Malédiction des entraîneurs en Roumanie

Pierre-Julien Pera
Pierre-Julien Pera - Publié le 15 avril 2015

Fidèle à son habitude, la Liga 1 est riche en démissions et autres limogeages d’entraîneurs. Et comme nous vous le contions cet hiver, la saison 2014-15 bat tous les records, avec deux nouveaux fusibles qui ont sauté cette semaine, ce qui nous mène à 34 changements de coachs en 26 journées! Si les deux limogeages de cette semaine nous intéressent, c’est parce qu’ils ont un point commun: leur justification. Une manière de faire qui, s’il elle n’est peut-être pas spécifique à la Roumanie, montre que tout, et surtout n’importe quoi, est toujours possible.

On commence avec le FC Brașov. Après sa défaite à domicile 0-1 face au FC Botoșani, le club transylvain a vu son entraîneur, le Croate Vjekoslav Lokica, poser sa démission. Arrivé durant la trêve hivernale, Lokica part avec un bilan mitigé de 2 victoires pour 3 nuls et 4 défaites, et laisse le FC Brașov à une difficile position de premier non-relégable. « Je crois qu’il est mieux pour le club que je m’en aille, déclare-t-il après le match. Il faut un choc pour que l’équipe joue autrement. » Tout semble relativement normal, jusqu’à ce que les médias locaux ne parlent d’un limogeage pur et simple du technicien croate, après que celui-ci n’ait pas respecté les exigences de son patron en matière de gestion de l’effectif.

Selon plusieurs témoins, Lokica et son président, Ioan Neculaie, auraient eu des discussions musclées, notamment à la mi-temps du match face à Botoșani, le premier nommé refusant d’effectuer les changements réclamés par le second. « Je ne fais aucun des changements que tu me demandes! Tu m’as dit que c’était moi qui décidais quand je suis venu. Si ça ne te conviens pas, je m’en vais. » Tels auraient été les mots du Croate envers son président. Force est de constater qu’il a mis ses menaces à contribution. Mais qu’il se rassure, ce n’est pas la première fois que Neculaie agit de la sorte. L’homme est coutumier du fait.  Son FC Brașov vient ainsi de faire partir le 3e entraîneur cette saison: Cornel Țălnâr (3e journée), Adrian Szabo (17e journée) et donc Vjekoslav Lokica au soir de la 26e journée. Et comme tout est toujours logique en Roumanie, son remplaçant est… Adrian Szabo, qui a accepté de revenir! La semaine prochaine, le FC Brașov essaiera de rebondir lors d’un déplacement sur le terrain du CSMS Iași, un concurrent direct au classement.

Mais le limogeage qui a fait le plus de bruit est celui de Zé Maria. Arrivé lui aussi cet hiver en Roumanie, l’ancien de l’Inter Milan est arrivé dans les valises d’Angelo Massone, un sulfureux avocat qui a repris les rênes du Ceahlăul Piatra-Neamț durant la trêve. Après une pitoyable série de 16 matchs sans la moindre victoire, le Ceahlăul a repris des couleurs ces dernières semaines, avec deux victoires à l’extérieur (dont une à Brașov d’ailleurs) qui ont redonné espoir aux supporters. Sous la direction du Brésilien, le Ceahlăul joue mieux, mais n’a pu faire mieux qu’un match nul 0-0 face au Gaz Metan Mediaș, qui le devance au classement. Un résultat moyen au terme duquel Zé Maria est viré, victime de la colère d’Angelo Massone.

Le président du club reproche en effet à son entraîneur de n’avoir pas remplacé Daniel Stana à la mi-temps, comme il le lui demandait. La tension est alors montée au club. Ricardo Ronca, manager et actionnaire du club, s’est opposé à cette décision et a été viré à sont tour. Le lendemain, les joueurs ont refusé de s’entraîner et les adjoints de Zé Maria ont présenté leur démission. Massone fait alors éclater une nouvelle colère et hurle à ses joueurs que « ceux qui veulent partir sont libres de le faire. » Une nouvelle dispute s’ensuit entre ce dernier et Ronca, qui termine sa journée à l’hôpital, emmené par une ambulance après avoir perdu connaissance à l’issue de cet échange plutôt musclé. C’est donc le chaos au Ceahlăul, dont les joueurs refusent de s’entraîner si Zé Maria ne revient pas, tandis que Massone est parti en Italie se chercher un nouveau coach. Pas le meilleur moyen de préparer le match prévu samedi à Botoșani.

Massone (au centre) et Zé Maria (deuxième à droite) lors de leur arrivée au Ceahlăul en janvier.

Massone (au centre) et Zé Maria (deuxième à droite) lors de leur arrivée au Ceahlăul en janvier.

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A propos de l'auteur

Pierre-Julien Pera

Pierre-Julien Pera

Papy de la team. Tombé amoureux de Bucarest un jour d’hiver 1998. L’est devenu de toute la Roumanie au fil des ans. Ecrit envers et contre tous la gloire et la beauté de son football depuis 2006 sur Parlonsfoot et Footballski. Regarde les matchs de Liga 1 roumaine et de Premium Liiga estonienne. En attendant désespérément le retour du Yakutia Yakutsk en 3e division russe. Faut vraiment être cinglé.

pays de l'auteur footballski
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3 Commentaires

  • A l’aube de la 27e journée, retournement de situation au Ceahlăul. Massone a en effet décidé de faire revenir Zé Maria sur le banc! Une décision qu’il explique, via un communiqué de presse: « J’ai pris la décision de limoger l’entraîneur Zé Maria à cause des résultats négatifs obtenus. Deux victoires en neuf matchs, et aucune sur les cinq derniers matchs à domicile. Je n’ai rien à redire concernant son sérieux, son engagement, ses compétences ni son professionnalisme. Je pensais que l’équipe avait besoin d’un choc. Mais après avoir parlé avec les joueurs, qui s’étaient alliés à l’unanimité avec le staff technique et mes associés, j’ai pris la décision de lui accorder une deuxième chance. » Une nouvelle situation étrange en Liga 1.

    Mais rassurez-vous, nous en sommes toujours à 34 entraîneurs cette saison, avec la démission jeudi de Dănuț Matei, l’entraîneur du Gaz Metan Mediaș…

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