35 ans, figurent toujours dans le groupe national.

Des choix de carrière critiquables

Il n’y a pas que cette génération qui n’a pas su confirmer les promesses affichées. D’autres talents ont gâché un avenir radieux avec des choix pour le moins critiquables. Dernier exemple en date : celui de Giannis Fetfatzidis. Formé et façonné à l’Olympiakos, le joueur d’à peine 24 ans a décidé, cet été, de succomber aux sirènes du club saoudien d’Al Ahli, en y signant un contrat de trois ans, lui qui aurait dû être l’un des leaders techniques de la sélection nationale en compagnie de Sotiris Ninis. Idem pour Giorgios Samaras, qui n’a jamais retrouvé de stabilité après son départ du Celtic, où il était l’un des joueurs majeurs de l’équipe. Incapable de passer la visite médicale avec la Sampdoria, il se retrouve donc sur le marché, à 30 ans, et pourrait aller chercher un gros contrat dans un championnat peu compétitif. Un « choix » de moins pour l’équipe nationale, car le natif d’Héraklion était l’un des joueurs majeurs de l’équipe, malgré ses neuf petits buts inscrits en 81 sélections.

On pourrait également citer l’exemple de Charalampos Mavrias, lui aussi grand espoir (né en février 1994) formé au Panathinaïkos. En octobre 2010, le 20 très précisément, il faisait ses débuts avec le club en entrant à dix minutes de la fin d’un match de Champions League contre le Rubin Kazan, devenant le plus jeune Grec à participer à cette compétition. Mais en août 2013, il décide de signer à Sunderland, rapportant une belle indemnité à son club au passage (entre 2 et 3 millions de livres). Mais il ne joue que 4 petits matchs lors de la saison 2013-2014, avant d’être prêté à son club formateur la saison suivante. Difficile de voir un quelconque futur pour lui en Angleterre, et le club grec ne semble pas avoir les moyens de rapatrier son milieu de terrain. Avis aux clubs qui chercheraient un milieu pouvant évoluer sur le côté droit …

Un championnat avec trop d’étrangers ?

La comparaison peut paraître incongrue mais la Super League grecque souffre des mêmes maux que la Premier League anglaise : des clubs qui préfèrent miser sur des joueurs étrangers, qui viennent souvent chercher une préretraite dorée dans un cadre de vie relativement appréciable, plutôt que de faire confiance à la formation et aux jeunes talents grecs. Par exemple, l’Olympiakos, club ultra-dominateur lors des dernières saisons, compte 23 joueurs étrangers dans son effectif. Certains sont juste de retour de prêt et ne joueront probablement jamais avec le maillot Rouge et Blanc, mais cela illustre la tendance que connaît le foot grec. Les dernières recrues en date (Cambiasso, Pardo, Finnbogason, Pulido) vont d’ailleurs dans ce sens. Paradoxalement, le club champion en titre s’est lancé depuis quelques années dans une vague de recrutement de jeunes joueurs grecs à fort potentiel. Kapino, Goutas, Giannotas, Fortounis, Pantelakis, Chakiadakis, Tzandaris, Bouchalakis et Karamanos ont ainsi rejoint « O Thrylos » (La Légende, en VO) sur les dernières saisons. Mais face à l’accumulation de joueurs, ces jeunes sont contraints d’enchaîner les prêts pour s’aguerrir, ou de compter sur les amicaux de présaison pour tenter de se faire une place dans un effectif toujours aussi pléthorique. La belle surprise pourrait venir de Fortounis, impressionnant lors des amicaux de l’été, et dont Marco Silva, le nouveau coach, apprécie le profil.

Malheureusement, l’herbe n’est pas plus verte ailleurs, puisqu’en ce qui concerne les autres clubs européens (Asteras Tripolis, PAOK, Pana, Atromitos), mieux lotis au niveau financier, tous dépassent la dizaine d’étrangers. Le Panionios, club assez modeste et qui ne compte que cinq étrangers (dont trois binationaux issus de l’immigration albanaise), fait figure de bon élève. Mais, d’un autre côté, cela peut aussi être révélateur de la difficulté des clubs grecs à former des joueurs de bon niveau, dans une époque où les moyens sont de plus en plus limités. C’est donc un espèce de cercle vicieux sans réelle réponse auquel est confronté le foot grec : trop d’étrangers qui empêchent les jeunes talents de percer ? Ou est-ce ce manque de talents au pays qui nécessite de recourir aux joueurs étrangers ? Bien malin est celui qui pourra répondre de manière irréfutable à cette question.

