Cet article est une traduction autorisée de « How the Russian League system is improving football across Central Asia«  sur « Russian Football News »

La règle du 8 + 17

Lorsqu’il a été annoncé que la règle très impopulaire du  » 8 + 17  » entrerait en vigueur pour les équipes de Première Ligue russe lors de la saison 2020/21, cela rappelait à l’ensemble des fans du championnat les différentes régulations mises en place par la Ligue pour limiter le nombre d’étrangers afin de favoriser le développement des joueurs russes. La règle du 8 + 17 signifie que les équipes de RPL ne sont autorisées à avoir que huit joueurs étrangers dans leur équipe, ces huit joueurs étant tous autorisés à être sur le terrain en même temps. La règle du 6+5 n’existe plus, le nombre de légionnaires est donc en chute libre.

L’idée derrière cette décision est d’améliorer le développement de l’équipe nationale russe en obligeant les équipes à se concentrer sur l’éclosion des talents locaux plutôt que sur le recrutement de joueurs étrangers. En réalité, la règle a mis en avant un problème similaire à celui de la Super League chinoise, avec la présence d’un «faux» marché avec des prix et des salaires hyper-gonflés pour les joueurs locaux. En plus de cela, le passage d’une «limite d’équipe» à une «limite d’effectif» a simplement rendu les clubs russes en compétition européenne encore moins compétitifs. Les règles semblent également nuire à l’attrait de la RPL pour les joueurs étrangers; Andre Villas-Boas avait critiqué la limite des joueurs étrangers lorsqu’il était à la tête du Zenit, furieux de devoir vendre l’attaquant vedette Salomon Rondon à West Brom.

L’UEE

Alors, quels sont les avantages? À qui profite tout ce chaos? Eh bien, la réponse est l’Asie centrale. Sans être trop pris dans les complexités, la RFU a décidé que les joueurs des pays membres de l’UEE (Union économique eurasienne) ne compteraient pas dans la limite des joueurs étrangers. Les joueurs de Biélorussie, du Kazakhstan, d’Arménie et du Kirghizistan n’ont pas été instantanément considérés comme étrangers, des pays comme la Moldavie, l’Ouzbékistan et la Géorgie étant susceptibles de se joindre au mouvement dans le futur, ce qui signifie que leurs joueurs ne seraient pas considérés comme des légionnaires. Tout est mis en place pour que les équipes russes améliorent les réseaux de recrutement et de détection en Asie centrale, pour qu’elles se concentrent sur le développement des talents de la région et soutiennent financièrement les installations de football.

La montée du Kirghizistan

Le Kirghizistan est une région montagneuse enclavée, nichée entre la Chine et le Kazakhstan. La ligue nationale kirghize est depuis longtemps en déclin depuis l’ère soviétique. Malgré l’implication de certaines grandes fortunes du pays, la ligue a eu du mal à gagner du terrain avec une audience et un intérêt général très faibles. Ce qui souligne l’ampleur du travail incroyable effectué pour l’équipe nationale par l’entraîneur russe Aleksander Krestinin. En 2013, le Kirghizistan était classé 201e au classement mondial de la FIFA, Krestinin a courageusement accepté le poste en 2014 et la fédération n’a pas regardé en arrière depuis. En 2019, le pays a disputé sa toute première coupe d’Asie et même si les « Faucons Blancs  » n’ont pas pu sortir de la phase de groupes, c’était un exploit historique, ils ont été classés au 75e rang du classement mondial et ont été accueillis au pays en héros par les fans kirghizes.

Cette montée soudaine n’aurait pas pu être réalisée sans la structure et l’organisation du football national russe. Krestinin s’est concentré sur la nationalisation des joueurs de nationalité kirghize-russe, ce qui lui a permis de sélectionner des joueurs qui avaient bénéficié de diverses formations dans les académies de clubs russes, ce qui, combiné avec le fait de compter sur des joueurs jouant actuellement ou autrefois en Russie, a amené le football kirghize à un niveau plus élevé. L’un des joueurs clés était Valery Kichin, un arrière gauche expérimenté qui a joué pour Ufa, Anzhi et Tyumen. Kichin a parlé du lien entre la Russie et l’Asie centrale en 2019:

« Cela profitera non seulement au football kirghize, mais à tout le football de l’UEE. Nous avons des joueurs capables de renforcer la RPL: ​​Pavel Matyash, Kayrat Zhyrgalbek Uulu et Farkhat Musabekov, par exemple. »

L’aspect le plus intéressant est que la progression de la nation à la fois au niveau national et international est loin d’être terminée, avec de nombreux jeunes joueurs kirghizes plus talentueux susceptibles de profiter de l’incroyable opportunité de jouer en Russie.

Les meilleurs joueurs d’Asie centrale

Le changement de réglementation signifie que les joueurs talentueux de toute l’Asie centrale qui jouent déjà en Russie devraient être mis de plus en plus en avant. La pépite est Baktiyar Zaynutdinov, du CSKA Moscou, qui est la révélation de l’équipe nationale du Kazakhstan. Zaynutdinov pourrait être considéré comme un modèle pour la manière dont le football russe peut aider à la progression du football en Asie Centrale. Depuis son transfert à Rostov en 2019, le joueur de 22 ans a explosé – en particulier sur la scène internationale. Pour souligner cela, il suffit de savoir que le meilleur buteur de tous les temps du Kazakhstan, Ruslan Baltiev, a marqué 13 fois en 73 matches. En comparaison, Zaynutdinov a déjà 7 buts en 14 matchs, un but tous les deux matchs, un record qui, s’il s’y tient même vaguement, pourrait le voir devenir le meilleur joueur de l’histoire du Kazakhstan.

Jasurbek Jaloliddinov, qui a été inclus dans «Next-Generation 2019» de The Guardian, et Oston Urunov sont tous les deux des talents ouzbeks prêts à jouer un grand rôle dans la RPL au cours des prochaines années. Urunov a été acheté par le Spartak Moscou après seulement dix matchs en RPL pour Ufa et l’imposant milieu de terrain a un contrôle du ballon et une technique redoutable. Alors que Jaloliddinov, 19 ans, n’a pas encore fait une apparition dans la RPL, on s’attend à ce qu’il devienne un futur titulaire. L’ailier agile a montré un bon rythme et une bonne capacité de dribble dans les aperçus que les gens ont pu avoir.

Le refus continu d’assouplissement des limites des joueurs étrangers par la ligue est devenu extrêmement frustrant pour à peu près tous les fans du championnat, mais si nous recherchons un point positif, c’est sans aucun doute qu’il fait des merveilles pour le football d’Asie centrale, maintenant et dans le futur.

Wilf MacDonnell

1 Comment

  1. Nico 28 janvier 2021 at 20 h 42 min

    Y a une petite erreur dans l’article : le Kirghizistan a passé le premier tour de la coupe d’Asie 2019, en finissant parmi les meilleurs 3èmes, avent d’être éliminés 3-2, par les Émirats Arabes Unis.

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