La solution interne, et la génération 93

Suite au départ fracassant de Sergio Markarián, la fédération a nommé, en intérim, Kostas Tsanas, jusqu’alors coach de l’équipe U21. Un choix judicieux et ce à plusieurs titres. D’abord, l’homme est grec, parle la langue et ne touche pas un salaire astronomique. Il connait bien le football grec, son fonctionnement et surtout les différents clubs qui composent le championnat, et doit sa nomination à son travail, et non à sa gloire passée comme certains autres sélectionneurs. Ensuite, il connaît les talents de demain, notamment ceux qu’il a pu avoir sous ses ordres. En effet, avant d’être le coach des Espoirs, Kostas Tsanas a emmené ses joueurs de la génération 93 en finale de l’Euro U19 de 2012, où il s’est incliné une nouvelle fois face à l’Espagne de Jesé, Delofeu ou d’Oliver Torres, comme lors de l’édition de 2007. Parmi ses joueurs de l’époque, on retrouve quelques talents, qui, à l’issue de la compétition, étaient partis à l’étranger, sans trop de succès. Mavroudis Bougaidis est revenu cet été à Panthrakikos, après une expérience difficile à Grenade, en Espagne. Spyros Fourlanos, formé au Pana et parti à Bruges, est revenu à Panachaiki. D’autres, comme Stafylidis (FC Augsburg) ou Diamantakos (qui appartient à l’Olympiakos), enchaînent les prêts. Cette génération revancharde, et encore relativement jeune, peut constituer une base sur laquelle s’appuyer pour le futur. Tsanas semble être celui le plus à même de réussir cette tâche et un interlocuteur de choix pour les conseiller dans leurs éventuels choix de carrière, certains ayant pris du retard dans leur progression.

De plus, ce coach était également à la tête de l’équipe U20 lors de la Coupe du Monde 2013, remportée par la France de Pogba et consorts, où l’équipe grecque n’a pas franchi la barrière des poules. Il a donc pu continuer à façonner ces jeunes talents, et en faire découvrir de nouveaux, comme Dimitrios Kolovos, ailier gauche appartenant à l’Olympiakos (mais prêté à Panionios ces deux dernières saisons), Giannis Giannotas (acheté par le club du Pirée au Fortuna Düsseldorf), le très prometteur défenseur central Dimitris Goutas, passé cet été du Skoda Xanthi à l’Olympiakos, lui aussi. Et la liste est encore longue (Pelkas et Konstantinidis, deux joueurs du PAOK, sont eux aussi prometteurs). Bref, une belle somme de joueurs intéressants et à fort potentiel qui ne demandent qu’à jouer régulièrement, et dont la sélection pourrait grandement avoir besoin dans un futur pas si lointain. Maintenant éliminée de la course à l’Euro, il peut être intéressant de préparer l’avenir de la sélection grecque en lançant certains joueurs, afin de leur donner une expérience internationale pour les prochaines échéances.

Une nouvelle génération prometteuse ?

Même si l’état des lieux est plutôt alarmant, la Grèce n’en demeure pas moins un véritable pays de football, elle qui a organisé le dernier Euro U19 remporté, là encore, par l’Espagne. Belle surprise, puisque l’équipe coachée par Giannis Goumas s’est hissée jusqu’en demi-finale, avant de chuter lourdement face à la Russie (4-0). Qu’importe, dans cette équipe figurent quelques très bons joueurs, à l’image du petit prodige de l’Olympiakos Nikolaos Vergos (attaquant, plusieurs fois entré en jeu en championnat et en coupe cette saison, et flamboyant en Youth League), Efthimis Koulouris, présenté comme l’un des grands espoirs grecs ou encore Petros Orfanidis, qui fut probablement le meilleur joueur de cette sélection durant la compétition et qui ne devrait pas s’éterniser au Skoda Xanthi. Et la potentielle présence de cinq clubs grecs en coupe d’Europe (l’Olympiakos qualifié d’office en LDC, l’Asteras Tripolis en Europa League, et le PAOK, le Pana, et l’Atromitos toujours en course dans les éliminatoires de l’ancienne coupe UEFA) offre un bon moyen de donner une chance à ces jeunes de montrer ce dont ils sont capables, tout en s’entourant de joueurs expérimentés pour les guider.

Koulouris, le futur de la Grèce ?

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Dos au mur comme rarement dans son histoire, la sélection grecque doit remettre en question son fonctionnement. Il est impossible de ressortir un groupe comme celui de 2004, tout comme il est impossible, à l’heure actuelle, d’espérer gagner à nouveau ce genre de compétition. Les erreurs accumulées ces dernières années ne s’effaceront pas de suite et seul un travail à moyen-long terme ramènera l’équipe au niveau qui doit être le sien. Cela passe par une amélioration de la formation, une meilleure gestion de certains égos, une prise de conscience de la part des clubs grecs que les jeunes ne sont pas forcément moins bons qu’un ancien international de 35 ans venu prendre un dernier gros salaire et, surtout, une confiance accordée à un sélectionneur du « cru », à l’image de Kostas Tsanas, loin de ces coachs étrangers qui débarquent sans connaître les tenants et les aboutissants de la sélection. Le défi est de taille !

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Le pied gauche d'Holebas, la hargne de Karagounis, la technique de Fortounis, la classe de Nikopolidis & le jeu de tête de Charisteas.
04/07/2004 à tout jamais.

pays de l'auteur footballski
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